Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Étienne Perron-Bailly, Kendal Masson (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

Saison estivale 2020 – L’hôtellerie évite le pire en juillet-août avant de rechuter

Étienne Perron-Bailly, Kendal Masson (Insee)

La crise sanitaire et les mesures de restrictions visant à endiguer la propagation de l’épidémie de Covid-19 ont particulièrement affecté les activités liées au tourisme, particulièrement présentes en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Après s’être arrêtée net au printemps, l’activité touristique dans la région a progressivement redémarré. En juillet-août, le nombre des touristes résidant en France est même supérieur à celui de 2019. Cela ne suffit pas à compenser le retrait de ceux venus de l’étranger, en particulier dans les Alpes-Maritimes, très tournées vers cette clientèle. En septembre, la fréquentation chute à nouveau. Conséquence de cette baisse de fréquentation, le chiffre d’affaires et les embauches des secteurs de l’hébergement et de la restauration restent très en deçà de ceux de 2019.

Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur

No 68

Paru le : 18/12/2020

La fréquentation hôtelière se redresse en juillet-août, un mois de septembre difficile

Au point mort au cours des mois d’avril et mai, la fréquentation dans les hôtels de Provence-Alpes-Côte d’Azur amorce une reprise très timide en juin, avec le relâchement des restrictions liées au contrôle de l’épidémie de Covid-19 (- 72 % de nuitées par rapport à juin 2019).

Cette reprise se confirme en juillet et août : sur ces deux mois, le nombre de nuitées dans les hôtels n’est inférieur que de 13 % par rapport à 2019. Toutefois, dès le mois de septembre, la fréquentation chute de nouveau (- 45 % par rapport à l’an dernier).

Pendant la pleine saison, la baisse du nombre de nuitées hôtelières en Provence-Alpes-Côte d’Azur est moins marquée que dans les autres régions du littoral méditerranéen, Occitanie (- 21 %) et Corse (- 24 %). Toutefois, en septembre, la chute est la plus forte des régions de province (- 45 % contre - 30 % en moyenne).

Les touristes venus de l’étranger désertent les hôtels de la région

Le recul limité des nuitées hôtelières en juillet et en août s’explique par un regain de fréquentation des touristes résidant en France (figure 1). Celle-ci a nettement progressé par rapport à 2019 : + 6 % en juillet et + 30 % en août, soit 700 000 nuitées supplémentaires. Cette présence nombreuse est confirmée par le niveau élevé des dépenses « touristiques » au sens des cartes bancaires françaises (sources) : + 8 % par rapport à 2019.

Le surcroît de touristes résidents n’a toutefois pas compensé la chute du nombre de visiteurs venus de l’étranger (1,5 million de nuitées en moins par rapport à 2019 sur la pleine saison). Les hôtels des Alpes-Maritimes, dont l’économie touristique dépend beaucoup de la fréquentation étrangère, ont été particulièrement affectées. En septembre 2020, la part des nuitées des non-résidents n’est que de 13 % dans le total des nuitées, contre 44 % en 2019.

Figure 1En juillet et août, un regain de fréquentation des touristes résidant en FranceNombre de nuitées en Provence-Alpes-Côte d’Azur, selon le lieu de résidence des touristes

En juillet et août, un regain de fréquentation des touristes résidant en France
2020 2019
Juillet Août Septembre Juillet Août Septembre
Résidents 1 723 000 2 632 000 1 204 000 1 627 000 2 024 000 1 405 000
Non-résidents 628 000 667 000 181 000 1 413 000 1 429 000 1 099 000
Ensemble 2 351 000 3 298 000 1 385 000 3 039 000 3 454 000 2 504 000
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT), les agences départementales du tourisme (ADT) et la DGE

Les Alpes-Maritimes et le « haut de gamme » à la peine en septembre

Au niveau départemental, c’est dans les Alpes-Maritimes que la fréquentation des hôtels baisse le plus : en juillet-août, elle est inférieure de près d’un quart à son niveau de 2019. En Vaucluse, la fréquentation est également en baisse (- 17 %), alors que les autres départements résistent mieux (de - 8 % dans les Bouches-du-Rhône à + 4 % dans les Hautes-Alpes). Dès septembre, la baisse de la fréquentation s’accentue sur tout le territoire : les Alpes-Maritimes sont encore le département le plus à la peine (- 60 %), et seules les Alpes-de-Haute-Provence tirent leur épingle du jeu, avec un nombre de nuitées dans les hôtels en baisse de seulement 2 %.

