Emploi, chômage, revenus du travail Édition 2022

L’Insee et la Dares présentent dans cet ouvrage un ensemble d’analyses et d’indicateurs portant sur le marché du travail.

Insee Références
Paru le :Paru le30/06/2022
Emploi, chômage, revenus du travail- Juin 2022
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Salaires et coût du travail en Europe

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Paru le :30/06/2022

En 2021, dans l’Union européenne (UE) à 27 pays, le dans l’industrie, la construction et le tertiaire marchand pour les entreprises de 10 salariés ou plus s’élève en moyenne à 28,7 euros (figure 1). Il varie fortement selon les pays, avec un écart relatif de 1 à 7 entre la Bulgarie (6,9 euros) et le Danemark (48,3 euros). La France occupe la 5e position des pays ayant les coûts horaires les plus élevés (38,4 euros), l’Allemagne la 7e position (37,3 euros). Dans l’industrie, le coût horaire français est inférieur à celui de l’Allemagne (40,4 euros contre 42,2 euros) alors que, dans le tertiaire marchand, il est supérieur (38,1 euros contre 34,8 euros) (figures 2a et 2b).

Figure 1 - Coût horaire de la main-d'œuvre, salaire et écart femmes-hommes dans les pays de l'UE

Figure 1 - Coût horaire de la main-d'œuvre, salaire et écart femmes-hommes dans les pays de l'UE - Lecture : en 2021, dans l’Union européenne à 27 pays, le coût horaire de la main d’œuvre dans l’industrie, la construction et le tertiaire marchand pour les entreprises de 10 salariés ou plus s’élève en moyenne à 28,7 euros, dont 21,8 euros de salaires et traitements brut (76 %).
Coût horaire de la main-d'œuvre en 2021 (en euros) Salaire et traitement brut horaire moyen en 2021 (en euros) Part des salaires et traitements bruts dans le coût du travail en 2021 (en %) Cotisations sociales et autres à charge de l'employeur en 2021 (en euros) Écart de salaire horaire moyen entre les femmes et les hommes en 2020 (en %) Taux d'emploi des femmes de 15 à 64 ans en 2021 (en %)
Bulgarie 6,9 5,8 84,1 1,1 13,2 64,2
Roumanie 8,1 7,6 93,8 0,4 10,1 52,5
Croatie 10,9 9,3 85,3 1,6 12,8 58,6
Hongrie 11,0 9,0 81,8 1,8 15,2 68,2
Pologne 11,2 9,1 81,3 2,0 12,4 63,8
Lituanie 11,3 10,8 95,6 0,4 15,9 71,9
Lettonie 11,4 8,9 78,1 2,4 23,1 68,0
Slovaquie 14,0 10,6 75,7 3,4 18,1 65,6
Estonie 14,5 10,7 73,8 3,8 23,0 72,4
Portugal 14,7 11,7 79,6 3,0 15,1 67,7
Rép. tchèque 15,1 11,1 73,5 4,0 12,8 67,1
Malte 15,4 14,1 91,6 1,1 13,7 66,6
Chypre 16,1 13,4 83,2 2,7 16,4 65,3
Grèce 17,6 13,2 75,0 4,5 nd 48,2
Slovénie 20,8 17,4 83,7 3,4 7,4 68,1
Espagne 22,4 16,5 73,7 5,9 15,0 57,9
Italie 28,5 20,4 71,6 8,1 13,8 49,4
Irlande 31,7 29,0 91,5 2,5 nd 65,5
Finlande 36,4 30,0 82,4 6,4 16,5 71,7
Pays-Bas 36,9 29,2 79,1 7,6 19,9 76,6
Allemagne 37,3 29,3 78,6 7,9 21,6 72,2
Autriche 37,7 27,6 73,2 10,1 20,7 68,1
France 38,4 26,6 69,3 11,7 13,0 64,5
Belgique 41,9 30,7 73,3 11,2 9,5 61,8
Suède 42,4 28,8 67,9 13,6 7,9 73,3
Luxembourg 42,7 37,6 88,1 5,0 10,5 66,0
Danemark 48,3 41,7 86,3 6,5 14,1 72,6
UE27 28,7 21,8 76,0 6,9 14,1 1 63,4
Zone euro 32,5 24,5 75,4 8,0 17,4 1 63,3
  • nd : résultat non disponible.
  • 1. Données estimées comme moyennes des écarts nationaux, pondérées par l'emploi salarié dans les secteurs marchands de chaque pays pour lequel on dispose de l'information.
  • Note : les colonnes 1 à 5 reposent sur les enquêtes européennes quadriennales sur le coût de la main-d’œuvre et sur la structure des salaires. Entre deux années d’enquête, les niveaux de coût et les écarts de salaire horaire femmes-hommes sont estimés en appliquant des évolutions issues d'autres sources.
  • Lecture : en 2021, dans l’Union européenne à 27 pays, le coût horaire de la main d’œuvre dans l’industrie, la construction et le tertiaire marchand pour les entreprises de 10 salariés ou plus s’élève en moyenne à 28,7 euros, dont 21,8 euros de salaires et traitements brut (76 %).
  • Champs : Union européenne à 27 pays, colonnes 1 à 5 : secteurs marchands (secteurs B à N de la NAF rév. 2), entreprises de 10 salariés ou plus ; colonne 6 : ensemble des personnes.
  • Sources : Eurostat, annual labour cost data, gender pay gap data, enquêtes Labour Cost Survey; enquêtes Labour Force Survey (colonne 6).

