Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid19

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 17/03/2022
Déborah Caruso, Thomas Dubuis (Insee)
- Mars 2022
Sommaire

La reprise des activités touristiques en saison estivale n’efface pas le préjudice causé par la crise sanitaire

Déborah Caruso, Thomas Dubuis (Insee)

La crise sanitaire frappe de plein fouet l’activité touristique de l’avant-saison. Dès mars, les établissements corses de l’hébergement et restauration, fermés ou peu fréquentés, ont davantage recours au chômage partiel qu’au niveau national pour sauver leurs emplois. En juin, la reprise d’activité est plus lente, les restrictions de circulation ayant rendu l’accès au territoire plus difficile qu’en province. Toutefois, à l'été, l’affluence et l’activité touristique se redressent sans retrouver leurs niveaux de 2019. Fin septembre, le passage de la région en zone d’alerte renforcée met un terme à l’espoir d’une arrière-saison dynamique.

Le tourisme est un pilier de l’économie insulaire. Sa part importante dans l’emploi et la valeur ajoutée régionale explique en grande partie le niveau de la crise économique liée à la pandémie de la COVID-19 en Corse (pour en savoir plus : notes de conjonctures n° 30, 31 et 32). En effet, les activités touristiques, et en particulier celles d’hébergement et de restauration, font partie au niveau national des secteurs les plus impactés puisque largement touchés par les mesures d’endiguement, qu’il s’agisse de fermetures d’établissements ou de limitations de déplacements.

Ainsi, le bilan de la saison touristique 2020 apparaît plus que jamais essentiel pour comprendre les conséquences économiques et sociales de la pandémie en région. À cette fin, au-delà des habituelles données de fréquentation, de nouvelles données sur l’emploi, la consommation ou les chiffres d’affaires sont mobilisées.

La crise sanitaire a balayé l’avant-saison touristique...

Les mesures sanitaires de début d’année 2020 ont largement laissé l’île centrée sur elle-même. Après les deux premiers mois de l’année, où la fréquentation hôtelière est sensiblement la même qu’en 2019, l’activité s’effondre (figure 1).

Avec le confinement et les interdictions de déplacements, le nombre de passagers maritimes et aériens à l’avant-saison baisse dès le mois de mars pour être quasi-nul en avril et mai (- 98 et - 95 %). Ainsi de nombreux hébergements sont contraints de ne pas ouvrir au printemps ou de fermer en raison de l’absence de clientèle. En avril comme en mai 2020, parmi les 400 hôtels du parc insulaire, quatre hôtels sur cinq sont fermés. Pour ceux restés ouverts, le taux d’occupation des chambres est très faible, la Corse est d’ailleurs la région où les taux d’ouverture des établissements (18 %) et les taux d’occupation des établissements ouverts (7 %) sont les plus bas de France en mai. Ainsi, les mesures sanitaires ont entraîné une chute brutale du nombre de nuitées. La perte est de - 98 % en avril, par rapport au même mois en 2019. Cette tendance se prolonge le mois suivant (- 99 % des nuitées).

Figure 1Une fréquentation des hôtels durablement en dessous de son niveau de 2019Nombre mensuel de nuitées dans les hôtels en 2019 et 2020

Nombre de nuitées
Une fréquentation des hôtels durablement en dessous de son niveau de 2019 (Nombre de nuitées)
2019 2020
janvier 30 248 28 752
février 35 337 38 191
mars 55 070 30 768
avril 189 952 3 153
mai 366 726 4 485
juin 484 514 80 959
juillet 546 049 356 223
août 679 620 578 549
septembre 518 980 396 940
  • Avertissement : les résultats de juillet, août et septembre 2020 sont provisoires.
  • Source : Insee, enquêtes de fréquentation touristique.

Figure 1Une fréquentation des hôtels durablement en dessous de son niveau de 2019Nombre mensuel de nuitées dans les hôtels en 2019 et 2020

  • Avertissement : les résultats de juillet, août et septembre 2020 sont provisoires.
  • Source : Insee, enquêtes de fréquentation touristique.

Cette chute de la fréquentation se traduit dans les recettes des hôtels. En janvier et février, le chiffre d’affaires des hôtels se maintient puis se réduit fortement en mars (- 65 %) (figure 2). En avril et mai, il accuse respectivement une baisse de 84 % puis de 94 % par rapport à 2019.

