Insee Conjoncture RéunionLe marché du travail réunionnais à l’épreuve de la crise sanitaireNote de conjoncture régionale - 2ᵉ trimestre 2020

Daniel Ah-Son, Anne Jonzo, Nathalie Poleya (Insee)

Depuis la mi-mars 2020, l’économie réunionnaise subit les conséquences de la crise sanitaire et le confinement mis en place pendant deux mois. La chute de l’activité a eu des répercussions sur le marché du travail, durement touché au 2e trimestre 2020. Le recours massif à l’activité partielle a certes permis de préserver la plupart des emplois à La Réunion : jusqu’à 37 % des salarié·es ont été concerné·es par ce dispositif en avril et encore 8 % fin juin. Le sous-emploi bondit ainsi pour atteindre 20 % des personnes en emploi au 2e trimestre, soit deux fois plus qu’au dernier trimestre de 2019. Mais les entreprises ont considérablement réduit leurs embauches et les destructions d’emplois sont malgré tout importantes. À la fin du deuxième trimestre 2020, l’emploi salarié baisse ainsi de 1,6 % par rapport à fin 2019 (- 4 300 emplois), à un rythme un peu moins fort qu’au niveau national (- 2,8 %). Les destructions d’emploi sont concentrées dans le commerce et l’hôtellerie-restauration. Les emplois intérimaires, ajustables à court terme, rebondissent au 2e trimestre après une forte chute fin mars au moment du confinement. L’activité de la construction se redresse après un trou d’air lié au confinement, de sorte que l’emploi hors intérim y reste stable. Conséquence des destructions d’emploi, les personnes sans emploi qui souhaitent travailler sont de plus en plus nombreuses : 25 % des personnes âgées de 15 à 64 ans sont dans cette situation au 2e trimestre 2020, soit 3 points de plus que fin 2019. La création d’entreprises semble de son côté avoir surmonté la crise sanitaire.

Insee Conjoncture Réunion
No 14
Paru le : Paru le 07/10/2020
Daniel Ah-Son, Anne Jonzo, Nathalie Poleya (Insee)
Insee Conjoncture Réunion  No 14 - Octobre 2020

Fin juin 2020, 260 800 salarié·es travaillent à La Réunion, secteurs privé et public confondus. L’emploi baisse de nouveau ce trimestre : - 0,9 % après - 0,7 % au trimestre précédent (figure 1). Avec 4 300 emplois perdus sur les six premiers mois de l’année, La Réunion retombe au niveau d’emploi d’il y a un an. Les destructions d’emploi depuis fin 2019 (- 1,6 %) sont cependant moindres qu’au niveau national (- 2,8 %).

Figure 1Chute de l’emploi liée au confinement, à La Réunion comme ailleursÉvolution de l'emploi salarié

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
Chute de l’emploi liée au confinement, à La Réunion comme ailleurs (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Emploi salarié total - La Réunion Emploi salarié total - France hors Mayotte Emploi salarié privé - La Réunion Emploi salarié privé - France hors Mayotte
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 100,33 100,2 101,11 100,27
T2 2011 100,84 100,31 100,94 100,4
T3 2011 102,15 100,25 102,7 100,4
T4 2011 103,28 100,3 103,27 100,42
T1 2012 103,23 100,32 103,19 100,4
T2 2012 103,96 100,29 103,77 100,33
T3 2012 103,29 100,14 103,35 100,07
T4 2012 103,38 100,03 103,52 99,95
T1 2013 102,61 100,04 102,22 99,91
T2 2013 103,91 99,92 103,3 99,66
T3 2013 104,72 100,09 103,91 99,81
T4 2013 106,55 100,37 104,73 99,95
T1 2014 107,63 100,41 105,77 99,9
T2 2014 107,69 100,44 105,93 99,93
T3 2014 108,47 100,33 106,98 99,77
T4 2014 109,76 100,43 107,77 99,83
T1 2015 110,99 100,38 108,54 99,78
T2 2015 110,93 100,61 108,18 99,99
T3 2015 111,31 100,7 108,96 100,12
T4 2015 112,28 100,88 109,98 100,34
T1 2016 112,69 101,06 110,51 100,54
T2 2016 113,37 101,32 111,04 100,84
T3 2016 113,3 101,6 111,18 101,15
T4 2016 113,54 101,7 111,83 101,29
T1 2017 114,32 102,09 113,06 101,79
T2 2017 114,85 102,43 113,43 102,21
T3 2017 114,4 102,7 113,16 102,63
T4 2017 114,84 103,08 113,99 103,18
T1 2018 114,4 103,25 114,61 103,39
T2 2018 113,55 103,31 114,03 103,54
T3 2018 113,56 103,44 114,28 103,7
T4 2018 113,52 103,73 114,09 104,05
T1 2019 115,88 104,1 117,25 104,51
T2 2019 116,37 104,35 117,81 104,76
T3 2019 117,33 104,55 119,68 104,99
T4 2019 118,43 104,93 120,74 105,49
T1 2020 117,55 102,88 119,33 102,86
T2 2020 116,5 101,99 118,23 102,01
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 1Chute de l’emploi liée au confinement, à La Réunion comme ailleursÉvolution de l'emploi salarié

