Écarts de rémunération femmes-hommes : surtout l’effet du temps de travail et de l’emploi occupé

Simon Georges-Kot (division Salaires et revenus d’activité, Insee)

Les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes prennent des formes multiples. En premier lieu, les inégalités de volume de travail, les femmes étant bien plus souvent à temps partiel que les hommes. Pour les plus jeunes, les moins diplômés, les parents d’enfants en bas âge, ces inégalités de volume de travail sont le principal facteur pesant sur l’écart de revenu salarial.

S’y ajoutent les inégalités de salaire pour un même volume de travail, qui sont faibles au début de la vie active mais s’accroissent tout au long de la carrière. Elles proviennent principalement du fait que les femmes et les hommes ne travaillent pas dans les mêmes secteurs et n’occupent pas les mêmes emplois.

Les écarts de salaire entre les femmes et les hommes pour un même volume de travail se réduisent régulièrement depuis quarante ans. Ils ont diminué d’un quart sur les vingt dernières années. Les écarts de volume de travail se réduisent aussi, mais moins rapidement.

Les femmes accèdent moins aux emplois les mieux rémunérés, ce qui explique une grande partie de l’écart de salaire. Ces inégalités d’accès aux emplois les mieux rémunérés sont particulièrement élevées parmi les salariés ayant des enfants, si bien que les écarts de salaire entre les pères et les mères sont nettement plus importants qu’entre les femmes et les hommes sans enfant.

Simon Georges-Kot (division Salaires et revenus d’activité, Insee)
Insee Première  No 1803 - juin 2020

Des inégalités de salaire, mais aussi de volume de travail, entre les femmes et les hommes

En 2017, en France, les femmes salariées du secteur privé gagnent en moyenne 16,8 % de moins que les hommes en équivalent temps plein, c’est-à-dire pour un même volume de travail (figure 1). À cet écart de salaire s’ajoutent des inégalités de volume de travail, les femmes étant bien plus souvent à temps partiel et moins souvent en emploi dans l’année que les hommes. Lorsque l’on tient compte de ces deux sources d’écart à travers le revenu salarial, les femmes perçoivent en moyenne une rémunération inférieure de 28,5 % à celle des hommes. Plus de 40 % de cet écart résulte des inégalités de temps de travail.

Figure 1 - Écarts de rémunération et de temps de travail moyens entre les femmes et les hommes en 2017

Figure 1 - Écarts de rémunération et de temps de travail moyens entre les femmes et les hommes en 2017 - Lecture : en 2017, en France, les femmes salariées du secteur privé gagnent en moyenne 16,8 % de moins que les hommes en équivalent temps plein (EQTP).
Revenu salarial net Salaire net en EQTP Volume de travail
Femmes Hommes Écart
en %
Femmes Hommes Écart
en %
Femmes Hommes Écart
en %
en euros en euros en EQTP
Diplôme
Inférieur au Bac 13 056 18 872 30,8 20 051 23 809 15,8 0,65 0,79 17,9
Bac à Bac + 2 18 686 25 501 26,7 24 341 29 547 17,6 0,77 0,86 11,1
Bac + 3 ou plus 29 080 45 798 36,5 35 896 50 851 29,4 0,81 0,90 10,1
Expérience professionnelle
Moins de 5 ans 8 043 9 824 18,1 18 770 20 047 6,4 0,43 0,49 12,6
5 à 10 ans 14 464 18 541 22,0 21 735 24 095 9,8 0,67 0,77 13,5
10 à 20 ans 18 619 24 823 25,0 24 966 28 992 13,9 0,75 0,86 12,9
20 à 30 ans 21 823 30 285 27,9 27 368 33 757 18,9 0,80 0,90 11,1
30 ans ou plus 22 205 31 455 29,4 28 563 36 473 21,7 0,78 0,86 9,9
Nombre d'enfants
Aucun enfant 13 613 16 618 18,1 22 692 24 398 7,0 0,60 0,68 11,9
Un enfant 17 751 23 402 24,1 24 932 28 281 11,8 0,71 0,83 14,0
Deux enfants 19 948 29 482 32,3 26 514 33 640 21,2 0,75 0,88 14,2
Trois enfants ou plus 15 662 29 824 47,5 24 419 35 540 31,3 0,64 0,84 23,6
Âge du plus jeune enfant (parents uniquement)
Moins de 3 ans 14 749 22 546 34,6 24 306 27 388 11,3 0,61 0,82 26,3
3 à 16 ans 19 169 29 080 34,1 25 592 33 034 22,5 0,75 0,88 14,9
Plus de 16 ans 19 299 30 214 36,1 26 175 36 143 27,6 0,74 0,84 11,8
Ensemble 16 299 22 793 28,5 24 467 29 394 16,8 0,67 0,78 14,1
  • Lecture : en 2017, en France, les femmes salariées du secteur privé gagnent en moyenne 16,8 % de moins que les hommes en équivalent temps plein (EQTP).
  • Champ : postes du secteur privé, France métropolitaine, hors apprentis et stagiaires, hors agriculture, hors salariés des particuliers.
  • Source : Insee, panel tous salariés.

