La France et ses territoiresÉdition 2021

Cet ouvrage offre un panorama des questions économiques, sociales et environnementales au niveau territorial. En utilisant les zonages d’études actualisés en 2020, l’ouvrage fait le point sur les disparités géographiques en France, sur les forces et faiblesses des divers territoires ainsi que sur les conditions de vie de la population.

Insee Références
Paru le : Paru le 29/04/2021
Christine Charton, Éric Durieux (Insee)
La France et ses territoires - Avril 2021
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Sommaire

Confinement du printemps 2020 : un impact économique différencié selon les départements

Christine Charton, Éric Durieux (Insee)

En mars 2020, du fait du premier confinement de la population lié à la propagation du virus Covid-19, les ménages réduisent leurs dépenses, l’activité économique ralentit fortement et le recours au chômage partiel est massif.

L’intensité de ces évènements est cependant variable selon les départements. Elle est en partie fonction de leur orientation économique, tous les secteurs d’activité n’étant pas affectés de manière similaire par la crise sanitaire et les mesures prises pour lutter contre la propagation de l’épidémie. Dans les départements alpins ou pyrénéens, le confinement met fin brutalement à la saison touristique hivernale. La baisse de l’activité économique, mesurée par le volume d’heures rémunérées, et celle des transactions par carte bancaire CB en face-à-face y sont davantage marquées. L’activité ralentit également fortement dans des départements industriels où est implantée la fabrication de matériels de transport comme le Haut-Rhin ou le Doubs (automobile) et la Haute-Garonne (aéronautique). À l’inverse, dans les départements plus orientés vers l’agriculture et l’industrie agroalimentaire, la baisse d’activité est moins forte, d’autant que certains d’entre eux bénéficient de la présence de personnes venues s’y installer pour le confinement. En réponse à la baisse d’activité, le travail intérimaire s’effondre et les situations d’emploi où les personnes ne travaillent pas ou partiellement (activité partielle, congé pour garde d’enfants) se développent. L’emploi permanent est relativement préservé.

Le redémarrage de l’économie est progressif en fonction de la levée des restrictions. En juin, l’activité économique est toujours inférieure à son niveau d’avant-crise, notamment dans plusieurs départements très urbanisés où pèsent davantage les activités de culture et de loisirs, ou encore le transport et l’entreposage qui peinent à redémarrer. L’emploi permanent se dégrade aussi dans les départements les plus touristiques.

Après un relatif retour à la normale au 3ᵉ trimestre, le second confinement à partir de novembre 2020, avec des restrictions différentes du premier confinement, va de nouveau fragiliser les départements les plus urbanisés ainsi que les départements touristiques dépendant d’une clientèle internationale ou tributaires du trafic aérien (Corse ou les DOM).

Insee Références

Paru le : 29/04/2021

Des établissements contraints de fermer à partir du 17 mars avec le confinement

À la suite de la propagation du virus Covid-19, la population française est confinée à compter du 17 mars 2020. Les sorties du domicile sont alors limitées aux seules premières nécessités. Plusieurs types d’établissements sont fermés : les établissements accueillant du public, les commerces « non essentiels », les crèches ainsi que les établissements scolaires et universitaires. À ces fermetures réglementaires s’ajoutent des fermetures temporaires d’usines ou de chantiers en attendant la mise en place des protocoles sanitaires recommandés.

La population présente baisse fortement en Savoie ou à Paris, elle augmente dans les départements du littoral ou en périphérie des métropoles

Le confinement provoque des mouvements importants de population : des personnes en vacances ou en déplacement rentrent dans leur résidence habituelle, des étudiants rejoignent le domicile de leurs parents, des citadins s’installent dans leur résidence secondaire ou chez des proches en zone moins dense, etc. Ainsi, la population présente baisse fortement dans les départements touristiques de montagne et dans les départements siège d’une métropole (figure 1). En Savoie, la population présente diminue de 30 % au moment du confinement, soit 180 000 personnes de moins. Il s’agit de la baisse la plus forte, en valeur relative, des départements français. À Paris, la population présente diminue également beaucoup au moment du confinement : – 20 %, soit – 450 000 personnes. Plus de la moitié de cette baisse est le fait de personnes n’y résidant pas habituellement, touristes ou personnes en déplacement professionnel. S’ajoutent aussi de nombreux départs de résidents parisiens à la recherche de lieux de confinement moins denses ou de logements plus spacieux et d’étudiants auprès de leurs parents. À l’inverse, la population présente augmente dans plusieurs départements disposant de nombreuses résidences secondaires situés en périphérie des principales métropoles, dans le centre de la France ou dans les zones très attractives du Sud-ouest et du littoral atlantique. La hausse est la plus forte dans l’Yonne, département du bassin parisien (+ 7 %).

Figure 1 - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département lors du confinement

Figure 1 - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département lors du confinement - Lecture : le nombre de personnes présentes la nuit en Ardèche a augmenté de 19 000 à la suite du confinement, soit + 6 %.
Évolution
En nombre En %
Ain 20 000 3,1
Aisne 14 000 2,7
Allier 10 000 3,0
Alpes-de-Haute-Provence -3 000 -1,7
Hautes-Alpes -51 000 -26,6
Alpes-Maritimes -15 000 -1,4
Ardèche 19 000 6,0
Ardennes 8 000 3,0
Ariège 0 0,0
Aube 7 000 2,3
Aude 8 000 2,1
Aveyron 10 000 3,6
Bouches-du-Rhône 12 000 0,6
Calvados 16 000 2,3
Cantal 3 000 2,0
Charente 11 000 3,2
Charente-Maritime 21 000 3,2
Cher 10 000 3,3
Corrèze 7 000 2,9
Corse-du-Sud 5 000 3,1
Haute-Corse 5 000 2,8
Côte-d'Or 1 000 0,2
Côtes-d'Armor 29 000 4,9
Creuse 5 000 4,3
Dordogne 19 000 4,6
Doubs 1 000 0,2
Drôme 22 000 4,2
Eure 33 000 5,6
Eure-et-Loir 24 000 5,6
Finistère 25 000 2,8
Gard 23 000 3,1
Haute-Garonne -29 000 -2,1
Gers 9 000 4,8
Gironde 13 000 0,8
Hérault -5 000 -0,4
Ille-et-Vilaine 5 000 0,5
Indre 9 000 4,2
Indre-et-Loire 9 000 1,5
Isère -16 000 -1,2
Jura 1 000 0,4
Landes 21 000 5,1
Loir-et-Cher 14 000 4,3
Loire 20 000 2,7
Haute-Loire 12 000 5,3
Loire-Atlantique 12 000 0,8
Loiret 22 000 3,3
Lot 10 000 5,8
Lot-et-Garonne 12 000 3,7
Lozère 3 000 4,1
Maine-et-Loire 11 000 1,4
Manche 18 000 3,7
Marne 1 000 0,2
Haute-Marne 4 000 2,4
Mayenne 11 000 3,7
Meurthe-et-Moselle -2 000 -0,3
Meuse 6 000 3,3
Morbihan 29 000 3,9
Moselle 9 000 0,9
Nièvre 10 000 5,1
Nord -13 000 -0,5
Oise 28 000 3,4
Orne 15 000 5,4
Pas-de-Calais 26 000 1,8
Puy-de-Dôme -7 000 -1,1
Pyrénées-Atlantiques 7 000 1,0
Hautes-Pyrénées -28 000 -10,9
Pyrénées-Orientales -11 000 -2,2
Bas-Rhin -6 000 -0,5
Haut-Rhin 8 000 1,1
Rhône -34 000 -1,8
Haute-Saône 9 000 3,9
Saône-et-Loire 19 000 3,5
Sarthe 15 000 2,7
Savoie -180 000 -29,9
Haute-Savoie -93 000 -10,0
Paris -450 000 -19,9
Seine-Maritime 20 000 1,6
Seine-et-Marne 23 000 1,6
Yvelines 29 000 2,0
Deux-Sèvres 14 000 3,8
Somme 3 000 0,5
Tarn 13 000 3,4
Tarn-et-Garonne 10 000 3,8
Var 40 000 3,7
Vaucluse 21 000 3,7
Vendée 26 000 3,8
Vienne 3 000 0,7
Haute-Vienne 6 000 1,6
Vosges 0 0,0
Yonne 23 000 7,0
Territoire de Belfort 3 000 2,2
Essonne 23 000 1,8
Hauts-de-Seine -67 000 -4,3
Seine-Saint-Denis -14 000 -0,9
Val-de-Marne -21 000 -1,5
Val-d'Oise 22 000 1,8
  • Lecture : le nombre de personnes présentes la nuit en Ardèche a augmenté de 19 000 à la suite du confinement, soit + 6 %.
  • Champ : France métropolitaine, période de référence hors confinement du 16 janvier au 17 mars 2020 au matin, période de confinement du 17 mars au soir au 11 mai 2020 au matin.
  • Sources : Bouygues Telecom, Orange, SFR, activations du réseau de téléphonie mobile ; calculs Insee.

Figure 1 - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département lors du confinement

  • Lecture : le nombre de personnes présentes la nuit en Ardèche a augmenté de 19 000 à la suite du confinement, soit + 6 %.
  • Champ : France métropolitaine, période de référence hors confinement du 16 janvier au 17 mars 2020 au matin, période de confinement du 17 mars au soir au 11 mai 2020 au matin.
  • Sources : Bouygues Telecom, Orange, SFR, activations du réseau de téléphonie mobile ; calculs Insee.

Les transactions par carte bancaire CB chutent plus fortement là où la population présente diminue

Sur tout le territoire, juste avant le confinement, les transactions par carte bancaire CB en face-à-face augmentent légèrement, signalant un comportement de stockage de biens alimentaires de la part des ménages (encadré 1). Ensuite, dès la première semaine complète de confinement (du 23 au 29 mars), la consommation des ménages chute très fortement : les transactions par carte bancaire diminuent de 60 % par rapport à la première semaine de mars. Cela concerne en particulier les achats de carburants, de véhicules automobiles et d’autres biens manufacturés (habillement) ainsi que des services d’hébergement, de restauration ou de loisirs.

Cette chute des transactions par carte bancaire CB est d’autant plus forte dans les départements où la population présente a diminué au moment du confinement (figure 2). Ainsi, elle dépasse 70 % en Savoie, à Paris et dans les Hautes-Alpes, où les départs de population ont été massifs. La baisse des transactions par carte bancaire CB est également élevée dans les départements les plus affectés par la pandémie comme le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, le Territoire de Belfort ou la Seine-Saint-Denis, ainsi que dans les départements sièges de ville universitaire comme Paris, le Rhône ou la Haute-Garonne, dont une partie des étudiants sont partis. Ce sont également des départements où se concentrent d’importantes zones commerciales dont la zone de chalandise dépasse les limites départementales. Leur fréquentation a baissé avec le confinement au profit de commerces plus proches du domicile.