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

L’intérim rebondit fin juin

Dans l’ensemble des secteurs - industrie, construction, services marchands ou non marchands -, les entreprises réalisent des ajustements de court terme grâce à l’intérim. Ainsi, les emplois intérimaires rebondissent fin juin 2020, après avoir chuté fin mars au moment du confinement. Les 800 emplois retrouvés ne compensent toutefois pas les 1 400 emplois perdus au trimestre précédent (figure 2).

Figure 2L’emploi rebondit dans le secteur de l’intérimÉvolution de l’emploi salarié par secteur détaillé d’activité à La Réunion

L’emploi rebondit dans le secteur de l’intérim
Emploi salarié (en milliers) Évolution trimestrielle (en %) Évolution annuelle (en %)
Ensemble 260,8 -0,9 0,1
Privé 176,0 -0,9 0,4
Public 84,8 -0,8 -0,4
Par secteur d'activité
Agriculture 3,0 0,4 0,9
Industrie 18,1 -2,4 -0,6
dont Agro-alimentaire 6,9 -3,1 -1,9
Construction 14,6 -0,3 0,5
Tertiaire marchand 116,3 -0,9 0,0
Commerce 33,8 -1,5 -1,0
Transports 12,4 -1,2 -1,3
Hébergement - restauration 9,3 -6,7 -3,3
Information et communication 3,8 -1,3 -2,5
Services financiers 6,3 -0,6 2,3
Services immobiliers 1,9 0,0 -0,8
Services aux entreprises* 23,8 0,2 3,7
Intérim 3,7 27,3 -10,0
Services aux ménages 21,1 -2,1 2,0
Tertiaire non marchand 108,9 -0,8 0,2
  • * hors intérim.
  • Note : données corrigées des variations saisonnières (CVS), en fin de trimestre.
  • L’évolution trimestrielle compare le trimestre en cours au trimestre précédent, l’évolution annuelle compare le trimestre en cours au même trimestre de l’année précédente.
  • Source : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

En revanche, hors intérim, la baisse de l'emploi salarié s’accélère : - 3 200 emplois fin juin, après - 600 au trimestre précédent.

Hors intérim, une baisse de l’emploi malgré le recours à l’activité partielle

L’hébergement-restauration est le secteur le plus touché ce trimestre : - 700 emplois, après - 200 au trimestre précédent. Pourtant, l’activité partielle (y compris arrêt de travail, arrêt maladie et garde d’enfants) continue à y être répandue : 27 % de ses salarié·es en bénéficient fin juin, contre 8 % sur l’ensemble des secteurs. Mais les embauches y sont devenues rares : les déclarations préalables à l’embauche (DPAE) sont cinq fois moins nombreuses qu’au deuxième trimestre 2019.

Le commerce perd 500 emplois, après en avoir perdu 700 au trimestre précédent. Les services aux ménages (essentiellement les associations) perdent 400 emplois après en avoir perdu 200 au trimestre précédent. Dans ces secteurs aussi, les embauches sont deux fois moins nombreuses qu’au 2e trimestre 2019. Au total, sur l’ensemble des services marchands, hors intérim, le repli de l’emploi est ainsi plus fort qu’au premier trimestre : - 1,6 % (- 1 800 emplois) après - 1,0 % au trimestre précédent (- 1 200 emplois).

Dans la construction, l’emploi salarié hors intérim reste stable (figure 3). Le recours à l’activité partielle ou aux arrêts de travail a été particulièrement important dans ce secteur, ce qui a permis de préserver les emplois. Fin mars, 67 % des salarié·es de la construction étaient concerné·es ; en avril ils étaient 49 % (figure 4). Fin juin en revanche, ils ne sont plus que 4 % à être en activité partielle ou en arrêt.

