Emploi, chômage, revenus du travailÉdition 2020

L’Insee et la Dares présentent dans cette cinquième édition de l’Insee Références Emploi, chômage, revenus du travail un ensemble d’analyses et d’indicateurs portant sur le marché du travail.

Insee Références
Paru le : Paru le 02/07/2020
Emploi, chômage, revenus du travail - Juillet 2020
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Salaire minimum de croissance

Insee Références

Paru le : 02/07/2020

En 2019, comme chaque année depuis 2013, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) horaire brut a été revalorisé le 1er janvier sans réajustement en cours d’année lié au mécanisme de revalorisation anticipée en cas de forte inflation. Après une hausse de 1,24 % un an plus tôt, le relèvement du 1er janvier 2019 a porté le Smic horaire brut de 9,88 à 10,03 euros (+ 1,52 %). Au 1er janvier 2020, le Smic horaire a augmenté de 1,20 %, à 10,15 euros. Parmi les salariés du secteur privé entrant dans le champ couvert par les enquêtes sur l’activité et les conditions d’emploi de la main‑d’œuvre (Acemo), 2,32 millions de salariés (hors apprentis et intérimaires) ont bénéficié directement de l’augmentation du Smic en janvier 2019, soit 13,4 % des salariés du champ étudié (figure 1). Cette proportion est en hausse de 1,9 point par rapport à celle de janvier 2018 (11,5 %).

Figure 1 - Part des salariés concernés par les relèvements du Smic ou de la GMR de 1990 à 2019

en %
Figure 1 - Part des salariés concernés par les relèvements du Smic ou de la GMR de 1990 à 2019 (en %)
Part des salariés
1987 11,1
1988 9,7
1989 10,5
1990 10,9
1991 8,6
1992 8,6
1993 8,1
1994 8,2
1995 11,2
1996 10,7
1997 14,1
1998 12,6
1999 12,8
2000 13,6
2001 13,9
2002 14,0
2003 14,1
2004 15,3
2005 16,3
2006 15,1
2007 12,9
2008 13,9
2009 10,6
20101 9,8
déc. 2011 10,6
2012 11,1
2013 12,3
2014 10,8
2015 11,1
2016 10,5
2017 10,6
2018 11,5
2019 13,4
  • GMR : garantie mensuelle de rémunération.
  • 1. À partir de 2010, la revalorisation du Smic s'effectue le 1er janvier, au lieu du 1er juillet. En 2012, du fait de la revalorisation anticipée du Smic intervenue le 1er décembre 2011, il a été décidé de collecter l’information sur le nombre de salariés concernés par la revalorisation à cette date, et non au 1er janvier 2012.
  • Note : les évolutions doivent être analysées avec précaution, du fait des modifications successives apportées au dispositif de mesure. La période 2003-2005 a notamment fait l’objet d’un dispositif d’observation spécifique.
  • Champ à partir de 2018 : France hors Mayotte, ensemble des salariés hors apprentis, stagiaires et intérimaires ; ensemble des secteurs hors agriculture, administration, activités des ménages, activités extraterritoriales. Jusqu'en 2017 : France métropolitaine, champ salariés et secteurs identiques mais hors syndicats de copropriété, associations loi 1901 de l'action sociale.
  • Source : Dares, enquêtes Acemo.

Figure 1 - Part des salariés concernés par les relèvements du Smic ou de la GMR de 1990 à 2019

  • GMR : garantie mensuelle de rémunération.
  • 1. À partir de 2010, la revalorisation du Smic s'effectue le 1er janvier, au lieu du 1er juillet. En 2012, du fait de la revalorisation anticipée du Smic intervenue le 1er décembre 2011, il a été décidé de collecter l’information sur le nombre de salariés concernés par la revalorisation à cette date, et non au 1er janvier 2012.
  • Note : les évolutions doivent être analysées avec précaution, du fait des modifications successives apportées au dispositif de mesure. La période 2003-2005 a notamment fait l’objet d’un dispositif d’observation spécifique.
  • Champ à partir de 2018 : France hors Mayotte, ensemble des salariés hors apprentis, stagiaires et intérimaires ; ensemble des secteurs hors agriculture, administration, activités des ménages, activités extraterritoriales. Jusqu'en 2017 : France métropolitaine, champ salariés et secteurs identiques mais hors syndicats de copropriété, associations loi 1901 de l'action sociale.
  • Source : Dares, enquêtes Acemo.

