Revenus et patrimoine des ménagesÉdition 2021

L'Insee présente avec Revenus et patrimoine des ménages les principaux indicateurs et des analyses sur les inégalités monétaires, la pauvreté et le patrimoine des ménages.

Insee Références
Paru le : Paru le 27/05/2021
Les revenus et le patrimoine des ménages - Mai 2021
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Niveau de vie modifié par l’ajout de loyers imputés aux propriétaires

Insee Références

Paru le : 27/05/2021

Les ménages possédant le logement dans lequel ils résident détiennent un élément de patrimoine qui ne génère pas de flux de revenus, alors même qu’il a pour eux une valeur d’usage. Habituellement, cette ressource non monétaire n’est pas prise en compte dans la mesure des niveaux de vie. Cependant, cet avantage en nature peut être valorisé et à ce titre, rehausser le revenu disponible des ménages propriétaires de leur résidence principale de loyers imputés bruts (loyers qu’ils percevraient s’ils mettaient en location leur logement). Rehausser le revenu disponible de loyers imputés nets, c’est‑à‑dire après déduction des intérêts de remboursement d’emprunt immobilier, permet de mieux tenir compte de la situation des ménages accédants à la propriété.

Avec la prise en compte des loyers imputés bruts, le niveau de vie médian augmente de 14,8 %, passant de 21 250 euros à 24 390 euros par an en 2018, soit de 1 771 euros à 2 033 euros par mois (figure 1). En considérant les loyers imputés nets, il s’élève à 23 880 euros, soit 1 990 euros par mois (+ 12,4 % par rapport au niveau de vie). Après prise en compte des loyers imputés nets, 45 % des personnes changent de décile de niveau de vie pour passer soit dans un niveau supérieur pour certains propriétaires, soit au niveau inférieur pour certains locataires. La part des individus locataires dans le 1er décile de niveau de vie passe ainsi de 72 % à 88 %.

Figure 1 – Indicateurs d'inégalités de niveau de vie incluant les loyers imputés en 2018

Figure 1 – Indicateurs d'inégalités de niveau de vie incluant les loyers imputés en 2018 - Lecture : en 2018, le niveau de vie moyen est de 24 650 euros par an, de 27 610 euros par an en intégrant les loyers imputés bruts pour les propriétaires de leur résidence principale et de 27 260 euros par an en intégrant les loyers imputés nets des intérêts d'emprunt pour les accédants à la propriété.
Montant annuel (en euros) Niveau de vie Incluant les loyers imputés
Bruts Nets d'intérêts d'emprunt
Moyenne 24 650 27 610 27 260
1er décile (D1) 11 210 12 000 11 950
Médiane 21 250 24 390 23 880
9e décile (D9) 39 130 44 090 43 600
Indicateurs d’inégalités
Rapport interdécile D9/D1 3,49 3,67 3,65
Ratio (100-S80)/S20 4,4 4,5 4,6
Indice de Gini 0,298 0,297 0,298
  • Lecture : en 2018, le niveau de vie moyen est de 24 650 euros par an, de 27 610 euros par an en intégrant les loyers imputés bruts pour les propriétaires de leur résidence principale et de 27 260 euros par an en intégrant les loyers imputés nets des intérêts d'emprunt pour les accédants à la propriété.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2018.

Tenir compte des loyers imputés nets modifie certains indicateurs globaux d’inégalités. Le rapport interdécile passe de 3,49 à 3,65 après leur intégration. En effet, la proportion de propriétaires, donc de personnes dont le niveau de vie est rehaussé, est beaucoup plus forte chez les 10 % les plus aisés (85 % de propriétaires puis 90 % après prise en compte) que chez les 10 % les plus modestes (28 % puis 12 %). En revanche, l’augmentation de niveau de vie est proportionnellement plus forte pour les personnes aux revenus modestes et moyens, si bien que l’indice de Gini reste stable.

L’impact des loyers imputés sur le niveau de vie d’une catégorie de personnes dépend de la part des propriétaires en son sein. Les plus âgés sont plus concernés (figure 2). Le niveau de vie moyen (incluant les loyers imputés nets) augmente de 19 % pour les personnes âgées de 75 ans ou plus, contre 11 % pour les 50 à 64 ans et 5 % seulement pour les 25 à 29 ans (figure 3). L’ajout des loyers imputés dans la mesure du niveau de vie entraîne une hausse du taux de pauvreté monétaire. Dans le cas de loyers imputés nets, il passe de 14,8 % à 16,8 %. Pour les personnes âgées de 18 à 29 ans, il augmente de 3,4 points mais diminue de 2,0 points pour les personnes de 75 ans ou plus (figure 4). La part des personnes âgées de 65 ans ou plus dans la population pauvre passe de 11,4 % à 9,6 %.

