Retour partiel des mouvements de population avec le déconfinement

Lino Galiana, Milena Suarez Castillo, François Sémécurbe, Élise Coudin, Marie-Pierre de Bellefon (Insee)

D’après ses estimations construites à partir de comptages issus de la téléphonie mobile, l’Insee estime que 1,4 million de résidents de France métropolitaine ont rejoint leur département de résidence à la mise en place du confinement le 17 mars 2020 (solde des arrivées et des départs).

Lors de la première phase de déconfinement pendant laquelle les déplacements étaient limités à 100 kilomètres (entre le 11 mai et le 2 juin), la répartition de la population sur le territoire est restée proche de celle observée pendant le confinement. Toutefois, le déconfinement s’est traduit par un retour partiel de population en dehors de son lieu de résidence. Ainsi, par rapport à la période avant confinement, le surcroît de résidents de France métropolitaine dans leur département de résidence n’est plus que de 646 000 personnes, contre 1,4 million de personnes pendant le confinement. À Paris, la mise en place du confinement avait engendré de nombreux départs qui concernaient autant le retour de « non-Parisiens » vers leur lieu de résidence que le départ de Parisiens quittant la capitale. Avec le déconfinement, la population revient partiellement à Paris, en particulier en semaine et il s’agit essentiellement de non-Parisiens. Plus généralement, les mouvements hebdomadaires entre pôles urbains en semaine et départements plus ruraux et littoraux le week-end reprennent.

Lino Galiana, Milena Suarez Castillo, François Sémécurbe, Élise Coudin, Marie-Pierre de Bellefon (Insee)
Insee Analyses  No 54 - juillet 2020

Pour lutter contre la propagation de la Covid-19, la population résidant en France métropolitaine (métropolitains) a été confinée du 17 mars au 11 mai 2020 (encadré). Le confinement s’est accompagné de mouvements de population conduisant à modifier la répartition de la population sur le territoire métropolitain. Cette étude estime les variations de population présente au niveau départemental sur le territoire métropolitain français induites par le confinement puis par la première phase de déconfinement (jusqu’à fin mai). Issue de la collaboration de l’Insee avec trois opérateurs de téléphonie mobile, elle utilise les activations du réseau téléphonique mobile, données rapidement mobilisables mais comportant des incertitudes (sources et méthodes).

Rentrer chez soi au moment du confinement

À la mise en place du confinement, la répartition de la population sur le territoire s’est significativement modifiée. Pendant le confinement, la population a davantage passé la nuit dans son département de résidence qu’avant le confinement, où les déplacements hors du domicile sont fréquents pour des raisons professionnelles, de loisirs ou d’études. En effet, parmi les personnes présentes la nuit dans un département, il y a celles qui y résident (résidents) et celles de passage qui résident habituellement dans un autre département (non-résidents). Par rapport à une semaine moyenne avant le confinement, 1,4 million de métropolitains supplémentaires sont présents pendant le confinement dans leur département de résidence. Paris et, dans une moindre mesure, les Hauts-de-Seine sont les deux seuls départements à héberger pendant le confinement moins de résidents de ce département qu’avant le confinement. Les mouvements internes de population résidente métropolitaine s’équilibrent par construction. À ces mouvements de population résidente, s’ajoutent 1,3 million de visiteurs étrangers ou habitants des DOM qui auraient quitté le territoire métropolitain (sources). Ces porteurs de mobile auraient notamment quitté Paris (263 000 personnes) et les départements de haute montagne. Hors visiteurs étrangers et domiens, les départements de haute montagne et Paris intra-muros ont affiché les plus fortes baisses de population présente. Dans le premier cas, il s’agit probablement de départs de vacanciers et de saisonniers lors de la fermeture des stations de ski. Le nombre de métropolitains en Savoie est 30 % plus faible en moyenne une semaine pendant le confinement qu’une semaine habituelle avant le confinement (figure 1). Les baisses de population présente sont également marquées dans les Hautes-Alpes avec – 27 %, – 11 % dans les Hautes-Pyrénées, – 10 % en Haute-Savoie.

Figure 1a - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département lors du confinement