Figure 2a - Coût de la main-d’œuvre dans l’industrie entre 2004 et 2021

en euros
Figure 2a - Coût de la main-d’œuvre dans l’industrie entre 2004 et 2021 (en euros) - Lecture : en 2021, dans l’Union européenne à 27 pays, le coût horaire de la main d’œuvre dans l’industrie pour les entreprises de 10 salariés ou plus s’élève en moyenne à 29,1 euros.
Allemagne Espagne France Italie Danemark Union européenne à 27 pays
2004 30,3 17,9 29,5 22,3 30,0 19,5
2005 30,9 18,6 30,4 22,8 31,2 20,1
2006 31,4 19,4 31,3 23,3 32,4 20,7
2007 32,0 20,1 32,2 23,7 33,6 21,2
2008 32,5 20,8 33,1 24,2 34,8 21,8
2009 33,2 21,4 33,9 25,0 36,3 22,6
2010 33,9 21,9 34,8 25,7 37,8 23,3
2011 34,5 22,5 35,6 26,5 39,2 24,1
2012 35,2 23,0 36,4 27,2 40,7 24,8
2013 36,0 23,1 36,5 27,3 41,5 25,1
2014 36,8 23,1 36,6 27,4 42,3 25,4
2015 37,6 23,2 36,7 27,4 43,1 25,6
2016 38,4 23,2 36,8 27,5 43,9 25,9
2017 39,5 23,3 37,4 27,7 44,7 26,6
2018 40,4 23,4 38,4 28,0 46,2 27,3
2019 41,4 23,9 39,1 28,9 47,4 28,1
2020 42,0 24,8 40,3 29,6 47,5 28,8
2021 42,2 24,6 40,4 29,0 49,3 29,1
  • Lecture : en 2021, dans l’Union européenne à 27 pays, le coût horaire de la main d’œuvre dans l’industrie pour les entreprises de 10 salariés ou plus s’élève en moyenne à 29,1 euros.
  • Champ : Union européenne à 27 pays, industrie (hors construction), entreprises de 10 salariés ou plus.
  • Source : Eurostat, annual labour cost data.

Figure 2a - Coût de la main-d’œuvre dans l’industrie entre 2004 et 2021

  • Lecture : en 2021, dans l’Union européenne à 27 pays, le coût horaire de la main d’œuvre dans l’industrie pour les entreprises de 10 salariés ou plus s’élève en moyenne à 29,1 euros.
  • Champ : Union européenne à 27 pays, industrie (hors construction), entreprises de 10 salariés ou plus.
  • Source : Eurostat, annual labour cost data.

De 2013 à 2021, la hausse du coût horaire a été modérée en France par la mise en place de différentes mesures : en 2013, en 2014, prime à l’embauche dans les petites et moyennes entreprises (PME) en 2016, extension de la réduction générale de cotisations sociales applicable aux bas salaires en 2019 et, plus récemment, dispositifs adoptés en 2020 et 2021 pour faire face à la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid‑19 (exonérations et aide au paiement de cotisations sociales, plan « 1 jeune, 1 solution »). Au total, de 2013 à 2021, le coût du travail horaire en France a augmenté de 10 %, soit une hausse bien plus modérée qu’en Allemagne (19 %) et que dans l’ensemble de l’UE (16 %).

