Revenus et patrimoine des ménagesÉdition 2021

L'Insee présente avec Revenus et patrimoine des ménages les principaux indicateurs et des analyses sur les inégalités monétaires, la pauvreté et le patrimoine des ménages.

Insee Références
Paru le : Paru le 27/05/2021
Les revenus et le patrimoine des ménages - Mai 2021
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Revenu disponible des ménages

Insee Références

Paru le : 27/05/2021

En 2018, en France métropolitaine, la moitié des ménages dispose d’un revenu disponible inférieur à 30 620 euros, soit un revenu disponible médian de 2 552 euros par mois, l’autre moitié disposant d’un revenu disponible supérieur (figure 1). Les 10 % de ménages les plus modestes ont un revenu disponible inférieur à 13 820 euros (1er décile, D1), soit 1 152 euros par mois. Le revenu disponible annuel moyen de ces ménages est de 10 030 euros, soit 836 euros par mois. Les 10 % des ménages les plus aisés ont un revenu disponible supérieur à 65 250 euros (9e décile, D9), soit 5 438 euros par mois. Le revenu disponible moyen de ces personnes est de 102 880 euros, soit 8 573 euros par mois. Au milieu de la distribution, 20 % des ménages ont un revenu disponible mensuel compris entre 2 147 (4e décile) et 3 013 euros (6e décile). Le revenu disponible moyen de l’ensemble de la population est de 37 670 euros, soit 3 139 euros par mois.

Figure 1 – Revenu disponible par ménage selon la tranche de revenu en 2018

Figure 1 – Revenu disponible par ménage selon la tranche de revenu en 2018 - Lecture : en 2018, les 10 % des ménages dont le revenu disponible est compris entre 17 820 euros (D2) et 21 670 euros (D3) ont un revenu annuel disponible moyen de 19 730 euros. Ils comptent en moyenne 1,21 unité de consommation.
Limite supérieure de tranche de revenu (décile, en euros par an) Revenu annuel moyen (en euros par an) Nombre d'unités de consommation moyen par ménage
Inférieur à D1 13 820 10 030 1,10
D1 à D2 17 820 15 910 1,15
D2 à D3 21 670 19 730 1,21
D3 à D4 25 760 23 680 1,34
D4 à D5 30 620 28 150 1,46
D5 à D6 36 160 33 320 1,59
D6 à D7 42 480 39 260 1,69
D7 à D8 50 840 46 450 1,82
D8 à D9 65 250 57 230 1,90
Supérieur à D9 /// 102 880 1,97
Ensemble /// 37 670 1,52
  • /// : absence de résultat due à la nature des choses.
  • Note : D1 à D9 sont les déciles de la distribution de revenus disponibles ; D5 est la médiane.
  • Lecture : en 2018, les 10 % des ménages dont le revenu disponible est compris entre 17 820 euros (D2) et 21 670 euros (D3) ont un revenu annuel disponible moyen de 19 730 euros. Ils comptent en moyenne 1,21 unité de consommation.
  • Champ : France métropolitaine, ménages dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2018.

Avant transferts (impôts directs et prestations sociales non contributives), les 1er et 9e déciles de revenu mensuel s’établissent respectivement à 841 euros et 6 466 euros. Le revenu disponible des 10 % des ménages les plus modestes est supérieur à leur revenu avant transferts grâce à l’ensemble des prestations sociales ; c’est le contraire pour les 10 % des ménages les plus aisés, du fait des prélèvements. Le rapport interdécile D9/D1 du revenu avant transferts est de 7,69 ; les transferts le ramènent à 4,72 (figure 2).