Les écarts de salaire se réduisent plus vite que les écarts de volume de travail

Les écarts de salaire entre les sexes pour un même volume de travail se réduisent à un rythme régulier depuis quarante ans (figure 2). Pour les seuls salariés à temps complet, l’écart entre les salaires moyens des femmes et des hommes atteint 16,3 % en 2017, contre 29,4 % en 1976, soit une baisse de 0,3 point par an en moyenne sur la période. La baisse est en revanche moindre pour les écarts de revenu salarial (– 0,2 point par an en moyenne sur la même période). Elle est aussi plus irrégulière : après une baisse de 0,5 point par an jusqu’à la fin des années 1970, l’écart de revenu salarial entre les femmes et les hommes a stagné entre 1980 et 2000, en raison de l’essor pour les femmes du travail à temps partiel. Depuis le début des années 2000, l’écart de revenu salarial se réduit à nouveau, de 0,4 point par an en moyenne.

Figure 2 - Écarts de rémunération nette moyenne femmes-hommes dans le secteur privé

en %
Figure 2 - Écarts de rémunération nette moyenne femmes-hommes dans le secteur privé (en %)
Année Revenu salarial Salaire des salariés à temps complet Salaire en EQTP
1967 42,43
1968 40,65
1969 40,21
1970 39,65
1971 38,87
1972 38,20
1973 37,82
1974 37,76
1975 36,84
1976 37,85 29,45
1977 37,46 28,59
1978 36,75 28,25
1979 36,41 26,95
1980 35,99 26,94
1981
1982
1983
1984 36,86 24,82
1985 36,08 24,64
1986 36,44 24,54
1987 35,99 24,57
1988 36,81 24,18
1989 37,19 23,92
1990
1991 37,02 23,34
1992 36,77 22,73
1993
1994
1995 35,33 20,81 21,45
1996 35,66 20,98 21,68
1997 35,43 20,50 21,10
1998 35,41 20,19 20,78
1999 35,77 20,21 20,45
2000 36,01 20,05 21,17
2001 35,58 20,00 21,11
2002 35,50 19,48 20,47
2003 34,68 19,77 20,30
2004 33,75 19,29 20,00
2005 33,39 19,24 19,52
2006 33,80 18,74 19,12
2007 33,73 18,85 19,28
2008 33,78 19,24 19,62
2009 32,27 18,45 19,14
2010 31,65 17,83 18,64
2011 31,71 17,98 18,39
2012 31,73 17,73 18,24
2013 30,62 17,44 18,01
2014 30,61 17,16 17,63
2015 29,57 17,01 17,58
2016 28,94 16,80 17,15
2017 28,93 16,35 16,76
  • Note : données non-disponibles pour les années 1981 à 1983 et 1990 ; rupture de série pour 1993 et 1994.
  • Champ : postes du secteur privé, France métropolitaine, hors apprentis et stagiaires, hors agriculture, hors salariés des particuliers.
  • Source : Insee, panel tous salariés.

Figure 2 - Écarts de rémunération nette moyenne femmes-hommes dans le secteur privé

  • Note : données non-disponibles pour les années 1981 à 1983 et 1990 ; rupture de série pour 1993 et 1994.
  • Champ : postes du secteur privé, France métropolitaine, hors apprentis et stagiaires, hors agriculture, hors salariés des particuliers.
  • Source : Insee, panel tous salariés.

Des inégalités de salaire croissantes avec le niveau de diplôme et l’avancement dans la carrière

L’écart de salaire en EQTP entre les sexes augmente nettement avec le niveau de diplôme : il s’élève à 29,4 % pour les titulaires d’un Bac + 3 ou plus, contre 15,8 % pour les individus qui n’ont pas le baccalauréat. C’est l’inverse pour les inégalités de volume de travail, qui sont deux fois plus importantes parmi les salariés n’ayant pas le baccalauréat que parmi les plus diplômés. Au total, l’écart de revenu salarial entre les femmes et les hommes est un peu plus élevé pour les plus diplômés.

