Revenus et patrimoine des ménagesÉdition 2021

L'Insee présente avec Revenus et patrimoine des ménages les principaux indicateurs et des analyses sur les inégalités monétaires, la pauvreté et le patrimoine des ménages.

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Paru le : Paru le 27/05/2021
Les revenus et le patrimoine des ménages - Mai 2021
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Revenu des ménages en comptabilité nationale

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Paru le : 27/05/2021

Au niveau de la Nation, la masse des ressources disponibles de l’ensemble des ménages est mesurée par le revenu disponible brut (RDB) des ménages. Ce dernier prend en compte l’ensemble des revenus d’activité et de la propriété (le revenu primaire des ménages), duquel sont soustraits les prélèvements (impôts et cotisations) et auquel s’ajoutent les prestations sociales.

En 2019, les revenus primaires progressent de 1,0 %, à un rythme nettement moins soutenu qu’en 2018 (+ 3,0 %) et 2017 (+ 2,7 %) (figure 1). La rémunération totale des salariés (qui inclut, en plus des salaires nets, les cotisations versées par les employeurs et les salariés) augmente de 0,9 % en 2019, un rythme plus modéré qu’en 2018 (+ 2,7 %) et 2017 (+ 3,1 %). Si les salaires et traitements bruts sont restés dynamiques (+ 2,9 % en 2019, après + 2,8 % en 2018 et + 3,3 % en 2017), les cotisations versées par les employeurs ont fortement diminué (– 4,6 %) à la suite de la transformation du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en allégements de cotisations sociales. Les cotisations salariales n’ont pas augmenté malgré la hausse des salaires et traitements bruts en raison de la suppression des cotisations salariales au régime de l’assurance chômage intervenue en octobre 2018. Les revenus de la propriété continuent d’augmenter (+ 3,9 %, après + 12,8 % en 2018), en raison de la progression des dividendes versés.

Figure 1 – Du revenu primaire au revenu disponible des ménages

Figure 1 – Du revenu primaire au revenu disponible des ménages - Lecture : l'évolution de la rémunération des salariés est de 0,9 % entre 2018 et 2019.
Évolution annuelle en euros courants (en %) Montant (en milliards d'euros)
2016/2017 2017/2018 2018/2019 2018 2019
Rémunération des salariés 3,1 2,7 0,9 1 252,8 1 264,3
Salaires et traitements bruts 3,3 2,8 2,9 919,8 946,6
Salaires et traitements nets 3,3 4,8 3,3 802,8 829,7
Cotisations des salariés 3,8 – 9,3 0,0 116,9 117,0
Cotisations des employeurs 2,6 2,4 – 4,6 333,1 317,7
Excédent brut d'exploitation1 2,2 2,1 0,0 187,7 187,7
Revenu mixte2 1,8 1,0 0,8 123,5 124,4
Revenus de la propriété reçus diminués des revenus versés3 – 1,6 12,8 3,9 86,2 89,5
Solde des revenus primaires (a) 2,7 3,0 1,0 1 650,2 1 665,9
Prestations sociales reçues en espèces (b) 1,6 2,0 3,1 504,5 520,3
Cotisations sociales (c) 2,7 – 1,1 – 2,8 478,6 465,2
Cotisations des employeurs 2,6 2,4 – 4,6 333,1 317,7
Cotisations des salariés 3,8 – 9,3 0,0 116,9 117,0
Cotisations des non–salariés – 0,1 – 4,4 6,5 28,7 30,5
Impôts sur le revenu et le patrimoine4 (d) 2,5 9,6 0,3 248,4 249,2
Solde des autres transferts courants (reçus moins versés)5 (e) – 293,4 6,1 – 2,6 2,0 2,0
Revenu disponible brut (a+b–c–d+e) 2,6 3,0 3,1 1 429,7 1 473,7
  • 1. Excédent net de taxe foncière principalement tiré de la location de logements, y compris les loyers imputés aux propriétaires occupant leur propre logement.
  • 2. Revenus issus de la production des entrepreneurs individuels.
  • 3. Intérêts, dividendes, revenus des placements en assurance-vie.
  • 4. Principalement impôt sur le revenu (IR), contribution sociale généralisée (CSG), contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), taxe d'habitation, impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et impôt sur la fortune immobilière (IFI).
  • 5. Notamment primes et indemnités d'assurance. S'agissant de montants très faibles (proches de zéro), les évolutions peuvent être importantes.
  • Lecture : l'évolution de la rémunération des salariés est de 0,9 % entre 2018 et 2019.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Comptes nationaux, base 2014.