La restauration connaît au premier semestre une situation très similaire. En début d’année, l’activité surpasse celle de l’année précédente (+ 8 %). Cependant, cette tendance s’inverse avec les mesures sanitaires et l’arrêté du 15 mars 2020 qui acte la fermeture des bars et des restaurants à l’exception de leurs activités de livraison et de vente à emporter. Dès cette période, le chiffre d’affaires est inférieur de 60 % au même mois de 2019 puis il chute de 96 % en avril et de 93 % en mai.

Figure 2L’activité des restaurants moins impactée que celle des hôtels pendant l’été 2020Évolution du chiffre d'affaires dans les hôtels et restaurants par rapport au même mois de 2019

en %
L’activité des restaurants moins impactée que celle des hôtels pendant l’été 2020 (en %)
Hôtels restaurants
Janvier -2,5 8,1
février -0,2 -4
mars -64,7 -60,2
avril -83,5 -96,3
mai -93,5 -92,8
juin -79,2 -53,2
juillet -28,8 -6,5
août -13,8 -8
septembre -16,8 -6,4
  • Champ : unités légales monorégionales pérennes de 2017 à 2020, dont l’activité principale n’a pas bougé durant cette période
  • Sources : DGFiP, Insee

Figure 2L’activité des restaurants moins impactée que celle des hôtels pendant l’été 2020Évolution du chiffre d'affaires dans les hôtels et restaurants par rapport au même mois de 2019

  • Champ : unités légales monorégionales pérennes de 2017 à 2020, dont l’activité principale n’a pas bougé durant cette période
  • Sources : DGFiP, Insee

...se traduisant par un recours massif à l’activité partielle et une baisse de l’emploi

En mars 2020, deux tiers des établissements du secteur hébergement-restauration ont recours au dispositif de chômage partiel pour faire face à la chute brutale d’activité. Parmi les 9 500 salariés du secteur de l’hébergement-restauration, un sur trois est ainsi en chômage partiel. L’activité partielle s’étend aux trois quarts des établissements en avril et mai avec deux salariés sur trois concernés (figure 3).

Figure 3Les salariés des entreprises d’hébergement-restauration plus souvent au chômage partiel en Corse en avant-saisonPart des salariés de l’hébergement-restauration en chômage partiel en Corse et en France, moyenne mensuelle 2020

en %
Les salariés des entreprises d’hébergement-restauration plus souvent au chômage partiel en Corse en avant-saison (en %)
Corse France
Mars 32,2 31,7
avril 68,5 68,2
mai 68,4 62,6
juin 34,8 31,5
juillet 13,4 15,6
août 7,3 10,9
septembre 9,3 11,8
  • Source : DSN

Figure 3Les salariés des entreprises d’hébergement-restauration plus souvent au chômage partiel en Corse en avant-saisonPart des salariés de l’hébergement-restauration en chômage partiel en Corse et en France, moyenne mensuelle 2020

  • Source : DSN

Par ailleurs, les déclarations préalables à l’embauche (DPAE) chutent drastiquement dès avril (-84 %) (figure 4). Le secteur touristique étant à l’arrêt avec la mise en place du confinement, les entreprises ne recrutent pas, notamment les saisonniers.

Ainsi, dès le premier trimestre, l’emploi salarié se dégrade dans l’hébergement-restauration (-5,2 %) avec plus de 500 emplois détruits. Au second trimestre, l’emploi se contracte fortement (-31,5 %), quatre fois plus qu’en moyenne nationale (-7,6 %).

Figure 4Les DPAE confirment la bonne reprise estivale des activités d’hébergement-restaurationÉvolution des DPAE par rapport au même mois de 2019

en %
Les DPAE confirment la bonne reprise estivale des activités d’hébergement-restauration (en %)
CDI CDD TOTAL
janvier -11,2 -10,4 -10,7
février 60,5 -9,5 8,4
mars -27,5 -49,4 -46,1
avril -90,5 -92,8 -92,7
mai -81,7 -88,1 -87,8
juin 13,4 12,7 12,7
juillet 40,0 38,1 38,2
août 44,6 16,3 18,2
septembre 3,2 -11,9 -9,1
octobre -0,4 -24,3 -17,7
  • Source : URSSAF

Figure 4Les DPAE confirment la bonne reprise estivale des activités d’hébergement-restaurationÉvolution des DPAE par rapport au même mois de 2019

  • Source : URSSAF

Le cumul de l’activité partielle, des non recrutements et de la baisse de l’emploi se traduit par une diminution du nombre d’heures rémunérées dans les entreprises. Dans l’hébergement-restauration, il chute de 84 % au mois d’avril par rapport à l’an passé et cela s’accentue en mai (- 86 %).