Figure 1a - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département lors du confinement - Lecture : le nombre de personnes présentes la nuit dans l'Yonne a augmenté de 23 000 avec le confinement, soit + 7 %.
Évolution en nombre Évolution en %
Ain 20 000 3,1
Aisne 14 000 2,7
Allier 10 000 3,0
Alpes-de-Haute-Provence -3 000 -1,7
Hautes-Alpes -51 000 -26,6
Alpes-Maritimes -15 000 -1,4
Ardèche 19 000 6,0
Ardennes 8 000 3,0
Ariège 0 0,0
Aube 7 000 2,3
Aude 8 000 2,1
Aveyron 10 000 3,6
Bouches-du-Rhône 12 000 0,6
Calvados 16 000 2,3
Cantal 3 000 2,0
Charente 11 000 3,2
Charente-Maritime 21 000 3,2
Cher 10 000 3,3
Corrèze 7 000 2,9
Côte-d'Or 1 000 0,2
Côtes-d'Armor 29 000 4,9
Creuse 5 000 4,3
Dordogne 19 000 4,6
Doubs 1 000 0,2
Drôme 22 000 4,2
Eure 33 000 5,6
Eure-et-Loir 24 000 5,6
Finistère 25 000 2,8
Corse-du-Sud 5 000 3,1
Haute-Corse 5 000 2,8
Gard 23 000 3,1
Haute-Garonne -29 000 -2,1
Gers 9 000 4,8
Gironde 13 000 0,8
Hérault -5 000 -0,4
Ille-et-Vilaine 5 000 0,5
Indre 9 000 4,2
Indre-et-Loire 9 000 1,5
Isère -16 000 -1,2
Jura 1 000 0,4
Landes 21 000 5,1
Loir-et-Cher 14 000 4,3
Loire 20 000 2,7
Haute-Loire 12 000 5,3
Loire-Atlantique 12 000 0,8
Loiret 22 000 3,3
Lot 10 000 5,8
Lot-et-Garonne 12 000 3,7
Lozère 3 000 4,1
Maine-et-Loire 11 000 1,4
Manche 18 000 3,7
Marne 1 000 0,2
Haute-Marne 4 000 2,4
Mayenne 11 000 3,7
Meurthe-et-Moselle -2 000 -0,3
Meuse 6 000 3,3
Morbihan 29 000 3,9
Moselle 9 000 0,9
Nièvre 10 000 5,1
Nord -13 000 -0,5
Oise 28 000 3,4
Orne 15 000 5,4
Pas-de-Calais 26 000 1,8
Puy-de-Dôme -7 000 -1,1
Pyrénées-Atlantiques 7 000 1,0
Hautes-Pyrénées -28 000 -10,9
Pyrénées-Orientales -11 000 -2,2
Bas-Rhin -6 000 -0,5
Haut-Rhin 8 000 1,1
Rhône -34 000 -1,8
Haute-Saône 9 000 3,9
Saône-et-Loire 19 000 3,5
Sarthe 15 000 2,7
Savoie -180 000 -29,9
Haute-Savoie -93 000 -10,0
Paris -450 000 -19,9
Seine-Maritime 20 000 1,6
Seine-et-Marne 23 000 1,6
Yvelines 29 000 2,0
Deux-Sèvres 14 000 3,8
Somme 3 000 0,5
Tarn 13 000 3,4
Tarn-et-Garonne 10 000 3,8
Var 40 000 3,7
Vaucluse 21 000 3,7
Vendée 26 000 3,8
Vienne 3 000 0,7
Haute-Vienne 6 000 1,6
Vosges 0 0,0
Yonne 23 000 7,0
Territoire de Belfort 3 000 2,2
Essonne 23 000 1,8
Hauts-de-Seine -67 000 -4,3
Seine-Saint-Denis -14 000 -0,9
Val-de-Marne -21 000 -1,5
Val-d'Oise 22 000 1,8
  • Note : les évolutions inférieures à 1 000 personnes ne sont pas représentées.
  • Lecture : le nombre de personnes présentes la nuit dans l'Yonne a augmenté de 23 000 avec le confinement, soit + 7 %.
  • Champ : période de référence hors confinement du 16 janvier au 17 mars 2020 au matin, période de confinement du 17 mars au soir au 11 mai 2020 au matin.
  • Sources : Bouygues Telecom, Orange, SFR, activations du réseau de téléphonie mobile ; calculs Insee.

Figure 1a - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département lors du confinement

  • Note : les évolutions inférieures à 1 000 personnes ne sont pas représentées.
  • Lecture : le nombre de personnes présentes la nuit dans l'Yonne a augmenté de 23 000 avec le confinement, soit + 7 %.
  • Champ : période de référence hors confinement du 16 janvier au 17 mars 2020 au matin, période de confinement du 17 mars au soir au 11 mai 2020 au matin.
  • Sources : Bouygues Telecom, Orange, SFR, activations du réseau de téléphonie mobile ; calculs Insee.

Quitter les grandes villes, notamment Paris

Au début du confinement, il y a également eu de nombreux départs de certaines grandes métropoles. Dans ce cas, ce ne sont pas seulement des départs de non-résidents mais aussi des départs de résidents habituels vers d’autres départements.

Lors du confinement, en plus du départ des visiteurs étrangers et des DOM, Paris a vu sa population présente diminuer de 450 000 personnes (soit – 20 % ). La moitié de cette baisse de population est le fait de non-résidents de la capitale qui ont pu retourner chez eux, l’autre moitié provenant de Parisiens quittant leur ville. Plus modérée dans la petite couronne, la baisse de population présente atteint quand même 4 % dans les Hauts-de-Seine.

Outre Paris et la petite couronne, quatre départements abritant une métropole régionale ont hébergé moins de personnes (résidents et non-résidents) à la mise en place du confinement qu’habituellement : le Nord, le Rhône, l’Isère et la Haute-Garonne. Ces grandes métropoles, pôles d’attractivité qui concentrent les activités économiques et universitaires abritent habituellement de nombreuses personnes de passage pour le travail, le tourisme, ainsi que des jeunes adultes, étudiants ou jeunes travailleurs. Plus mobiles, ces derniers ont pu rejoindre leurs attaches familiales dans un autre département. Ainsi, la Haute-Garonne compte 118 000 personnes âgées de 18 à 29 ans nées hors du département, sans enfant et ne vivant pas au domicile de leurs parents, soit 9 % de la population départementale, et parmi eux 41 000 étudiants (figure 2). À Paris, 265 000 jeunes (dont 63 000 étudiants) sont dans ce cas, soit 12 % de la population départementale ; 130 000 (dont 45 000 étudiants) dans le Rhône (7 % de la population) ; ainsi que 108 000 (dont 19 000 étudiants) dans les Hauts-de-Seine (7 % de la population).