Figure 2 – Part de personnes vivant dans un ménage propriétaire de sa résidence principale selon l'âge en 2018

en %
Figure 2 – Part de personnes vivant dans un ménage propriétaire de sa résidence principale selon l'âge en 2018 (en %) - Lecture : en 2018, 54,0 % des personnes de 30 à 39 ans sont propriétaires. 39,1 % sont accédants à la propriété ; 14,9 % sont propriétaires (ou logés gratuitement) et n’ont plus de charge de remboursement d’emprunt.
Accédant Propriétaire sans charge de remboursement (y compris logé gratuitement) Personnes propriétaires
25 à 29 ans 20,9 16,3 37,2
30 à 39 ans 39,1 14,9 54,0
40 à 49 ans 38,9 26,0 64,9
50 à 64 ans 16,0 53,8 69,8
65 à 69 ans 4,3 71,1 75,4
70 à 74 ans 2,6 74,6 77,2
75 ans ou plus 1,4 77,3 78,7
Ensemble 21,0 44,5 65,6
  • Note : les parts de personnes propriétaires de leur résidence principale ne sont pas comparables aux données de la fiche 2.11 portant sur des parts de ménages propriétaires et provenant d’une autre source.
  • Lecture : en 2018, 54,0 % des personnes de 30 à 39 ans sont propriétaires. 39,1 % sont accédants à la propriété ; 14,9 % sont propriétaires (ou logés gratuitement) et n’ont plus de charge de remboursement d’emprunt.
  • Champ : France métropolitaine, personnes de 25 ans ou plus vivant dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2018.

Figure 2 – Part de personnes vivant dans un ménage propriétaire de sa résidence principale selon l'âge en 2018

  • Note : les parts de personnes propriétaires de leur résidence principale ne sont pas comparables aux données de la fiche 2.11 portant sur des parts de ménages propriétaires et provenant d’une autre source.
  • Lecture : en 2018, 54,0 % des personnes de 30 à 39 ans sont propriétaires. 39,1 % sont accédants à la propriété ; 14,9 % sont propriétaires (ou logés gratuitement) et n’ont plus de charge de remboursement d’emprunt.
  • Champ : France métropolitaine, personnes de 25 ans ou plus vivant dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2018.

Figure 3 – Niveau de vie moyen incluant les loyers imputés selon l’âge en 2018

en euros
Figure 3 – Niveau de vie moyen incluant les loyers imputés selon l’âge en 2018 (en euros) - Lecture : en 2018, les personnes de 40 à 49 ans ont un niveau de vie moyen de 25 050 euros par an. En incluant les loyers imputés bruts, leur niveau de vie moyen est de 27 780 euros par an.
Niveau de vie moyen Incluant les loyers imputés bruts Incluant les loyers imputés nets d'intérêts d'emprunt
18 à 24 ans 21 400 23 540 23 300
25 à 29 ans 22 490 24 110 23 720
30 à 39 ans 23 790 26 030 25 370
40 à 49 ans 25 050 27 780 27 270
50 à 64 ans 28 310 31 740 31 500
65 à 69 ans 26 990 31 090 31 010
70 à 74 ans 26 360 30 730 30 690
75 ans ou plus 24 490 29 180 29 160
  • Lecture : en 2018, les personnes de 40 à 49 ans ont un niveau de vie moyen de 25 050 euros par an. En incluant les loyers imputés bruts, leur niveau de vie moyen est de 27 780 euros par an.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2018.

Figure 3 – Niveau de vie moyen incluant les loyers imputés selon l’âge en 2018

  • Lecture : en 2018, les personnes de 40 à 49 ans ont un niveau de vie moyen de 25 050 euros par an. En incluant les loyers imputés bruts, leur niveau de vie moyen est de 27 780 euros par an.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2018.

Figure 4 – Taux de pauvreté incluant les loyers imputés selon l’âge en 2018

en %
Figure 4 – Taux de pauvreté incluant les loyers imputés selon l’âge en 2018 (en %) - Lecture : en 2018, 13,3 % des personnes de 30 à 39 ans sont pauvres. En incluant les loyers imputés nets d'intérêts d'emprunt, 16,7 % de ces personnes le sont.
Taux de pauvreté Taux de pauvreté incluant les loyers imputés bruts Taux de pauvreté incluant les loyers imputés nets d'intérêts d'emprunt
18 à 29 ans 19,7 23,8 23,1
30 à 39 ans 13,3 17,1 16,7
40 à 49 ans 14,1 16,8 16,4
50 à 64 ans 12,1 13,6 13,0
65 à 69 ans 9,5 10,5 10,0
70 à 74 ans 7,3 8,0 7,2
75 ans ou plus 8,7 7,4 6,7
Ensemble des 18 ans ou plus 13,0 15,1 14,6
Ensemble 14,8 17,4 16,8
  • Lecture : en 2018, 13,3 % des personnes de 30 à 39 ans sont pauvres. En incluant les loyers imputés nets d'intérêts d'emprunt, 16,7 % de ces personnes le sont.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2018.

