Saison estivale 2019 – Le littoral stable, la haute montagne dynamique

Kendal Masson, Etienne Perron-Bailly (Insee)

Durant la saison estivale 2019 (avril à septembre), la fréquentation progresse faiblement dans les hébergements collectifs de tourisme (hôtels, campings et autres hébergements collectifs). Le bilan varie selon le type d’espace touristique et le mode d’hébergement. La fréquentation est très dynamique en haute montagne, mais en léger recul sur le littoral qui pèse pour plus de la moitié des nuitées. Le nombre de nuitées s’accroît dans les hôtels grâce à la clientèle résidant en France. En revanche, il diminue légèrement dans les campings et les autres hébergements collectifs, en dépit d’un regain de fréquentation des non-résidents.

Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 59
Paru le : Paru le 28/11/2019
Kendal Masson, Etienne Perron-Bailly (Insee)
Insee Flash Provence-Alpes-Côte d'Azur  No 59 - novembre 2019

41,6 millions de nuitées dans les campings, hôtels et autres hébergements collectifs touristiques

Lors de la saison estivale 2019 (d’avril à septembre), la fréquentation dans les campings, hôtels et autres hébergements collectifs touristiques de Provence-Alpes-Côte d’Azur s’établit à 41,6 millions de nuitées, en hausse de 0,5 % par rapport à la saison 2018. Cette légère hausse masque des disparités selon le type d’espace, la provenance de la clientèle et le type d’hébergement considéré.

Ainsi, le nombre de nuitées passées par des touristes résidant en France est en baisse de 1,4 %. Cette diminution est compensée par une forte hausse du nombre de non-résidents (+ 4,1 %). La fréquentation des hôtels est dynamique cette année (+ 2,8 %), à l’inverse de celle des campings et des autres hébergements touristiques, en léger recul (respectivement - 1,0 % et - 0,7 %).

Dans le même temps, le nombre de nuitées progresse au niveau national (+ 2,2 % après + 1,3 % l’an passé), malgré une stabilisation en Île-de-France (+ 0,3 %). Avec 41,6 millions de nuitées dans l’ensemble des hébergements collectifs touristiques, Provence-Alpes-Côte d’Azur reste la quatrième région la plus visitée cette saison derrière l’Île-de-France, la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie.

Le tourisme de montagne porte la hausse régionale

La fréquentation diminue légèrement sur le littoral, mais progresse dans les trois autres types d’espaces touristiques de la région : massifs de haute montagne, espaces urbains, espaces ruraux et de moyenne montagne (figure 1).

Le littoral de Provence-Alpes-Côte d’Azur représente plus de la moitié des nuitées dans la région et la fréquentation y est quasi stable par rapport à l’an dernier (- 0,2 %). Cet espace subit en particulier une baisse de la fréquentation dans les campings, essentiellement attribuable aux résidents français. Les côtes méditerranéennes connaissent une dynamique moins favorable cette saison que le reste du littoral national (atlantique, breton, nord et normand).

La saison est particulièrement favorable à la haute montagne (+ 7,7 %), qui contribue à la majorité des nuitées supplémentaires dans la région. Les résidents français ont plébiscité ces destinations (+ 10,5 %), et ce dans tous les types d’hébergement.

Dans l’espace urbain non littoral, la fréquentation progresse timidement cette saison dans la région (+ 0,4 %), portée par la clientèle non résidente (+ 3,9 %). La progression est plus vive à l’échelle nationale hors Île-de-France (+ 2,7 %).

De même, la fréquentation touristique dans les hébergements collectifs évolue peu dans les espaces ruraux et de moyenne montagne (+ 0,4 %). La tendance est à la baisse dans les régions voisines : - 1,6 % en Occitanie, - 0,6 % en Auvergne-Rhône-Alpes.

À l’échelle des départements, les évolutions sont contrastées dans la région. Le nombre de nuitées dans les hébergements collectifs fléchit dans les Alpes-de-Haute-Provence (- 1,3 %) et dans le Var (- 0,7 %), plus modérément toutefois qu’en 2018. Dans les Alpes-Maritimes (+ 0,1 %) et le Vaucluse (+ 0,5 %), il reste à un niveau proche de celui de la saison 2018. La fréquentation rebondit en revanche dans les Hautes-Alpes (+ 4,0 %) après la baisse de la saison dernière (- 5,2 % en 2018). La progression reste vigoureuse dans les Bouches-du-Rhône (+ 2,7 % après + 4,1 %).

