Les entreprises en France Édition 2020

Cet ouvrage offre une vue structurelle complète de notre système productif. Les résultats sur l’année 2018 sont analysés dans une vue d’ensemble qui rend compte de la diversité des situations des entreprises, en se basant sur la définition de l’entreprise au sens économique. Ensuite, un premier dossier étudie les disparités territoriales d’accès aux commerces. Le second analyse les fonds propres des très petites entreprises et leur risque de défaillance en 2019.
Enfin, des fiches thématiques et sectorielles présentent les chiffres de référence sur les entreprises.

Insee Références
Paru le :Paru le10/12/2020
Les entreprises en France- Décembre 2020
Consulter

Coût du travail et salaires

Insee Références

Paru le :10/12/2020

En 2019, dans l’Union européenne (UE), la France occupe la quatrième position des pays ayant les les plus élevés. Avec 36,6 euros pour l’ensemble de l’industrie, de la construction et des services, elle se situe en dessous du Danemark, mais au-dessus de la Suède et de l’Allemagne. Dans l’industrie (hors construction), le coût horaire en France est inférieur à celui de l’Allemagne (39,1 euros contre 41,2) (figure 1). En 2019, le coût horaire ralentit légèrement en France après avoir crû plus fortement en 2018. Les modifications des mesures d’allégement du coût du travail ont contribué à l’augmentation de ce dernier en 2018 (en particulier, le taux de (CICE) appliqué en métropole est passé de 7 % à 6 %). La poursuite de cette hausse en 2019, bien que moins soutenue, s’explique notamment par l’augmentation des taux de cotisations de retraite complémentaire dans le privé.

Figure 1Coût horaire de la main-d’œuvre en Europe en 2019

en euros
Coût horaire de la main-d’œuvre en Europe en 2019 (en euros)
Industrie, construction et services (hors administration publique, défense et sécurité sociale obligatoire) Industrie (hors construction)
Danemark 44,7 47,4
France 36,6 39,1
Suède 36,3 40,5
Allemagne 35,6 41,2
Royaume-Uni 28,5 27,8
Espagne 21,8 23,9
Roumanie 7,7 6,9
Bulgarie 6,0 5,7
  • Note : tous les pays ne sont pas représentés, la France occupe le 4e rang par ordre décroissant des coûts horaires dans l'UE à 28.
  • Champ : établissements des entreprises de 10 salariés ou plus.
  • Source : Eurostat, Labour cost survey, annual data.

Figure 1Coût horaire de la main-d’œuvre en Europe en 2019

  • Note : tous les pays ne sont pas représentés, la France occupe le 4e rang par ordre décroissant des coûts horaires dans l'UE à 28.
  • Champ : établissements des entreprises de 10 salariés ou plus.
  • Source : Eurostat, Labour cost survey, annual data.

Le coût du travail couvre l’ensemble des dépenses réalisées par les employeurs pour l’emploi d’un salarié : les rémunérations perçues par le salarié, les cotisations sociales à la charge de l’employeur, les frais de formation professionnelle, les autres dépenses et les taxes sur les salaires, déduction faite des subventions perçues. En 2019, en France, dans les établissements dépendant d’entreprises de 10 salariés ou plus, les cotisations sociales et les autres coûts à la charge de l’employeur représentent en moyenne 45,9 % du salaire brut (figure 2). Cette part est plus faible dans la construction (42,1 %) que dans l’industrie et le tertiaire. Cet écart s’explique par des niveaux de salaire plus bas dans ce secteur, ce qui permet aux entreprises de bénéficier d’allégements de cotisations sociales plus importants.

Figure 2Coût de la main-d’œuvre selon le secteur d'activité de l'établissement en 2019

Coût de la main-d’œuvre selon le secteur d'activité de l'établissement en 2019
Coût horaire dont salaires et traitements Cotisations sociales et autres coûts à la charge des employeurs / salaires et traitements
en euros (en %)
Industrie 39,1 26,7 46,4
dont manufacturière 38,6 26,2 47,3
Construction 33,4 23,5 42,1
Services marchands 37,0 25,4 46,1
Ensemble (hors services marchands) 37,3 25,5 45,9
  • Champ : France, établissements des entreprises de 10 salariés ou plus.
  • Source : Eurostat, Labour cost survey, annual data.