Figure 4 – Taux de pauvreté incluant les loyers imputés selon l’âge en 2018

  • Lecture : en 2018, 13,3 % des personnes de 30 à 39 ans sont pauvres. En incluant les loyers imputés nets d'intérêts d'emprunt, 16,7 % de ces personnes le sont.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2018.

Les personnes seules et les couples sans enfant bénéficient le plus des loyers imputés nets : + 14,7 % sur le niveau de vie moyen pour les premières et + 12,3 % pour les seconds, contre + 8,4 % pour les familles monoparentales (figure 5).

 

Figure 5 – Niveau de vie incluant les loyers imputés et statut d'occupation du logement selon le type de ménage en 2018

en %
Figure 5 – Niveau de vie incluant les loyers imputés et statut d'occupation du logement selon le type de ménage en 2018 (en %) - Lecture : en 2018, les personnes seules ont un niveau de vie moyen de 22 390 euros par an. Leur niveau de vie moyen augmente de 14,7 % en incluant les loyers imputés nets des intérêts d'emprunt. 40,6 % des ménages composés d’une seule personne sont propriétaires et n'ont plus de charges de remboursement d'emprunt.
Niveau de vie moyen (en euros) Augmentation du niveau de vie Part de ménages 1
en incluant les loyers imputés bruts en incluant les loyers imputés nets d'intérêts d'emprunt propriétaires (et logés gratuitement) sans charge de remboursement accédants à la propriété
Personne seule 22 390 15,8 14,7 40,6 8,8
Famille monoparentale 17 560 10,0 8,4 21,1 16,7
Couple sans enfant 29 290 13,1 12,3 63,4 11,4
Couple avec enfant 25 080 10,7 8,7 29,0 41,1
Ménage complexe 21 530 8,6 7,8 33,6 13,1
Ensemble 24 650 12,0 10,6 41,5 18,5
  • 1. Les parts de ménages propriétaires de leur résidence principale ne sont pas comparables aux données de la fiche 2.11 portant sur des parts de ménages propriétaires et provenant d’une autre source.
  • Lecture : en 2018, les personnes seules ont un niveau de vie moyen de 22 390 euros par an. Leur niveau de vie moyen augmente de 14,7 % en incluant les loyers imputés nets des intérêts d'emprunt. 40,6 % des ménages composés d’une seule personne sont propriétaires et n'ont plus de charges de remboursement d'emprunt.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré au fisc est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2018.

Définitions


Le loyer imputé brut est l’équivalent monétaire de l’avantage que procure au ménage la propriété de sa résidence principale, net de la taxe foncière.


Le loyer imputé net est le loyer imputé brut dont on a déduit pour les ménages accédants à la propriété les intérêts sur les emprunts destinés à l’achat de la résidence principale. Le remboursement du principal, lui, n’est pas déduit, car il ne vient pas diminuer le revenu du ménage, mais correspond à une épargne qu’il dégage sur la période, qui réduit d’autant son endettement.


Le revenu disponible comprend les revenus d’activité nets des cotisations sociales, les indemnités de chômage, les retraites et pensions, les revenus du patrimoine (fonciers et financiers) et les autres prestations sociales perçues, nets des impôts directs (impôt sur le revenu, taxe d’habitation, contribution sociale généralisée – CSG –, contribution à la réduction de la dette sociale – CRDS – et prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine).


Un ménage accédant à la propriété est un ménage propriétaire qui a encore des emprunts à rembourser pour l’achat de sa résidence principale. On qualifie d’acquéreur récent une personne ayant acquis sa résidence principale au cours des cinq dernières années.


Le niveau de vie est le revenu disponible du ménage rapporté au nombre d’unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour toutes les personnes d’un même ménage.


Si on ordonne une distribution de niveaux de vie, les déciles sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties égales. Ainsi, le premier décile (noté D1) est le niveau de vie au-dessous duquel se situent les 10 % des personnes les plus modestes ; le neuvième décile (noté D9) est le niveau de vie au-dessous duquel se situent 90 % des individus. Les individus ainsi classés appartiennent à des dixièmes de niveau de vie : les 10 % les plus modestes constituent le premier dixième.


Le rapport interdécile (D9/D1) met en évidence l’écart entre le revenu (ou le niveau de vie) plancher des 10 % des ménages les plus aisés et le revenu plafond des 10 % des ménages les plus modestes.


L’indice de Gini permet de rendre compte du niveau d’inégalités. Il varie entre 0 et 1. Il est égal à 0 dans une situation d’égalité parfaite où tous les niveaux de vie seraient égaux. À l’autre extrême, il est égal à 1 dans la situation la plus inégalitaire possible, celle où tous les niveaux de vie sauf un seraient nuls. Entre 0 et 1, l’inégalité est d’autant plus forte que l’indice de Gini est élevé.

Pour en savoir plus

« Des ménages médians plus souvent propriétaires de leur résidence principale qu’il y a vingt ans », in France, portrait social, coll. « Insee Références », édition 2017.

Définitions