Figure 2 – Évolution des transactions par carte bancaire CB entre la semaine du 2 mars 2020 et la semaine du 23 mars 2020

en %
Figure 2 – Évolution des transactions par carte bancaire CB entre la semaine du 2 mars 2020 et la semaine du 23 mars 2020 (en %) - Lecture : dans le Haut-Rhin, le montant des transactions par carte bancaire a baissé de 61  % entre la semaine du 2 mars (avant le confinement) et la semaine du 23 mars.
Évolution
Ain -50,7
Aisne -53,3
Allier -57,7
Alpes-de-Haute-Provence -54,6
Hautes-Alpes -73,7
Alpes-Maritimes -59,1
Ardèche -45,6
Ardennes -53,0
Ariège -49,6
Aube -57,7
Aude -57,4
Aveyron -53,3
Bouches-du-Rhône -58,8
Calvados -59,3
Cantal -54,2
Charente -52,5
Charente-Maritime -55,0
Cher -57,2
Corrèze -55,7
Côte-d'Or -65,5
Côtes-d'Armor -50,2
Creuse -49,2
Dordogne -51,2
Doubs -59,3
Drôme -58,3
Eure -47,1
Eure-et-Loir -51,1
Finistère -54,4
Corse-du-Sud -54,7
Haute-Corse -54,7
Gard -55,2
Haute-Garonne -59,8
Gers -44,0
Gironde -56,5
Hérault -60,5
Ille-et-Vilaine -59,4
Indre -54,4
Indre-et-Loire -59,3
Isère -61,0
Jura -57,2
Landes -49,1
Loir-et-Cher -55,2
Loire -59,2
Haute-Loire -47,2
Loire-Atlantique -57,8
Loiret -57,0
Lot -44,7
Lot-et-Garonne -52,3
Lozère -44,6
Maine-et-Loire -60,6
Manche -54,2
Marne -64,1
Haute-Marne -52,8
Mayenne -54,3
Meurthe-et-Moselle -55,7
Meuse -49,0
Morbihan -51,9
Moselle -56,5
Nièvre -50,3
Nord -54,6
Oise -51,5
Orne -49,6
Pas-de-Calais -53,8
Puy-de-Dôme -60,0
Pyrénées-Atlantiques -59,3
Hautes-Pyrénées -67,3
Pyrénées-Orientales -59,9
Bas-Rhin -59,8
Haut-Rhin -61,3
Rhône -64,0
Haute-Saône -48,4
Saône-et-Loire -56,5
Sarthe -58,6
Savoie -80,5
Haute-Savoie -64,9
Paris -77,8
Seine-Maritime -59,2
Seine-et-Marne -59,9
Yvelines -58,1
Deux-Sèvres -54,7
Somme -56,5
Tarn -53,9
Tarn-et-Garonne -56,1
Var -56,9
Vaucluse -64,1
Vendée -52,6
Vienne -57,1
Haute-Vienne -58,6
Vosges -57,8
Yonne -51,1
Territoire de Belfort -57,8
Essonne -53,5
Hauts-de-Seine -59,0
Seine-Saint-Denis -61,2
Val-de-Marne -57,6
Val-d'Oise -62,8
Guadeloupe -65,9
Martinique -61,3
Guyane -60,5
La Réunion -60,5
Mayotte -49,3
  • Note : transactions par carte bancaire CB en face-à-face qui n'incluent pas la vente à distance (Internet).
  • Lecture : dans le Haut-Rhin, le montant des transactions par carte bancaire a baissé de 61  % entre la semaine du 2 mars (avant le confinement) et la semaine du 23 mars.
  • Sources : Cartes Bancaires CB ; calculs Insee.

Figure 2 – Évolution des transactions par carte bancaire CB entre la semaine du 2 mars 2020 et la semaine du 23 mars 2020

  • Note : transactions par carte bancaire CB en face-à-face qui n'incluent pas la vente à distance (Internet).
  • Lecture : dans le Haut-Rhin, le montant des transactions par carte bancaire a baissé de 61  % entre la semaine du 2 mars (avant le confinement) et la semaine du 23 mars.
  • Sources : Cartes Bancaires CB ; calculs Insee.

À l’inverse, la baisse des transactions par carte bancaire CB est plus limitée dans les départements peu denses du Gers, de la Lozère, du Lot, de l’Ardèche ou de l’Eure, ainsi que dans les départements où sont localisées de nombreuses résidences secondaires.

Le montant des transactions par carte bancaire CB augmente ensuite légèrement début avril, mais reste très inférieur au niveau d’avant le confinement. Cette légère hausse résulte de la réouverture des ventes à emporter dans la restauration, des magasins de bricolage et plus tard des jardineries. Par ailleurs, la carte bancaire est davantage utilisée pour des transactions de faibles montants, avec le développement de la pratique du « sans contact » et le relèvement du plafond de 30 à 50 euros pour ce type de transactions (figure 3).

Figure 3 - Évolution des transactions par carte bancaire CB sur 12 mois glissants

en %
Figure 3 - Évolution des transactions par carte bancaire CB sur 12 mois glissants (en %) - Lecture : en Savoie, le montant des transactions par carte bancaire la première semaine d’avril 2020 est de 70 % inférieur au montant de la même semaine en 2019.
France Corse Savoie Paris Hauts-de-Seine
Janvier 3,3 5,6 7,0 -8,0 5,7
4,1 7,9 3,5 -2,6 7,5
6,9 6,2 6,7 3,0 11,4
4,5 7,6 4,1 -1,0 4,9
Février 2,8 5,3 3,0 1,1 1,0
2,3 5,1 7,1 -9,9 -8,3
4,0 6,4 8,9 -1,0 -3,0
0,0 4,8 -12,9 2,1 10,6
Mars 4,1 3,4 -4,8 9,0 11,0
8,3 8,9 0,5 -5,5 7,4
-40,5 -32,5 -65,7 -68,3 -40,7
-57,9 -54,4 -74,5 -78,7 -58,3
Avril -54,4 -52,7 -69,3 -77,5 -56,1
-46,6 -46,4 -63,4 -74,0 -50,8
-48,4 -53,9 -62,1 -73,2 -53,1
-41,5 -51,1 -53,3 -67,6 -41,5
-44,9 -53,5 -48,2 -70,2 -43,7
Mai -34,4 -44,6 -34,1 -65,6 -36,7
3,9 -6,6 8,4 -36,8 -13,3
-1,2 -22,5 1,9 -38,7 -18,0
2,9 -22,4 7,0 -31,0 -7,8
Juin 2,5 -22,3 0,9 -24,4 -11,1
4,3 -25,0 4,8 -22,6 -11,4
7,2 -14,4 10,2 -18,6 -9,2
-4,2 -14,8 -1,1 -21,9 -13,8
Juillet -1,5 -9,1 1,2 -18,4 -9,9
6,0 -5,0 9,7 -11,3 -4,8
8,7 2,3 13,0 -8,7 -5,1
12,1 1,1 13,0 5,4 3,3
5,8 0,0 9,6 -6,3 1,3
Août 15,5 5,7 22,7 5,3 12,1
12,4 8,1 20,7 0,2 7,4
11,0 13,1 23,8 -10,2 -3,5
4,9 12,1 14,0 -14,8 -6,5
Septembre 6,0 13,0 8,8 -4,7 -0,8
5,4 11,3 9,9 -3,8 -0,9
4,6 15,1 7,7 -5,4 -1,9
0,8 9,5 3,1 -11,5 -5,1
Octobre 0,9 11,9 4,1 -10,6 -5,2
2,4 11,2 1,8 -12,2 -4,9
7,3 13,5 9,9 -6,5 -2,4
2,2 13,6 5,6 -18,7 -8,5
-2,4 4,1 7,4 -26,8 -4,2
Novembre -33,5 -28,8 -36,0 -57,5 -36,0
-29,7 -23,1 -32,7 -57,2 -35,5
-28,4 -20,6 -31,5 -57,9 -34,2
-27,0 -18,1 -29,2 -54,2 -32,6
Décembre 4,7 17,0 -5,2 -8,6 -9,0
-1,7 10,4 -13,9 -9,6 -11,3
-7,7 1,1 -27,2 -13,6 -16,3
-1,7 0,4 -44,1 -7,1 -4,2
-4,5 2,9 -41,3 -18,4 -15,7
  • Note : transactions par carte bancaire CB en face-à-face qui n'incluent pas la vente à distance (Internet). Seuls les départements ayant les évolutions les plus éloignées de la moyenne nationale sont représentés.
  • Lecture : en Savoie, le montant des transactions par carte bancaire la première semaine d’avril 2020 est de 70 % inférieur au montant de la même semaine en 2019.
  • Sources : Cartes Bancaires CB ; calculs Insee.

Figure 3 - Évolution des transactions par carte bancaire CB sur 12 mois glissants

  • Note : transactions par carte bancaire CB en face-à-face qui n'incluent pas la vente à distance (Internet). Seuls les départements ayant les évolutions les plus éloignées de la moyenne nationale sont représentés.
  • Lecture : en Savoie, le montant des transactions par carte bancaire la première semaine d’avril 2020 est de 70 % inférieur au montant de la même semaine en 2019.
  • Sources : Cartes Bancaires CB ; calculs Insee.

Les déplacements matinaux diminuent fortement

Pendant les deux premières semaines complètes de confinement (du 23 mars au 5 avril), les déplacements matinaux se réduisent des trois quarts. Cela reflète à la fois la chute de l’activité et le développement du télétravail. La baisse des déplacements est la plus forte dans les métropoles, où les emplois peuvent plus facilement être exercés en télétravail, notamment les plus qualifiés. En effet, en France, 58 % des cadres ont télétravaillé pendant le confinement, mais seulement 2 % des ouvriers.

Forte baisse du volume d’heures rémunérées dans quelques secteurs d’activité

Avec le confinement, l’activité économique (encadré 1) diminue fortement comme en témoigne la baisse du volume d’heures rémunérées des salariés du secteur privé (– 33 % en avril 2020 par rapport à avril 2019) (figure 4). Compte tenu de leur poids dans l’économie et de l’évolution de leur activité, quelques secteurs concentrent cette baisse des heures rémunérées : le commerce et la réparation automobile, la construction, l’hébergement et la restauration, et les industries.

La baisse des heures rémunérées est très forte dans trois secteurs d’activité : l’hébergement et la restauration (– 80 %), les services aux ménages (– 55 %) et la construction (– 55 %). Viennent ensuite la fabrication de matériels de transport, les autres industries, le commerce et la réparation automobile ainsi que les activités immobilières, où le volume d’heures rémunérées se réduit d’environ un tiers. La baisse est plus modérée (de l’ordre de – 20 %) dans les industries agroalimentaires avec la continuité des activités du commerce alimentaire, ou encore dans des secteurs pouvant recourir au télétravail comme l’information et la communication.