Les et traitements représentent la plus grande partie du coût du travail (76,0 % en moyenne dans l’UE en 2021). La part des salaires dans le coût du travail varie selon le mode de financement de la protection sociale : elle est plus élevée dans les pays où ce financement passe par l’impôt sur le revenu, comme au Danemark (86,3 %), et plus basse lorsqu’il est surtout assuré par des cotisations sociales, comme en France (69,3 %) ou en Suède (67,9 %).

En 2021, dans l’UE à 27, les salaires et traitements bruts s’élèvent en moyenne à 21,8 euros de l’. La France se situe au‑dessus de la moyenne européenne, avec un salaire horaire moyen de 26,6 euros. Les différences de salaire, comme de coût de la main‑d’œuvre, sont très marquées entre les pays de l’ex‑UE à 15 et les pays entrés plus récemment.

En 2020, dans l’UE, le salaire horaire moyen des femmes est inférieur à celui des hommes dans tous les pays. Cet est parmi les plus faibles en Suède (7,9 %), alors qu’il atteint 21,6 % en Allemagne. En France, l’écart est de 13,0 %, au‑dessous de la moyenne européenne. L’écart de salaire horaire moyen entre les femmes et les hommes ne reflète qu’en partie les inégalités sexuées sur le marché du travail qui s’expriment aussi en matière d’activité, de chômage, de catégories socioprofessionnelles et de temps de travail. Ainsi, certains écarts de salaire horaire relativement faibles doivent être mis en regard des taux d’emploi féminins également faibles (Roumanie, Italie). Par ailleurs, des différences de caractéristiques entre femmes et hommes ne reflétant pas nécessairement des inégalités sexuées peuvent expliquer une autre partie de ces écarts. 

Définitions

Le coût du travail ou coût de la main-d’œuvre comprend l’ensemble des dépenses encourues par les employeurs pour l’emploi de salariés. Il comprend, en plus des salaires et traitements bruts : les cotisations sociales à la charge de l’employeur (sécurité sociale, chômage, retraite, prévoyance, indemnités de départ) que celles‑ci soient obligatoires, conventionnelles ou facultatives, nettes d’exonérations comme les allègements de cotisations sociales ; les frais de formation professionnelle (taxe d’apprentissage, contributions patronales au financement de la formation professionnelle) ; d’autres dépenses liées à l’emploi de salariés comme les frais de recrutement ; les taxes et les impôts relatifs à l’emploi et aux salariés, déduction faite des subventions perçues par l’employeur et destinées à favoriser l’emploi (CICE notamment).

Entré en vigueur en janvier 2013, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) allège le coût du travail au titre d’une subvention au bénéfice de l’employeur à hauteur de 4 % de l’ensemble de la masse salariale inférieure à 2,5 Smic en 2013, de 6 % à partir de janvier 2014, de 7 % à partir de janvier 2017, et, dans les DOM uniquement, de 7,5 % à partir de janvier 2015 et de 9 % à partir de janvier 2016. En janvier 2018, son taux est ramené à 6 % en métropole. Enfin, en janvier 2019, le CICE est remplacé par une exonération générale de cotisations sociales de 6 points sur les bas salaires, excepté à Mayotte où il reste en vigueur avec un taux de 9 %.

Le Pacte de responsabilité et de solidarité avait deux volets : un volet « solidarité » en faveur du pouvoir d’achat des ménages modestes et un volet « compétitivité » destiné aux entreprises, mis en place fin 2013. Le volet « compétitivité » consistait en trois types de mesures : baisse du coût du travail, baisse des impôts sur les entreprises et simplification de la vie des entreprises.

Les mesures en termes de baisse du coût du travail étaient :

• baisse des cotisations familiales pour les travailleurs indépendants : leurs cotisations ont baissé de 3,1 points en janvier 2015 ;

• maintien et majoration de l’exonération des cotisations patronales versées aux Urssaf, hors cotisations d’assurance chômage, pour les salaires au niveau du Smic (ancienne « réduction Fillon ») ;

• baisse de 1,8 point des cotisations familiales sur les salaires jusqu’à 1,6 fois le Smic, en janvier 2015 ; élargissement de cette mesure aux salaires compris entre 1,6 à 3,5 Smic en avril 2016.