Les prestations sociales reçues par les ménages progressent fortement en 2019 (+ 3,1 %), en raison notamment de la revalorisation et de l’élargissement de la prime d’activité. Après avoir particulièrement augmenté en 2018 (+ 9,6 %) du fait de la bascule des cotisations salariales vers la CSG, les impôts courants sur le revenu et le patrimoine ralentissent (+ 0,3 % en 2019). En définitive, le revenu disponible brut des ménages s’accroît de 3,1 % en 2019, à un rythme proche de celui des années précédentes (+ 3,0 % en 2018 et + 2,6 % en 2017).

Le pouvoir d’achat du RDB obtenu en tenant compte de l’augmentation des prix à la consommation accélère (+ 2,1 %) après deux années de croissance plus modérée (+ 1,3 % en 2018 et + 1,7 % en 2017) (figure 2). Cet indicateur global ne reflète toutefois pas l’évolution individuelle moyenne : rapporté au nombre d’unités de consommation (UC), pour tenir compte de l’évolution du nombre et de la composition des ménages, le pouvoir d’achat par unité de consommation progresse de 1,5 % en 2019, après + 0,7 % et + 1,1 %. Cette progression peut toutefois différer de la perception qu’ont les ménages de l’évolution de leur niveau de vie. Le pouvoir d’achat arbitrable par UC est calculé en déduisant du revenu certaines dépenses de consommation dites « pré‑engagées », difficilement renégociables à court terme par les ménages (logement, assurances, services financiers, télécommunications, etc.) : celui‑ci augmente de 1,7 % en 2019, davantage que le pouvoir d’achat du RDB par UC, car les dépenses pré‑engagées ont progressé moins vite que les revenus.

Figure 2 – Du revenu disponible des ménages au pouvoir d'achat

Figure 2 – Du revenu disponible des ménages au pouvoir d'achat - Lecture : l'évolution du revenu disponible brut des ménages est de 3,1 % entre 2018 et 2019.
Évolution annuelle en euros courants (en %) Montant (en milliards d'euros)
2016/2017 2017/2018 2018/2019 2018 2019
Prix des dépenses de consommation finale des ménages 0,8 1,7 0,9 /// ///
Revenu disponible brut 2,6 3,0 3,1 1 429,7 1 473,7
Pouvoir d'achat 1,7 1,3 2,1 /// ///
Pouvoir d'achat par unité de consommation 1,1 0,7 1,5 /// ///
Revenu arbitrable 2,9 3,2 3,5 1 014,3 1 049,6
Pouvoir d'achat arbitrable 1,9 1,2 2,4 /// ///
Pouvoir d'achat arbitrable par unité de consommation 1,3 0,6 1,7 /// ///
  • /// : grandeurs non monétaires.
  • Lecture : l'évolution du revenu disponible brut des ménages est de 3,1 % entre 2018 et 2019.
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Comptes nationaux, base 2014.

Depuis 1960, le pouvoir d’achat du RDB a été multiplié par 4,8 (figure 3). Une partie de cette hausse est liée à l’augmentation de la population et à l’évolution de la composition des ménages. Rapporté au nombre d’UC, le pouvoir d’achat du RDB a été multiplié par 2,9 par rapport à 1960. L’augmentation du pouvoir d’achat du revenu arbitrable par UC a été un peu moins rapide : celui‑ci a été multiplié par 2,7 depuis 1960.