Figure 4 - Évolution du volume mensuel des heures rémunérées en 2020 par rapport à 2019

en %
Figure 4 - Évolution du volume mensuel des heures rémunérées en 2020 par rapport à 2019 (en %) - Lecture : en Haute-Savoie, en avril 2020, le volume d'heures rémunérées est inférieur de 40 % au volume d’avril 2019.
Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre
Finistère 1,8 2,2 -12,9 -31,1 -19,5 -7,6 -4,0 -2,7 -1,9 -1,5 -7,2 -4,7
Corse-du-Sud 3,0 2,3 -24,0 -54,1 -40,8 -25,9 -14,1 -10,9 -9,4 -6,4 -16,0 -12,9
Haute-Savoie 1,2 1,5 -18,7 -40,2 -25,2 -12,1 -8,0 -4,0 -4,3 -4,6 -12,4 -13,5
Paris 2,1 2,0 -12,1 -33,4 -28,4 -17,1 -12,2 -9,8 -9,1 -10,9 -19,2 -15,1
Seine-et-Marne 2,5 2,9 -12,9 -39,7 -25,5 -17,2 -11,3 -7,9 -8,2 -9,5 -16,2 -11,0
Vendée 2,0 2,8 -14,3 -33,4 -19,4 -6,2 -4,3 -2,3 -2,1 -2,6 -6,7 -4,0
Guadeloupe 3,5 1,7 -13,4 -41,3 -27,4 -14,5 -10,0 -7,2 -5,6 -7,1 -7,0 -7,3
France 1,9 1,8 -13,3 -33,3 -22,5 -10,3 -6,8 -4,5 -4,4 -4,8 -9,9 -7,4
  • Note : ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Lecture : en Haute-Savoie, en avril 2020, le volume d'heures rémunérées est inférieur de 40 % au volume d’avril 2019.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Figure 4 - Évolution du volume mensuel des heures rémunérées en 2020 par rapport à 2019

  • Note : ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Lecture : en Haute-Savoie, en avril 2020, le volume d'heures rémunérées est inférieur de 40 % au volume d’avril 2019.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

La baisse du volume d’heures rémunérées est assez homogène sur le territoire

La baisse du volume d’heures rémunérées est comprise entre 30 et 40 % pour les trois quarts des départements. Elle est davantage marquée dans les départements de l’est et du sud de la France métropolitaine, dans ceux de l’est parisien ainsi qu’en Corse, Guadeloupe, Martinique et à La Réunion. À l’inverse, elle est nettement moindre dans les départements de l’Ouest et du Centre (figure 5).

Figure 5 - Évolution des heures rémunérées en avril 2020 par rapport à avril 2019

Figure 5 - Évolution des heures rémunérées en avril 2020 par rapport à avril 2019 - Lecture : dans le Haut-Rhin, en avril 2020, le volume d'heures rémunérées est inférieur de 38 % par rapport à avril 2019.
Avril 2019 (effectif) Avril 2020 (effectif) Évolution (en %)
Ain 22 762 14 937 -34,4
Aisne 14 261 9 602 -32,7
Allier 10 245 6 452 -37,0
Alpes-de-Haute-Provence 4 537 2 807 -38,1
Hautes-Alpes 4 428 2 505 -43,4
Alpes-Maritimes 42 978 25 510 -40,6
Ardèche 9 164 6 115 -33,3
Ardennes 7 634 4 833 -36,7
Ariège 3 815 2 459 -35,5
Aube 10 118 6 824 -32,6
Aude 9 728 5 918 -39,2
Aveyron 9 237 6 125 -33,7
Bouches-du-Rhône 85 151 55 620 -34,7
Calvados 26 476 17 717 -33,1
Cantal 4 390 2 970 -32,4
Charente 12 305 8 625 -29,9
Charente-Maritime 19 788 12 266 -38,0
Cher 9 543 6 599 -30,9
Corrèze 7 972 5 482 -31,2
Côte-d'Or 20 932 14 306 -31,7
Côtes-d'Armor 19 264 13 648 -29,2
Creuse 2 725 1 783 -34,6
Dordogne 11 599 7 574 -34,7
Doubs 19 941 11 975 -40,0
Drôme 21 499 14 292 -33,5
Eure 18 615 13 091 -29,7
Eure-et-Loir 13 906 9 875 -29,0
Finistère 30 619 21 158 -30,9
Corse-du-Sud 5 924 2 742 -53,7
Haute-Corse 5 595 2 858 -48,9
Gard 20 557 13 286 -35,4
Haute-Garonne 66 531 46 650 -29,9
Gers 5 055 3 488 -31,0
Gironde 65 082 43 813 -32,7
Hérault 39 012 24 796 -36,4
Ille-et-Vilaine 46 383 32 698 -29,5
Indre 7 212 4 705 -34,8
Indre-et-Loire 23 322 15 779 -32,3
Isère 48 821 33 572 -31,2
Jura 8 670 5 822 -32,8
Landes 12 668 8 201 -35,3
Loir-et-Cher 11 620 8 035 -30,9
Loire 27 300 17 824 -34,7
Haute-Loire 7 126 4 873 -31,6
Loire-Atlantique 65 515 45 900 -29,9
Loiret 27 104 19 060 -29,7
Lot 5 382 3 682 -31,6
Lot-et-Garonne 10 663 7 277 -31,8
Lozère 2 366 1 711 -27,7
Maine-et-Loire 30 974 21 240 -31,4
Manche 17 359 12 181 -29,8
Marne 21 413 14 450 -32,5
Haute-Marne 5 632 3 710 -34,1
Mayenne 12 091 8 397 -30,5
Meurthe-et-Moselle 23 057 15 163 -34,2
Meuse 4 718 3 277 -30,5
Morbihan 25 895 17 562 -32,2
Moselle 33 623 21 265 -36,8
Nièvre 5 994 3 986 -33,5
Nord 100 589 67 736 -32,7
Oise 26 901 17 955 -33,3
Orne 9 237 6 359 -31,2
Pas-de-Calais 45 921 30 428 -33,7
Puy-de-Dôme 24 012 16 185 -32,6
Pyrénées-Atlantiques 25 309 16 255 -35,8
Hautes-Pyrénées 6 852 4 166 -39,2
Pyrénées-Orientales 13 751 8 325 -39,5
Bas-Rhin 48 795 32 314 -33,8
Haut-Rhin 28 183 17 533 -37,8
Rhône 101 038 70 615 -30,1
Haute-Saône 6 828 4 493 -34,2
Saône-et-Loire 18 881 12 619 -33,2
Sarthe 21 022 14 453 -31,3
Savoie 19 700 11 004 -44,1
Haute-Savoie 30 285 18 160 -40,0
Paris 197 628 133 268 -32,6
Seine-Maritime 48 262 32 885 -31,9
Seine-et-Marne 53 372 32 134 -39,8
Yvelines 58 576 39 730 -32,2
Deux-Sèvres 14 804 11 098 -25,0
Somme 18 930 12 917 -31,8
Tarn 11 186 7 474 -33,2
Tarn-et-Garonne 7 314 5 019 -31,4
Var 31 288 18 001 -42,5
Vaucluse 19 826 12 433 -37,3
Vendée 27 682 18 463 -33,3
Vienne 14 616 9 485 -35,1
Haute-Vienne 11 747 8 220 -30,0
Vosges 11 971 7 648 -36,1
Yonne 10 656 7 148 -32,9
Territoire de Belfort 4 718 3 084 -34,6
Essonne 49 177 33 750 -31,4
Hauts-de-Seine 136 515 108 391 -20,6
Seine-Saint-Denis 69 342 45 211 -34,8
Val-de-Marne 57 254 38 201 -33,3
Val-d'Oise 41 464 26 439 -36,2
Guadeloupe 12 198 7 202 -41,0
Martinique 10 591 6 499 -38,6
Guyane 4 609 3 273 -29,0
La Réunion 21 915 13 082 -40,3
Mayotte n.d. n.d. n.d.
  • n.d. : non disponible.
  • Note : ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Lecture : dans le Haut-Rhin, en avril 2020, le volume d'heures rémunérées est inférieur de 38 % par rapport à avril 2019.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Figure 5 - Évolution des heures rémunérées en avril 2020 par rapport à avril 2019

  • Note : ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Lecture : dans le Haut-Rhin, en avril 2020, le volume d'heures rémunérées est inférieur de 38 % par rapport à avril 2019.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

L’orientation économique des départements explique en partie ces différences. Ainsi, les départements touristiques, qui accueillent habituellement de nombreux vacanciers au printemps, sont très concernés par la forte réduction des heures rémunérées dans l’hébergement et la restauration. À l’Est, le Doubs ou le Haut-Rhin sont davantage exposés à la réduction de l’activité dans la fabrication de matériel de transport. La baisse des heures rémunérées est marquée aussi en Seine-et-Marne, où se situent Disneyland Paris ainsi qu’une partie de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. À l’inverse, les départements de l’ouest parisien sont plus préservés grâce à leur profil plus orienté vers des activités susceptibles d’être télétravaillées, comme l’information et la communication, la finance et l’assurance. De même, les départements bretons bénéficient de la moindre réduction d’activité dans les industries agroalimentaires.

À cet effet sectoriel direct s’ajoute un effet territorial qui peut être notable (encadré 2). Dans les départements de montagne ou du pourtour méditerranéen, l’arrêt de la fréquentation touristique en avril provoque une forte baisse d’activité non seulement dans l’hébergement et la restauration mais aussi, par effet d’entraînement, dans le commerce et la réparation automobile, la construction ou les services aux ménages. S’ajoute aussi dans le cas des départements corses ou des départements d’outre mer (DOM) une forte réduction des effectifs dans le transport et l’entreposage mis en difficulté par le quasi arrêt du trafic tant maritime qu’aérien (figure 6). Toute l’économie présentielle y tourne au ralenti. Les départements de l’Est, très affectés par la pandémie, subissent aussi un plus fort ralentissement de leur activité présentielle.