Le salaire brut correspond à l’intégralité des sommes perçues par le salarié avant déduction des cotisations de sécurité sociale à sa charge, de la contribution sociale généralisée (CSG) et de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Les heures rémunérées couvrent les heures travaillées ainsi que des heures non travaillées mais rémunérées par l’employeur, notamment pendant les congés payés. Les périodes de chômage partiel indemnisées par l’administration publique et non par l’employeur ne sont à ce titre pas comprises dans les heures rémunérées.

L’écart de salaire entre les femmes et les hommes ( gender pay gap ‑ GPG) est la différence entre le salaire moyen des hommes salariés et celui des femmes salariées rapportée au salaire moyen des hommes salariés. Le salaire peut être brut ou net, considéré en termes horaires, en EQTP ou en termes mensuels, voire en termes de revenu salarial ; dans certaines études, la comparaison des médianes est préférée à celle des moyennes.

Définitions

Le coût du travail ou coût de la main-d’œuvre comprend l’ensemble des dépenses encourues par les employeurs pour l’emploi de salariés. Il comprend, en plus des salaires et traitements bruts : les cotisations sociales à la charge de l’employeur (sécurité sociale, chômage, retraite, prévoyance, indemnités de départ) que celles‑ci soient obligatoires, conventionnelles ou facultatives, nettes d’exonérations comme les allègements de cotisations sociales ; les frais de formation professionnelle (taxe d’apprentissage, contributions patronales au financement de la formation professionnelle) ; d’autres dépenses liées à l’emploi de salariés comme les frais de recrutement ; les taxes et les impôts relatifs à l’emploi et aux salariés, déduction faite des subventions perçues par l’employeur et destinées à favoriser l’emploi (CICE notamment).

Entré en vigueur en janvier 2013, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) allège le coût du travail au titre d’une subvention au bénéfice de l’employeur à hauteur de 4 % de l’ensemble de la masse salariale inférieure à 2,5 Smic en 2013, de 6 % à partir de janvier 2014, de 7 % à partir de janvier 2017, et, dans les DOM uniquement, de 7,5 % à partir de janvier 2015 et de 9 % à partir de janvier 2016. En janvier 2018, son taux est ramené à 6 % en métropole. Enfin, en janvier 2019, le CICE est remplacé par une exonération générale de cotisations sociales de 6 points sur les bas salaires, excepté à Mayotte où il reste en vigueur avec un taux de 9 %.

Le Pacte de responsabilité et de solidarité avait deux volets : un volet « solidarité » en faveur du pouvoir d’achat des ménages modestes et un volet « compétitivité » destiné aux entreprises, mis en place fin 2013. Le volet « compétitivité » consistait en trois types de mesures : baisse du coût du travail, baisse des impôts sur les entreprises et simplification de la vie des entreprises.

Les mesures en termes de baisse du coût du travail étaient :

• baisse des cotisations familiales pour les travailleurs indépendants : leurs cotisations ont baissé de 3,1 points en janvier 2015 ;

• maintien et majoration de l’exonération des cotisations patronales versées aux Urssaf, hors cotisations d’assurance chômage, pour les salaires au niveau du Smic (ancienne « réduction Fillon ») ;

• baisse de 1,8 point des cotisations familiales sur les salaires jusqu’à 1,6 fois le Smic, en janvier 2015 ; élargissement de cette mesure aux salaires compris entre 1,6 à 3,5 Smic en avril 2016.

Le salaire brut correspond à l’intégralité des sommes perçues par le salarié avant déduction des cotisations de sécurité sociale à sa charge, de la contribution sociale généralisée (CSG) et de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Les heures rémunérées couvrent les heures travaillées ainsi que des heures non travaillées mais rémunérées par l’employeur, notamment pendant les congés payés. Les périodes de chômage partiel indemnisées par l’administration publique et non par l’employeur ne sont à ce titre pas comprises dans les heures rémunérées.

L’écart de salaire entre les femmes et les hommes ( gender pay gap ‑ GPG) est la différence entre le salaire moyen des hommes salariés et celui des femmes salariées rapportée au salaire moyen des hommes salariés. Le salaire peut être brut ou net, considéré en termes horaires, en EQTP ou en termes mensuels, voire en termes de revenu salarial ; dans certaines études, la comparaison des médianes est préférée à celle des moyennes.