Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Daniel Ah-Son, Nathalie Poleya(Insee)
- Mars 2022
Sommaire

L’activité se redresse ponctuellement en juillet-aoûtConjoncture du tourisme au 3e trimestre 2020

Daniel Ah-Son, Nathalie Poleya(Insee)

Au 3e trimestre 2020, l’activité des hôtels et des autres hébergements collectifs touristiques réunionnais reste encore ralentie. Cependant, en juillet-août, la perte a été relativement limitée par rapport aux mois précédents, avec une baisse de la fréquentation de 19 % par rapport à 2019. Mais seule la moitié des chambres sont occupées au 3e trimestre 2020. Le chiffre d’affaires des hôtels, des restaurants et des loueurs de voitures, après avoir fortement reculé au second trimestre, se redresse progressivement sans toutefois retrouver son niveau d’avant la crise. Ce rebond est palpable dans les transactions par carte bancaire qui retrouvent en juillet-août un niveau comparable à celui de 2019. Les entreprises continuent à recourir au dispositif d’activité partielle, mais de façon plus limitée qu’au 2e trimestre.

Au 3e trimestre 2020, à La Réunion, le nombre de nuitées dans les hôtels et les autres hébergements collectifs touristiques reste inférieur d’un quart par rapport au 3e trimestre 2019. Le repli est plus marqué dans les hôtels (- 26 %) que dans les autres hébergements collectifs touristiques (- 18 %). L’activité touristique a cependant limité les pertes en juillet-août pendant la période des vacances scolaires, même si elle n’a pas retrouvé son niveau d’avant-crise. Ainsi, la fréquentation des établissements d’hébergement diminue de 19 % par rapport aux mêmes mois de l’année précédente, avant de chuter de nouveau de 37 % en septembre (figure 1). Malgré la reprise du trafic aérien, la fréquentation de la clientèle résidant à l’étranger reste quasi-nulle (- 90 % par rapport au 3e trimestre 2019), alors qu’elle représentait 13 % des nuitées à la même période en 2019. De son côté, la baisse de fréquentation des résidents à La Réunion ou ailleurs en France est limitée à 15 %.

Le taux d’occupation des chambres s’établit à 50 %, en recul de 13 points par rapport au même trimestre de 2019. Il se situe à son plus bas niveau historique, exception faite du 2e trimestre 2020.

Figure 1Le nombre de nuitées chute de 19 % en juillet-aoûtNombre de nuitées chaque mois de 2019 et 2020 à La Réunion

en nombre
Le nombre de nuitées chute de 19 % en juillet-août (en nombre)
2019 2020
janvier 135 600 133 500
février 111 300 102 300
mars* 121 700
avril 9 900 121 900
mai 15 100 121 800
juin 29 100 99 200
juillet 105 700 130 900
août 115 000 142 800
septembre 75 900 119 700
  • * non disponible en mars 2020.
  • Source : Insee , enquête de fréquentation dans les hébergements collectifs touristiques.

Figure 1Le nombre de nuitées chute de 19 % en juillet-aoûtNombre de nuitées chaque mois de 2019 et 2020 à La Réunion

  • * non disponible en mars 2020.
  • Source : Insee , enquête de fréquentation dans les hébergements collectifs touristiques.

La baisse de la fréquentation hôtelière touche plus particulièrement le Nord-Est

La baisse de la fréquentation touche toutes les catégories d’hébergements, mais plus encore les établissements non classés (- 30 %) que ceux de catégories supérieures (4 ou 5 étoiles, - 18 %). Elle n’épargne également aucune région de l’île. La région Nord-Est est de loin la plus touchée (- 41 %) car elle pâtit de l’effondrement du tourisme d’affaires : le recul y est deux fois plus important que dans le Sud et l’Ouest.

Les activités touristiques reprennent progressivement

Le regain de fréquentation touristique à partir du mois de juillet se traduit dans le chiffre d’affaires des entreprises des secteurs d’activité très dépendants de la clientèle touristique. Ainsi, au regard de 2019, le chiffre d’affaires des hôtels recule nettement moins en juillet (- 34 %) et en août (- 21 %) que les mois précédents. Il s’était ainsi effondré au cœur du confinement en avril (- 92 %), et était encore très en retrait en juin (- 73 %, (figure 2). Le chiffre d’affaires des loueurs de voiture baisse quant à lui de 20 % en juillet et de 9 % en août, contre un recul de 62 % pendant le confinement. La reprise avait été nettement plus rapide dans la restauration, qui avait pu profiter de la levée des restrictions dès le mois de juin pour renouer avec la clientèle locale, quand les hôtels et loueurs de voitures continuaient de souffrir du manque de touristes extérieurs. Ainsi, dans la restauration, le chiffre d’affaires était en baisse de 16 % en juin et revient à un niveau quasiment habituel en juillet-août.

Du fait d’un niveau d’activité qui reste dégradé, l’hôtellerie et la restauration recourent encore de façon substantielle au dispositif d’activité partielle (chômage partiel), même si c’est de façon plus limitée qu’au 2e trimestre. L’activité partielle concerne ainsi 11 % des salariés et 21 % des entreprises en août, contre respectivement 30 % des 9 300 salariés et 43 % des entreprises en juin.