En juillet-août, la baisse de fréquentation touche toutes les catégories d’hôtels dans des proportions comparables : - 9 % pour les établissements de 1 ou 2 étoiles, - 15 % pour les 3 étoiles, - 14 % pour les 4 ou 5 étoiles.

En septembre, l’écart se creuse en défaveur des établissements les mieux classés.

Figure 2Les Alpes-Maritimes plus affectées par le recul des nuitéesVariation du nombre de nuitées en juillet-août et en septembre 2020 par rapport à 2019 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, par département (en %)

Les Alpes-Maritimes plus affectées par le recul des nuitées
Juillet-Août Septembre
Alpes-de-Haute-Provence -2,9 -1,8
Hautes-Alpes 4,1 -10,5
Alpes-Maritimes -23,8 -60,4
Bouches-du-Rhône -8,1 -44,1
Var -1,5 -26,9
Vaucluse -17,2 -36,7
Provence-Alpes-Côte d’Azur -13,0 -44,7
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT), les agences départementales du tourisme (ADT) et la DGE

Figure 2Les Alpes-Maritimes plus affectées par le recul des nuitéesVariation du nombre de nuitées en juillet-août et en septembre 2020 par rapport à 2019 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, par département (en %)

  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT), les agences départementales du tourisme (ADT) et la DGE

Hébergement-restauration : le chiffre d’affaires se redresse sans retrouver son niveau de 2019

L’activité repart au cours de l’été dans les hôtels et restaurants, après avoir été quasiment à l’arrêt en avril et mai. Néanmoins, le chiffre d’affaires des hôtels de la région reste inférieur à celui de l’an dernier, à l’image de la fréquentation touristique : - 35 % en juillet et - 18 % en août. Dans les restaurants, la reprise est plus prononcée, même si l’activité demeure inférieure à son niveau de 2019 (- 6,5 % en juillet-août). Les Alpes-Maritimes sont plus touchées que les autres départements : l’activité tarde à repartir aussi bien dans les hôtels (chiffre d’affaires inférieur de 50 % en juillet, 32 % en août) que dans les restaurants (- 18 % en juillet, - 10 % en août).

Figure 3La reprise est plus prononcée dans les restaurantsÉvolution du chiffre d’affaires dans l’hôtellerie-restauration en Provence-Alpes-Côte d’Azur par rapport au même mois de l’année précédente (en %)

La reprise est plus prononcée dans les restaurants
Année Mois Provence-Alpes-Côte d’Azur – Hôtels Provence-Alpes-Côte d’Azur – Restaurants France – Hôtels France – Restaurants
2019 01 0,9 3,2 4,5 5,4
02 1,1 6,3 5,3 11,4
03 -0,6 6,1 2,8 7,5
04 0,7 0,5 6,2 7
05 -3,9 -1,8 -1,4 5,7
06 5,4 4,2 10,5 8,3
07 -1,9 -1,7 2,3 5,2
08 3 2,6 4,8 9
09 7,8 -0,5 3,5 4,4
10 4 2,6 0,2 6,4
11 5,4 4,7 0,8 9,1
12 4,7 1,2 5 4,7
2020 01 6,3 2,2 7,8 8,4
02 3,3 -1,9 3,7 3,2
03 -62,4 -59,9 -59,3 -54,8
04 -93,4 -93,1 -89,4 -89,8
05 -93,7 -81,1 -88,9 -72,9
06 -72,8 -31,2 -71,9 -29
07 -35,2 -6,6 -44,5 -9,1
08 -17,7 -6,4 -25,4 -6,2
  • Champ : entreprises déclarant leur TVA mensuellement. La couverture géographique porte sur la France entière, à l’exception de la Guyane et de Mayotte où les entreprises ne sont pas assujetties à la TVA. Unités légales monorégionales (définition) pérennes de 2017 à 2020, dont l’activité principale n’a pas changé durant cette période.
  • Source : DGFiP, calculs Insee