Figure 3L’emploi résiste dans la constructionÉvolution de l'emploi salarié par secteur à La Réunion

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010
L’emploi résiste dans la construction (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2010)
Construction Industrie Tertiaire marchand hors intérim Tertiaire non marchand
T4 2010 100 100 100 100
T1 2011 99,5 99,13 101,36 99,09
T2 2011 100,81 97,88 101,02 100,72
T3 2011 102,89 101,23 102,54 101,64
T4 2011 102,57 100,69 102,96 103,81
T1 2012 103,26 101,27 102,69 103,99
T2 2012 100,84 101,3 103,45 105,13
T3 2012 99,62 101,58 102,85 104,36
T4 2012 98,03 101,83 103,29 104,66
T1 2013 94,81 101,81 101,99 104,81
T2 2013 93,77 102,3 103,08 106,54
T3 2013 91,24 102,59 103,8 107,89
T4 2013 91,43 102,19 104,52 111,54
T1 2014 93,09 102,02 105,25 112,54
T2 2014 93,25 101,96 104,78 112,81
T3 2014 93,1 106,06 105,84 113,09
T4 2014 92,03 104,62 107,29 115,29
T1 2015 95,92 106,2 107,68 117,17
T2 2015 94,62 105,71 107,2 117,86
T3 2015 96,81 106,67 107,98 117,65
T4 2015 97,54 106,72 109,1 118,47
T1 2016 98,2 107,57 110 118,62
T2 2016 99,36 107,32 110,64 119,88
T3 2016 99,45 107,58 110,3 119,52
T4 2016 98,84 108,78 110,84 119,11
T1 2017 98,29 108,52 111,84 119,35
T2 2017 98,05 108,6 111,95 120,26
T3 2017 97,08 108,49 111,36 119,86
T4 2017 97,39 109,04 111,87 119,72
T1 2018 98,52 110,33 112,19 117,61
T2 2018 98,09 111,14 111,02 116,61
T3 2018 98,3 112 111,05 116,34
T4 2018 98,23 111,81 111,23 116,86
T1 2019 102,5 112,09 114,18 118,32
T2 2019 103,09 112,46 114,77 118,78
T3 2019 104,1 113,2 116,92 118,39
T4 2019 103,59 112,95 118,36 119,63
T1 2020 103,89 114,57 117,12 119,97
T2 2020 103,56 111,8 115,26 119,04
  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 3L’emploi résiste dans la constructionÉvolution de l'emploi salarié par secteur à La Réunion

  • Notes : données CVS, en fin de trimestre. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee.

Figure 4Recours massif à l’activité partielle pendant le confinementPart des salariés en activité partielle (y compris arrêt de travail, arrêt maladie et garde d’enfants) par secteur d’activité

en %
Recours massif à l’activité partielle pendant le confinement (en %)
Ensemble Agriculture Industrie Construction Tertiaire marchand Tertiaire non marchand
fin mars 2020 38,5 14,2 39,4 66,7 38,0 25,6
fin avril 2020 37,5 14,6 33,9 48,7 40,1 26,0
fin mai 2020 15,5 5,1 11,9 10,5 18,5 11,1
fin juin 2020 7,7 3,3 6,0 4,3 9,0 6,3
  • Source : Insee, Déclaration sociale nominative (DSN).

Figure 4Recours massif à l’activité partielle pendant le confinementPart des salariés en activité partielle (y compris arrêt de travail, arrêt maladie et garde d’enfants) par secteur d’activité

  • Source : Insee, Déclaration sociale nominative (DSN).

Depuis le début de l’année, l’emploi est également stable dans les services aux entreprises et dans l’agriculture. En revanche, il baisse dans l’industrie.

L’emploi dans la fonction publique en forte baisse

Contrairement au trimestre précédent, l’emploi salarié chute dans le public : - 0,8 %, soit – 700 emplois. La crise sanitaire a en effet limité le renouvellement des contrats à durée limitée, notamment des contrats aidés. À La Réunion, 9 300 personnes bénéficient fin juin des contrats aidés « Parcours emploi compétences » (PEC), soit 900 de moins que fin mars.