Figure 1190 000 nuitées supplémentaires en 2019Évolution du nombre de nuitées d’avril à septembre 2019 par rapport à la même période en 2018 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, par type d’espace touristique

190 000 nuitées supplémentaires en 2019
Type d’espace Littoral Haute montagne Urbain Autres espaces
Évolution 2019/2018 (en nombre de nuitées) -39 000 167 000 30 000 32 000
Évolution 2019/2018 (en %) -0,2 7,7 0,4 0,4
  • Note : les zones urbaines et rurales ne comprennent que celles situées hors du littoral et des massifs de haute montagne. Une zone urbaine située sur le littoral est classée en littoral et non en urbain.
  • Champ : ensemble des hébergements collectifs de tourisme.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT), les agences de développement touristique départementales (ADT) et la DGE

Figure 1190 000 nuitées supplémentaires en 2019Évolution du nombre de nuitées d’avril à septembre 2019 par rapport à la même période en 2018 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, par type d’espace touristique

  • Note : les zones urbaines et rurales ne comprennent que celles situées hors du littoral et des massifs de haute montagne. Une zone urbaine située sur le littoral est classée en littoral et non en urbain.
  • Champ : ensemble des hébergements collectifs de tourisme.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT), les agences de développement touristique départementales (ADT) et la DGE

Figure 2La fréquentation des hébergements collectifs résiste grâce aux résidents dans les hôtels et aux non-résidents dans les campingsNombre de nuitées d’avril à septembre 2019 en Provence-Alpes-Côte d’Azur et évolution par rapport à la même période en 2018 (en %)

La fréquentation des hébergements collectifs résiste grâce aux résidents dans les hôtels et aux non-résidents dans les campings
Nuitées avril-septembre 2019 Glissement annuel en % (2019/2018)
Nuitées totales (en millions) Part des nuitées non-résidents (en %) Nuitées totales Nuitées des non résidents
Provence-Alpes-Côte d’Azur 41,6 35 0,5 4,1
Alpes-de-Haute-Provence 3,0 27 -1,3 -2,2
Hautes-Alpes 2,9 24 4,0 -4,5
Alpes-Maritimes 9,5 50 0,1 3,7
Bouches-du-Rhône 7,8 29 2,7 9,6
Var 14,7 31 -0,7 6,7
Vaucluse 3,8 40 0,5 -2,0
Littoral 23,9 38 -0,2 4,9
Urbain 8,1 33 0,4 3,9
Haute montagne 2,3 23 7,7 -0,6
Autres espaces 7,2 32 0,4 2,3
Hôtels 15,6 43 2,8 1,0
Non classés 1,2 25 18,6 3,8
1 et 2 étoiles 3,2 31 -9,3 -5,8
3 étoiles 5,8 40 5,8 3,6
4 et 5 étoiles 5,3 57 4,6 1,1
Campings 15,5 39 -1,0 5,2
Non classés 0,5 37 29,5 24,9
1 et 2 étoiles 1,5 39 -9,2 -10,2
3 étoiles 4,3 40 -3,0 2,3
4 et 5 étoiles 9,3 39 0,2 8,6
Emplacements nus 6,8 53 -5,4 -0,4
Emplacements équipés 8,8 29 2,2 14,2
Autres hébergements collectifs touristiques 10,5 18 -0,7 12,6
Résidences de tourisme et résidences hôtelières 3,1 11 1,8 33,5
Autres hébergements 7,4 22 -1,8 9,1
  • Champ : hébergements collectifs de tourisme.
  • Source : Insee, en partenariat avec les comités régionaux du tourisme (CRT), les agences de développement touristique départementales (ADT) et la DGE

La clientèle résidente dynamise la fréquentation hôtelière

Lors de la saison estivale 2019, 15,6 millions de nuitées touristiques ont été passées dans les hôtels de Provence-Alpes-Côte d’Azur (figure 2). La fréquentation des hôtels repart à la hausse (+ 2,8 %) après s’être stabilisée en 2018. C’est la plus forte augmentation des régions de France métropolitaine (+ 1,3 % en moyenne). La région demeure la seconde destination hôtelière derrière l’Île-de-France.

Cette forte hausse s’explique en majorité par le retour des touristes résidant en France, dont les nuitées s’accroissent de 4,2 % après une année 2018 en retrait (- 2,1 %). Les nuitées des non-résidents augmentent également mais dans une moindre mesure (+ 1,0 %). Dans les établissements haut de gamme (4-5 étoiles), les nuitées progressent plus rapidement (+ 4,6 %), principalement grâce à la clientèle française (+ 9,6 % par rapport à 2018). Le taux d’occupation et la durée moyenne de séjour restent stables (respectivement 69,8 % et 2,0 jours).

La fréquentation des campings décroît moins fortement qu’en 2018

D’avril à septembre 2019, les campings de la région ont enregistré 15,5 millions de nuitées. La fréquentation diminue à nouveau cette saison, mais plus faiblement qu’en 2018 (- 1,0 % après - 3,3 %). La tendance en France métropolitaine est à la hausse (+ 2,9 % en 2019, après + 0,8 % en 2018). Provence-Alpes-Côte d’Azur conserve toutefois la troisième place des régions accueillant le plus de campeurs durant la saison estivale, devancée par la Nouvelle-Aquitaine et l’Occitanie.

La baisse des nuitées concerne la clientèle résidente (- 4,6 %, soit - 450 000 nuitées) et n’est compensée qu’en partie par la présence plus importante des non-résidents (+ 5,2 %, soit + 300 000 nuitées).