Figure 3La reprise est plus prononcée dans les restaurantsÉvolution du chiffre d’affaires dans l’hôtellerie-restauration en Provence-Alpes-Côte d’Azur par rapport au même mois de l’année précédente (en %)

  • Champ : entreprises déclarant leur TVA mensuellement. La couverture géographique porte sur la France entière, à l’exception de la Guyane et de Mayotte où les entreprises ne sont pas assujetties à la TVA. Unités légales monorégionales (définition) pérennes de 2017 à 2020, dont l’activité principale n’a pas changé durant cette période.
  • Source : DGFiP, calculs Insee

Les embauches diminuent de nouveau après la pleine saison

Dans l’hébergement-restauration, l’activité partielle a permis d’amortir en partie les effets de la baisse d’activité sur le marché du travail. Elle concernait encore 11 % des salariés du secteur en juillet. Le recours à l’activité partielle a rebondi en septembre. Elle touchait près de 15 % des salariés à la fin du mois.

La baisse de la fréquentation et de l’activité s’est traduite par une diminution des embauches : les DPAE (déclarations préalables à l’embauche, sources) ont reculé de près des trois quarts en avril 2020 par rapport à 2019. Ce niveau d’embauches s’est redressé jusqu’en août, en restant toutefois inférieur à celui de l’an dernier. Il diminue de nouveau en septembre et octobre, avec la mise en place de nouvelles restrictions sanitaires (fermetures de bars et restaurants, couvre-feu). Ce nouveau repli est nettement plus marqué dans les Alpes-Maritimes : en octobre, les embauches y sont inférieures de 40 % par rapport à 2019, contre un peu plus de 20 % au niveau régional.

Sources

Enquêtes sur la fréquentation

L’Insee réalise mensuellement des enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT). Ils n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers. Ces enquêtes sont réalisées en partenariat avec la DGE, les Comités régionaux du tourisme (CRT) et les Agences de développement touristique départementales (ADT). La crise sanitaire a perturbé la réalisation et le traitement des enquêtes de fréquentation dans les campings et les AHCT. Les résultats dans ces hébergements ne sont pas donc évoqués dans cette étude, contrairement aux publications similaires des années précédentes.

La déclaration préalable à l’embauche (DPAE) est obligatoire avant toute embauche et s’effectue auprès de l’Urssaf. Elle permet de déclarer la première embauche d’un salarié relevant du régime de la Sécurité sociale. Cette déclaration doit être effectuée dans les 8 jours qui précèdent une embauche. Toutefois, une DPAE pour un salarié ne garantit pas son embauche, dans certains cas celle-ci ne se concrétise pas.

Cartes bancaires

Les données agrégées utilisées dans cette fiche proviennent de Cartes Bancaires CB et couvrent l’essentiel des transactions par cartes bancaires. Elles sont tirées d’une extraction de transactions anonymisées et agrégées à l’échelle départementale afin de respecter les exigences de confidentialité. Ces informations sont sujettes à certaines limites et diffèrent des données nationales (voir Point de conjoncture du 7 mai 2020, p.21).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce sont vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui sont agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Pour en savoir plus

Canonero B., Gidrol J.-C., Mainguené A., « La fréquentation touristique se dégrade en septembre, après avoir repris quelques couleurs en juillet-août », Insee Focus, n° 215, novembre 2020

Masson K., Perron-Bailly E., « Saison estivale 2019 – Le littoral stable, la haute montagne dynamique », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d’Azur, n° 58, octobre 2019

Insee, « Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid-19 et suivi de la reprise d'activité », Chiffres détaillés, 2020

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).