Figure 6 - Contribution des secteurs à l’évolution des heures rémunérées dans quelques départements entre les mois d’avril 2019 et 2020

en points
Figure 6 - Contribution des secteurs à l’évolution des heures rémunérées dans quelques départements entre les mois d’avril 2019 et 2020 (en points) - Lecture : en Corse-du-Sud, le volume d’heures rémunérées baisse de 54 % en avril 2020 par rapport à avril 2019, dont 10 points du fait du secteur « commerce et réparation automobile ».
Industrie Construction Commerce et réparation automobile Transports et entreposage Hébergement et restauration Services aux ménages Autres secteurs
Corse-du-Sud -3,3 -10,3 -10,8 -4,1 -12,3 -2,9 -10
Savoie -4,0 -5,1 -7,7 -4,0 -12,8 -3,1 -7,5
Hautes-Alpes -1,9 -7,3 -9,2 -4,4 -9,5 -3,5 -7,6
Guadeloupe -4,0 -5,8 -9,3 -1,8 -6,9 -2,3 -10,9
Charente-Maritime -5,2 -5,1 -8,5 -1,5 -7,3 -2,7 -7,7
Ariège -6,4 -6,6 -7,3 -1,7 -4,3 -2,6 -6,6
Ardèche -7,7 -5,2 -5,6 -1,6 -4,6 -2,5 -6,0
Maine-et-Loire -8,3 -4,8 -5,6 -1,4 -2,8 -1,9 -6,5
Loiret -6,4 -4,6 -5,5 -2,4 -2,8 -1,7 -6,3
Hauts-de-Seine -0,9 -2,1 -2,4 -0,9 -2,9 -1,1 -10,4
  • Notes :
    - ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré ;
    - les autres secteurs rassemblent les secteurs de l’énergie et des services autres que les services aux particuliers.
  • Lecture : en Corse-du-Sud, le volume d’heures rémunérées baisse de 54 % en avril 2020 par rapport à avril 2019, dont 10 points du fait du secteur « commerce et réparation automobile ».
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Figure 6 - Contribution des secteurs à l’évolution des heures rémunérées dans quelques départements entre les mois d’avril 2019 et 2020

  • Notes :
    - ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré ;
    - les autres secteurs rassemblent les secteurs de l’énergie et des services autres que les services aux particuliers.
  • Lecture : en Corse-du-Sud, le volume d’heures rémunérées baisse de 54 % en avril 2020 par rapport à avril 2019, dont 10 points du fait du secteur « commerce et réparation automobile ».
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Forte hausse de l’activité partielle

Les entreprises recourent massivement à l’activité partielle dont le dispositif est transformé face à l’ampleur de la crise sanitaire. Pour toutes les demandes effectuées à partir du 1ᵉʳ mars 2020, l’État prend en charge tout ou partie du salaire net. Les salariés sont aussi autorisés à rester à la maison pour pallier la fermeture des écoles en posant des jours « garde d’enfants » ou des arrêts maladie. Ces mesures entrent très rapidement en vigueur. Ainsi, dès le vendredi 20 mars, 31 % des salariés sont absents de leur travail pour activité partielle, arrêt maladie ou garde d’enfants, soit une hausse de 28 points par rapport à début mars.

Globalement, les mêmes départements cumulent les plus fortes baisses des heures rémunérées et les plus fortes hausses des situations d’emploi où les personnes ne travaillent pas ou partiellement : les départements touristiques du massif alpin et du pourtour méditerranéen ainsi que dans quelques départements industriels orientés vers la fabrication de matériels de transport. À l’inverse, les situations d’emploi où les personnes ne travaillent pas ou partiellement sont moins fréquentes dans l’ouest de la France métropolitaine, où l’activité a moins diminué (figure 7).

Figure 7 – Évolution des salariés en situation d’arrêt maladie ou d’activité partielle en avril 2020 par rapport à la première quinzaine de mars 2020

en points
Figure 7 – Évolution des salariés en situation d’arrêt maladie ou d’activité partielle en avril 2020 par rapport à la première quinzaine de mars 2020 (en points) - Lecture : dans le Gers, la part de salariés en position d’activité partielle ou arrêt de travail a augmenté de 31 points entre la première quinzaine de mars 2020 et avril 2020.
Évolution
Ain 35,9
Aisne 32,8
Allier 35,2
Alpes-de-Haute-Provence 34,6
Hautes-Alpes 40,6
Alpes-Maritimes 36,9
Ardèche 34,5
Ardennes 35,3
Ariège 36,2
Aube 34,0
Aude 35,8
Aveyron 34,0
Bouches-du-Rhône 33,4
Calvados 34,5
Cantal 31,7
Charente 29,3
Charente-Maritime 35,9
Cher 32,1
Corrèze 32,3
Côte-d'Or 32,2
Côtes-d'Armor 29,4
Creuse 31,7
Dordogne 33,9
Doubs 39,6
Drôme 34,4
Eure 30,4
Eure-et-Loir 31,3
Finistère 31,1
Corse-du-Sud 44,1
Haute-Corse 40,8
Gard 35,0
Haute-Garonne 32,2
Gers 30,8
Gironde 33,0
Hérault 35,0
Ille-et-Vilaine 31,0
Indre 34,3
Indre-et-Loire 32,9
Isère 32,7
Jura 34,2
Landes 34,1
Loir-et-Cher 33,6
Loire 35,5
Haute-Loire 34,2
Loire-Atlantique 32,8
Loiret 30,2
Lot 31,1
Lot-et-Garonne 30,6
Lozère 29,0
Maine-et-Loire 33,9
Manche 31,4
Marne 32,1
Haute-Marne 35,6
Mayenne 31,2
Meurthe-et-Moselle 33,8
Meuse 32,5
Morbihan 32,1
Moselle 37,8
Nièvre 33,0
Nord 32,2
Oise 29,8
Orne 30,3
Pas-de-Calais 33,6
Puy-de-Dôme 33,3
Pyrénées-Atlantiques 36,7
Hautes-Pyrénées 39,4
Pyrénées-Orientales 38,5
Bas-Rhin 34,3
Haut-Rhin 33,6
Rhône 31,0
Haute-Saône 33,5
Saône-et-Loire 34,3
Sarthe 32,8
Savoie 44,4
Haute-Savoie 39,9
Paris 30,9
Seine-Maritime 32,1
Seine-et-Marne 39,0
Yvelines 33,2
Deux-Sèvres 27,1
Somme 31,3
Tarn 34,0
Tarn-et-Garonne 32,9
Var 38,3
Vaucluse 35,6
Vendée 37,2
Vienne 34,2
Haute-Vienne 32,9
Vosges 36,5
Yonne 33,1
Territoire de Belfort 34,6
Essonne 31,9
Hauts-de-Seine 22,1
Seine-Saint-Denis 34,8
Val-de-Marne 33,1
Val-d'Oise 35,8
Guadeloupe 42,2
Martinique 36,8
Guyane 29,8
La Réunion 39,4
Mayotte n.d.
  • n.d. : non disponible.
  • Lecture : dans le Gers, la part de salariés en position d’activité partielle ou arrêt de travail a augmenté de 31 points entre la première quinzaine de mars 2020 et avril 2020.
  • Champ : France hors Mayotte, ensemble des salariés y compris les salariés en arrêt maladie ou en activité partielle.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Figure 7 – Évolution des salariés en situation d’arrêt maladie ou d’activité partielle en avril 2020 par rapport à la première quinzaine de mars 2020

  • Lecture : dans le Gers, la part de salariés en position d’activité partielle ou arrêt de travail a augmenté de 31 points entre la première quinzaine de mars 2020 et avril 2020.
  • Champ : France hors Mayotte, ensemble des salariés y compris les salariés en arrêt maladie ou en activité partielle.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Chute de l’emploi intérimaire surtout dans les départements touristiques et industriels

Le dispositif d’activité partielle limite les licenciements, mais il ne concerne pas les intérimaires dont les contrats ne sont pas renouvelés. Entre fin décembre 2019 et fin mars 2020, l’emploi salarié diminue de 1,9 % en France, soit 488 000 emplois de moins, les deux tiers étant des emplois intérimaires.

La baisse de l’emploi est donc plus marquée dans les départements où les intérimaires sont plus nombreux (figure 8). C’est le cas des départements touristiques de montagne qui subissent de plein fouet la fermeture des stations de ski ; ou encore de plusieurs départements de l’Est comme le Territoire de Belfort, la Haute-Saône, la Haute-Marne, le Doubs ou l’Ain où des industries, en particulier celle de fabrication de matériels de transport, emploient de nombreux intérimaires.

À l’inverse, l’emploi diminue peu au cours du 1ᵉʳ trimestre 2020 dans des départements plus agricoles comme le Gers, la Lozère, la Corse-du-Sud, la Haute-Corse ou le Gard ainsi que dans plusieurs départements de la couronne parisienne au profil tertiaire comme les Hauts-de-Seine, les Yvelines, l’Essonne ou le Val-d’Oise. La baisse de l’emploi reste aussi limitée dans plusieurs départements de l’Ouest où l’industrie agroalimentaire est très implantée. Les services administratifs ou les activités scientifiques, techniques et de soutien y sont également moins présents, ce qui expose moins ces départements au ralentissement de ces secteurs qui souffrent de l’attentisme des entreprises et de la baisse de la demande qui leur est adressée.

Figure 8 - Évolution de l'emploi salarié au 1ᵉʳ trimestre 2020

en %
Figure 8 - Évolution de l'emploi salarié au 1ᵉʳ trimestre 2020 (en %) - Lecture : dans le Vaucluse, l’emploi salarié total a baissé de 1,9 % entre fin décembre 2019 et fin mars 2020.
Évolution
Ain -2,7
Aisne -2,5
Allier -2,2
Alpes-de-Haute-Provence -5,0
Hautes-Alpes -2,6
Alpes-Maritimes -2,3
Ardèche -1,8
Ardennes -2,0
Ariège -3,1
Aube -2,4
Aude -2,3
Aveyron -1,6
Bouches-du-Rhône -1,9
Calvados -2,2
Cantal -2,0
Charente -2,3
Charente-Maritime -2,2
Cher -1,9
Corrèze -1,9
Côte-d'Or -1,5
Côtes-d'Armor -2,0
Creuse -1,2
Dordogne -2,0
Doubs -2,6
Drôme -2,2
Eure -2,5
Eure-et-Loir -1,5
Finistère -1,6
Corse-du-Sud -0,7
Haute-Corse -0,7
Gard -1,3
Haute-Garonne -1,4
Gers -1,2
Gironde -1,6
Hérault -2,3
Ille-et-Vilaine -1,9
Indre -2,9
Indre-et-Loire -2,5
Isère -2,0
Jura -2,2
Landes -1,9
Loir-et-Cher -2,7
Loire -2,4
Haute-Loire -1,9
Loire-Atlantique -1,9
Loiret -3,0
Lot -2,0
Lot-et-Garonne -1,4
Lozère -1,2
Maine-et-Loire -2,1
Manche -2,2
Marne -1,6
Haute-Marne -2,7
Mayenne -2,4
Meurthe-et-Moselle -1,7
Meuse -1,8
Morbihan -2,0
Moselle -2,1
Nièvre -2,4
Nord -1,5
Oise -2,7
Orne -1,8
Pas-de-Calais -2,5
Puy-de-Dôme -1,7
Pyrénées-Atlantiques -1,9
Hautes-Pyrénées -2,7
Pyrénées-Orientales -1,9
Bas-Rhin -1,7
Haut-Rhin -2,3
Rhône -1,9
Haute-Saône -2,7
Saône-et-Loire -2,4
Sarthe -1,8
Savoie -3,2
Haute-Savoie -2,7
Paris -2,1
Seine-Maritime -2,5
Seine-et-Marne -2,0
Yvelines -1,2
Deux-Sèvres -1,8
Somme -1,9
Tarn -1,9
Tarn-et-Garonne -2,1
Var -1,5
Vaucluse -1,9
Vendée -2,3
Vienne -2,4
Haute-Vienne -1,4
Vosges -2,5
Yonne -2,5
Territoire de Belfort -3,2
Essonne -1,3
Hauts-de-Seine -1,3
Seine-Saint-Denis -1,2
Val-de-Marne -1,6
Val-d'Oise -1,2
Guadeloupe -1,7
Martinique -1,0
Guyane -0,7
La Réunion -0,6
Mayotte n.d.
  • n.d. : non disponible.
  • Lecture : dans le Vaucluse, l’emploi salarié total a baissé de 1,9 % entre fin décembre 2019 et fin mars 2020.
  • Champ : France hors Mayotte, emploi salarié
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 8 - Évolution de l'emploi salarié au 1ᵉʳ trimestre 2020