Figure 2 – Indicateurs sur le revenu disponible des ménages de 1996 à 2018

Figure 2 – Indicateurs sur le revenu disponible des ménages de 1996 à 2018 - Lecture : en 2018, les 20 % des ménages les plus modestes disposent de 6,9 % de la somme des revenus disponibles (S20), les 20 % les plus aisés de 42,5 % (complément à 100 de S80), soit 6,16 fois plus.
1996 1999 2002 2005 2008 2011 2014 2017 2018
Revenu disponible (en euros 2018)
Moyenne 33 340 34 810 36 860 36 600 38 120 38 390 37 140 37 400 37 670
1er décile (D1) 13 050 13 370 14 120 13 940 14 300 14 010 14 100 14 050 13 820
Médiane (D5) 28 600 29 470 31 180 30 660 31 530 31 180 30 850 31 090 30 620
9e décile (D9) 57 260 60 120 63 190 62 410 64 810 66 910 64 740 65 020 65 250
Rapport interdécile D9/D1 4,39 4,50 4,48 4,48 4,53 4,78 4,59 4,63 4,72
Masses de revenu disponible détenues
S20 (en %) 7,4 7,3 7,3 7,1 7,1 6,8 7,1 7,0 6,9
S40 (en %) 19,9 19,6 19,4 19,2 18,9 18,4 18,9 18,8 18,4
S50 (en %) 27,9 27,4 27,2 26,9 26,6 25,8 26,6 26,4 25,9
S80 (en %) 60,3 59,5 59,2 58,8 58,2 57,3 58,5 58,5 57,5
S90 (en %) 75,5 74,7 74,2 73,8 73,1 72,5 73,8 73,8 72,7
(100-S80)/S20 5,36 5,55 5,59 5,80 5,89 6,28 5,85 5,93 6,16
(100-S90)/S40 (indice de Palma) 1,23 1,29 1,33 1,36 1,42 1,49 1,39 1,39 1,48
(100-S90)/S50 0,88 0,92 0,95 0,97 1,01 1,07 0,98 0,99 1,05
Indice de Gini 0,323 0,332 0,335 0,341 0,347 0,359 0,345 0,346 0,357
  • Note : pour permettre une comparaison temporelle, les indicateurs de niveau de vie et d’inégalité ont été rétropolés de 1996 à 2011.
  • Lecture : en 2018, les 20 % des ménages les plus modestes disposent de 6,9 % de la somme des revenus disponibles (S20), les 20 % les plus aisés de 42,5 % (complément à 100 de S80), soit 6,16 fois plus.
  • Champ : France métropolitaine, ménages dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées 1996-2004 ; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005-2018.

En 2018, le revenu disponible médian diminue de 1,5 % en euros constants, c’est‑à‑dire en corrigeant de l’évolution de l’indice des prix à la consommation. Il rompt ainsi sa lente progression entre 2013 et 2017 (+ 0,3 % par an en moyenne) qui suit une période de baisse constante d’après‑crise, entre 2009 et 2013 (– 0,7 % par an en moyenne). En 2018, il reste inférieur à son niveau d’avant‑crise dix ans auparavant. Avant 2008, il augmentait de façon quasi continue (+ 0,8 % par an en moyenne entre 1996 et 2008).

En 2018, la moitié des ménages ayant les revenus disponibles les plus faibles perçoit un quart de l’ensemble des revenus disponibles (25,9 %). Les 20 % les plus aisés en perçoivent 42,5 %, soit 6,2 fois plus que les revenus détenus par les 20 % les plus modestes, en hausse par rapport à 2017.

Un autre indicateur d’inégalité est l’indice de Gini. Il se situe en deçà de 0,325 de 1996 à 1998 et dépasse 0,330 en 1999. Il continue d’augmenter puis dépasse 0,340 à partir de 2005 pour atteindre son maximum en 2011 à 0,359, avant de baisser en 2012 et 2013, d’être relativement stable jusqu’en 2017 autour de 0,345, puis d’augmenter en 2018 à 0,357 (figure 3). Depuis 1996, le rapport entre la somme des revenus disponibles détenue par les 20 % les plus aisés et celle des 20 % les plus modestes (le ratio (100‑S80)/S20)) suit les mêmes évolutions. Il atteint un point haut en 2011 à 6,28. Comme l’indice de Gini, il repart à la hausse, en particulier en 2018 où il vaut 6,16.