En juin, la reprise a été bien plus lente en Corse

Malgré la levée du confinement, en juin, le nombre de passagers reste toujours très en deçà de son niveau de référence. Les transports ne reprennent réellement que mi-juin après la suppression de l’attestation obligatoire de déplacement pour arriver sur l'île. La perte atteint encore 80 % pour les passagers aériens et 68 % pour les passagers maritimes.

Ainsi, les hôtels sont encore plus souvent fermés sur l’île qu’ailleurs avec un établissement sur quatre qui baisse le rideau (figure 5). Seuls l’Île-de-France et les départements d’outre-mer ont des taux d’ouverture plus faibles. Le taux d’occupation des hôtels dans la région reste bas (28 % contre 35 % en moyenne nationale). À peine la moitié des établissements hôteliers insulaires ouverts ont un taux d’occupation supérieur à 20 %. Le nombre de nuitées enregistré dans les hôtels corses augmente passant de 4 500 en mai à 81 000 en juin mais reste toutefois très faible avec 17 % de son niveau de 2019.

Figure 5En juin à peine 3/4 des établissements hôteliers 5 ouverts en CorseTaux d'occupation et taux d'ouverture des régions en France en juin

En juin à peine 3/4 des établissements hôteliers 5 ouverts en Corse -
Taux d'ouverture (en %) Taux d'occupation (en %)
Guadeloupe 54 25
Martinique 68 21
Guyane 81 31
La Réunion 74 31
Île-de-France 54 32
Centre-Val de Loire 86 37
Bourgogne-Franche-Comté 83 38
Normandie 88 38
Hauts-de-France 83 39
Grand Est 81 35
Pays de la Loire 90 37
Bretagne 88 37
Nouvelle-Aquitaine 85 36
Occitanie 78 35
Auvergne-Rhône-Alpes 81 34
Provence-Alpes-Côte d'Azur 79 35
Corse 75 28
France entière 78 35
  • Champ : France hors Mayotte
  • Source : Insee, enquêtes de fréquentation touristique

Figure 5En juin à peine 3/4 des établissements hôteliers 5 ouverts en CorseTaux d'occupation et taux d'ouverture des régions en France en juin

  • Champ : France hors Mayotte
  • Source : Insee, enquêtes de fréquentation touristique

De ce fait, la perte de chiffre d"affaires dans l’hôtellerie atteint 79 % en juin et reste supérieure à la moyenne nationale (- 72 %). Avec la réouverture des établissements ce mois-là, et notamment la fréquentation de la clientèle locale, la restauration se redresse plus rapidement que l’hôtellerie. Son chiffre d’affaires demeure toutefois inférieur de 53 % à celui de 2019.

Pour accompagner cette timide reprise, la moitié des établissements ont encore recours au chômage partiel qui concerne un salarié sur trois. La Corse fait ainsi partie des territoires où l’utilisation de ce dispositif dans l’hôtellerie restauration est le plus important.

Août, le mois le plus proche de la normale

Avec l’arrivée des vacances scolaires, la reprise se confirme. La baisse du nombre de voyageurs dans les transports se limite à 31 % en juillet et à 19 % en août. Le retour des touristes influe sur les taux d’occupation des hôtels qui augmentent à nouveau : la moitié des chambres offertes sont occupées en juillet et plus des trois quarts en août. La Corse est la région où le taux d’occupation parmi les établissements ouverts est le plus élevé après la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur en août. En termes de nuitées, la fréquentation hôtelière insulaire reste très en deçà de son niveau de 2019 en juillet (- 35 %) mais s’en rapproche le mois suivant (- 15 %). La situation devient pour la première fois plus favorable que celle observée dans certaines régions (Île-de-France, Grand-Est, Hauts de France, DOM).

Au cœur de la saison, les hôtels classés de 3 à 5 étoiles semblent moins pénalisés que les autres. La baisse des nuitées s’établit à 12,8 % pour les hôtels les plus étoilés, soit moitié moins que les autres catégories (- 21,0 %). Le déclin de fréquentation est essentiellement dû à la clientèle en provenance de l’étranger qui n’a pas souhaité ou pu accéder à l’île, en raison des restrictions des déplacements internationaux (figure 6). En effet, sa fréquentation diminue de trois quarts. En revanche, le nombre de nuitées françaises recule de 16 % en juillet et augmente même de 4,7 % en août par rapport à 2019. Les hôtels de Corse bénéficient ainsi dans ce contexte sanitaire mondial difficile, de l’arbitrage de la clientèle nationale pour des vacances en France plutôt qu’à l’étranger.