Baisse du chômage en trompe-l’œil

Au 2e trimestre 2020, le taux de chômage à La Réunion s’établit à 14 % de la population active. Il baisse de 6 points par rapport au dernier trimestre 2019 (figure 5). Au niveau national, le chômage concerne 7,1 % de la population active, soit 1 point de moins que fin 2019.

Figure 5Une baisse du chômage liée au confinement des personnes sans emploiTaux de chômage

en %
Une baisse du chômage liée au confinement des personnes sans emploi (en %)
La Réunion France hors Mayotte
T1 2014 26,3 10,2
T2 2014 26,7 10,2
T3 2014 27,1 10,3
T4 2014 25,3 10,4
T1 2015 23,5 10,3
T2 2015 23,5 10,5
T3 2015 23,9 10,4
T4 2015 23,2 10,2
T1 2016 23,6 10,2
T2 2016 21,7 10
T3 2016 21,6 9,9
T4 2016 22,1 10
T1 2017 21,6 9,6
T2 2017 23,8 9,5
T3 2017 22,2 9,5
T4 2017 23 9
T1 2018 24 9,2
T2 2018 24,2 9,1
T3 2018 24,1 9
T4 2018 23,5 8,7
T1 2019 22,4 8,7
T2 2019 22,1 8,4
T3 2019 20,4 8,4
T4 2019 20,1 8,1
T1 2020 18,9 7,8
T2 2020 13,7 7,1
  • Notes : données trimestrielles CVS. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Source : Insee, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé.

Figure 5Une baisse du chômage liée au confinement des personnes sans emploiTaux de chômage

  • Notes : données trimestrielles CVS. Les données du dernier trimestre affiché sont provisoires.
  • Source : Insee, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé.

Cette nette baisse du chômage, dans un contexte où l’emploi chute fortement, est inhérente à la définition même du chômage et s’observe dans toutes les régions. De fait, un chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) est une personne âgée de 15 ans ou plus qui satisfait aux trois critères suivants : elle est sans emploi pendant une semaine donnée ; elle est disponible pour travailler dans les deux semaines à venir ; elle a effectué, au cours des quatre dernières semaines, une démarche active de recherche d’emploi ou a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois.

Au 2e trimestre 2020, le net recul du chômage au sens du BIT ne traduit pas une amélioration du marché du travail mais un effet de confinement des personnes sans emploi (cf. note d’éclairage dédiée aux effets de la crise sanitaire sur le marché du travail). En effet, pendant le confinement, les personnes sans emploi ont réduit leurs recherches actives d’emploi, notamment celles dont le secteur d’activité privilégié est à l’arrêt.

Principale contrepartie de la baisse du chômage, le halo autour du chômage s’envole au deuxième trimestre

Les personnes souhaitant un emploi sans être considérées au chômage constituent le halo autour du chômage : 18 % des Réunionnaises et des Réunionnais âgés de 15 à 64 ans sont dans cette situation au 2e trimestre 2020, soit 8 points de plus qu’au dernier trimestre 2019 (figure 6). Cette forte augmentation du halo concerne principalement les personnes qui se déclarent disponibles pour travailler mais ne sont pas en recherche active d’emploi. Cette hausse exceptionnelle fait plus que compenser la baisse du chômage : parmi les personnes sans emploi souhaitant travailler, un grand nombre n’ont pas recherché activement un emploi du fait du confinement et de l’arrêt de l’activité de nombreux secteurs. De ce fait, ils basculent du chômage vers son halo. Au final, les personnes sans emploi qui souhaitent travailler constituent 25 % de l’ensemble de la population des 15-64 ans, soit trois points de plus que fin 2019.

Figure 6Bascule du chômage vers son haloRépartition des personnes âgées de 15 ans à 64 ans selon leur situation par rapport à l’emploi

en %
Bascule du chômage vers son halo (en %)
Chômeurs BIT Personnes en emploi en situation de sous-emploi Personnes en emploi hors sous emploi
T4 2019 12 10 38
T1 2020 11 13 35
T2 2020 7 20 27
  • Source : Insee, enquête Emploi en continu.

Figure 6Bascule du chômage vers son haloRépartition des personnes âgées de 15 ans à 64 ans selon leur situation par rapport à l’emploi

  • Source : Insee, enquête Emploi en continu.