Dans les sociétés employeuses de 10 salariés ou plus, la part de salariés concernés par la hausse du Smic a atteint 10,1 % en janvier 2019, après 8,1 % un an plus tôt (figure 2). Chez les employeurs de moins de 10 salariés, qui emploient relativement plus d’ouvriers et d’employés, la part des salariés dont la rémunération est proche du Smic est nettement plus importante : 28,3 % des salariés y ont bénéficié de la revalorisation de janvier 2019, après 26,5 % un an auparavant. A l’issue de la revalorisation du Smic, 64 % des branches professionnelles se sont retrouvées non conformes au Smic du fait d’un premier niveau de grille salariale inférieur au Smic (après 58 % en 2018), notamment dans les activités de services où la proportion de bénéficiaires du Smic a en conséquence sensiblement augmenté. La proportion des salariés bénéficiaires de la revalorisation du Smic demeure particulièrement élevée dans l’hébergement-restauration (41,7 %, en hausse de 7,3 points par rapport à 2018). À l’inverse, elle est nettement plus faible dans l’industrie, les transports, l’information‑communication, les services financiers, ainsi que dans l’enseignement marchand.

Figure 2 - Part des salariés ayant bénéficié de la revalorisation du Smic au 1ᵉʳ janvier 2018 et 2019

en %
Figure 2 - Part des salariés ayant bénéficié de la revalorisation du Smic au 1ᵉʳ janvier 2018 et 2019 (en %) - Lecture : dans le secteur de l’industrie manufacturière, 6,6 % des salariés ont bénéficié de la revalorisation du Smic au 1er janvier 2019 ; 18,4 % des salariés à temps partiel ont été concernés.
Ensemble des salariés Salariés à temps partiel
1er janvier 2018 1er janvier 2019 1er janvier 2018 1er janvier 2019
Secteurs d'activité (Naf rév.2)
Industries extractives ns ns ns ns
Industrie manufacturière 5,5 6,6 13,0 18,4
Produc. et distrib. élec., gaz, vap. et air condit. 0,4 1,0 1,6 4,9
Gestion eau, déchets et dépollution 3,6 5,0 7,5 17,1
Construction 9,9 9,4 26,1 24,8
Commerce ; répar. automobile et motocycle 15,5 18,0 30,8 36,3
Transports et entreposage 6,7 6,5 13,1 9,6
Hébergement et restauration 34,4 41,7 58,5 66,8
Information et communication 2,5 2,8 8,6 8,8
Activités financières et d’assurance 2,9 3,4 7,1 9,1
Activités immobilières 11,4 12,3 25,2 28,5
Act. spécialisées, scientifiq. et techniq. 5,3 6,8 15,6 25,9
Activités de serv. administr. et de soutien 11,9 14,6 13,1 16,2
Enseignement (hors enseignement public) 5,2 6,2 6,4 8,2
Santé humaine et action sociale 15,5 21,1 25,1 33,6
Arts, spectacles et activités récréatives 13,7 15,3 17,5 21,8
Autres activités de services 23,5 22,6 34,5 33,9
Taille de la société ou de l'entreprise individuelle
De 1 à 9 salariés 26,5 28,3 37,7 42,4
10 salariés ou plus 8,1 10,1 20,2 25,2
Ensemble 11,5 13,4 24,9 29,8
  • ns : non significatif.
  • Lecture : dans le secteur de l’industrie manufacturière, 6,6 % des salariés ont bénéficié de la revalorisation du Smic au 1er janvier 2019 ; 18,4 % des salariés à temps partiel ont été concernés.
  • Champ : France hors Mayotte, ensemble des salariés hors apprentis, stagiaires et intérimaires ; ensemble des secteurs hors agriculture, administration, activités des ménages, activités extraterritoriales.
  • Source : Dares, enquêtes Acemo.

La part des salariés bénéficiaires de la revalorisation du Smic est par ailleurs importante parmi les salariés travaillant à temps partiel : 29,8 % d’entre eux ont bénéficié de la revalorisation du Smic en janvier 2019, soit + 4,9 points par rapport à celle de janvier 2018. Chez les employeurs de moins de 10 salariés, cette proportion a atteint 42,4 %.