  • Lecture : dans le Vaucluse, l’emploi salarié total a baissé de 1,9 % entre fin décembre 2019 et fin mars 2020.
  • Champ : France hors Mayotte, emploi salarié
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Une hausse limitée du chômage au 1ᵉʳ trimestre

Le développement de l’activité partielle a préservé l’emploi permanent et a limité la hausse du chômage. Au 1ᵉʳ trimestre 2020, le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) a même paradoxalement diminué car deux conditions pour être considéré comme chômeur sont difficilement mises en œuvre : les personnes sans emploi ne sont plus en capacité de se déplacer pour faire des démarches de recherche d’emploi ou elles sont moins disponibles pour accepter un emploi (contrainte de garde d’enfants par exemple). Pôle emploi enregistre peu de nouvelles inscriptions de demandeurs d’emploi et aussi peu de sorties, mais de fortes variations entre les catégories, avec une hausse du nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, sans emploi, et une baisse des demandeurs d’emploi de catégorie B et C, c’est-à-dire des personnes en activité réduite. Au total, le nombre de chômeurs de catégories A, B et C augmente de 2,2 % entre fin décembre 2019 et fin mars 2020. Toutefois cette hausse dépasse 8 % dans les départements de Savoie et de Haute-Savoie très affectés par la baisse de l’activité et celle du nombre d’intérimaires.

Avec le déconfinement, les transactions par carte bancaire CB rebondissent et rattrapent le niveau de 2019 sauf à Paris et en Corse

En mai, l’activité économique reprend. Ce redémarrage progressif suit les étapes du déconfinement : le 11 mai avec la réouverture des établissements accueillant du public, le 2 juin avec la réouverture des cafés et restaurants et fin de la limitation des déplacements et enfin le 15 juin avec le retour de tous les élèves dans les établissements scolaires.

La consommation des ménages rebondit dès le 11 mai avec un rattrapage d’une partie des dépenses non effectuées pendant le confinement, coiffure et habillement par exemple. Les transactions par carte bancaire augmentent dans tous les départements et le volume des transactions rattrape voire dépasse celui de 2019. Deux territoires font cependant exception avec des transactions par carte bancaire au dessous de leur niveau de 2019 jusqu’à fin juin : la Corse où les touristes sont venus moins nombreux qu’en 2019 ; Paris et une partie de sa couronne où de nombreux étudiants ne sont pas revenus (figure 9) et où les touristes d’affaires et de loisirs restent rares.

Figure 9 - Évolution des transactions par carte bancaire CB de la semaine du 15 juin 2020 par rapport à la même semaine en 2019

en %
Figure 9 - Évolution des transactions par carte bancaire CB de la semaine du 15 juin 2020 par rapport à la même semaine en 2019 (en %) - Lecture : dans le Bas-Rhin, le montant des transactions par cartes bancaires au cours de la semaine du 15 juin 2020 est supérieur de 6,7 % au montant de cette même semaine en 2019.
Évolution
Ain 9,8
Aisne 8,3
Allier 9,2
Alpes-de-Haute-Provence 13,5
Hautes-Alpes 13,5
Alpes-Maritimes 7,9
Ardèche 13,2
Ardennes 12,6
Ariège 16,1
Aube 6,2
Aude 12,0
Aveyron 11,8
Bouches-du-Rhône 10,9
Calvados 15,1
Cantal 12,1
Charente 12,8
Charente-Maritime 9,2
Cher 10,2
Corrèze 12,5
Côte-d'Or 4,8
Côtes-d'Armor 19,6
Creuse 7,1
Dordogne 13,2
Doubs 7,6
Drôme 12,5
Eure 9,5
Eure-et-Loir 6,9
Finistère 19,8
Corse-du-Sud -14,4
Haute-Corse -14,4
Gard 13,3
Haute-Garonne 8,5
Gers 10,1
Gironde 9,7
Hérault 11,2
Ille-et-Vilaine 14,5
Indre 10,9
Indre-et-Loire 7,0
Isère 11,2
Jura 12,0
Landes 17,5
Loir-et-Cher 6,8
Loire 14,3
Haute-Loire 14,9
Loire-Atlantique 10,4
Loiret 5,7
Lot 11,4
Lot-et-Garonne 12,4
Lozère 15,2
Maine-et-Loire 10,0
Manche 17,9
Marne 8,6
Haute-Marne 9,5
Mayenne 9,8
Meurthe-et-Moselle 5,2
Meuse 8,0
Morbihan 18,6
Moselle 10,0
Nièvre 8,4
Nord 9,0
Oise 5,0
Orne 9,0
Pas-de-Calais 15,4
Puy-de-Dôme 8,0
Pyrénées-Atlantiques 16,8
Hautes-Pyrénées 11,1
Pyrénées-Orientales 11,7
Bas-Rhin 6,7
Haut-Rhin 7,7
Rhône 4,2
Haute-Saône 9,6
Saône-et-Loire 14,1
Sarthe 4,8
Savoie 10,2
Haute-Savoie 9,8
Paris -18,6
Seine-Maritime 10,1
Seine-et-Marne 6,1
Yvelines 10,2
Deux-Sèvres 10,7
Somme 10,0
Tarn 15,9
Tarn-et-Garonne 9,7
Var 13,9
Vaucluse 9,6
Vendée 12,5
Vienne 7,5
Haute-Vienne 10,6
Vosges 9,3
Yonne 8,7
Territoire de Belfort 6,9
Essonne 5,6
Hauts-de-Seine -9,2
Seine-Saint-Denis -0,3
Val-de-Marne 2,9
Val-d'Oise -0,2
Guadeloupe 10,3
Martinique 18,8
Guyane 8,8
La Réunion 22,1
Mayotte 11,3
  • Lecture : dans le Bas-Rhin, le montant des transactions par cartes bancaires au cours de la semaine du 15 juin 2020 est supérieur de 6,7 % au montant de cette même semaine en 2019.
  • Champ : transactions par carte bancaire CB en face-à-face qui n'incluent pas la vente à distance (Internet).
  • Sources : Cartes Bancaires CB ; calculs Insee.

Figure 9 - Évolution des transactions par carte bancaire CB de la semaine du 15 juin 2020 par rapport à la même semaine en 2019

  • Lecture : dans le Bas-Rhin, le montant des transactions par cartes bancaires au cours de la semaine du 15 juin 2020 est supérieur de 6,7 % au montant de cette même semaine en 2019.
  • Champ : transactions par carte bancaire CB en face-à-face qui n'incluent pas la vente à distance (Internet).
  • Sources : Cartes Bancaires CB ; calculs Insee.

En juin, le déficit d’heures rémunérées s’atténue mais reste élevé dans quelques départements

En juin, le volume d’heures rémunérées reste en retrait de 10 % par rapport à juin 2019. Ce déficit continue d’affecter fortement l’hébergement et la restauration (– 36 % en juin 2020 par rapport à juin 2019), les services aux ménages (– 22 %) et la fabrication de matériels de transport (– 20 %). Le transport tourne toujours au ralenti. À l’inverse, la construction et le commerce retrouvent presque leur niveau de 2019.

Les écarts entre départements se creusent, avec un déficit d’activité estimé qui varie de – 26 % pour la Corse-du-Sud à – 5 % pour les Deux-Sèvres ou les Côtes-d’Armor (figure 10). Plusieurs départements peinent à retrouver un niveau d’activité comparable à celui de juin 2019. C’est le cas du pourtour méditerranéen où la fréquentation touristique demeure nettement plus faible qu’habituellement. De fait, la baisse du volume d’heures rémunérées y reste forte dans l’hébergement et la restauration mais aussi dans le commerce, le transport et l’entreposage ainsi que dans les industries agroalimentaires en Corse. À Paris et dans plusieurs départements de sa couronne, l’activité est également moindre qu’en 2019 notamment du fait de la désaffection des touristes. Le volume d’heures rémunérées y reste aussi déficitaire par rapport à 2019 dans les activités scientifiques et techniques, et les activités de soutien aux entreprises. Le ralentissement dans la fabrication de matériels de transport affecte toujours le Doubs et la Haute-Garonne.

Figure 10 - Évolution des heures rémunérées en juin 2020 par rapport au mois de juin 2019

en %
Figure 10 - Évolution des heures rémunérées en juin 2020 par rapport au mois de juin 2019 (en %) - Lecture : en Corse-du Sud, en juin 2020, le volume d'heures rémunérées est inférieur de 25,6 % par rapport à juin 2019.
Évolution
Ain -10,0
Aisne -7,2
Allier -11,3
Alpes-de-Haute-Provence -11,0
Hautes-Alpes -10,0
Alpes-Maritimes -17,3
Ardèche -8,2
Ardennes -10,7
Ariège -8,3
Aube -8,9
Aude -10,9
Aveyron -8,6
Bouches-du-Rhône -9,6
Calvados -8,9
Cantal -7,5
Charente -7,2
Charente-Maritime -9,0
Cher -9,5
Corrèze -7,0
Côte-d'Or -8,3
Côtes-d'Armor -5,4
Creuse -8,2
Dordogne -9,2
Doubs -15,0
Drôme -8,4
Eure -6,6
Eure-et-Loir -6,9
Finistère -7,4
Corse-du-Sud -25,6
Haute-Corse -23,0
Gard -8,0
Haute-Garonne -10,6
Gers -8,7
Gironde -7,0
Hérault -9,5
Ille-et-Vilaine -6,5
Indre -10,9
Indre-et-Loire -9,0
Isère -7,2
Jura -9,9
Landes -8,7
Loir-et-Cher -9,6
Loire -9,1
Haute-Loire -8,8
Loire-Atlantique -7,5
Loiret -7,4
Lot -10,9
Lot-et-Garonne -6,5
Lozère -6,0
Maine-et-Loire -6,0
Manche -7,1
Marne -9,9
Haute-Marne -10,3
Mayenne -7,7
Meurthe-et-Moselle -7,4
Meuse -6,5
Morbihan -8,0
Moselle -10,9
Nièvre -9,9
Nord -8,7
Oise -9,9
Orne -9,3
Pas-de-Calais -7,1
Puy-de-Dôme -8,8
Pyrénées-Atlantiques -9,5
Hautes-Pyrénées -16,1
Pyrénées-Orientales -10,3
Bas-Rhin -9,9
Haut-Rhin -13,1
Rhône -8,6
Haute-Saône -7,6
Saône-et-Loire -8,7
Sarthe -9,9
Savoie -8,5
Haute-Savoie -11,7
Paris -16,9
Seine-Maritime -8,9
Seine-et-Marne -17,1
Yvelines -11,8
Deux-Sèvres -5,3
Somme -9,1
Tarn -6,7
Tarn-et-Garonne -5,9
Var -12,8
Vaucluse -9,3
Vendée -6,1
Vienne -10,2
Haute-Vienne -6,2
Vosges -9,0
Yonne -10,4
Territoire de Belfort -13,5
Essonne -9,0
Hauts-de-Seine -9,4
Seine-Saint-Denis -13,4
Val-de-Marne -12,4
Val-d'Oise -12,5
Guadeloupe -14,5
Martinique -11,8
Guyane -12,4
La Réunion -7,3
Mayotte n.d.
  • n.d. : non disponible.
  • Lecture : en Corse-du Sud, en juin 2020, le volume d'heures rémunérées est inférieur de 25,6 % par rapport à juin 2019.
  • Champ : France hors Mayotte, ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Figure 10 - Évolution des heures rémunérées en juin 2020 par rapport au mois de juin 2019

