Emploi, chômage, revenus du travailÉdition 2020

L’Insee et la Dares présentent dans cette cinquième édition de l’Insee Références Emploi, chômage, revenus du travail un ensemble d’analyses et d’indicateurs portant sur le marché du travail.

Insee Références
Paru le : Paru le 02/07/2020
Emploi, chômage, revenus du travail - Juillet 2020
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Mouvements de main-d’œuvre

Insee Références

Paru le : 02/07/2020

Depuis mi‑2015, les données de mouvements de main‑d’œuvre (MMO) ont pour source les déclarations sociales nominatives (DSN). La reconstitution des MMO avec cette source demande un travail méthodologique conséquent, qui peut être amené à être modifié dans le temps et causer des révisions de séries. Les données présentées dans cette fiche ne sont donc pas comparables avec celles des précédentes éditions.

En 2019, en France métropolitaine, les entrées en contrat à durée déterminée (CDD) dans les établissements du champ privé hors agriculture représentent en moyenne 110,4 % de leur effectif salarié (figure 1). Le taux d’entrée en CDD demeure ainsi à un niveau comparable à celui des trois années précédentes mais environ 60 points au‑dessus de celui de 2007. En effet, les entrées en CDD se sont multipliées, notamment du fait d’une diminution de la durée moyenne de ces contrats. Les embauches en contrat à durée indéterminée (CDI) ont beaucoup moins augmenté et ont été plus sensibles à la conjoncture. Le taux d’entrée en CDD ou CDI est passé de 71,1 % en 2007, à 131,1 % en 2019, essentiellement du fait d’une utilisation accrue des CDD très courts (de moins d’un mois).

Figure 1 - Taux d'entrée et taux de sortie en CDD et CDI de 2007 à 2019

en %
Figure 1 - Taux d'entrée et taux de sortie en CDD et CDI de 2007 à 2019 (en %)
Taux d'entrée Taux de sortie
en CDD en CDI de CDI de CDD
2007 52,7 18,4 17,1 48,0
2008 51,3 17,5 17,0 47,4
2009 55,2 14,0 14,3 51,2
2010 60,9 15,4 14,8 55,6
2011 67,9 14,9 15,0 62,9
2012 73,6 13,3 14,4 68,4
2013 85,7 13,1 14,6 80,5
2014 90,8 12,9 14,6 86,4
2015 103,6 13,8 14,9 101,7
2016 110,8 15,7 15,8 110,9
2017 108,4 18,9 17,9 108,6
2018 109,4 20,4 19,4 109,3
2019 110,4 20,7 19,7 110,2
  • Note : les entrées et sorties n'intègrent pas les transferts entre établissements d'une même entreprise.
  • Champ : France métropolitaine, établissements du champ privé (hors agriculture, hors intérim).
  • Source : Dares, MMO, données rétropolées avant 2016.

Figure 1 - Taux d'entrée et taux de sortie en CDD et CDI de 2007 à 2019

  • Note : les entrées et sorties n'intègrent pas les transferts entre établissements d'une même entreprise.
  • Champ : France métropolitaine, établissements du champ privé (hors agriculture, hors intérim).
  • Source : Dares, MMO, données rétropolées avant 2016.

La hausse du taux de sortie, de 65,1 % en 2007 à 129,9 % en 2019, est également due à la multiplication des CDD très courts. Sur cette période, le taux de sortie de CDI a modérément crû, passant de 17,1 % en 2007 à 19,7 % en 2019, tout comme celui pour fin de CDD de plus d’un mois (17,3 % en 2019, soit + 6,7 points par rapport à 2007). En revanche, le taux de sortie pour fin de CDD très courts a fortement augmenté entre 2007 et 2016 (+ 58,1 points), avant de baisser très légèrement pour s’établir à 89,5 % en 2019. La part des CDD très courts dans l’ensemble des CDD arrivés à terme s’est ainsi nettement accrue entre 2007 (75,8 %) et 2016 (84,6 %), avant de s’infléchir légèrement en 2019 (83,8 %).

Les ruptures de CDI sont majoritairement des démissions (42 % en 2019). Avec la reprise de l’emploi salarié privé depuis 2015, le taux de démission a augmenté entre 2015 et 2019 (+ 2,5 points), tout comme le taux de fin de période d’essai (+ 1,8 point) (figure 2). La baisse du taux de licenciements économiques (– 0,2 point) a très légèrement limité la hausse d’ensemble.

Figure 2 - Taux de sortie en CDI selon les principaux motifs de rupture de 2007 à 2019

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Figure 2 - Taux de sortie en CDI selon les principaux motifs de rupture de 2007 à 2019 (en %)
Licenciement économique Licenciement autre qu'économique Démission Période d'essai Rupture conventionnelle Départ à la retraite Autres motifs
2007 0,9 2,7 8,5 1,9 0,0 1,6 1,5
2008 0,9 3,0 8,4 2,0 0,2 1,5 1,0
2009 1,4 2,5 5,6 1,7 1,1 1,1 0,9
2010 0,9 2,3 6,2 1,9 1,5 1,1 0,9
2011 0,7 2,2 6,6 1,9 1,6 0,9 1,0
2012 0,6 2,1 6,1 1,8 1,7 1,0 1,1
2013 0,7 2,2 5,8 1,8 1,8 1,3 1,0
2014 0,7 2,2 5,7 1,8 1,9 1,4 1,0
2015 0,8 2,5 5,7 1,9 1,9 1,4 0,8
2016 0,8 2,8 6,2 2,2 2,0 1,4 0,5
2017 0,6 2,9 7,3 2,8 2,2 1,4 0,6
2018 0,6 3,0 8,2 3,2 2,4 1,4 0,6
2019 0,6 3,1 8,2 3,7 2,3 1,2 0,6
  • Note : les sorties n'intègrent pas les transferts entre établissements d'une même entreprise.
  • Champ : France métropolitaine, établissements du champ privé (hors agriculture, hors intérim).
  • Source : Dares, MMO, données rétropolées avant 2016.