En 2017, dans le secteur privé, le en équivalent temps plein (ETP) s’élève en moyenne à 37 000 euros par an (figure 3). Un cadre perçoit en moyenne un salaire 2,8 fois supérieur à celui d’un ouvrier non qualifié et 1,8 fois supérieur à celui d’un salarié exerçant une profession intermédiaire. Les salaires sont plus élevés dans les activités financières et d’assurance (57 600 euros en moyenne) et dans l’information et la communication (52 200 euros). Ils sont parmi les plus faibles dans l’hébergement et la restauration (26 200 euros), les salariés y étant souvent peu qualifiés et payés au Smic.

Figure 3Salaire brut annuel moyen en ETP par catégorie socioprofessionnelle en 2017 dans le secteur privé

en milliers d'euros
Salaire brut annuel moyen en ETP par catégorie socioprofessionnelle en 2017 dans le secteur privé (en milliers d'euros)
Cadres et professions intellectuelles supérieures Professions intermédiaires Employés Ouvriers qualifiés Ouvriers non qualifiés Ensemble
Industrie manufacturière, industries extractives et autres 72,2 42,5 29,4 31,7 27,2 41,6
Construction 59,4 37,9 29,2 28,8 24,1 33,6
Commerce ; réparation d'automobiles et de motocycles 64,6 36,2 25,4 27,5 24,5 33,9
Transports et entreposage 62,3 37,6 30,3 29,1 25,5 35,1
Hébergement et restauration 46,7 32,0 23,5 25,6 23,5 26,2
Information et communication 60,2 37,3 33,2 34,7 28,3 52,2
Activités financières et d'assurance 83,0 41,5 33,1 36,3 27,2 57,6
Activités immobilières 62,8 35,4 29,2 28,6 25,3 38,9
Activités scientifiques et techniques ; services administratifs et de soutien 67,2 35,8 27,4 26,6 23,3 37,2
Administrations publiques, enseignement, santé et action sociale 55,3 32,7 24,8 24,0 14,1 29,7
Autres activités de services 50,1 34,2 24,7 26,7 21,6 31,3
Ensemble 66,2 37,1 26,4 29,1 23,6 37,0
  • Note : les DADS étant remplacées progressivement par les DSN, les données 2017 ne sont pas complètement comparables avec les années antérieures.
  • Champ : France, salariés du secteur privé et des entreprises publiques, hors agriculture, y compris bénéficiaires de contrats aidés et chefs d'entreprise salariés ; hors apprentis, stagiaires, salariés agricoles et salariés des particuliers employeurs.
  • Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales (DADS) et données sociales nominatives (DSN) 2017.

En 2019, le Smic est un peu plus revalorisé que l’année précédente (+ 1,5 % après + 1,2 %), le chômage continue de baisser tandis que l’inflation ralentit dans le sillage du cours du pétrole. Dans ce contexte, le (SMB) en euros courants accélère légèrement (+ 1,7 % en moyenne annuelle après + 1,5 % en 2018) (figure 4). Il en est de même du (SMPT), qui – contrairement au SMB – prend en compte la part variable des rémunérations et les évolutions des structures de qualification : + 1,9 % en 2019 après + 1,7 % en 2018 et en 2017. Le SMPT a été soutenu notamment au premier trimestre 2019 par le dispositif de (Pepa), dans le cadre des mesures d’urgence économiques et sociales votées en décembre 2018. Dans un contexte d’inflation modérée, le pouvoir d’achat du SMPT augmente légèrement, pour retrouver son évolution de 2017 (+ 0,8 %).

Figure 4Évolution des salaires nominaux et des prix, en euros courants, entre 2008 et 2019