Figure 3 - Évolution du Smic horaire brut, du salaire horaire de base et des prix entre 1990 et 2019

smic, prix et SHBO : indice base 100 en mars 1990 ; SHBOE : indice base 100 en juin 2017 recalé à la valeur de l'indice du SHBO de déc. 2008.
Figure 3 - Évolution du Smic horaire brut, du salaire horaire de base et des prix entre 1990 et 2019 (smic, prix et SHBO : indice base 100 en mars 1990 ; SHBOE : indice base 100 en juin 2017 recalé à la valeur de l'indice du SHBO de déc. 2008.)
Smic horaire brut Salaire horaire de base des ouvriers (SHBO) Salaire horaire de base des ouvriers et des employés (SHBOE) Prix (y compris tabac)1
1990 T1 100,000 100,000 100,000
T2 102,006 101,256 100,703
T3 104,580 102,146 102,110
T4 106,787 103,266 102,344
1991 T1 106,787 104,321 103,399
T2 106,787 105,706 104,220
T3 109,194 106,341 104,806
T4 109,194 107,186 105,392
1992 T1 111,367 108,550 106,447
T2 111,367 109,501 106,916
T3 113,874 110,209 107,151
T4 113,874 110,907 107,502
1993 T1 113,874 111,584 108,792
T2 113,874 111,754 109,026
T3 116,449 112,401 109,495
T4 116,449 112,803 109,730
1994 T1 116,449 113,327 110,433
T2 116,449 113,930 110,902
T3 118,890 114,466 111,254
T4 118,890 114,945 111,488
1995 T1 118,890 115,894 112,426
T2 118,890 116,708 112,778
T3 123,637 117,010 113,481
T4 123,637 117,434 113,716
1996 T1 123,637 118,260 115,123
T2 126,111 119,219 115,357
T3 126,746 119,599 115,240
T4 126,746 120,168 115,709
1997 T1 126,746 120,837 116,295
T2 126,746 121,752 116,412
T3 131,828 122,344 116,764
T4 131,828 122,611 116,998
1998 T1 131,828 123,158 117,233
T2 131,828 123,884 117,584
T3 134,470 124,363 117,233
T4 134,470 124,680 117,233
1999 T1 134,470 125,333 117,702
T2 134,470 125,827 117,936
T3 136,141 126,368 118,053
T4 136,141 126,719 118,757
2000 T1 136,141 127,356 119,460
T2 136,141 127,898 119,929
T3 140,488 128,742 120,633
T4 140,488 129,220 120,633
2001 T1 140,488 130,398 120,984
T2 140,488 131,099 122,391
T3 146,171 132,039 122,391
T4 146,171 132,548 122,274
2002 T1 146,171 133,647 123,563
T2 146,171 134,444 124,150
T3 149,788 135,272 124,618
T4 149,788 135,798 125,087
2003 T1 149,788 136,928 126,729
T2 149,788 137,677 126,611
T3 157,684 138,649 127,198
T4 157,684 139,063 127,784
2004 T1 157,684 140,209 128,839
T2 157,684 141,038 129,660
T3 166,895 142,232 129,894
T4 166,895 142,694 130,480
2005 T1 166,895 143,952 131,301
T2 166,895 144,765 131,887
T3 176,106 146,198 132,708
T4 176,106 146,867 132,473
2006 T1 176,106 148,110 133,282
T2 176,106 148,954 134,407
T3 181,369 150,164 134,337
T4 181,369 150,658 134,501
2007 T1 181,369 152,091 134,865
T2 181,369 152,999 136,025
T3 185,097 154,098 136,377
T4 185,097 154,608 137,983
2008 T1 185,097 156,249 139,155
T2 189,264 157,714 140,879
T3 191,019 158,781 140,445
T4 191,019 159,275 139,366
2009 T1 191,019 160,549 160,549 139,577
T2 191,019 161,186 161,186 140,187
T3 193,431 161,982 161,982 139,941
T4 193,431 162,301 162,301 140,633
2010 T1 194,308 163,416 163,416 141,781
T2 194,308 164,212 164,212 142,297
T3 194,308 164,690 164,690 142,121
T4 194,308 165,168 165,168 143,118
2011 T1 197,379 166,761 166,761 144,618
T2 197,379 167,716 167,716 145,310
T3 197,379 168,353 168,353 145,310
T4 201,546 168,831 168,831 146,647
2012 T1 202,204 170,424 170,424 147,948
T2 202,204 171,220 171,220 148,124
T3 206,151 172,017 172,017 148,077
T4 206,151 172,335 172,335 148,604
2013 T1 206,809 173,610 173,610 149,390
T2 206,809 174,406 174,406 149,495
T3 206,809 174,724 174,724 149,390
T4 206,809 175,043 175,043 149,636
2014 T1 209,002 176,158 176,158 150,293
T2 209,002 176,795 176,795 150,222
T3 209,002 177,273 177,273 149,824
T4 209,002 177,432 177,432 149,742
2015 T1 210,757 178,388 178,388 150,199
T2 210,757 179,025 179,025 150,609
T3 210,757 179,343 179,343 149,871
T4 210,757 179,662 179,662 150,000
2016 T1 212,073 180,458 180,458 149,970
T2 212,073 181,095 181,095 150,884
T3 212,073 181,414 181,414 150,449
T4 212,073 181,733 181,733 150,914
2017 T1 214,046 182,688 182,688 152,619
T2 214,046 183,325 183,325 152,845
T3 214,046 183,962 184,059 152,860
T4 214,046 184,122 184,242 153,645
2018 T1 216,678 185,396 185,527 157,807
T2 216,678 186,261 158,759
T3 216,678 186,811 159,051
T4 216,678 187,178 158,913
2019 T1 219,968 188,646 159,558
T2 219,968 189,380 160,617
T3 219,968 189,931 160,494
T4 219,968 190,298 161,232
  • 1. Il s'agit de l'indice mensuel des prix à la consommation, y compris tabac, pour l'ensemble des ménages.
  • Champ à partir de juin 2017 : France hors Mayotte, ensemble des salariés hors apprentis, stagiaires et intérimaires ; ensemble des secteurs hors agriculture, administration publique, activités des ménages, activités extraterritoriales. Jusqu'en mars 2017 : France métropolitaine, champ salariés et secteurs identiques mais hors syndicats de copropriété, associations loi 1901 de l'action sociale.
  • Source : Dares, enquêtes Acemo ; Insee.