Dans les autres hébergements collectifs de tourisme (AHCT), les nuitées baissent de 30 % en juillet et 21 % en août. Dans ces hébergements, c’est également la clientèle étrangère qui fait le plus défaut.

Figure 6Les nuitées étrangères chutent drastiquement dans les hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme insulairesÉvolution du nombre de nuitées suivant le type de clientèle dans l’hôtellerie et les AHCT par rapport au même mois de 2019

en %
Les nuitées étrangères chutent drastiquement dans les hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme insulaires (en %)
Juillet Août Septembre
Hôtels Française -16,1 4,7 -3,7
Hôtels Étrangère -73,6 -60,7 -75,2
AHCT Française -18,1 -9,5 1,4
AHCT Étrangère -66,9 -60,4 -75,0
  • Avertissement : les résultats de juillet, août et septembre 2020 sont provisoires.
  • Source : Insee, enquêtes de fréquentation touristique

Figure 6Les nuitées étrangères chutent drastiquement dans les hôtels et autres hébergements collectifs de tourisme insulairesÉvolution du nombre de nuitées suivant le type de clientèle dans l’hôtellerie et les AHCT par rapport au même mois de 2019

  • Avertissement : les résultats de juillet, août et septembre 2020 sont provisoires.
  • Source : Insee, enquêtes de fréquentation touristique

L’évolution des chiffres d’affaires confirme la réelle reprise de l’activité estivale dans l’hôtellerie, sans rattraper les niveaux de 2019. Le volume des recettes reste inférieur de 29 % en juillet et de 14 % en août. Pour la première fois depuis le début de la crise, la baisse des chiffres d’affaires est moindre en Corse qu’au niveau national (respectivement - 44 % et - 25 %).

La saison estivale est également synonyme de retour de la clientèle dans les restaurants corses. L’activité rejoint son niveau de 2019 (- 7 % en juillet et - 8 % en août). En France, le chiffre d’affaires baisse de 9 % et 6 % dans le même temps.

La reprise d’activité en juillet se confirme également via les déclarations préalables à l’embauche. Les recrutements décalés du printemps sur les mois d’été, augmentent de 38 % par rapport à la saison passée. Parallèlement, le recours à l’activité partielle s’est largement réduit pour les mois de juillet et août, avec respectivement 28 % et 19 % des établissements concernés en Corse et 13 % puis 7 % des salariés. Contrairement aux mois précédents, la Corse bascule au-dessous de la moyenne nationale concernant le taux de chômage partiel dans l’hébergement et restauration.

Une embellie de courte durée avec l’arrivée de la seconde vague

Le mois de septembre qui aurait pu lancer une arrière-saison dynamique se termine par le passage brutal de l’île en zone rouge sur la carte de vigilance sanitaire. Cela freine les arrivées sur l’île : le transport maritime de passagers baisse de 33 % et le trafic aérien de 20 %.

Dans l’hôtellerie, même si la situation se dégrade légèrement à la fin du mois, septembre affiche un meilleur bilan que juillet : le taux d’occupation est de 62 % et le nombre de nuitées est inférieur de 24 % à son niveau de 2019 ; la perte atteint seulement 3,7 % de la clientèle française. Dans les AHCT, la situation reste aussi dégradée en septembre qu’en août (- 21 % de nuitées par rapport à 2019).

Le repli du chiffre d’affaires s’accroit légèrement dans l’hôtellerie (- 17 %) mais se contracte dans la restauration (- 6 %).

Le recours au chômage partiel concerne également la même proportion d’établissements qu’en août (21 % des établissements) même si la part des salariés impliqués dans ce dispositif augmente légèrement (+ 2 points). Les DPAE se réorientent à la baisse dans le même temps (- 9 % par rapport à 2019).

Les heures de travail rémunérées dans l’hébergement-restauration confirment cette inflexion de tendance. Elles diminuent d’un cinquième en septembre. Par rapport au 3e trimestre 2019, l’emploi dans le secteur baisse globalement de 20,2 %.