Figure 3 – Évolution du pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) et du revenu arbitrable

indice base 100 en 1960
Figure 3 – Évolution du pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) et du revenu arbitrable (indice base 100 en 1960)
Revenu disponible brut (en milliards d’euros) Dépenses pré-engagées (en milliards d’euros) Revenu arbitrable (en milliards d’euros) Évolution du prix de la dépense de consommation finale des ménages(en %) Évolution du prix de la dépense de consommation finale des ménages non pré-engagée (en %) Nombre d’UC (en millions) Pouvoir d’achat du RDB (base 100 en 1960) Pouvoir d’achat du RDB par UC (base 100 en 1960) Pouvoir d’achat du revenu arbitrable (base 100 en 1960) Pouvoir d’achat du revenu arbitrable par UC (base 100 en 1960)
1960 31,3 3,9 27,4 3,169 2,607 27,94 100,00 100,00 100,00 100,00
1961 33,8 4,4 29,4 2,942 2,501 28,26 104,82 103,63 104,70 103,52
1962 38,8 5,1 33,7 4,235 3,831 28,81 115,47 111,99 115,68 112,19
1963 43,3 6,0 37,3 4,797 4,285 29,34 123,00 117,14 122,81 116,96
1964 47,1 6,7 40,4 3,275 2,764 29,66 129,47 121,94 129,34 121,81
1965 50,6 7,6 43,0 2,610 1,771 29,97 135,58 126,41 135,44 126,28
1966 54,7 8,5 46,2 2,985 2,313 30,25 142,27 131,40 142,16 131,30
1967 59,5 9,7 49,8 3,095 2,074 30,54 150,18 137,41 149,98 137,22
1968 65,4 11,2 54,1 5,027 4,409 30,82 157,06 142,36 156,27 141,64
1969 73,3 13,4 59,9 7,081 6,608 31,16 164,55 147,56 162,18 145,43
1970 82,6 15,3 67,3 4,982 4,407 31,53 176,50 156,38 174,48 154,59
1971 92,0 17,2 74,7 5,637 5,217 31,92 186,05 162,83 184,12 161,14
1972 102,8 19,1 83,7 5,876 5,933 32,30 196,54 170,02 194,77 168,49
1973 116,9 22,1 94,8 7,264 7,023 32,66 208,22 178,14 206,02 176,26
1974 138,0 27,1 110,9 14,425 14,577 32,98 214,81 181,98 210,35 178,20
1975 158,8 30,2 128,6 11,647 11,757 33,26 221,44 186,01 218,34 183,41
1976 178,4 35,4 143,0 9,607 8,913 33,53 226,92 189,08 222,84 185,68
1977 200,2 40,1 160,1 9,329 9,353 33,82 233,00 192,51 228,20 188,54
1978 230,4 46,0 184,4 8,694 8,549 34,10 246,69 202,11 242,07 198,32
1979 257,3 53,8 203,5 10,917 10,485 34,38 248,39 201,83 241,83 196,50
1980 291,9 64,4 227,5 13,074 12,333 34,68 249,17 200,75 240,69 193,91
1981 336,7 76,2 260,5 13,652 12,753 34,98 252,90 202,01 244,42 195,25
1982 385,3 87,3 298,0 11,782 11,455 35,28 258,94 205,05 250,89 198,67
1983 422,0 99,8 322,2 9,559 9,191 35,58 258,85 203,27 248,41 195,07
1984 450,6 112,8 337,8 7,902 7,309 35,87 256,15 199,54 242,70 189,06
1985 482,3 124,7 357,6 6,194 5,743 36,15 258,13 199,49 242,96 187,76
1986 509,2 130,7 378,5 2,661 2,913 36,44 265,47 203,55 249,89 191,61
1987 532,3 138,3 394,0 2,953 3,071 36,73 269,59 205,08 252,39 192,00
1988 564,8 147,1 417,7 2,666 2,167 37,02 278,59 210,26 261,87 197,64
1989 606,9 158,9 448,1 3,821 3,270 37,30 288,37 215,99 272,03 203,75
1990 648,9 169,2 479,8 2,853 2,674 37,58 299,78 222,88 283,67 210,91
1991 673,9 177,8 496,0 2,716 2,875 37,85 303,06 223,67 285,11 210,43
1992 706,7 188,0 518,7 2,540 1,947 38,13 309,95 227,13 292,44 214,29
1993 719,3 194,1 525,2 1,479 1,582 38,38 310,88 226,31 291,51 212,20
1994 729,9 196,7 533,3 0,914 1,453 38,62 312,62 226,14 291,73 211,03
1995 752,6 199,7 552,9 0,903 1,862 38,87 319,44 229,59 296,92 213,41
1996 772,4 209,6 562,8 1,558 1,433 39,11 322,80 230,62 297,99 212,89
1997 791,4 212,4 578,9 0,780 1,016 39,33 328,18 233,13 303,45 215,57
1998 818,8 219,5 599,3 0,183 0,115 39,54 338,96 239,49 313,77 221,69
1999 840,3 221,9 618,4 -0,543 0,108 39,81 349,74 245,45 323,43 226,99
2000 889,7 238,3 651,4 2,303 1,745 40,14 361,95 251,92 334,83 233,05
2001 936,4 253,1 683,3 1,931 1,605 40,49 373,73 257,91 345,68 238,55
2002 974,4 259,2 715,2 1,025 1,578 40,83 384,96 263,44 356,20 243,76
2003 998,9 271,2 727,7 1,645 1,418 41,15 388,26 263,61 357,34 242,61
2004 1 042,5 285,6 756,9 2,078 1,692 41,46 396,96 267,51 365,50 246,31
2005 1 076,2 301,8 774,4 1,812 1,062 41,75 402,49 269,37 370,04 247,65
2006 1 131,2 320,1 811,0 2,111 1,236 42,07 414,30 275,16 382,80 254,23
2007 1 191,8 338,9 852,9 2,126 1,136 42,44 427,44 281,40 398,04 262,05
2008 1 231,3 357,1 874,2 2,789 2,612 42,79 429,62 280,50 397,61 259,60
2009 1 232,9 356,2 876,8 -1,573 -1,668 43,13 437,06 283,15 405,52 262,72
2010 1 267,1 363,4 903,7 1,167 1,529 43,45 444,00 285,50 411,69 264,73
2011 1 291,9 369,3 922,6 1,828 2,068 43,76 444,56 283,86 411,79 262,93
2012 1 304,9 378,3 926,5 1,405 1,976 44,06 442,80 280,79 405,53 257,16
2013 1 298,0 386,7 911,4 0,643 0,906 44,36 437,66 275,62 395,31 248,95
2014 1 315,1 386,9 928,2 0,105 -0,191 44,65 442,95 277,18 403,37 252,42
2015 1 329,7 393,8 935,9 0,263 -0,032 44,90 446,70 277,94 406,87 253,16
2016 1 353,5 397,7 955,8 0,229 0,176 45,16 453,66 280,68 414,78 256,63
2017 1 388,1 404,9 983,2 0,805 0,933 45,43 461,52 283,85 422,71 259,98
2018 1 429,7 415,3 1 014,3 1,694 1,976 45,70 467,43 285,79 427,65 261,47
2019 1 473,7 424,1 1 049,6 0,918 1,093 45,97 477,44 290,16 437,74 266,04
  • Champ : France.
  • Source : Insee, Comptes nationaux, base 2014.