Figure 2 - Taux de sortie en CDI selon les principaux motifs de rupture de 2007 à 2019

  • Note : les sorties n'intègrent pas les transferts entre établissements d'une même entreprise.
  • Champ : France métropolitaine, établissements du champ privé (hors agriculture, hors intérim).
  • Source : Dares, MMO, données rétropolées avant 2016.

La multiplication des CDD très courts est concentrée dans le tertiaire. Dans ce secteur, pour 100 emplois salariés, 140,2 recrutements sont réalisés en CDD en 2019, contre 68,2 en 2007 (figure 3). En outre, la part des CDD très courts dans les CDD arrivés à terme s’y est nettement accrue, passant de 78,2 % en 2007 à 86,2 % en 2016, avant de s’établir à 85,4 % en 2019 (figure 4). À l’inverse, les taux d’entrée en CDD sont bien inférieurs et plus stables dans l’industrie manufacturière (16,2 % en 2007 et 16,0 % en 2019) et la construction (18,2 % en 2007 et 20,6 % en 2019) : ces secteurs ont habituellement davantage recours à l’intérim. Dans ces deux secteurs, les recrutements en CDD sont essentiellement réalisés sur des durées de plus d’un mois (environ 60 % pour l’industrie et 75 % pour la construction). Enfin, les taux d’entrée et de sortie pour les CDI sont plus faibles dans l’industrie (12,0 % dans les deux cas) que dans le tertiaire (22,3 % et 21,2 % respectivement en 2019) et dans la construction (23,4 % et 21,4 %).

Figure 3 - Mouvements de main-d'œuvre selon les caractéristiques des établissements en 2019

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Figure 3 - Mouvements de main-d'œuvre selon les caractéristiques des établissements en 2019 (en %)
Taux d'entrée Taux de sortie Part de CDD très courts (b)/(a)
Ensemble CDD CDI Ensemble CDI Fin anticipée de CDD CDD arrivés à terme (a) dont CDD très courts (b)
Ensemble 131,1 110,4 20,7 129,9 19,7 3,4 106,8 89,5 83,8
Moins de 10 salariés 172,2 142,9 29,3 167,6 26,0 5,6 136,0 112,5 82,7
10 à 49 salariés 129,4 105,7 23,8 128,8 23,3 3,5 102,0 85,2 83,6
50 salariés ou plus 111,8 97,1 14,7 111,8 14,5 2,2 95,2 80,7 84,8
Par secteur
Industrie 28,0 16,0 12,0 27,4 12,0 1,9 13,5 5,4 39,9
Construction 44,0 20,6 23,4 41,0 21,4 3,7 15,9 4,2 26,6
Tertaire 162,6 140,2 22,3 161,4 21,2 3,7 136,5 116,6 85,4
  • Note : les sorties n'intègrent pas les transferts entre établissements d'une même entreprise. Les contrats très courts correspondent aux contrats de moins d'un mois.
  • Champ : France métropolitaine, établissements du champ privé (hors agriculture, hors intérim).
  • Source : Dares, MMO.

En 2019, la part de CDD très courts dans les CDD arrivés à terme est un peu plus élevée dans les établissements de 50 salariés ou plus (84,8 %) que dans les établissements de plus petite taille : 83,6 % dans ceux qui ont entre 10 et 49 salariés et 82,7 % dans ceux de moins de 10 salariés.

Figure 4 - Part de contrats très courts dans les CDD arrivés à terme de 2007 à 2019

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Figure 4 - Part de contrats très courts dans les CDD arrivés à terme de 2007 à 2019 (en %)
Ensemble Industrie Construction Tertiaire
2007 75,8 48,8 43,3 78,2
2008 74,6 45,5 39,9 77,3
2009 77,3 43,3 38,0 79,6
2010 78,4 46,2 35,4 80,5
2011 79,5 42,5 32,5 81,6
2012 81,5 44,2 37,0 83,6
2013 84,0 44,7 36,3 85,7
2014 84,3 41,8 28,4 86,0
2015 84,6 41,0 33,5 86,2
2016 84,6 37,7 26,9 86,2
2017 83,8 38,8 27,1 85,5
2018 83,7 39,1 26,8 85,4
2019 83,8 39,9 26,6 85,4
  • Champ : France métropolitaine, établissements du champ privé (hors agriculture, hors intérim).
  • Source : Dares, MMO, données rétropolées avant 2016.

Figure 4 - Part de contrats très courts dans les CDD arrivés à terme de 2007 à 2019

  • Champ : France métropolitaine, établissements du champ privé (hors agriculture, hors intérim).
  • Source : Dares, MMO, données rétropolées avant 2016.

Définitions


Entrées : embauches en contrat à durée déterminée (CDD) et en contrat à durée indéterminée (CDI).


CDD (contrats à durée déterminée) : comprennent ici les contrats en alternance et les contrats aidés.


Taux d’entrée, taux de sortie : rapporte le nombre total d’entrées (respectivement de sorties) sur la période au nombre moyen de salariés sur la période.


Sorties : fins de CDD, démissions, licenciements économiques et pour motif personnel, ruptures conventionnelles, fins de période d’essai, départs à la retraite, ou autres cas.

Pour en savoir plus

« CDD, CDI : comment évoluent les embauches et les ruptures depuis 25 ans ? », Dares Analyses, Dares, n° 026, juin 2018.

« Reconstitution des mouvements de main‑d’œuvre depuis 1993 : guide méthodologique », Document d’études, Dares, n° 221, juin 2018.

Définitions