En octobre, les DPAE préfigurent un second ralentissement de l’activité insulaire avec une chute de 18 % des déclarations dans l’hébergement et restauration. En outre, le transport de voyageurs se réduit encore avec - 23 % du trafic de 2019.

Depuis le vendredi 30 octobre 2020, le pays est entré dans un second confinement, laissant l’île à nouveau tournée sur elle-même. En novembre, le transport de voyageurs affiche des pertes de 69 % de passagers dans l’aérien comme dans le maritime en Corse. Les restaurants et bars sont à nouveau fermés.

Encadré - Les dépenses par carte bancaire en deçà des niveaux de 2019 jusqu'à la mi-juillet

Avec le premier confinement généralisé, le volume des dépenses par carte bancaire effectuées sur l’île est amputé de l’apport touristique de l’avant-saison. Les dépenses touristiques représentent en 2019 un cinquième des dépenses effectuées par carte bancaire sur l’île, en 2020 elles n’en représentent qu’un dixième dans un contexte d’activité et de consommation ralenties.

Sur la période du 27 avril au 6 septembre, le manque à gagner est estimé à 16 % des dépenses touristiques de l’année antérieure (figure 7). La perte atteint 83 % la dernière semaine d’avril et oscille entre 74 % et 82 % en mai. Au niveau national, le confinement a également fortement impacté le montant des achats par carte bancaire liées au tourisme mais moins qu’en Corse. En moyenne nationale, le déficit atteint 72 % la dernière semaine d’avril et oscille entre 56 % et 64 % en mai.

En juin, le recul des paiements par carte bancaire corrobore la reprise plus progressive des activités touristiques sur l’île (-62 % et -20 %). Au niveau national, les paiements se redressent plus rapidement qu’en région (de -29% à -5%)

Il faut attendre la deuxième semaine de juillet pour observer un réel rattrapage du volume des dépenses insulaires contre mi-juin en France. Dès lors, ce montant dépasse son niveau antérieur (+4%). À partir de la deuxième semaine d’août, le surplus des dépenses effectuées par rapport à 2019 est plus élevé en Corse (+19 %) qu'au niveau national (+12%). Sur l’île, il croît progressivement pour avoisiner +21% fin août-début septembre.

Il faut toutefois garder en mémoire que le recours à ce moyen de paiement est susceptible d’avoir sensiblement augmenté pendant la crise sanitaire, en particulier avec le relèvement du plafond de paiement sans contact.

Figure 7En Corse, des dépenses touristiques plus élevées dès la mi-juilletÉvolution des montants de transactions par carte bancaire dans les activités touristiques par rapport à la même semaine de 2019

en %
En Corse, des dépenses touristiques plus élevées dès la mi-juillet (en %) - Lecture : en Corse, durant la semaine du 27 avril au 3 mai 2020, le montant des transactions par carte bancaire est inférieur de 75 % à la même semaine en 2019.
France Corse
27/04/20 -72,0 -83,0
04/05/20 -64,2 -79,7
11/05/20 -55,6 -73,8
18/05/20 -56,7 -77,8
25/05/20 -56,7 -81,8
01/06/20 -29,5 -62,3
08/06/20 -21,6 -60,1
15/06/20 -9,1 -44,6
22/06/20 -4,9 -33,3
29/06/20 -5,8 -19,6
06/07/20 3,1 -9,0
13/07/20 5,4 4,2
20/07/20 5,0 1,9
27/07/20 0,9 -1,0
03/08/20 10,5 4,7
10/08/20 10,0 6,8
17/08/20 12,5 19,4
24/08/20 3,5 20,7
31/08/20 5,2 19,6
  • Lecture : en Corse, durant la semaine du 27 avril au 3 mai 2020, le montant des transactions par carte bancaire est inférieur de 75 % à la même semaine en 2019.
  • Source : Cartes bancaires CB, calculs Insee

Figure 7En Corse, des dépenses touristiques plus élevées dès la mi-juilletÉvolution des montants de transactions par carte bancaire dans les activités touristiques par rapport à la même semaine de 2019

  • Lecture : en Corse, durant la semaine du 27 avril au 3 mai 2020, le montant des transactions par carte bancaire est inférieur de 75 % à la même semaine en 2019.
  • Source : Cartes bancaires CB, calculs Insee

Sources

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hôtels, campings, et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs.