Figure 3 – Évolution du pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) et du revenu arbitrable

  • Champ : France.
  • Source : Insee, Comptes nationaux, base 2014.

Depuis 2010, le pouvoir d’achat du RDB a augmenté de 7,5 %. Rapporté au nombre d’UC, le pouvoir d’achat du RDB a augmenté plus modérément : il est, en 2019, 1,6 % au‑dessus de son niveau de 2010. Enfin le pouvoir d’achat du revenu arbitrable par UC a quasiment stagné depuis 2010 (+ 0,5 %).

Définitions


Le revenu disponible brut (RDB, comptabilité nationale) est le revenu qui reste à la disposition des ménages pour la consommation et l’épargne, une fois déduits les prélèvements fiscaux et sociaux. Le RDB diffère du revenu disponible évalué à partir des enquêtes auprès des ménages. Voir Sources et méthodes.


Le revenu arbitrable (comptabilité nationale) est le revenu disponible brut après déduction des dépenses de consommation dites « pré‑engagées » telles que logement, services de télécommunications, frais de cantine, service de télévision, assurances et services financiers. Le pouvoir d’achat du revenu arbitrable est calculé en utilisant comme déflateur le prix des seules dépenses de consommation non « pré‑engagées ».


Les unités de consommation (UC) sont calculées selon l’échelle d’équivalence dite « de l’OCDE modifiée » qui attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans.

Pour en savoir plus

« Les comptes de la Nation en 2019 », Insee Première n° 1802, mai 2020.

Définitions