Figure 2a - Effectif et part des 18-29 ans, sans enfant, nés hors du département et ne résidant pas avec leurs parents en 2016

Figure 2a - Effectif et part des 18-29 ans, sans enfant, nés hors du département et ne résidant pas avec leurs parents en 2016 - Lecture : en 2016, Paris compte 265 000 jeunes adultes (18-29 ans) nés hors du département, qui n'ont pas d'enfant et ne vivent pas au domicile de leurs parents, soit 12 % de la population du département.
Nombre Part (en %)
Ain 25 001 4
Aisne 10 576 2
Allier 9 082 3
Alpes-de-Haute-Provence 5 106 3
Hautes-Alpes 4 556 3
Alpes-Maritimes 37 266 3
Ardèche 8 597 3
Ardennes 4 640 2
Ariège 4 744 3
Aube 11 069 4
Aude 10 247 3
Aveyron 7 898 3
Bouches-du-Rhône 77 947 4
Calvados 27 133 4
Cantal 3 396 2
Charente 10 414 3
Charente-Maritime 21 912 3
Cher 9 777 3
Corrèze 9 141 4
Côte-d'Or 31 932 6
Côtes-d'Armor 14 187 2
Creuse 3 787 3
Dordogne 10 708 3
Doubs 23 521 4
Drôme 15 545 3
Eure 15 286 3
Eure-et-Loir 11 094 3
Finistère 29 059 3
Corse-du-Sud 3 163 2
Haute-Corse 6 113 4
Gard 24 038 3
Haute-Garonne 117 865 9
Gers 5 490 3
Gironde 91 819 6
Hérault 71 267 6
Ille-et-Vilaine 66 319 6
Indre 5 667 3
Indre-et-Loire 32 175 5
Isère 59 417 5
Jura 7 339 3
Landes 13 528 3
Loir-et-Cher 9 337 3
Loire 20 276 3
Haute-Loire 6 172 3
Loire-Atlantique 70 025 5
Loiret 27 912 4
Lot 5 321 3
Lot-et-Garonne 9 053 3
Lozère 3 603 5
Maine-et-Loire 36 126 5
Manche 10 610 2
Marne 28 125 5
Haute-Marne 5 205 3
Mayenne 9 696 3
Meurthe-et-Moselle 41 583 6
Meuse 5 606 3
Morbihan 20 984 3
Moselle 25 763 3
Nièvre 5 328 3
Nord 80 311 3
Oise 25 237 3
Orne 7 867 3
Pas-de-Calais 24 404 2
Puy-de-Dôme 34 772 5
Pyrénées-Atlantiques 23 469 4
Hautes-Pyrénées 7 553 3
Pyrénées-Orientales 12 370 3
Bas-Rhin 49 316 4
Haut-Rhin 16 420 2
Rhône 130 415 7
Haute-Saône 6 144 3
Saône-et-Loire 12 485 2
Sarthe 16 525 3
Savoie 17 664 4
Haute-Savoie 32 354 4
Paris 265 354 12
Seine-Maritime 35 640 3
Seine-et-Marne 50 315 4
Yvelines 52 152 4
Deux-Sèvres 10 551 3
Somme 21 816 4
Tarn 11 385 3
Tarn-et-Garonne 7 441 3
Var 30 855 3
Vaucluse 16 555 3
Vendée 18 268 3
Vienne 26 799 6
Haute-Vienne 17 243 5
Vosges 6 617 2
Yonne 7 904 2
Territoire de Belfort 7 493 5
Essonne 55 413 4
Hauts-de-Seine 107 663 7
Seine-Saint-Denis 73 543 5
Val-de-Marne 79 586 6
Val-d'Oise 2 4
  • Lecture : en 2016, Paris compte 265 000 jeunes adultes (18-29 ans) nés hors du département, qui n'ont pas d'enfant et ne vivent pas au domicile de leurs parents, soit 12 % de la population du département.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016.

Figure 2a - Effectif et part des 18-29 ans, sans enfant, nés hors du département et ne résidant pas avec leurs parents en 2016

  • Lecture : en 2016, Paris compte 265 000 jeunes adultes (18-29 ans) nés hors du département, qui n'ont pas d'enfant et ne vivent pas au domicile de leurs parents, soit 12 % de la population du département.
  • Source : Insee, recensement de la population 2016.

Avec le déconfinement, les mouvements reprennent en partie sans changer la répartition de la population sur le territoire

À partir du 11 mai, le déconfinement graduel de la population a accompagné la reprise progressive de l’activité économique. Au cours des trois premières semaines du déconfinement, les lieux de travail, les transports publics et les écoles ont réouvert partiellement ; le télétravail était encouragé et les déplacements limités à 100 kilomètres, sauf exception. Pendant cette période, la population se répartit sur le territoire d’une façon relativement analogue à celle observée pendant le confinement (figure 3). Toutefois, par rapport à la période avant confinement, plus de la moitié du surcroît de population dans le département de résidence constaté lors du confinement s’est résorbé lors de la première phase du déconfinement (ce surcroît de population passe de 1,4 million à 646 000). Les mouvements de population sur le territoire ont donc repris partiellement.