Le nombre de nuitées passées dans des emplacements nus chute de 5,4 % alors que celui des emplacements équipés est en progression (+ 2,2 %). Les campings haut de gamme (4 et 5 étoiles) résistent mieux et leur fréquentation reste proche de celle de 2018. Le taux d’occupation reste stable (41,4 %).

La baisse de fréquentation en nuitées des campings de la région traduit surtout la diminution de la durée moyenne de séjour (6,0 jours). En revanche, le nombre d’arrivées est en hausse de 3,6 %.

Les autres hébergements collectifs touristiques en légère diminution

Avec 10,5 millions de nuitées entre avril et septembre 2019, les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) représentent un quart des nuitées de l’ensemble des hébergements collectifs touristiques de la région. Leur fréquentation est en légère baisse cette saison après celle plus marquée de 2018 (- 0,7 % après - 2,1 %). Dans le même temps, le nombre de nuitées en AHCT est en hausse au niveau national (+ 2,6 % par rapport à l’été 2018). Provence-Alpes-Côte d’Azur demeure néanmoins la région accueillant le plus de clients dans ce type d’hébergement sur la saison estivale, en raison d’une offre plus importante qu’ailleurs.

La clientèle résidente est en repli pour la deuxième année consécutive (- 3,3 % après - 1,5 %), mais cela fait suite à une très forte hausse en 2017 (+ 11,2 %). La clientèle non résidente bondit en 2019 (+ 12,6 %). Elle représente toutefois moins d’un cinquième du volume global des nuitées dans les AHCT. Le taux d’occupation (64,8 %) perd deux points et la durée moyenne de séjour (4,7 jours) demeure sensiblement identique.

Avertissement : révision des séries concernant les hôtels

À partir du 1er janvier 2019, les données des hôtels non répondants sont imputées au moyen d’une nouvelle méthode, en fonction de leurs caractéristiques. Cette méthode d’imputation de la non-réponse tend à revoir légèrement à la baisse le nombre total de nuitées (- 0,9 % au quatrième trimestre 2018) mais a peu d’impact sur les évolutions. Les données sont inchangées pour les autres modes d’hébergement.

Avertissement

Note méthodologique : changement de questionnaire à partir de janvier 2019 – Modification dans la manière d’observer le pays de résidence des touristes

Jusqu’en janvier 2019, lorsque le pays de résidence d’un touriste n’était pas connu, les nuitées et les arrivées de touristes étaient imputées aux non-résidents, c’est-à-dire résidant en dehors de France.

À partir de janvier 2019, par souci de qualité, une nouvelle modalité de réponse « pays non connu » a été introduite dans le questionnaire. Elle permet d’identifier les situations pour lesquelles le responsable de l’hébergement ne sait pas si les touristes sont résidents ou non-résidents.

Cette modification permet de mieux estimer la répartition des nuitées et des arrivées entre résidents et non-résidents.

Elle peut aussi entraîner une baisse de la part des nuitées des non-résidents à partir de 2019. À titre d’exemple, les nuitées des non-résidents représentaient 38,7 % du total en mai-juin-juillet 2019 et 39,6 % aux mois de mai-juin-juillet 2018, soit 0,9 point d’écart pour la France métropolitaine.

Sources

L’Insee réalise mensuellement des enquêtes sur la fréquentation des hébergements collectifs touristiques : hôtels, campings et autres hébergements collectifs touristiques (AHCT). Ils n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers. Ces enquêtes sont réalisées en partenariat avec la DGE, les Comités régionaux du tourisme (CRT) et les Agences de développement touristique départementales (ADT).

Définitions

La saison d’été couvre les mois d’avril à septembre. La clientèle peut être soit résidente en France (si son lieu d’habitation habituel est localisé en France) soit non résidente.

Les nuitées (ou fréquentation) correspondent au nombre total de nuits passées par les clients. Un couple séjournant trois nuits consécutives dans un hôtel compte pour six nuitées, de même que six personnes ne séjournant qu’une nuit.

Les arrivées sont le nombre total de personnes arrivées dans un établissement durant la période considérée. Elles ne sont comptées qu'une fois, au 1er jour de leur séjour, quelle que soit la durée du séjour.

Les autres hébergements collectifs touristiques (AHCT) comprennent notamment les résidences de tourisme (dont appart’hôtel), villages de vacances, maisons familiales et auberges de jeunesse. Ils n’incluent pas les hébergements proposés par des particuliers.

Pour en savoir plus

Gidrol J.-C., « Saison touristique d’été 2019 - Troisième année de hausse pour la fréquentation, grâce à la clientèle résidente », Insee Focus n° 171, novembre 2019

Masson K., Perron-Bailly E., « La fréquentation bien orientée dans les hôtels, en recul dans les campings », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 58, octobre 2019

Bahu M., « Les logements touristiques de particuliers loués via internet séduisent toujours », Insee Focus n° 158, juin 2019

Delage V., Winnicki P., « Saison estivale 2018 – Bilan mitigé pour les hôtels, campings et autres hébergements collectifs », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 46, novembre 2018