  • n.d. : non disponible.
  • Lecture : en Corse-du Sud, en juin 2020, le volume d'heures rémunérées est inférieur de 25,6 % par rapport à juin 2019.
  • Champ : France hors Mayotte, ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Au 2ᵉ trimestre, la baisse de l’emploi total est plus marquée dans les départements du Sud, de l’Est et de l’Île de France

Au 2ᵉ trimestre, l’emploi salarié baisse de 0,8 % (– 201 000 emplois). L’intérim, flexible par nature, regagne 108 000 emplois (+ 23 %) sans retrouver toutefois son niveau d’avant crise. Hors intérim, l’emploi salarié continue de se dégrader à un rythme supérieur à celui du 1ᵉʳ trimestre (– 309 000). Les effectifs se contractent dans tous les secteurs d’activité, à l’exception de la construction où les effectifs salariés se maintiennent.

L’emploi s’effondre dans l’hébergement et la restauration dont les établissements ne rouvrent que début juin avec un protocole sanitaire strict. Après avoir réduit son nombre d’intérimaires au 1ᵉʳ trimestre, la fabrication de matériels de transport contracte cette fois-ci ses effectifs. Le nombre de salariés agricoles diminue aussi, avec les difficultés à embaucher une main d’œuvre saisonnière étrangère freinée dans ses déplacements. Les difficultés persistent aussi dans le transport et l’entreposage. La baisse du nombre d’emplois s’accentue fortement dans des secteurs qui ne renouvellent pas des contrats de travail à durée limitée, comme les activités scientifiques et techniques, et les services administratifs et de soutien, ou les services non marchands, notamment les établissements d’enseignement et l'administration publique.

La baisse de l’emploi au 2ᵉ trimestre 2020 est plus intense dans les départements dont le volume d’heures rémunérées en juin 2020 reste inférieur à celui de 2019. C’est le cas de départements touristiques du Sud dont la saison peine à démarrer ainsi que de départements de l’Est exposés aux difficultés persistantes dans l’industrie (figure 11). Viennent ensuite plusieurs départements de la couronne parisienne comme les Yvelines, le Val-d’Oise, l’Essonne, le Val-de-Marne ou les Hauts-de-Seine impactés par le fort ralentissement des transports, tant au stade de la fabrication de matériels de transport que des services de transport et d’entreposage. L’emploi se dégrade aussi dans les Hauts-de-Seine où la production cinématographique est très implantée. Dans tous ces départements, le recours à l’activité partielle ne compense pas le déficit d’heures rémunérées et ne permet pas de préserver l’emploi permanent. À l’inverse, l’emploi continue à mieux résister dans les départements de l’Ouest où l’activité est mieux préservée.

Après un relatif retour à la normale au 3ᵉ trimestre, le second confinement à partir de novembre 2020, avec des restrictions différentes du premier confinement, va de nouveau fragiliser les départements les plus urbanisés ainsi que les départements touristiques dépendant d’une clientèle internationale ou tributaires du trafic aérien (encadré 3). Par ailleurs, malgré les mesures de soutien aux entreprises et aux particuliers, les conséquences sociales de la crise se font sentir. Le nombre de bénéficiaires du RSA augmente ainsi de 8,3 % entre novembre 2019 et novembre 2020 en France métropolitaine, une hausse qui dépasse 20 % en Corse-du-Sud, dans les Alpes-Maritimes et en Haute-Savoie, des départements où l’activité économique a fortement ralenti en 2020. Dans ces départements, la hausse du nombre de bénéficiaires a fortement accéléré entre juin 2020 et novembre 2020, à la différence du niveau national.

Figure 11 - Évolution de l'emploi salarié au 2ᵉ trimestre 2020

en %
Figure 11 - Évolution de l'emploi salarié au 2ᵉ trimestre 2020 (en %) - Lecture : dans la Manche, l’emploi salarié baisse de 0,8 % entre fin mars et fin juin 2020.
Évolution
Ain 0,1
Aisne -0,6
Allier -0,9
Alpes-de-Haute-Provence 0,2
Hautes-Alpes -1,5
Alpes-Maritimes -2,7
Ardèche -1,2
Ardennes -0,6
Ariège 0,2
Aube -0,8
Aude -1,1
Aveyron -0,7
Bouches-du-Rhône -0,7
Calvados -0,8
Cantal -0,7
Charente -0,6
Charente-Maritime -0,8
Cher -0,8
Corrèze -0,4
Côte-d'Or -0,9
Côtes-d'Armor -0,1
Creuse 0,0
Dordogne -0,8
Doubs -1,3
Drôme -0,7
Eure -0,3
Eure-et-Loir -0,7
Finistère -0,5
Corse-du-Sud -6,3
Haute-Corse -5,5
Gard -0,9
Haute-Garonne -0,3
Gers -0,7
Gironde -0,4
Hérault -0,9
Ille-et-Vilaine -0,4
Indre -0,7
Indre-et-Loire -0,3
Isère -0,5
Jura -0,4
Landes -1,0
Loir-et-Cher -0,7
Loire -0,2
Haute-Loire -0,7
Loire-Atlantique -0,6
Loiret -0,4
Lot -1,7
Lot-et-Garonne -0,2
Lozère -0,4
Maine-et-Loire -0,4
Manche -0,8
Marne -0,9
Haute-Marne -1,0
Mayenne -0,3
Meurthe-et-Moselle -0,6
Meuse -0,7
Morbihan -0,4
Moselle -0,4
Nièvre -0,9
Nord -0,7
Oise -0,2
Orne -0,7
Pas-de-Calais -0,4
Puy-de-Dôme -0,7
Pyrénées-Atlantiques -0,6
Hautes-Pyrénées -3,8
Pyrénées-Orientales -1,2
Bas-Rhin -0,6
Haut-Rhin -1,1
Rhône -0,6
Haute-Saône 0,2
Saône-et-Loire -0,7
Sarthe -0,6
Savoie 0,5
Haute-Savoie -1,3
Paris -1,3
Seine-Maritime -0,4
Seine-et-Marne -0,5
Yvelines -1,5
Deux-Sèvres -0,6
Somme -1,0
Tarn 0,2
Tarn-et-Garonne -0,3
Var -1,6
Vaucluse -1,5
Vendée 0,0
Vienne -0,8
Haute-Vienne -0,6
Vosges -0,4
Yonne -1,0
Territoire de Belfort -1,4
Essonne -1,2
Hauts-de-Seine -1,5
Seine-Saint-Denis -1,4
Val-de-Marne -1,4
Val-d'Oise -1,1
Guadeloupe -1,7
Martinique -1,5
Guyane -1,4
La Réunion -0,9
France hors Mayotte -0,9
  • n.d. : non disponible.
  • Lecture : dans la Manche, l’emploi salarié baisse de 0,8 % entre fin mars et fin juin 2020.
  • Champ : France hors Mayotte, emploi salarié.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 11 - Évolution de l'emploi salarié au 2ᵉ trimestre 2020

  • n.d. : non disponible.
  • Lecture : dans la Manche, l’emploi salarié baisse de 0,8 % entre fin mars et fin juin 2020.
  • Champ : France hors Mayotte, emploi salarié.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Un impact dans les territoires différent de 2008

Alors que la crise de 2008 avait d’abord affecté l’industrie, celle du premier semestre 2020 impacte davantage les services et quelques secteurs industriels dont l’activité dépend d’échanges internationaux ou de la mobilité des personnes. L’impact a été fort pour les départements touristiques, quelques départements industriels et les départements les plus tertiaires comme Paris. À l’inverse, les départements plus ruraux ou orientés vers l’industrie agroalimentaire ont été moins exposés. Dans ces départements, les revenus des ménages ont aussi été mieux préservés du fait de la présence plus marquée des retraités. Les handicaps d’hier, comme le vieillissement de la population ou la faible densité de peuplement, ont paradoxalement amorti les effets de la crise du printemps 2020.

Dans la durée, l’impact de la crise actuelle dans les territoires dépendra de la persistance des différentes mesures de restriction, puis de la vitesse de la reprise, notamment dans certains secteurs spécifiques comme le tourisme, surtout pour les territoires dépendant de la clientèle internationale, ou l’aéronautique.

Encadré 1 - Des sources inédites pour suivre les effets économiques de la crise sanitaire de la Covid-19

Pour analyser au plus près la situation économique pendant la crise sanitaire, l’Insee a mobilisé des sources d’informations inhabituelles en complément ou à la place des sources statistiques habituelles.

Des sources statistiques quotidiennes ou hebdomadaires, appelées données « haute fréquence » ont ainsi été mobilisées :

Données de téléphonie mobile pour suivre les mouvements de population

L’étude des mouvements de population au moment du confinement utilise des données anonymisées et agrégées de téléphonie mobile fournies par Bouygues Telecom, Orange Business Services France et SFR.

Les activations de réseau téléphonique permettent de compter les présences dans un département en distinguant les résidents et les non-résidents (le département de résidence étant identifié par les opérateurs par l’adresse de facturation de l’abonnement) une nuit donnée puis la nuit suivante. L’analyse repose sur l’hypothèse que les comportements des clients des trois opérateurs sont extrapolables à ceux de l’ensemble de la population.

Données sur les transactions bancaires pour suivre une partie de la consommation des ménages

Les montants des transactions par carte bancaire en face-à-face proviennent de Cartes Bancaires CB. Elles sont anonymisées et agrégées à l‘échelle départementale. Elles concernent tout détenteur de carte bancaire CB sur le territoire français, ce qui, outre les ménages, peut couvrir aussi des entreprises. Elles couvrent l’essentiel des transactions bancaires, avec et sans contact, à l’exception des transactions en vente à distance (internet). Les transactions réalisées par d’autres moyens de paiement (espèces, chèque, ticket restaurant, etc.) ne sont pas suivies.

Déclaration sociale nominative (DSN) pour suivre le nombre de personnes en activité partielle ou en arrêt de travail et le volume d’heures rémunérées

La déclaration nominative de données sociales est un fichier produit à partir des données de paye des salariés du secteur privé. Elle regroupe des informations sur le salarié, notamment les périodes d’arrêt maladie, d’activité partielle, ou la fin d’activité, pour communiquer ensuite les informations nécessaires à la gestion de la protection sociale des salariés aux organismes concernés.