Figure 3a - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département lors du déconfinement

Figure 3a - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département lors du déconfinement - Lecture : au début du déconfinement, l’Ardèche compte 4 000 personnes de plus en moyenne que pendant le confinement, soit + 1 % par rapport à la population présente pendant le confinement.
Évolution en nombre Évolution en %
Ain -3 000 -0,5
Aisne 3 000 0,4
Allier 0 0,0
Alpes-de-Haute-Provence 1 000 0,6
Hautes-Alpes -2 000 -1,0
Alpes-Maritimes -2 000 -0,2
Ardèche 4 000 1,3
Ardennes 0 0,0
Ariège 2 000 1,3
Aube 1 000 0,3
Aude 2 000 0,3
Aveyron 0 0,0
Bouches-du-Rhône -4 000 -0,2
Calvados 0 0,0
Cantal 0 0,0
Charente -2 000 -0,9
Charente-Maritime 6 000 0,9
Cher 0 0,0
Corrèze 0 0,0
Côte-d'Or 0 0,0
Côtes-d'Armor 1 000 0,0
Creuse 1 000 0,9
Dordogne -1 000 -0,2
Doubs -1 000 -0,2
Drôme 1 000 0,2
Eure 1 000 0,2
Eure-et-Loir 1 000 0,5
Finistère 1 000 0,1
Corse-du-Sud 1 000 0,6
Haute-Corse 0 0,0
Gard 0 0,0
Haute-Garonne -7 000 -0,5
Gers -1 000 -0,5
Gironde -1 000 -0,1
Hérault 2 000 0,2
Ille-et-Vilaine -11 000 -1,0
Indre 0 -0,5
Indre-et-Loire -1 000 -0,2
Isère -5 000 -0,4
Jura 1 000 0,4
Landes 4 000 0,7
Loir-et-Cher 0 0,0
Loire -4 000 -0,4
Haute-Loire 2 000 1,3
Loire-Atlantique -13 000 -0,9
Loiret 2 000 0,3
Lot 0 0,6
Lot-et-Garonne -1 000 -0,3
Lozère 2 000 4,1
Maine-et-Loire -4 000 -0,5
Manche 4 000 0,8
Marne 3 000 0,5
Haute-Marne 0 0,0
Mayenne -2 000 -0,3
Meurthe-et-Moselle -1 000 -0,1
Meuse 0 -0,6
Morbihan 10 000 1,3
Moselle -1 000 -0,1
Nièvre 0 0,0
Nord -4 000 -0,2
Oise 2 000 0,2
Orne 0 0,0
Pas-de-Calais 4 000 0,3
Puy-de-Dôme -1 000 -0,2
Pyrénées-Atlantiques -3 000 -0,4
Hautes-Pyrénées 0 -0,4
Pyrénées-Orientales 0 0,0
Bas-Rhin -1 000 -0,1
Haut-Rhin 0 0,0
Rhône -7 000 -0,3
Haute-Saône 0 0,0
Saône-et-Loire 1 000 0,2
Sarthe -2 000 -0,4
Savoie -8 000 -1,3
Haute-Savoie -7 000 -0,8
Paris 56 000 2,5
Seine-Maritime 1 000 0,1
Seine-et-Marne 3 000 0,2
Yvelines -5 000 -0,4
Deux-Sèvres -4 000 -1,1
Somme 5 000 0,7
Tarn -1 000 -0,3
Tarn-et-Garonne -1 000 -0,4
Var 6 000 0,6
Vaucluse -3 000 -0,5
Vendée 13 000 1,9
Vienne -1 000 -0,2
Haute-Vienne -1 000 -0,3
Vosges 2 000 0,5
Yonne 1 000 0,3
Territoire de Belfort 0 -0,7
Essonne -5 000 -0,4
Hauts-de-Seine -11 000 -0,7
Seine-Saint-Denis -4 000 -0,2
Val-de-Marne -9 000 -0,7
Val-d'Oise -4 000 -0,2
  • Note : les évolutions inférieures à 1 000 personnes ne sont pas représentées.
  • Lecture : au début du déconfinement, l’Ardèche compte 4 000 personnes de plus en moyenne que pendant le confinement, soit + 1 % par rapport à la population présente pendant le confinement.
  • Champ : période de confinement du 17 mars au soir au 11 mai 2020 au matin, période déconfinée du 11 mai au soir au 31 mai 2020 au matin.
  • Sources : Bouygues Telecom, Orange, SFR, activations du réseau de téléphonie mobile ; calculs Insee.

Figure 3a - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département lors du déconfinement

  • Note : les évolutions inférieures à 1 000 personnes ne sont pas représentées.
  • Lecture : au début du déconfinement, l’Ardèche compte 4 000 personnes de plus en moyenne que pendant le confinement, soit + 1 % par rapport à la population présente pendant le confinement.
  • Champ : période de confinement du 17 mars au soir au 11 mai 2020 au matin, période déconfinée du 11 mai au soir au 31 mai 2020 au matin.
  • Sources : Bouygues Telecom, Orange, SFR, activations du réseau de téléphonie mobile ; calculs Insee.