Figure 3 – Indicateurs d’inégalités de revenu disponible depuis 1996

Figure 3 – Indicateurs d’inégalités de revenu disponible depuis 1996 - Lecture : en 2018, l’indice de Gini est de 0,357.
Rapport interdécile D9/D1 Ratio (100-S80)/S20 Indice de Gini
1996 4,39 5,36 0,323
1997 4,42 5,38 0,324
1998 4,44 5,38 0,324
1999 4,50 5,55 0,332
2000 4,53 5,60 0,335
2001 4,44 5,58 0,334
2002 4,48 5,59 0,335
2003 4,43 5,59 0,335
2004 4,44 5,63 0,338
2005 4,48 5,80 0,341
2006 4,50 5,86 0,345
2007 4,53 5,85 0,345
2008 4,53 5,89 0,347
2009 4,54 5,96 0,347
2010 4,72 6,14 0,355
2011 4,78 6,28 0,359
2012 4,70 6,14 0,355
2013 4,59 5,75 0,344
2014 4,59 5,85 0,345
2015 4,64 5,87 0,348
2016 4,59 5,85 0,344
2017 4,63 5,93 0,346
2018 4,72 6,16 0,357
  • Lecture : en 2018, l’indice de Gini est de 0,357.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées 1996-2004 ; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005-2018.

Figure 3 – Indicateurs d’inégalités de revenu disponible depuis 1996

  • Lecture : en 2018, l’indice de Gini est de 0,357.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées 1996-2004 ; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005-2018.

Figure 4 – Répartition des revenus disponibles des ménages en 2018

Figure 4 – Répartition des revenus disponibles des ménages en 2018
Les données détaillées sont disponibles dans le fichier à télécharger.

Figure 4 – Répartition des revenus disponibles des ménages en 2018

  • Lecture : en 2018, 50 % des ménages ont un revenu disponible annuel inférieur à 30 620 euros.
  • Champ : France métropolitaine, ménages dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2018.

Une partie des inégalités de revenus observées est liée à des différences de taille des ménages : le nombre moyen d’unités de consommation (UC) par ménage croît à mesure que le revenu disponible augmente (figure 1).

Définitions


Le revenu disponible comprend les revenus d’activité nets des cotisations sociales, les indemnités de chômage, les retraites et pensions, les revenus du patrimoine (fonciers et financiers) et les autres prestations sociales perçues, nets des impôts directs (impôt sur le revenu, taxe d’habitation, contribution sociale généralisée – CSG –, contribution à la réduction de la dette sociale – CRDS – et prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine).


Les prestations sociales non contributives correspondent aux prestations familiales, allocations logement, prime d'activité et minima sociaux.


Si on ordonne une distribution de niveaux de vie, les déciles sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties égales. Ainsi, le premier décile (noté D1) est le niveau de vie au-dessous duquel se situent les 10 % des personnes les plus modestes ; le neuvième décile (noté D9) est le niveau de vie au-dessous duquel se situent 90 % des individus. Les individus ainsi classés appartiennent à des dixièmes de niveau de vie : les 10 % les plus modestes constituent le premier dixième.


Le rapport interdécile (D9/D1) met en évidence l’écart entre le revenu (ou le niveau de vie) plancher des 10 % des ménages les plus aisés et le revenu plafond des 10 % des ménages les plus modestes.


L’indice de Gini permet de rendre compte du niveau d’inégalités. Il varie entre 0 et 1. Il est égal à 0 dans une situation d’égalité parfaite où tous les niveaux de vie seraient égaux. À l’autre extrême, il est égal à 1 dans la situation la plus inégalitaire possible, celle où tous les niveaux de vie sauf un seraient nuls. Entre 0 et 1, l’inégalité est d’autant plus forte que l’indice de Gini est élevé.


Le ratio (100 S80)/S20 rapporte la masse des revenus détenue par les 20 % d’individus les plus aisés à celle détenue par les 20 % des personnes les plus modestes.


Les unités de consommation sont calculées selon l’échelle d’équivalence dite « de l’OCDE modifiée » qui attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans.

Pour en savoir plus

« En 2018, les inégalités de niveau de vie augmentent », Insee Première n° 1813, septembre 2020.

Définitions