Elle permet de calculer le volume d’heures rémunérées qui correspond à la durée pour laquelle le salarié est rémunéré sur une période. Cela inclut notamment les heures supplémentaires mais aussi les absences pour lesquelles le salarié perçoit une rémunération, comme les congés payés, les jours fériés ou les jours attribués au titre de la réduction du temps de travail.

Ce volume d’heures rémunérées permet d’analyser les fluctuations de l’activité économique. Il ne constitue cependant pas une mesure directe de l’activité du fait de certaines absences considérées comme du travail rémunéré et du fait aussi que la rémunération des salariés peut ne pas refléter les fluctuations de leur productivité.

Encadré 2 - Estimation structurelle de pertes d’activités par département et effets locaux

La forte chute de l’activité économique à la suite du confinement de mars 2020 est très inégale selon les secteurs. Elle est estimée à – 30 % en avril pour l’ensemble de l’économie et s’élève à – 70 % dans la fabrication de matériels de transport ou l’hébergement-restauration, et seulement à – 16 % dans les industries agroalimentaires. Ces estimations nationales de l’évolution de la valeur ajoutée ont été réalisées en formulant des hypothèses sur la part d’activité maintenue à partir de différentes sources, notamment des données des fédérations professionnelles ainsi que des données sur la consommation d’électricité, les transports ferroviaires ou les transactions par carte bancaire.

À partir de ces résultats nationaux, une perte d’activité structurelle départementale est estimée en appliquant les évolutions sectorielles nationales aux activités de chaque département (figure). Un secteur d’activité est supposé affecté avec la même intensité sur l’ensemble du territoire. Bien que forte, cette hypothèse est probable du fait que les mesures de confinement sont uniformes sur le territoire. Les résultats obtenus mettent en évidence les départements dont l’économie est la plus fragilisée compte tenu de la nature de leurs activités : départements touristiques, départements où est fortement implanté le secteur de la fabrication de matériel de transport, etc. Ainsi, en avril, cette chute d’activité « structurelle » est un peu plus forte, de l’ordre de 30 à 34 % dans les départements les plus touristiques où l’hôtellerie et la restauration représentent une plus forte part de la valeur ajoutée, comme les départements alpins (Savoie, Haute-Savoie, Hautes-Alpes) ou les départements du Sud (Alpes-Maritimes, Corse-du-Sud et Haute-Corse). La Haute-Garonne, les Yvelines et le Doubs, ou le Haut-Rhin où sont présents les principaux constructeurs ferroviaires, aéronautiques et automobiles, sont aussi très exposés à la baisse de l’activité.

Cependant, ces évolutions structurelles ne rendent que partiellement compte de la réalité. Des effets locaux existent. Par exemple, un même secteur d’activité peut être davantage affecté dans un département du fait de sa concentration dans un même établissement ou à l’inverse du fait de sa répartition dans des petites structures moins dépendantes de marchés internationaux. Des effets d’entraînement peuvent aussi différencier les évolutions départementales d’un même secteur. Ainsi, le commerce a été davantage affecté dans les départements touristiques où la demande a chuté brutalement. De fait, les différences entre départements sur l’évolution structurelle d’activité sont moins marquées que celles sur l’évolution des heures rémunérées qui rend compte de la réalité et cumule donc des effets structurels et des effets locaux.

Figure encadré 2 - Évolution de l'activité en avril 2020 par la méthode structurelle

en %
Figure encadré 2 - Évolution de l'activité en avril 2020 par la méthode structurelle (en %) - Lecture : dans la Sarthe, la baisse d’activité au cours du mois d’avril 2020 est estimée à 31,5 % par rapport à une situation normale d’avant-crise.
Perte d’activité
Ain -30,8
Aisne -28,7
Allier -29,7
Alpes-de-Haute-Provence -28,9
Hautes-Alpes -31,1
Alpes-Maritimes -30,0
Ardèche -30,9
Ardennes -30,1
Ariège -29,5
Aube -28,3
Aude -28,3
Aveyron -30,4
Bouches-du-Rhône -30,2
Calvados -29,8
Cantal -29,2
Charente -29,5
Charente-Maritime -29,4
Cher -30,0
Corrèze -29,8
Côte-d'Or -30,1
Côtes-d'Armor -28,1
Creuse -27,6
Dordogne -28,6
Doubs -32,1
Drôme -30,1
Eure -31,0
Eure-et-Loir -29,8
Finistère -28,1
Corse-du-Sud -32,8
Haute-Corse -32,2
Gard -29,0
Haute-Garonne -33,2
Gers -27,6
Gironde -29,6
Hérault -29,1
Ille-et-Vilaine -29,2
Indre -30,0
Indre-et-Loire -30,6
Isère -30,5
Jura -30,2
Landes -29,5
Loir-et-Cher -31,3
Loire -29,9
Haute-Loire -29,6
Loire-Atlantique -30,5
Loiret -30,1
Lot -29,4
Lot-et-Garonne -28,2
Lozère -28,4
Maine-et-Loire -29,6
Manche -30,9
Marne -28,0
Haute-Marne -29,9
Mayenne -29,4
Meurthe-et-Moselle -30,0
Meuse -29,3
Morbihan -28,8
Moselle -30,7
Nièvre -28,8
Nord -30,3
Oise -31,4
Orne -29,9
Pas-de-Calais -29,7
Puy-de-Dôme -30,4
Pyrénées-Atlantiques -30,6
Hautes-Pyrénées -30,3
Pyrénées-Orientales -29,4
Bas-Rhin -30,8
Haut-Rhin -31,9
Rhône -31,0
Haute-Saône -30,8
Saône-et-Loire -30,1
Sarthe -31,5
Savoie -34,1
Haute-Savoie -32,4
Paris -27,6
Seine-Maritime -31,2
Seine-et-Marne -32,4
Yvelines -32,7
Deux-Sèvres -27,5
Somme -29,9
Tarn -29,0
Tarn-et-Garonne -28,9
Var -29,3
Vaucluse -29,2
Vendée -30,7
Vienne -29,9
Haute-Vienne -28,9
Vosges -30,6
Yonne -29,5
Territoire de Belfort -30,3
Essonne -31,8
Hauts-de-Seine -26,6
Seine-Saint-Denis -31,1
Val-de-Marne -31,6
Val-d'Oise -31,7
Guadeloupe -27,9
Martinique -27,6
Guyane -27,7
La Réunion -28,0
Mayotte -26,1
  • Note : pour calculer les baisses d’activités régionales, on applique les réductions d’activité sectorielles nationales à la structure de chaque territoire, cette structure étant celle de la valeur ajoutée des économies régionales et départementales en 2015.
  • Lecture : dans la Sarthe, la baisse d’activité au cours du mois d’avril 2020 est estimée à 31,5 % par rapport à une situation normale d’avant-crise.
  • Source : Insee, Dares, enquête Acemo-Covid, calculs Insee.

Figure encadré 2 - Évolution de l'activité en avril 2020 par la méthode structurelle

  • Note : pour calculer les baisses d’activités régionales, on applique les réductions d’activité sectorielles nationales à la structure de chaque territoire, cette structure étant celle de la valeur ajoutée des économies régionales et départementales en 2015.
  • Lecture : dans la Sarthe, la baisse d’activité au cours du mois d’avril 2020 est estimée à 31,5 % par rapport à une situation normale d’avant-crise.
  • Source : Insee, Dares, enquête Acemo-Covid, calculs Insee.

Encadré 3 - Second semestre 2020 : une activité toujours perturbée par la crise sanitaire

Au début de l’été 2020, l’activité économique continue le rattrapage entamé lors du déconfinement progressif de mai et de juin. En juillet, le volume d’heures rémunérées est inférieur de 7 % au volume de 2019, après – 33 % en avril, – 22 % en mai et – 10 % en juin. L’amélioration se poursuit en août et en septembre. Au total, le déficit d’activité se situe à – 5 % sur l’ensemble du 3ᵉ trimestre 2020 comparé au 3ᵉ trimestre 2019.

Cette tendance au « retour à la normale » est toutefois inégale selon les secteurs. En particulier, dans les services, l’activité est pénalisée par les mesures sanitaires visant à limiter le brassage de la population comme le transport de voyageurs, l’hébergement-restauration, les activités culturelles et les services aux ménages.

Au 3ᵉ trimestre, l’hôtellerie-restauration pèse sur le « retour à la normale »

Dans l’hébergement-restauration, le volume d’heures rémunérées au 3ᵉ trimestre 2020 est inférieur de 20 % à celui du 3ᵉ trimestre 2019. Ce secteur a pâti pendant l’été de la défection des touristes étrangers, de l’annulation de gros événements puis, en septembre surtout, de la forte baisse du tourisme d’affaires avec le développement du travail à distance. Ce déficit d’activité est très marqué à Paris, haut lieu du tourisme international et du tourisme d’affaires, ainsi qu’en Seine-et-Marne où se situe le complexe de loisirs de Disneyland Paris. Il est aussi très fort en Guyane, en Guadeloupe et en Haute-Corse, avec la baisse du trafic aérien et donc de la fréquentation touristique, ainsi que dans les Hautes-Pyrénées, avec les annulations de pèlerinages à Lourdes, et dans les Alpes-Maritimes. Dans la plupart de ces départements, le recul est également plus marqué qu’ailleurs dans le « commerce et réparation automobile » ainsi que dans le transport-entreposage et les industries agroalimentaires. Au total, dans ces départements l’activité est en baisse de 10 % au moins par rapport à 2019.

À l’inverse, l’activité revient presque à la « normale », avec un déficit de l’ordre de 2 ou 3 % atteint au 3ᵉ trimestre dans les départements de l’ouest et du nord de la France où l’activité dans l’hôtellerie-restauration et dans les secteurs qui lui sont liés résiste mieux. C’est le cas des Côtes-d’Armor, de l’Ille-et-Vilaine ou de la Manche. C’est aussi le cas d’autres départements très touristiques comme les Landes, la Vendée ou la Charente-Maritime, moins orientés vers une clientèle internationale et qui ont bénéficié d’une nouvelle clientèle résidente pendant l’été.

Dans la construction, au 3ᵉ trimestre, le niveau d’activité est proche de celui de 2019. Il le dépasse même dans plusieurs départements de l’Ouest dynamiques démographiquement ou en région parisienne avec les travaux du Grand Paris Express.