Les chiffres d’affaires dans le secteur du tourisme : L’évolution du chiffre d’affaires mensuel déclaré par les entreprises mono et quasi-mono régionales pour les secteurs de hôtellerie et de la restauration sont mesurés en 2020 par rapport à 2019. Ces données sont issues des bases de déclaration mensuelle de chiffre d’affaires des entreprises. Les données agrégées sur les chiffres d’affaires proviennent de fichiers anonymisés construits à partir d’une source fiscale. Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Données Cartes Bancaires : Les données agrégées utilisées dans cette note proviennent de Cartes Bancaires CB et couvrent l’essentiel des transactions par cartes bancaires. Elles sont tirées d’une extraction de transactions anonymisées et agrégées à l’échelle départementale afin de respecter les exigences de confidentialité. Ces informations sont sujettes à certaines limites et diffèrent des données nationales (voir Point de conjoncture du 7 mai 2020, p. 21).

Les indicateurs d’activité partielle et le volume d’heures rémunérées sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN) 2020. La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

Les estimations trimestrielles d’emploi sont calculées à partir de sources administratives et en coproduction Acoss-Urssaf-Dares-Insee.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).

Pour en savoir plus

Activité touristique : impact de la crise sanitaire Covid-19 et suivi de la reprise d’activité, Insee.fr

Une courte amélioration entre deux vagues, Insee Conjoncture Corse n° 32, janvier 2021

Une reprise encore très mesurée, Insee Conjoncture Corse n° 31, octobre 2020

L’activité économique reprend plus lentement, Insee Conjoncture Corse n° 30, juillet 2020

Sources

Enquête mensuelle de fréquentation touristique

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique conduite par l’Insee auprès des hébergements collectifs de tourisme a été suspendue en mars 2020 compte tenu de la crise sanitaire liée à la Covid-19. Un dispositif d’enquête allégée a été mis en place d’avril à juin 2020 uniquement pour les hôtels, permettant de disposer d’un nombre restreint d’indicateurs et de connaître le type de personnes hébergées (touristes, personnels soignants, personnes confinées, personnes placées par les services sociaux du type Samu social).

Les données du premier trimestre 2020 ont été produites dans le contexte très particulier de la crise sanitaire. À partir du 18 mars, l'enquête de fréquentation touristique a été suspendue. De ce fait, seules les réponses spontanées des hébergements ont été prises en compte, les services d'enquêtes n'étant plus en capacité de relancer les hébergements.

L’enquête mensuelle de fréquentation touristique a été remise en œuvre en juillet 2020.

 

Chiffre d'affaires

Les résultats sont construits à partir d’une source fiscale, le formulaire « CA3 », que les entreprises remplissent pour le paiement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Ce formulaire comprend le chiffre d’affaires hors TVA, toutes activités confondues, de l’entreprise déclarante, classée selon son activité principale.

Au niveau national l'Insee diffuse mensuellement des indices de chiffres, pour plus d'information consulter : https://www.insee.fr/fr/metadonnees/source/indicateur/p1669/description et https://www.insee.fr/fr/statistiques/4772485

Pour les niveaux régionaux et départementaux, les résultats sont construits à partir des unités légales dites mono-régionales (resp. monodépartementales), c'est-à-dire dont tous les établissements constituant cette unité sont situés dans la même région (resp. dans le même département). Ils sont ventilés selon les activités : 100 % touristiques, autres activités touristiques et non touristiques.

Les séries régionales et départementales concernent les unités légales monorégionales et monodépartementales pérennes de 2017 à 2021, les secteurs d'étude sont :

  • L'hôtellerie, comprenant les unités relevant des codes NAF "5510Z - Hôtels et hébergement similaire" et "5520Z - Hébergement touristique et autres services d'hébergement de courte durée" ;
  • L’hôtellerie de plein air, comprenant les unités relevant du code NAF "5530Z - Terrains de campings et parcs pour caravances ou véhicules de loisirs" ;
  • La restauration, comprenant les unités relevant du code NAF "5610A - Restauration traditionnelle", 5610B - Cafétérias et autres libres-services" et "5610C - restauration de type rapide".

On élimine les unités qui ont changé de secteur sur la période.

Les séries nationales portent également sur ces 3 secteurs d'étude mais sans condition sur la pérennité, la régionalité et le changement de secteur d'activité.

 

Cartes bancaires

L’évolution des achats opérés peut être appréciée par les données de transactions par carte bancaire. Les données utilisées concernent tout détenteur de Carte Bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut recouvrir aussi des entreprises. Ces données ne recouvrent pas les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.). De plus, à l’inverse des données utilisées à l’échelle nationale, notamment dans l’estimation de la perte de consommation des ménages, les données départementales intègrent certaines transactions non assimilables à de la consommation (dons à des associations, achat de timbres fiscaux, etc.). Enfin, les transactions à distance (notamment celles sur internet) ne sont pas prises en compte dans les données départementales (données régionales pour la Corse).