Figure 2L’activité se rapproche de son niveau habituel dans les secteurs touristiquesÉvolution mensuelle entre 2019 et 2020 du chiffre d’affaires de l’hébergement, de la restauration et des loueurs de voitures à La Réunion

en %
L’activité se rapproche de son niveau habituel dans les secteurs touristiques (en %)
Hôtels Restaurants Location de voitures
janv. 2019 6,7 7,9 -8,4
fev. 2019 3,4 4,9 8,3
mars 2019 4,3 7,1 9,6
avr. 2019 -0,5 0,9 -1,0
mai 2019 2 -0,8 8,0
juin 2019 11,2 8,8 0,9
juillet 2019 8 8,3 2,3
août 2019 5 1,6 4,3
sept. 2019 3,7 4,3 13,9
oct. 2019 4,2 3,6 -1,9
nov. 2019 16,5 44 7,8
déc. 2019 17,9 3,1 14,6
janv. 2020 -3,6 6,8 12,8
fev. 2020 3,2 6,1 -6,1
mars 2020 -51,4 -47,7 -15,5
avr. 2020 -92,1 -92,1 -61,8
mai 2020 -87,7 -57,3 -35,7
juin 2020 -72,6 -16,1 -14,6
juillet 2020 -33,9 -2,7 -20,1
août 2020 -21 2,1 -9,3
  • Sources : DGFiP, Insee.

Figure 2L’activité se rapproche de son niveau habituel dans les secteurs touristiquesÉvolution mensuelle entre 2019 et 2020 du chiffre d’affaires de l’hébergement, de la restauration et des loueurs de voitures à La Réunion

  • Sources : DGFiP, Insee.

La consommation touristique à son niveau habituel en juillet-août

Durant la période de confinement, les montants dépensés par carte bancaire pour des activités touristiques à La Réunion par les résidents français avaient chuté de 80 % par rapport à la même période de 2019, soit deux fois plus que l’ensemble des transactions par carte bancaire. Cette baisse était même plus forte qu’au niveau national (- 72 %). À partir du 11 mai, qui marque le début du déconfinement, la reprise de la consommation touristique est beaucoup plus progressive que celle de la consommation totale et s’effectue par étapes (figure 3).

Dans un premier temps, les voyages de résidents extérieurs sont encore réservés aux motifs impérieux, mais les commerces, hébergements touristiques, équipements culturels (hors cinémas) reprennent leur activité. La reprise des dépenses par carte bancaire dans le tourisme est cette fois un peu plus marquée à La Réunion qu’au niveau national : par rapport à 2019, la baisse des dépenses par carte bancaire est de 48 % à La Réunion contre - 57 % en France. À compter du 2 juin, les mesures sanitaires sont assouplies et les restaurants, bars et cafés autorisés à reprendre leur activité. Les dépenses par carte bancaire repartent alors encore plus nettement à La Réunion qu’en France avec une baisse limitée à 16 % par rapport à 2019 la semaine du 1er juin (29 % en France). Ce n’est qu’à compter du 22 juin que les motifs impérieux pour voyager sont supprimés et les salles de cinéma autorisées à rouvrir. Le montant des transactions par carte bancaire retrouve alors un niveau comparable à 2019.

Figure 3De mi-juillet à mi-août, les montants de transactions par carte bancaire pour des activités touristiques à un niveau élevéÉvolution par semaine entre 2019 et 2020 des montants de transactions par carte bancaire dans les activités touristiques

en %
De mi-juillet à mi-août, les montants de transactions par carte bancaire pour des activités touristiques à un niveau élevé (en %)
Semaine La Réunion France
18 -80 -72
19 -73 -64
20 -48 -56
21 -48 -57
22 -48 -57
23 -16 -29
24 -12 -22
25 1 -9
26 -5 -5
27 -1 -6
28 8 3
29 14 5
30 7 5
31 -3 1
32 10 10
33 14 10
34 8 12
35 1 4
36 1 5
  • Source : Cartes bancaires CB, calculs Insee.

Figure 3De mi-juillet à mi-août, les montants de transactions par carte bancaire pour des activités touristiques à un niveau élevéÉvolution par semaine entre 2019 et 2020 des montants de transactions par carte bancaire dans les activités touristiques

  • Source : Cartes bancaires CB, calculs Insee.

À la mi-juillet, les dépenses par carte bancaire accélèrent dans les secteurs touristiques, dépassant même leur niveau de 2019 (+ 14 %) et se maintiennent à un niveau élevé jusqu’à la rentrée scolaire à la mi-août. Ce constat peut être lié à un report de congés de résidents et donc de dépenses initialement prévues pendant le confinement. D’autres touristes (résidents ou non à La Réunion) ont pu également renoncer à leur destination initiale de voyage du fait de la crise sanitaire et ont finalement choisi de passer leurs vacances sur l’île. Par ailleurs, le recours au paiement par carte bancaire augmente chaque année ; il est susceptible d’avoir augmenté sensiblement avec la crise sanitaire, notamment avec le relèvement du plafond de paiement sans contact et le fait qu'il permet d'éviter la manipulation des billets et pièces de monnaie.

Sources

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l'Insee au troisième trimestre 2020 à La Réunion porte sur la fréquentation de 75 hôtels (dont 54 sont classés et 21 non classés) et 34 hébergements collectifs de tourisme (dont trois ont une classification par Atout France). Ces derniers comprennent notamment les résidences de tourisme (dont appart’hôtel), villages de vacances, maisons familiales et auberges de jeunesse. Ils n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers.

Les données agrégées sur les transactions utilisées dans cette publication proviennent de Cartes Bancaires CB et couvrent l’essentiel des transactions par carte bancaire. Elles sont tirées d’une extraction de transactions anonymisées et agrégées à l’échelle départementale afin de respecter les exigences de confidentialité. Ces informations sont sujettes à certaines limites et diffèrent des données nationales (voir Point de conjoncture du 7 mai 2020).

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).