glissement annuel en %
Évolution des salaires nominaux et des prix, en euros courants, entre 2008 et 2019 (glissement annuel en %)
Indice des prix à la consommation Salaire mensuel de base (SMNA) Salaire moyen par tête (SMNA)
01/01/2008 2,95 2,76 2,91
01/04/2008 3,29 2,96 2,83
01/07/2008 3,26 3,01 2,78
01/10/2008 1,78 2,99 2,09
01/01/2009 0,60 2,71 0,82
01/04/2009 -0,21 2,24 1,02
01/07/2009 -0,40 2,03 1,28
01/10/2009 0,37 1,90 2,31
01/01/2010 1,29 1,77 3,58
01/04/2010 1,63 1,86 4,04
01/07/2010 1,56 1,69 3,47
01/10/2010 1,64 1,77 2,75
01/01/2011 1,78 2,04 2,07
01/04/2011 2,09 2,12 1,23
01/07/2011 2,15 2,24 0,98
01/10/2011 2,44 2,22 1,16
01/01/2012 2,31 2,20 1,46
01/04/2012 2,01 2,09 1,73
01/07/2012 1,96 2,18 2,22
01/10/2012 1,52 2,07 2,02
01/01/2013 1,09 1,90 1,66
01/04/2013 0,82 1,83 2,02
01/07/2013 0,93 1,58 1,69
01/10/2013 0,68 1,56 1,52
01/01/2014 0,72 1,44 1,19
01/04/2014 0,62 1,40 0,84
01/07/2014 0,35 1,46 0,79
01/10/2014 0,20 1,35 0,81
01/01/2015 -0,17 1,27 1,37
01/04/2015 0,23 1,26 1,54
01/07/2015 0,07 1,17 1,59
01/10/2015 0,12 1,25 1,98
01/01/2016 -0,01 1,19 1,98
01/04/2016 -0,01 1,13 1,60
01/07/2016 0,26 1,16 1,65
01/10/2016 0,50 1,15 1,39
01/01/2017 1,24 1,20 1,66
01/04/2017 0,89 1,26 1,73
01/07/2017 0,86 1,32 1,63
01/10/2017 1,17 1,32 1,77
01/01/2018 1,34 1,49 1,24
01/04/2018 1,88 1,50 1,71
01/07/2018 2,21 1,52 1,84
01/10/2018 1,82 1,56 1,96
01/01/2019 1,30 1,62 2,65
01/04/2019 1,15 1,73 1,73
01/07/2019 1,00 1,74 1,89
01/10/2019 1,08 1,73 1,50
  • Champ : France pour le salaire moyen par tête (SMNA, secteur marchand non agricole, hors services aux ménages et administrations publiques) et l'indice des prix à la consommation ; France métropolitaine, entreprises de 10 salariés ou plus pour le salaire mensuel de base (SMB).
  • Sources : Insee, comptes nationaux et indice des prix à la consommation ; Dares, enquête Acemo.

Figure 4Évolution des salaires nominaux et des prix, en euros courants, entre 2008 et 2019

  • Champ : France pour le salaire moyen par tête (SMNA, secteur marchand non agricole, hors services aux ménages et administrations publiques) et l'indice des prix à la consommation ; France métropolitaine, entreprises de 10 salariés ou plus pour le salaire mensuel de base (SMB).
  • Sources : Insee, comptes nationaux et indice des prix à la consommation ; Dares, enquête Acemo.

Au niveau européen, la France se situe parmi les pays où le salaire brut horaire moyen est le plus élevé, avec 24,6 euros par heure (figure 5). Il l’est cependant moins qu’en Allemagne, et surtout qu’au Danemark.

Figure 5Salaires horaires bruts moyens en Europe en 2019

en euros par heure travaillée
Salaires horaires bruts moyens en Europe en 2019 (en euros par heure travaillée)
Salaires horaires bruts moyens en 2019
Bulgarie 5,0
Lituanie 8,8
Espagne 16,2
Italie 20,5
Royaume-Uni 23,4
France 24,6
Allemagne 27,7
Danemark 38,3
  • Champ : salariés (y compris apprentis) des entreprises de 10 salariés ou plus, secteurs B à S (sauf O) de la NAF rév. 2 : industrie, construction et services (sauf administration publique, défense et sécurité sociale obligatoire).
  • Source : Eurostat, Labour cost survey, annual data.

Figure 5Salaires horaires bruts moyens en Europe en 2019

  • Champ : salariés (y compris apprentis) des entreprises de 10 salariés ou plus, secteurs B à S (sauf O) de la NAF rév. 2 : industrie, construction et services (sauf administration publique, défense et sécurité sociale obligatoire).
  • Source : Eurostat, Labour cost survey, annual data.

Définitions

Coût horaire de la main-d’œuvre : coût salarial total rapporté au nombre d’heures effectivement travaillées par les salariés.

Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) : avantage fiscal dont bénéficient les entreprises qui emploient des salariés. Il est calculé par application d’un taux (7 % en 2017) sur l’ensemble des salaires ne dépassant pas 2,5 fois le Smic. Il a pour but de faciliter les investissements des entreprises. Le CICE a été supprimé au 1er janvier 2019 et remplacé par une baisse des cotisations sociales.