La nomenclature d’activités utilisée sur les données de carte bancaire CB (nomenclature MCC, Merchant Category Code) ne coïncide pas avec la NAF. En outre, il n’existe pas de définition précise de ce que serait un « secteur tourisme », les activités touristiques étant transverses, ce qui complique leur mesure. Pour les données de transactions bancaires, ce seront vingt-cinq items de la nomenclature MCC qui seront agrégés pour approcher les activités touristiques, recouvrant des activités parfois purement touristiques (échoppes de souvenirs et cartes postales, expositions touristiques, parcs d’attractions…), et des activités qui en dépendent partiellement (restauration et bars notamment).

 

Emploi

Le fichier source utilisé est issu des Fichiers « Tous Salariés » 2017 (anciennement appelés DADS-Grand format).

Ces fichiers couvrent l’ensemble des employeurs et des salariés. Ils sont constitués à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS), des Déclarations Sociales Nominatives (DSN), de données provenant du Système d’Information sur les Agents des Services Publics (SIASP) et des déclarations des particuliers employeurs.

La déclaration sociale nominative (DSN) est un fichier mensuel produit à partir des données de paie des salariés. Elle a notamment pour but de remplacer un grand nombre de déclarations administratives qui étaient adressées jusqu’alors à des acteurs différents (CPAM, Urssaf, AGIRC ARRCO, Organismes complémentaires, Pôle emploi, Centre des impôts, Caisses régimes spéciaux, etc.). La DSN regroupe des informations sur le salarié dans une déclaration unique pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Le millésime 2017 est un millésime mixte, dont les données sur le champ privé proviennent de deux sources distinctes : Déclarations sociales Nominatives (DSN) et Déclarations annuelles de données sociales (DADS), les premières se substituant progressivement aux secondes. Il s’agit du deuxième millésime de transition. Cette transition peut entraîner des différences de niveau par rapport aux millésimes antérieurs. Le passage à la DSN permet notamment de mieux capter les courtes périodes d’emploi.

 

Activité partielle

Le dispositif de l’activité partielle (dénomination légale du chômage partiel) permet aux établissements confrontés à des difficultés temporaires de diminuer ou de suspendre leur activité tout en assurant aux salariés une indemnisation égale à 70 % du salaire brut (environ 84 % du net) pour compenser leur perte de salaire. Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris dans les entreprises publiques. Les indemnités d’activité partielle sont remboursées intégralement par l'État et l'Unédic, jusqu’à un plafond de 70 % de 4,5 Smic. Les demandes d’indemnisation sont déposées par les entreprises auprès de la Direccte.

Les arrêts de travail pour maladie sont pris en charge par l’Assurance maladie. Au début du confinement, l’Assurance maladie finance également le dispositif exceptionnel des arrêts de travail dérogatoires pour garde d’enfant (ou pour les personnes vulnérables), lorsque le télétravail est impossible. À partir du 1er mai, les salariés en situation de garde d’enfant ou les personnes vulnérables basculent vers le dispositif d’activité partielle, dans la mesure où ils sont toujours dans l’impossibilité d’exercer leur activité professionnelle.

Ces indicateurs sont calculés à partir de la Déclaration Sociale Nominative (DSN). La DSN remplace la majorité des déclarations sociales imposées aux entreprises en automatisant leur transmission à partir des données de paie. La DSN regroupe des informations sur les établissements et les salariés. Elle est renseignée chaque mois par les entreprises et contient des informations relatives aux salariés de droit privé, notamment sur l’activité partielle et les arrêts de travail.

 

Estimations trimestrielles d’emploi

Les estimations trimestrielles d’emploi sont obtenues par application d’évolutions trimestrielles aux niveaux annuels. Ces évolutions trimestrielles sont calculées à partir de sources administratives. Depuis le premier trimestre 2017, les données sont établies en coproduction avec l'Acoss (champ privé hors intérim) et la Dares (sur l'intérim). L’introduction de la Déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut transitoirement affecter les comportements déclaratifs des entreprises et générer des révisions accrues sur les données. À partir de la validité du premier trimestre 2018, le champ des estimations trimestrielles d’emploi localisé (ETE) est étendu à l’ensemble de l’emploi salarié et aux départements d’outre-mer (hors Mayotte). Sont ainsi ajoutés les salariés de la fonction publique, de l’agriculture et de l’ensemble des particuliers employeurs.