Retour partiel dans les grandes villes à l’exception de certains pôles universitaires

Au cours des trois premières semaines de déconfinement, la population revient partiellement à Paris (+ 56 000 personnes par rapport au confinement). Il s’agit principalement de résidents d’autres départements qui reviennent à Paris en lien potentiellement avec la reprise de l’activité économique, et plus marginalement de résidents de Paris (seulement + 4 000 Parisiens).

La Haute-Garonne, l’Ille-et-Vilaine, la Loire-Atlantique, le Rhône et certains départements d’Île-de-France (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne) comptent à l’inverse moins de personnes en moyenne depuis le déconfinement que pendant le confinement. Ceci pourrait être lié au fait que ces départements abritent des pôles universitaires importants dans lesquels une partie des étudiants (résidents et non résidents) a pu attendre le déconfinement pour partir.

Des départs au vert ou à la mer au début du déconfinement

De nombreux départements ruraux ont accueilli plus de métropolitains pendant le confinement qu’habituellement : en Ardèche, dans l’Eure, l’Eure-et-Loir, la Haute-Loire, le Lot, la Nièvre, l’Orne et l’Yonne, la hausse dépasse 5 %. Les gains de population ont aussi été conséquents dans certains départements littoraux comme le Morbihan, les Côtes-d’Armor (+ 29 000 personnes) ou le Var (+ 40 000). Ces départements abritent des résidences secondaires que leurs propriétaires, habitant souvent dans les plus grandes métropoles ou leur périphérie, ont pu rejoindre (figure 4).

Au moment du déconfinement, ces départements ont vu leur population encore croître. L’Yonne, l’Orne, le Lot, la Haute-Loire, l’Eure, l’Eure-et-Loir et l’Ardèche continuent d’accueillir entre 5 et 7 % de métropolitains de plus qu’avant le confinement. À l’exception de Paris, les départements où le surcroît de population entre le confinement et le déconfinement est le plus marqué sont d’ailleurs situés sur les littoraux (Vendée, Morbihan, Charente-Maritime, Var). L’autorisation de déplacement, même dans la limite de 100 kilomètres, a pu permettre à certains de rejoindre la campagne ou la mer notamment lors de week-ends, ponts ou vacances. Si certains Parisiens ont pu quitter la façade atlantique avec le déconfinement, d’autres ont rejoint les départements ruraux proches de la capitale.

Figure 4a - Résidents hors du département disposant d’une résidence secondaire dans le département en 2017

Figure 4a - Résidents hors du département disposant d’une résidence secondaire dans le département en 2017 - Lecture : en 2017, 178 000 personnes ont une résidence secondaire dans le Var alors qu'elles résident dans un autre département, soit 16 % de la population résidente du Var.
Effectif Part (en % de la population du département)
Ain 18 000 3
Aisne 13 000 3
Allier 17 000 5
Alpes-de-Haute-Provence 56 000 34
Hautes-Alpes 82 000 57
Alpes-Maritimes 98 000 8
Ardèche 40 000 12
Ardennes 5 000 2
Ariège 37 000 24
Aube 10 000 3
Aude 79 000 21
Aveyron 37 000 14
Bouches-du-Rhône 33 000 2
Calvados 107 000 16
Cantal 27 000 19
Charente 11 000 3
Charente-Maritime 129 000 20
Cher 20 000 7
Corrèze 26 000 11
Côte-d'Or 16 000 3
Côtes-d'Armor 78 000 13
Creuse 24 000 21
Dordogne 33 000 8
Doubs 12 000 2
Drôme 23 000 4
Eure 30 000 5
Eure-et-Loir 23 000 5
Finistère 76 000 8
Corse-du-Sud 36 000 25
Haute-Corse 36 000 22
Gard 56 000 7
Haute-Garonne 25 000 2
Gers 10 000 5
Gironde 52 000 3
Hérault 145 000 13
Ille-et-Vilaine 40 000 4
Indre 19 000 9
Indre-et-Loire 16 000 3
Isère 56 000 4
Jura 19 000 7
Landes 57 000 14
Loir-et-Cher 23 000 7
Loire 15 000 2
Haute-Loire 33 000 15
Loire-Atlantique 78 000 6
Loiret 25 000 4
Lot 25 000 14
Lot-et-Garonne 9 000 3
Lozère 27 000 36
Maine-et-Loire 12 000 2
Manche 50 000 10
Marne 9 000 2
Haute-Marne 9 000 5
Mayenne 9 000 3
Meurthe-et-Moselle 6 000 1
Meuse 5 000 3
Morbihan 113 000 15
Moselle 6 000 1
Nièvre 30 000 15
Nord 13 000 1
Oise 15 000 2
Orne 27 000 10
Pas-de-Calais 50 000 3
Puy-de-Dôme 37 000 6
Pyrénées-Atlantiques 51 000 8
Hautes-Pyrénées 45 000 19
Pyrénées-Orientales 99 000 21
Bas-Rhin 8 000 1
Haut-Rhin 7 000 1
Rhône 21 000 1
Haute-Saône 11 000 5
Saône-et-Loire 26 000 5
Sarthe 17 000 3
Savoie 129 000 29
Haute-Savoie 112 000 14
Paris 127 000 6
Seine-Maritime 28 000 2
Seine-et-Marne 26 000 2
Yvelines 21 000 1
Deux-Sèvres 11 000 3
Somme 31 000 5
Tarn 16 000 4
Tarn-et-Garonne 8 000 3
Var 178 000 16
Vaucluse 21 000 4
Vendée 146 000 21
Vienne 14 000 3
Haute-Vienne 15 000 4
Vosges 23 000 6
Yonne 36 000 11
Territoire de Belfort 2 000 1
Essonne 16 000 1
Hauts-de-Seine 46 000 3
Seine-Saint-Denis 19 000 1
Val-de-Marne 22 000 2
Val-d'Oise 10 000 1
  • Note : les effectifs sont arrondis au millier.
  • Lecture : en 2017, 178 000 personnes ont une résidence secondaire dans le Var alors qu'elles résident dans un autre département, soit 16 % de la population résidente du Var.
  • Champ : personnes faisant partie d’un ménage rattaché fiscalement à une résidence secondaire, dont la résidence principale est en France métropolitaine.
  • Source : Insee, fichiers démographiques sur les logements et les individus (Fideli) 2017.