Figure 3 - Évolution du Smic horaire brut, du salaire horaire de base et des prix entre 1990 et 2019

  • 1. Il s'agit de l'indice mensuel des prix à la consommation, y compris tabac, pour l'ensemble des ménages.
  • Champ à partir de juin 2017 : France hors Mayotte, ensemble des salariés hors apprentis, stagiaires et intérimaires ; ensemble des secteurs hors agriculture, administration publique, activités des ménages, activités extraterritoriales. Jusqu'en mars 2017 : France métropolitaine, champ salariés et secteurs identiques mais hors syndicats de copropriété, associations loi 1901 de l'action sociale.
  • Source : Dares, enquêtes Acemo ; Insee.

Définitions


Salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) : salaire horaire minimum légal revalorisé chaque année au 1er janvier. Son mode de calcul prévoit que l’accroissement annuel de pouvoir d’achat du Smic ne peut, en aucun cas, être inférieur à « la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire moyen des ouvriers et des employés » (SHBOE) mesuré par l’enquête trimestrielle sur l’activité et les conditions d’emploi de la main‑d’oeuvre du ministère du Travail (figure 3).

La garantie du pouvoir d’achat des salariés rémunérés au Smic est assurée par l’indexation du Smic horaire sur l’évolution des prix à la consommation hors tabac des ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie. Lorsque cet indice atteint un niveau supérieur d’au moins 2 % à l’indice constaté lors de l’établissement de la valeur immédiatement antérieure, le Smic est réévalué dans la même proportion à compter du premier jour du mois qui suit la publication de l’indice donnant lieu au relèvement.

Enfin, le Gouvernement peut porter le Smic à une valeur supérieure à celle qui résulterait de la seule mise en œuvre des mécanismes précités, soit en cours d’année, soit à l’occasion de la revalorisation au 1er janvier. Il s’agit alors d’un « coup de pouce ». Ainsi, le taux horaire du Smic a été réévalué de 2,0 % au 1er juillet 2012. Cette augmentation se décomposait comme suit : + 1,4 % au titre de l’inflation intervenue depuis la précédente revalorisation (de janvier à mai 2012) et + 0,6 % au titre d’un « coup de pouce ».

Définitions