Définitions

Le taux d’occupation est le rapport du nombre de chambres occupées au nombre de chambres effectivement offertes sur une période donnée (c’est-à-dire en excluant les fermetures saisonnières).

La fréquentation en nuitées correspond au nombre total de nuits passées par les clients dans un établissement touristique. Un couple séjournant trois nuits dans un établissement compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Le taux d’ouverture des hôtels est le nombre d’hôtels déclarés ouverts, rapporté au nombre total d’hôtels sur une période donnée.

Les résidents sont les personnes, quelle que soit leur nationalité, qui ont leur domicile principal en France.

Les activités touristiques : les activités sont classées selon leur degré de « touristicité » tel que défini ci-après :

  • Les activités 100 % touristiques telles que l’hôtellerie, l’hébergement, la gestion des musées, des parcs d’attractions...
  • Les autres activités touristiques telles que la restauration, le transport, le commerce, la gestion des salles de spectacles...
  • Les activités non touristiques (par exemple, la construction, l’industrie, les services administratifs…)

Le secteur « hébergement et restauration » : un secteur regroupe des entreprises de fabrication, de commerce ou de service qui ont la même activité principale (au regard de la nomenclature d'activité économique considérée). L'activité d'un secteur n'est donc pas tout à fait homogène et comprend des productions ou services secondaires qui relèveraient d'autres items de la nomenclature que celui du secteur considéré.

Le secteur « hébergement et restauration » appartient au secteur tertiaire principalement marchand.

Les estimations d'emploi désignent une synthèse de sources permettant une couverture exhaustive de l'emploi total (salarié et non salarié), exprimé en nombre de personnes physiques (et non en nombre de postes de travail), et une ventilation à un niveau sectoriel et géographique assez fin. Elles ont pour objectif la couverture de l'emploi total et la cohérence entre les différents niveaux d'agrégation.

Les estimations d'emploi comportent des estimations annuelles, portant sur l'emploi total au 31 décembre, et des estimations infra-annuelles (trimestrielles), portant sur un champ plus restreint (emploi salarié des secteurs marchands et emploi salarié privé des secteurs non-marchands en France métropolitaine). Les estimations produites avant septembre 2009 se fondaient sur les niveaux d'emploi dans le recensement général de la population de 1999, auxquels sont appliqués des indices d'évolution de l'emploi issus de sources variées, notamment l'enquête Acemo de la Dares et les données des Urssaf (exploitées via les fichiers Epure) et de l'Unédic.

A partir de 2009, les estimations d'emploi annuelles sont calculées à partir du dispositif Estel (Estimations d'emploi localisées), qui se fondent sur l'utilisation des sources administratives en niveau. Pour les salariés, il s'agit des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS « grand format ») contenant, en plus des DADS stricto sensu, les données du fichier de paye des agents de l'État et celles des particuliers employeurs). Pour les non salariés agricoles, les sources mobilisées sont les fichiers de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et pour les non salariés non agricoles, les fichiers de l'Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS) qui est la Caisse Nationale des Unions de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d'Allocations Familiales (URSSAF).

Le passage à Estel permet d'améliorer les estimations d'emploi annuelles dans plusieurs dimensions : meilleure qualité des données (prise en compte explicite de la multiactivité, amélioration de la qualité des sources en amont, restriction du nombre de sources utilisées), double localisation au lieu de résidence et au lieu de travail, ventilation plus fine (au niveau géographique et au niveau des catégories de travailleurs), concept d'emploi « répertorié BIT » précis et stable dans le temps, homogénéisation des méthodes et traitements, délais plus courts.

Le concept central d'Estel- le nombre de personnes en emploi- est proche de celui du BIT. La mesure sera datée au 31 décembre de chaque année.

ESTEL estime un nombre de personnes en emploi. Mais à la différence du recensement, l'emploi d'Estel n'est pas déclaratif car appréhendé à partir des sources administratives afin de compter en emploi toute personne dès lors qu'elle a effectué un travail déclaré d'au moins une heure pendant la dernière semaine de l'année ou qu'elle a un lien formel avec son emploi (pour les salariés, il s'agit grosso modo de repérer les contrats de travail « actifs » fin décembre).