Figure 4a - Résidents hors du département disposant d’une résidence secondaire dans le département en 2017

  • Note : les effectifs sont arrondis au millier.
  • Lecture : en 2017, 178 000 personnes ont une résidence secondaire dans le Var alors qu'elles résident dans un autre département, soit 16 % de la population résidente du Var.
  • Champ : personnes faisant partie d’un ménage rattaché fiscalement à une résidence secondaire, dont la résidence principale est en France métropolitaine.
  • Source : Insee, fichiers démographiques sur les logements et les individus (Fideli) 2017.

Avec le déconfinement, un retour des mouvements au cours de la semaine

Les variations hebdomadaires qui rythment habituellement la répartition de la population présente se sont estompées au cours du confinement. Lors du déconfinement, les déplacements vers les pôles urbains reprennent partiellement avec la reprise de l’activité, tandis que le littoral attire la population le week-end (figure 5). Ainsi, en comparaison à un dimanche de confinement, la population présente un dimanche de déconfinement quitte les départements abritant une grande métropole au profit des départements voisins, souvent ruraux ou littoraux. Le surcroît de population présente un dimanche lors du déconfinement dépasse 20 000 personnes en Vendée, dans le Morbihan, le Var et le Pas-de-Calais. La population reflue le mardi vers Paris et les Hauts-de-Seine, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, la Haute-Garonne et la Gironde.

Figure 5a - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département entre un mardi de la période confinée et un mardi de la première phase de déconfinement

Figure 5a - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département entre un mardi de la période confinée et un mardi de la première phase de déconfinement - Lecture : en Haute-Garonne, le mardi, il y a 7 000 métropolitains de plus pendant le déconfinement que pendant le confinement.
Évolution du nombre de métropolitains présents
Ain -4 000
Aisne -1 000
Allier -2 000
Alpes-de-Haute-Provence -2 000
Hautes-Alpes -3 000
Alpes-Maritimes 2 000
Ardèche -1 000
Ardennes -2 000
Ariège -2 000
Aube 0
Aude 0
Aveyron -1 000
Bouches-du-Rhône 6 000
Calvados -2 000
Cantal -1 000
Charente -1 000
Charente-Maritime -1 000
Cher -1 000
Corrèze 0
Côte-d'Or 1 000
Côtes-d'Armor -4 000
Creuse 0
Dordogne -3 000
Doubs 1 000
Drôme -2 000
Eure -6 000
Eure-et-Loir -3 000
Finistère -1 000
Corse-du-Sud 1 000
Haute-Corse 0
Gard -2 000
Haute-Garonne 7 000
Gers -2 000
Gironde 6 000
Hérault 4 000
Ille-et-Vilaine -1 000
Indre -1 000
Indre-et-Loire -1 000
Isère -5 000
Jura -1 000
Landes -1 000
Loir-et-Cher -3 000
Loire -4 000
Haute-Loire -1 000
Loire-Atlantique -1 000
Loiret -1 000
Lot -1 000
Lot-et-Garonne -2 000
Lozère 0
Maine-et-Loire -1 000
Manche -1 000
Marne 4 000
Haute-Marne -1 000
Mayenne -1 000
Meurthe-et-Moselle 0
Meuse -1 000
Morbihan 2 000
Moselle -1 000
Nièvre -2 000
Nord 3 000
Oise -3 000
Orne -3 000
Pas-de-Calais -6 000
Puy-de-Dôme 0
Pyrénées-Atlantiques -2 000
Hautes-Pyrénées -2 000
Pyrénées-Orientales -1 000
Bas-Rhin 2 000
Haut-Rhin 0
Rhône 14 000
Haute-Saône -2 000
Saône-et-Loire -4 000
Sarthe -3 000
Savoie -13 000
Haute-Savoie -6 000
Paris 81 000
Seine-Maritime 0
Seine-et-Marne -5 000
Yvelines -3 000
Deux-Sèvres -3 000
Somme 1 000
Tarn -3 000
Tarn-et-Garonne -2 000
Var -1 000
Vaucluse -4 000
Vendée 2 000
Vienne 0
Haute-Vienne 0
Vosges -2 000
Yonne -2 000
Territoire de Belfort 0
Essonne -3 000
Hauts-de-Seine 7 000
Seine-Saint-Denis 2 000
Val-de-Marne 1 000
Val-d'Oise -2 000
  • Note : les évolutions inférieures à 1 000 personnes ne sont pas représentées.
  • Lecture : en Haute-Garonne, le mardi, il y a 7 000 métropolitains de plus pendant le déconfinement que pendant le confinement.
  • Champ : période de confinement du 17 mars au soir au 11 mai 2020 au matin, période déconfinée du 11 mai au soir au 31 mai 2020 au matin.
  • Sources : Bouygues Telecom, Orange, SFR, activations du réseau de téléphonie mobile ; calculs Insee.