Le sous-emploi bondit à un niveau inédit du fait de l’activité partielle

D’ordinaire, le sous-emploi concerne essentiellement les personnes employées à temps partiel qui souhaitent travailler davantage. Au 2e trimestre 2020, le sous-emploi bondit pour atteindre 20 % des personnes en emploi, soit deux fois plus qu’au dernier trimestre 2019. Cette hausse est due à la forte augmentation du nombre de personnes en emploi (à temps plein ou à temps partiel) qui déclarent des journées non travaillées en raison d’un chômage partiel, dans le cadre du dispositif exceptionnel d’activité partielle pour maintenir les salarié·es en emploi.

Les autorisations de construction repartent à la hausse

En un an, d’août 2019 à juillet 2020, 7 700  logements ont été autorisés à la construction à La Réunion, soit 4 % de plus qu’à la même période un an auparavant (figure 7). Les autorisations de logements collectifs progressent de 17 %. En revanche, les projets de constructions de logements individuels se réduisent (- 5 %).

Figure 7La construction de logements neufs rebonditÉvolution du nombre de logements autorisés à la construction

indice base 100 en décembre 2010
La construction de logements neufs rebondit (indice base 100 en décembre 2010)
La Réunion France hors Mayotte
déc. 2010 100 100
janv. 2011 97,87 101,57
févr. 2011 96,81 101,78
mars 2011 100 101,19
avril 2011 98,94 100,98
mai 2011 104,26 102,58
juin 2011 101,06 102,87
juil. 2011 95,74 103,08
août 2011 95,74 104,27
sept. 2011 86,17 105,82
oct. 2011 86,17 106,51
nov. 2011 87,23 107,5
déc. 2011 89,36 108,57
janv. 2012 93,62 108,36
févr. 2012 92,55 108,54
mars 2012 95,74 108,52
avril 2012 101,06 109,05
mai 2012 103,19 107,69
juin 2012 102,13 107,16
juil. 2012 104,26 106,39
août 2012 103,19 106,66
sept. 2012 101,06 104,44
oct. 2012 102,13 103,94
nov. 2012 100 102,87
déc. 2012 96,81 101,07
janv. 2013 92,55 101,24
févr. 2013 92,55 102,74
mars 2013 87,23 103,04
avril 2013 84,04 101,34
mai 2013 86,17 99,33
juin 2013 86,17 97,63
juil. 2013 92,55 95,64
août 2013 89,36 92,46
sept. 2013 91,49 90,99
oct. 2013 89,36 90,39
nov. 2013 89,36 89,59
déc. 2013 88,3 88,67
janv. 2014 88,3 86,58
févr. 2014 87,23 83,52
mars 2014 95,74 82,6
avril 2014 90,43 81,38
mai 2014 90,43 81,38
juin 2014 91,49 81,38
juil. 2014 87,23 81,76
août 2014 86,17 81,53
sept. 2014 87,23 81,68
oct. 2014 89,36 80,77
nov. 2014 87,23 79,85
déc. 2014 87,23 79,75
janv. 2015 88,3 79,5
févr. 2015 86,17 78,95
mars 2015 80,85 78,05
avril 2015 86,17 78,99
mai 2015 80,85 78,47
juin 2015 78,72 79,37
juil. 2015 75,53 79,2
août 2015 78,72 80,17
sept. 2015 79,79 81,03
oct. 2015 76,6 81,65
nov. 2015 78,72 83,6
déc. 2015 80,85 84,84
janv. 2016 78,72 85,17
févr. 2016 81,91 86,62
mars 2016 81,91 86,93
avril 2016 82,98 87,92
mai 2016 81,91 89,91
juin 2016 86,17 90,3
juil. 2016 88,3 91,29
août 2016 85,11 92,36
sept. 2016 82,98 94,49
oct. 2016 82,98 95,18
nov. 2016 82,98 96,06
déc. 2016 82,98 97,19
janv. 2017 86,17 97,93
févr. 2017 84,04 98,09
mars 2017 81,91 100,23
avril 2017 77,66 100,1
mai 2017 79,79 100,9
juin 2017 78,72 101,99
juil. 2017 76,6 103,33
août 2017 82,98 103,73
sept. 2017 81,91 103,98
oct. 2017 85,11 104,46
nov. 2017 86,17 103,54
déc. 2017 84,04 103,16
janv. 2018 82,98 103,33
févr. 2018 82,98 103,87
mars 2018 80,85 102,51
avril 2018 81,91 102,53
mai 2018 78,72 102,22
juin 2018 80,85 100,77
juil. 2018 84,04 99,48
août 2018 80,85 99,04
sept. 2018 86,17 98,07
oct. 2018 82,98 97,91
nov. 2018 81,91 97,68
déc. 2018 80,85 96,4
janv. 2019 82,98 96,1
févr. 2019 82,98 94,66
mars 2019 84,04 94,07
avril 2019 84,04 94,39
mai 2019 86,17 93,8
juin 2019 81,91 93,57
juil. 2019 78,72 93,82
août 2019 75,53 92,73
sept. 2019 70,21 91,43
oct. 2019 72,34 92,02
nov. 2019 75,53 91,81
déc. 2019 75,53 93,17
janv. 2020 75,53 93,74
févr. 2020 79,79 94,37
mars 2020 78,72 93,91
avril 2020 77,66 89,17
mai 2020 73,4 85,74
juin 2020 80,85 84,65
juil. 2020 81,91 82,51
août 2020 82,98 81,86
  • Notes : données mensuelles brutes, en date réelle. Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • La ligne verticale rouge représente la fin du trimestre d'intérêt.
  • Source : SDES, Sit@del2.