Salaire brut : intégralité des sommes perçues par le salarié avant déduction des cotisations de sécurité sociale à sa charge, de la CSG et de la CRDS. Il comprend donc le salaire de base, les avantages en nature, les primes, les gratifications fixes, les heures supplémentaires, ainsi que les sommes versées au titre de la participation et de l’intéressement.

Salaire mensuel de base (SMB) : indicateur du salaire négocié par les partenaires sociaux. Un indice du SMB est obtenu grâce à l’enquête Acemo sur le champ des salariés à temps complet dans les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé de France métropolitaine. Cet indice de prix des salaires ne prend pas en compte les modifications éventuelles de la structure des qualifications, ni l’évolution de la durée du travail, ou de la rémunération des primes.

Salaire moyen par tête (SMPT) : somme des salaires bruts (salaire de base, primes et rémunération des heures supplémentaires et complémentaires pour l’ensemble des salariés y compris ceux à temps partiel) rapportée aux effectifs salariés (personnes physiques) de toutes les entreprises du secteur privé.

Prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (Pepa) : les mesures d’urgence économiques et sociales votées en décembre 2018 en réponse au mouvement des « gilets jaunes » offrent la possibilité aux entreprises de verser une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat aux salariés dont la rémunération en 2018 n’excède pas trois Smic annuels. Cette prime est exonérée, jusqu’à 1 000 euros, d’impôt sur le revenu et de toutes cotisations et contributions sociales. Elle a été versée entre le 11 décembre 2018 et le 31 mars 2019. Ce dispositif a été à nouveau reconduit au premier semestre 2020, sous des conditions plus restrictives.

Pour en savoir plus

Emploi, chômage, revenus du travail , coll. « Insee Références », édition 2020.

« Le coût de la main-d’œuvre en France en 2016 : 34,3 euros par heure en moyenne », Insee Focus n° 184, février 2020.

« Salaire horaire : l’importance de la catégorie socioprofessionnelle et du diplôme », Insee Focus n° 116, juin 2018.

« Des salaires plus dynamiques et plus dispersés en Allemagne qu’en France », Insee Focus n° 81, mars 2017.

Voir les publications Eurostat sur le site Ouvrir dans un nouvel ongletec.europa.eu.

Définitions

Coût horaire de la main-d’œuvre : coût salarial total rapporté au nombre d’heures effectivement travaillées par les salariés.

Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) : avantage fiscal dont bénéficient les entreprises qui emploient des salariés. Il est calculé par application d’un taux (7 % en 2017) sur l’ensemble des salaires ne dépassant pas 2,5 fois le Smic. Il a pour but de faciliter les investissements des entreprises. Le CICE a été supprimé au 1er janvier 2019 et remplacé par une baisse des cotisations sociales.

Salaire brut : intégralité des sommes perçues par le salarié avant déduction des cotisations de sécurité sociale à sa charge, de la CSG et de la CRDS. Il comprend donc le salaire de base, les avantages en nature, les primes, les gratifications fixes, les heures supplémentaires, ainsi que les sommes versées au titre de la participation et de l’intéressement.

Salaire mensuel de base (SMB) : indicateur du salaire négocié par les partenaires sociaux. Un indice du SMB est obtenu grâce à l’enquête Acemo sur le champ des salariés à temps complet dans les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé de France métropolitaine. Cet indice de prix des salaires ne prend pas en compte les modifications éventuelles de la structure des qualifications, ni l’évolution de la durée du travail, ou de la rémunération des primes.

Salaire moyen par tête (SMPT) : somme des salaires bruts (salaire de base, primes et rémunération des heures supplémentaires et complémentaires pour l’ensemble des salariés y compris ceux à temps partiel) rapportée aux effectifs salariés (personnes physiques) de toutes les entreprises du secteur privé.

Prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (Pepa) : les mesures d’urgence économiques et sociales votées en décembre 2018 en réponse au mouvement des « gilets jaunes » offrent la possibilité aux entreprises de verser une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat aux salariés dont la rémunération en 2018 n’excède pas trois Smic annuels. Cette prime est exonérée, jusqu’à 1 000 euros, d’impôt sur le revenu et de toutes cotisations et contributions sociales. Elle a été versée entre le 11 décembre 2018 et le 31 mars 2019. Ce dispositif a été à nouveau reconduit au premier semestre 2020, sous des conditions plus restrictives.