Figure 5a - Évolution du nombre de métropolitains présents dans le département entre un mardi de la période confinée et un mardi de la première phase de déconfinement

  • Note : les évolutions inférieures à 1 000 personnes ne sont pas représentées.
  • Lecture : en Haute-Garonne, le mardi, il y a 7 000 métropolitains de plus pendant le déconfinement que pendant le confinement.
  • Champ : période de confinement du 17 mars au soir au 11 mai 2020 au matin, période déconfinée du 11 mai au soir au 31 mai 2020 au matin.
  • Sources : Bouygues Telecom, Orange, SFR, activations du réseau de téléphonie mobile ; calculs Insee.

Figure 6a - Évolution du nombre de Parisiens présents dans le département lors du confinement

Figure 6a - Évolution du nombre de Parisiens présents dans le département lors du confinement - Lecture : le nombre de Parisiens présents la nuit dans l'Yonne a augmenté de 5 000 personnes lors du confinement.
Evolution du nombre de Parisiens
Ain 1 000
Aisne 2 000
Allier 1 000
Alpes-de-Haute-Provence 1 000
Hautes-Alpes -1 000
Alpes-Maritimes 2 000
Ardèche 1 000
Ardennes 0
Ariège 0
Aube 1 000
Aude 1 000
Aveyron 1 000
Bouches-du-Rhône 5 000
Calvados 10 000
Cantal 1 000
Charente 1 000
Charente-Maritime 7 000
Cher 2 000
Corrèze 1 000
Côte-d'Or 1 000
Côtes-d'Armor 6 000
Creuse 1 000
Dordogne 2 000
Doubs 0
Drôme 2 000
Eure 7 000
Eure-et-Loir 5 000
Finistère 6 000
Corse-du-Sud 1 000
Haute-Corse 0
Gard 3 000
Haute-Garonne 2 000
Gers 1 000
Gironde 7 000
Hérault 2 000
Ille-et-Vilaine 5 000
Indre 1 000
Indre-et-Loire 3 000
Isère 0
Jura 0
Landes 3 000
Loir-et-Cher 3 000
Loire 1 000
Haute-Loire 1 000
Loire-Atlantique 6 000
Loiret 5 000
Lot 1 000
Lot-et-Garonne 1 000
Lozère 0
Maine-et-Loire 2 000
Manche 4 000
Marne 1 000
Haute-Marne 0
Mayenne 1 000
Meurthe-et-Moselle 1 000
Meuse 0
Morbihan 6 000
Moselle 0
Nièvre 2 000
Nord 0
Oise 4 000
Orne 4 000
Pas-de-Calais 2 000
Puy-de-Dôme 1 000
Pyrénées-Atlantiques 4 000
Hautes-Pyrénées 0
Pyrénées-Orientales 1 000
Bas-Rhin 0
Haut-Rhin 0
Rhône 1 000
Haute-Saône 0
Saône-et-Loire 2 000
Sarthe 2 000
Savoie -9 000
Haute-Savoie -3 000
Paris -208 000
Seine-Maritime 5 000
Seine-et-Marne 9 000
Yvelines 11 000
Deux-Sèvres 1 000
Somme 1 000
Tarn 1 000
Tarn-et-Garonne 0
Var 8 000
Vaucluse 4 000
Vendée 5 000
Vienne 2 000
Haute-Vienne 1 000
Vosges 0
Yonne 5 000
Territoire de Belfort 0
Essonne 5 000
Hauts-de-Seine 1 000
Seine-Saint-Denis -1 000
Val-de-Marne 3 000
Val-d'Oise 4 000
  • Note : les évolutions inférieures à 1 000 personnes ne sont pas représentées.
  • Lecture : le nombre de Parisiens présents la nuit dans l'Yonne a augmenté de 5 000 personnes lors du confinement.
  • Champ : période de référence hors confinement du 16 janvier au 17 mars 2020 au matin, période de confinement du 17 mars au soir au 11 mai 2020 au matin.
  • Sources : Bouygues Telecom, Orange, SFR, activations du réseau de téléphonie mobile ; calculs Insee.