Au 4ᵉ trimestre, un moindre impact du deuxième confinement

Fin 2020, le renforcement des mesures de restrictions en octobre puis le confinement instauré en novembre entraîne un nouveau recul de l’activité, moins important cependant que lors du premier confinement. Le volume d’heures rémunérées baisse de 10 % en novembre 2020 par rapport à novembre 2019, contre – 33 % en avril 2020 par rapport à avril 2019 (figure 1). Certaines activités, à l’arrêt lors du premier confinement, se poursuivent presque normalement, comme l’industrie et la construction. Le ralentissement est plus marqué dans le commerce (– 13 %), bien loin cependant des – 36 % enregistrés en avril 2020. L’élargissement des autorisations d’ouverture des établissements au public, le développement de la vente à distance et les dispositifs de « click and collect » (cliqué retiré) permettent en effet de préserver une partie de l’activité. En revanche, la fermeture obligatoire des bars et restaurants, et celle des lieux de sports et de culture frappent de plein fouet l’hébergement-restauration et les services aux ménages : en novembre 2020, le déficit d’activité y atteint respectivement 61 % et 34 % par rapport à novembre 2019.

Figure 1 encadré 3 - Évolution des heures rémunérées en novembre 2020 par rapport à novembre 2019

en %
Figure 1 encadré 3 - Évolution des heures rémunérées en novembre 2020 par rapport à novembre 2019 (en %) - Lecture : dans le Haut-Rhin, le volume d'heures rémunérées au mois de novembre 2020 est inférieur de 13,1 % au volume du mois de novembre 2019.
Évolution
Ain -7,4
Aisne -7,5
Allier -10,5
Alpes-de-Haute-Provence -10,5
Hautes-Alpes -11,0
Alpes-Maritimes -17,8
Ardèche -6,5
Ardennes -7,9
Ariège -11,2
Aube -8,1
Aude -10,8
Aveyron -8,7
Bouches-du-Rhône -10,3
Calvados -10,3
Cantal -7,7
Charente -6,5
Charente-Maritime -10,2
Cher -8,2
Corrèze -8,5
Côte-d'Or -8,9
Côtes-d'Armor -7,2
Creuse -7,0
Dordogne -9,3
Doubs -9,8
Drôme -8,2
Eure -6,1
Eure-et-Loir -6,6
Finistère -7,2
Corse-du-Sud -16,0
Haute-Corse -14,4
Gard -9,6
Haute-Garonne -11,6
Gers -7,7
Gironde -7,4
Hérault -10,8
Ille-et-Vilaine -7,4
Indre -10,4
Indre-et-Loire -9,4
Isère -7,7
Jura -8,3
Landes -9,1
Loir-et-Cher -7,5
Loire -9,2
Haute-Loire -5,9
Loire-Atlantique -8,1
Loiret -6,9
Lot -10,1
Lot-et-Garonne -7,8
Lozère -6,4
Maine-et-Loire -6,5
Manche -6,8
Marne -8,8
Haute-Marne -7,9
Mayenne -6,2
Meurthe-et-Moselle -7,8
Meuse -6,5
Morbihan -8,0
Moselle -10,5
Nièvre -9,7
Nord -7,1
Oise -8,4
Orne -6,0
Pas-de-Calais -6,8
Puy-de-Dôme -9,5
Pyrénées-Atlantiques -11,0
Hautes-Pyrénées -11,8
Pyrénées-Orientales -9,7
Bas-Rhin -10,4
Haut-Rhin -13,1
Rhône -8,7
Haute-Saône -5,6
Saône-et-Loire -8,2
Sarthe -7,1
Savoie -13,3
Haute-Savoie -12,4
Paris -19,2
Seine-Maritime -8,4
Seine-et-Marne -16,2
Yvelines -9,9
Deux-Sèvres -6,3
Somme -8,4
Tarn -6,9
Tarn-et-Garonne -7,1
Var -13,5
Vaucluse -10,6
Vendée -6,7
Vienne -9,5
Haute-Vienne -8,9
Vosges -9,1
Yonne -9,1
Territoire de Belfort -11,3
Essonne -7,6
Hauts-de-Seine -7,6
Seine-Saint-Denis -12,6
Val-de-Marne -11,7
Val-d'Oise -11,8
Guadeloupe -7,0
Martinique -11,0
Guyane -2,2
La Réunion 0,0
Mayotte n.d.
  • n.d. : non disponible.
  • Lecture : dans le Haut-Rhin, le volume d'heures rémunérées au mois de novembre 2020 est inférieur de 13,1 % au volume du mois de novembre 2019.
  • Champ : France hors Mayotte, ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Figure 1 encadré 3 - Évolution des heures rémunérées en novembre 2020 par rapport à novembre 2019

  • Lecture : dans le Haut-Rhin, le volume d'heures rémunérées au mois de novembre 2020 est inférieur de 13,1 % au volume du mois de novembre 2019.
  • Champ : France hors Mayotte, ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Au 4ᵉ trimestre 2020, le volume d’heures rémunérées est inférieur de 7 % par rapport au 4ᵉ trimestre 2019 (figure 2). Ce ralentissement de fin d’année affecte toujours particulièrement Paris (– 15 %) où se concentrent de nombreux lieux culturels et de loisirs, ainsi que les départements touristiques dont la saison hivernale est compromise, comme la Savoie, la Haute-Savoie, les Alpes-Maritimes, les Hautes-Pyrénées ainsi que les départements corses. L’activité ralentit également sensiblement dans les départements du Haut-Rhin et du Bas-Rhin du fait de l’annulation des marchés de Noël, tandis que les départements de la façade atlantique restent davantage préservés.

Figure 2 encadré 3 - Évolution des heures rémunérées au 4ᵉ trimestre 2020 par rapport au 4ᵉ trimestre 2019

en %
Figure 2 encadré 3 - Évolution des heures rémunérées au 4ᵉ trimestre 2020 par rapport au 4ᵉ trimestre 2019 (en %) - Lecture : dans le Haut-Rhin, le volume d'heures rémunérées au 4ᵉ trimestre est inférieur de 10,2 % au volume du 4ᵉ trimestre 2019.
Évolution
Ain -5,4
Aisne -6,0
Allier -7,5
Alpes-de-Haute-Provence -7,6
Hautes-Alpes -12,3
Alpes-Maritimes -13,8
Ardèche -5,1
Ardennes -6,2
Ariège -7,2
Aube -5,9
Aude -7,9
Aveyron -6,4
Bouches-du-Rhône -7,3
Calvados -7,3
Cantal -5,5
Charente -4,2
Charente-Maritime -6,1
Cher -6,5
Corrèze -5,8
Côte-d'Or -6,3
Côtes-d'Armor -4,7
Creuse -4,3
Dordogne -6,5
Doubs -7,5
Drôme -6,2
Eure -4,4
Eure-et-Loir -4,6
Finistère -4,5
Corse-du-Sud -11,6
Haute-Corse -10,6
Gard -6,6
Haute-Garonne -9,0
Gers -6,2
Gironde -5,1
Hérault -7,2
Ille-et-Vilaine -4,8
Indre -9,0
Indre-et-Loire -7,1
Isère -5,6
Jura -6,5
Landes -6,0
Loir-et-Cher -5,4
Loire -6,8
Haute-Loire -4,5
Loire-Atlantique -5,7
Loiret -5,2
Lot -7,7
Lot-et-Garonne -5,7
Lozère -4,6
Maine-et-Loire -3,9
Manche -4,6
Marne -6,5
Haute-Marne -6,4
Mayenne -4,9
Meurthe-et-Moselle -5,2
Meuse -4,9
Morbihan -5,1
Moselle -7,5
Nièvre -7,4
Nord -5,0
Oise -6,3
Orne -4,7
Pas-de-Calais -4,7
Puy-de-Dôme -6,6
Pyrénées-Atlantiques -7,9
Hautes-Pyrénées -10,7
Pyrénées-Orientales -6,2
Bas-Rhin -7,8
Haut-Rhin -10,2
Rhône -6,2
Haute-Saône -3,9
Saône-et-Loire -6,1
Sarthe -5,0
Savoie -14,8
Haute-Savoie -10,2
Paris -15,0
Seine-Maritime -6,2
Seine-et-Marne -12,2
Yvelines -7,0
Deux-Sèvres -4,4
Somme -6,5
Tarn -5,0
Tarn-et-Garonne -5,0
Var -9,4
Vaucluse -7,1
Vendée -4,4
Vienne -7,1
Haute-Vienne -6,3
Vosges -6,2
Yonne -6,8
Territoire de Belfort -9,0
Essonne -5,5
Hauts-de-Seine -5,8
Seine-Saint-Denis -9,3
Val-de-Marne -9,2
Val-d'Oise -8,9
Guadeloupe -7,1
Martinique -7,7
Guyane -2,6
La Réunion -0,2
Mayotte n.d.
  • n.d. : non disponible.
  • Lecture : dans le Haut-Rhin, le volume d'heures rémunérées au 4ᵉ trimestre est inférieur de 10,2 % au volume du 4ᵉ trimestre 2019.
  • Champ : France hors Mayotte, ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Figure 2 encadré 3 - Évolution des heures rémunérées au 4ᵉ trimestre 2020 par rapport au 4ᵉ trimestre 2019

  • n.d. : non disponible.
  • Lecture : dans le Haut-Rhin, le volume d'heures rémunérées au 4ᵉ trimestre est inférieur de 10,2 % au volume du 4ᵉ trimestre 2019.
  • Champ : France hors Mayotte, ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Source : Insee, Déclarations sociales nominatives (DSN).

Définitions

Les activités présentielles sont les activités mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone, qu’elles soient résidentes ou touristes.

Notes et points de conjoncture nationaux.

Notes de conjoncture régionale.

Les tableaux de bord de la conjoncture.

Firlej A., Pawlowski É., « Des conséquences financières du premier confinement plus ou moins marquées selon les territoires », Insee Première n° 1850, avril 2021

Givord P., Silhol J., « Confinement : des conséquences économiques inégales selon les ménages », Insee Première n° 1822, octobre 2020.

Canonero B., Gidrol J.-C., Mainguené A., « La fréquentation touristique se dégrade en septembre, après avoir repris quelques couleurs en juillet août », Insee Focus n° 215, novembre 2020.

Jauneau Y., Vidalenc J., « Durée travaillée et travail à domicile pendant le confinement : des différences marquées selon les professions », Insee Focus n° 207, octobre 2020

Albouy V., Legleye S., « Conditions de vie pendant le confinement : des écarts selon le niveau de vie et la catégorie socioprofessionnelle », Insee Focus n° 197, juin 2020.

Galiana L. et al., « Retour partiel des mouvements de population avec le déconfinement », Insee Analyses n° 54, juillet 2020.

Le Fillâtre C., Martin J.-P., Koubi D., « Crise sanitaire : plus durement touchée pendant le confinement, l’économie francilienne se redresse ensuite moins vite qu’à l’échelle nationale », Insee Analyses Île de France n° 121, octobre 2020.

Eblé S., « 563 500 salariés, non salariés et intérimaires travaillent dans des secteurs très fortement impactés par la crise sanitaire », Insee Flash Hauts-de-France n° 98, juillet 2020.

« Les conséquences économiques de la crise sanitaire dans les Outre mer », Note Cerom, mars 2021.

Rouaud P., Sanzeri O., Belle R., « Les employeurs face à la crise sanitaire : arrêt des embauches et recours à l’activité partielle », Insee Analyses Provence-Alpes-Côte-d’Azur n° 85, juillet 2020.