Figure 7La construction de logements neufs rebonditÉvolution du nombre de logements autorisés à la construction

  • Notes : données mensuelles brutes, en date réelle. Chaque point représente l'évolution du cumul des 12 derniers mois.
  • La ligne verticale rouge représente la fin du trimestre d'intérêt.
  • Source : SDES, Sit@del2.

Au niveau national, la conjoncture est moins favorable : les autorisations de construire diminuent de 12 % sur la période. Les ouvertures de chantier sont également en baisse (- 7 %).

À La Réunion, le nombre estimé de logements mis en chantier chute de 4 % entre août 2019 et juillet 2020 par rapport à la même période un an plus tôt. Sur un an, 6 500 logements ont été commencés. La baisse des ouvertures de chantiers est plus marquée pour les logements individuels (- 6 %) que pour les logements collectifs (- 3 %).

La création d’entreprise surmonte la crise

En avril, au cœur du confinement de la population, le nombre d’immatriculations d’entreprises chute fortement (figure 8). Mais il repart fortement à la hausse dès juin, rattrapant ainsi le déficit de créations lié au confinement. En cumulé, d’avril à août 2020, il augmente même de 5 % par rapport à la même période de 2019, alors qu’il diminue de 4 % au niveau national.

Figure 8Les créations d’entreprises repartent à la hausse dès juinÉvolution des créations d’entreprises à La Réunion par catégorie juridique au 1ᵉʳ semestre 2020 par rapport à 2019

en nombre
Les créations d’entreprises repartent à la hausse dès juin (en nombre)
Entreprises individuelles Sociétés Ensemble
janvier à mars 1 201 202
avril à mai -320 -50 -370
juin à août 180 343 523
  • Note : données brutes.
  • Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements.

Figure 8Les créations d’entreprises repartent à la hausse dès juinÉvolution des créations d’entreprises à La Réunion par catégorie juridique au 1ᵉʳ semestre 2020 par rapport à 2019

  • Note : données brutes.
  • Source : Insee, Répertoire des entreprises et des établissements.

La hausse est plus importante sur l’ensemble de l’année (8 %), en raison d’un nombre d’immatriculations supérieur de 11 % au 1er trimestre 2020, comparé au 1er trimestre 2019.

Le dynamisme est plus marqué pour les immatriculations de sociétés que pour les entreprises individuelles, ce qui est en partie dû à un rattrapage du retard dans l’immatriculation des sociétés. Le nombre de créations de sociétés avait nettement diminué en 2018 et au 1er semestre 2019, vraisemblablement en lien avec les délais allongés de plusieurs mois pour être enregistrées au registre du commerce et des sociétés. À compter de septembre 2019, des mesures ont été prises pour réduire les délais de création et rattrapé les retards, avec notamment la mise en place d'un greffe privé.

Avertissement sur le marché du travail

Le taux de chômage au sens du BIT a diminué sur les deux premiers trimestres de 2020, mais il s’agit d’une baisse « en trompe-l’oeil ». En effet, pour être considéré comme chômeur, il faut être sans emploi, disponible pour travailler et avoir fait des démarches actives de recherche d’emploi. Au cours des deux premiers trimestres de l’année 2020, la période de confinement a fortement affecté les comportements de recherche active d’emploi (en particulier pour les personnes sans emploi dont le secteur d’activité était à l’arrêt), ainsi que la disponibilité des personnes (contrainte de garde d’enfant par exemple). Au total, la nette baisse du chômage au sens du BIT début 2020 ne traduit pas une amélioration du marché du travail mais un effet de confinement des personnes sans emploi.