Figure 6a - Évolution du nombre de Parisiens présents dans le département lors du confinement

  • Note : les évolutions inférieures à 1 000 personnes ne sont pas représentées.
  • Lecture : le nombre de Parisiens présents la nuit dans l'Yonne a augmenté de 5 000 personnes lors du confinement.
  • Champ : période de référence hors confinement du 16 janvier au 17 mars 2020 au matin, période de confinement du 17 mars au soir au 11 mai 2020 au matin.
  • Sources : Bouygues Telecom, Orange, SFR, activations du réseau de téléphonie mobile ; calculs Insee.

Encadré - Du confinement au déconfinement

14 -16 mars : fermeture des établissements accueillant du public, des commerces non indispensables, des crèches, des établissements scolaires et des universités.

17 mars - confinement de la population : limitation des sorties du domicile aux seules premières nécessités, sous réserve d’une attestation.

11 mai - déconfinement phase 1 : réouverture des commerces à l’exception des cafés, bars, restaurants, augmentation des capacités d’accueil des transports urbains, réouverture partielle des écoles primaires et des crèches, déplacements autorisés dans la limite de 100 kilomètres. Certaines restrictions diffèrent selon la circulation du virus localement.

2 juin - déconfinement phase 2 : levée des restrictions de déplacements, non étudiée ici.

Sources

Cette étude mobilise des comptages anonymes fournis par Bouygues Telecom, Orange Business Services France et SFR à l’Insee. Ces comptages proviennent des activations du réseau téléphonique émanant des téléphones mobiles présents sur leurs réseaux. Ces activations sont repérées au niveau des antennes relais réparties sur le territoire. L’analyse se concentre sur les seules activations pendant la nuit. Un téléphone mobile est considéré en nuitée lorsqu’il apparaît stable géographiquement sur une période de temps significative entre minuit et 6h du matin (la durée de cette période peut différer selon l’opérateur). Orange et SFR ont au préalable recalibré ces agrégats de nuitées selon la méthodologie de leurs offres Flux Vision Tourisme et SFR Geostatistics pour les rendre représentatifs de l’ensemble de la population et pas uniquement de leurs clients. Ces agrégats recalibrés ont été fournis à l’Insee au niveau de chaque département de présence en distinguant selon le département de résidence (tel qu’identifié par l’opérateur). Bouygues Telecom a fourni les répartitions des comptages par département de présence pour chaque département de résidence (tel qu’identifié par l’opérateur). Orange a aussi fourni des agrégats concernant les porteurs de mobiles étrangers (cartes SIM étrangères). L’Insee ne procède pas à des calculs supplémentaires sur les estimations de nuitées des mobiles étrangers fournies par Orange et celles des résidents des DOM. Cela nécessiterait de mobiliser des informations sur la présence de ces mobiles hors de France métropolitaine, informations non disponibles. Les informations fournies par Bouygues Telecom courent de la nuit du 2 mars au 2 juin 2020, celles d’Orange du 16 janvier au 31 mai et celles de SFR couvrent les semaines du 27 janvier, du 16 mars, du 23 mars, du 4 mai, du 11 mai et du 18 mai. Cette étude utilise des données du 16 janvier au 31 mai 2020.

Les téléphones éteints ou en mode avion pendant la nuit ne se connectent pas au réseau et n’entrent pas dans les comptages bruts. La proportion mesurée de la population peut donc varier d’un jour à l’autre du fait des comportements d’usage du mobile la nuit. En outre, le confinement et les nouveaux lieux de nuitées des individus ont pu faire varier les comportements d’utilisation des téléphones (téléphones éteints, mode avion, réseau faible) pouvant ainsi venir biaiser les indicateurs. Les remontées d’information par les systèmes de surveillance et de contrôle des réseaux doivent en outre être complètes (ou comparables) pour assurer que les résultats sont comparables d’une période à l’autre. La combinaison d’informations provenant de différents réseaux, ainsi que l’approche méthodologique développée ici limitent cet écueil. L’analyse repose sur l’hypothèse forte que les comportements des clients des trois opérateurs observés en nuitées sont extrapolables à ceux de l’ensemble de la population (c’est-à-dire aux personnes qui se déplacent la nuit, à celles qui n’ont pas activé le réseau, aux clients des autres opérateurs, et à l’ensemble de la population y compris ceux qui n’ont pas de téléphone portable), et que ces extrapolations sont stables avant, depuis et après le confinement.

Méthodes

 

Définitions

Les métropolitains sont les personnes résidant en France métropolitaine. Pour un département donné, la population présente se partage entre les résidents (ceux qui résident habituellement dans ce département) et les non-résidents (ceux qui résident dans un autre département). Par exemple, un jeune adulte dans l’Hérault, y étant resté tout au long de la période, mais étant domicilié habituellement chez ses parents dans l’Aude, rentrera dans la catégorie des présents dans l’Hérault n’y résidant pas.

Les propriétaires d’une résidence secondaire sont les personnes qui font partie d’un ménage rattaché fiscalement à une résidence secondaire, c’est-à-dire à un local meublé, affecté à l’habitation, non occupé en permanence, et soumis à la taxe d’habitation. Les ménages rattachés sont généralement propriétaires du logement, mais il peut également s’agir de locataires à l’année qui sont aussi soumis à la taxe d’habitation. Cette définition fiscale diffère légèrement de celle du recensement. Les résidences secondaires détenues par une personne morale ou un résident fiscal étranger sont exclues.