Le champ des taux de chômage localisés couvre à présent les DOM (hors Mayotte) sur une période débutant au premier trimestre 2014.

Enfin, l'introduction de la déclaration sociale nominative (DSN) en remplacement du bordereau récapitulatif de cotisations (BRC) peut entraîner des révisions accrues sur les données, durant la phase de montée en charge de la DSN.

Encadré 1 - Contexte international – Une reprise progressive dans un contexte d’incertitudes

Dans les économies touchées au printemps par l’épidémie, l’activité se relève progressivement de sa chute du deuxième trimestre, liée à l’instauration des mesures de restrictions sanitaires. Ce rebond prend des configurations qui peuvent varier selon les pays. Dans les pays occidentaux, la demande intérieure s’est redressée avec l’allègement des restrictions et les mesures de soutien aux ménages. De son côté, l’activité chinoise est portée par le dynamisme de sa production et de ses exportations, mais la consommation intérieure reste en retrait. La reprise dans le monde pourrait toutefois ralentir à l’automne, dans un contexte d’incertitudes autour d’une résurgence de l’épidémie qui entraînerait de nouvelles mesures sanitaires, et de la tenue des élections américaines.

Encadré 2 - Contexte national – La reprise entamée à la levée du confinement pourrait marquer le pas d’ici la fin de l’année

Depuis la levée des mesures de restrictions, l’activité a entamé une reprise graduelle. Au troisième trimestre, la plupart des secteurs ont progressivement retrouvé un niveau d’activité proche de celui d’avant-crise, mais certains restent pénalisés par les effets de la crise sanitaire (transport aérien de voyageurs, hébergement et restauration, activités culturelles, …). La consommation des ménages, en net rebond dès la fin du confinement, se serait globalement maintenue durant l’été à un niveau proche de celui d’avant-crise.

Au quatrième trimestre, les incertitudes quant à la résurgence de l’épidémie conduiraient à un essoufflement de la reprise. Les secteurs les plus touchés par la crise pourraient voir leur activité se dégrader du fait des mesures de restrictions, et la consommation pourrait fléchir. En fin d’année, après un vif rebond au troisième trimestre (+ 16 % par rapport au deuxième), le PIB français resterait stable, 5 % environ en dessous de son niveau d’avant-crise. Sur l’année 2020, il se contracterait d’environ 9 %.

Sources

Les estimations trimestrielles de l'emploi salarié sont élaborées à partir de différentes sources :

  • les déclarations de cotisations sociales des établissements faites aux Unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (Urssaf) et Caisses générales de sécurité sociale (CGSS), soit sous forme de bordereaux récapitulatifs de cotisations (BRC), soit de déclarations sociales nominatives (DSN) ;
  • les fichiers de paie pour les personnels de la fonction publique d’État ;
  • les déclarations de cotisations sociales collectées par la mutualité sociale agricole (MSA) ;
  • les déclarations d’emploi des particuliers employeurs provenant de trois formalités administratives : déclaration nominative simplifiée (DNS), chèque emploi service universel (Cesu) et prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) ;
  • les déclarations mensuelles des entreprises de travail temporaire (ETT) adressées à Pôle emploi, auxquelles se sont progressivement substituées les déclarations sociales nominatives (DSN) à compter de mi-2016.

Le champ des taux de chômage localisés couvre à présent les DOM (hors Mayotte) sur une période débutant au premier trimestre 2014. Les informations sur le taux de chômage et les situations par rapport à l’emploi sont issues principalement de l’enquête emploi en continu.

Définitions


Les services aux entreprises correspondent aux activités scientifiques et techniques, qui regroupent les activités juridiques, comptables, de gestion, d’architecture, d'ingénierie, de contrôle et d'analyses techniques, ainsi qu’aux activités de services administratifs et de soutien, qui regroupent les activités liées à l’emploi (hors intérim), aux agences de voyage, aux activités de location et à la sécurité.


Les services aux ménages sont majoritairement composés des activités des organisations associatives. Ils comportent également les activités d’arts et spectacles, des activités récréatives et d’autres services personnels.