Les écarts de salaire en EQTP entre les sexes croissent également avec l’expérience professionnelle. Ils sont relativement limités pour les personnes récemment entrées sur le marché du travail (6,4 % en 2017 parmi les individus ayant moins de 5 ans d’expérience professionnelle), alors qu’ils atteignent 21,7 % pour celles qui ont plus de 30 ans de carrière. À l’inverse, les inégalités de volume de travail sont plus importantes pour les personnes en phase d’insertion professionnelle que pour celles qui sont plus avancées dans leur carrière : elles s’élèvent à 12,6 % pour les salariés les moins expérimentés, contre 9,9 % pour les salariés en fin de carrière. Les inégalités de volume de travail sont donc deux fois plus importantes que les inégalités de salaire à volume de travail donné pour les salariés les moins expérimentés, alors qu’elles sont environ deux fois moindres pour les salariés en fin de carrière.

Deux tiers de l’écart de salaire entre les sexes est lié à l’emploi occupé

Les femmes occupent des emplois moins variés que ceux des hommes (figure 3) : 40 % des salariées exercent l’une des vingt professions les plus courantes pour les femmes (secrétaires, employées des services comptables, etc.), contre 29 % chez les hommes (conducteurs routiers, ingénieurs en informatique, etc.). À cet effet s’ajoute celui de la ségrégation professionnelle : les hommes et les femmes n’occupent pas les mêmes métiers, ne travaillent pas dans les mêmes secteurs ou les mêmes entreprises. Par exemple, parmi les vingt professions les plus courantes pour les salariés de chaque sexe, trois seulement sont communes aux hommes et aux femmes : nettoyeurs, employés de libre-service du commerce, aides de cuisine. Les professions liées à la santé et à l’action sociale représentent une part substantielle de l’emploi féminin, alors que les hommes sont davantage concentrés dans les professions liées à la construction, au transport et à l’entreposage.

Cette ségrégation professionnelle entre les sexes s’accompagne également d’inégalités hiérarchiques : au total, 22,8 % des postes occupés par les hommes correspondent à des emplois de cadre en 2017, contre 17,5 % pour les femmes. Pour les hommes, trois professions parmi les vingt les plus fréquentes correspondent à des emplois de cadre, contre une seule pour les femmes. Parmi ces emplois de cadre pour les hommes, deux correspondent à des activités liées à l’informatique, secteur très masculin dès les filières d’études. L’orientation scolaire, différenciée selon le sexe, peut avoir des effets à long terme sur les emplois occupés et in fine sur les inégalités salariales.

En fin de compte, les écarts de salaire en EQTP sont dus en grande partie à la ségrégation professionnelle : 68 % de l’écart provient du fait que les femmes et les hommes n’occupent pas les mêmes postes, c’est-à-dire une profession donnée au sein d’un établissement donné. L’écart de salaire moyen en EQTP entre les femmes et les hommes pour un même poste se réduit donc à 5,3 % dans le secteur privé en 2017. Du fait de la finesse de la définition des « postes » notamment, cet écart est plus faible que ceux évalués dans de précédentes publications. Mais comme dans les précédentes publications, la part non expliquée de l’écart ne peut pas s’interpréter comme une mesure de la discrimination salariale, cette part non expliquée pouvant encore refléter des différences de caractéristiques non observées susceptibles de biaiser à la hausse comme à la baisse l’estimation de l’écart de salaire moyen à poste égal.

Figure 3a - Les vingt professions les plus fréquentes chez les femmes

Figure 3a - Les vingt professions les plus fréquentes chez les femmes
PCS Libellé Part de l'emploi (en %)
542A Secrétaires 5,39
543B Employées qualifiées des services comptables ou financiers 2,87
543G Employées administratives qualifiées des autres services des entreprises 2,85
684A Nettoyeuses 2,69
551A Employées de libre service du commerce 2,49
563B Aides à domicile, aides ménagères, travailleuses familiales 2,49
552A Caissières de magasin 2,08
543F Employées qualifiées des services commerciaux des entreprises (hors vente) 1,89
526A Aides-soignantes 1,88
554A Vendeuses en alimentation 1,71
525D Agentes de service hospitaliers 1,70
554E Vendeuses en habillement et articles de sport 1,58
431F Infirmières en soins généraux, salariées 1,57
561D Aides de cuisine, apprenties de cuisine et employées polyvalentes de la restauration 1,38
561C Serveuses, commis de restaurant 1,18
373D Cadres des autres services administratifs des petites et moyennes entreprises 1,17
461B Secrétaires de direction, assistantes de direction (non cadres) 1,17
467A Chargées de clientèle bancaire 1,16
461D Maîtrise et techniciennes des services financiers ou comptables 1,15
461F Maîtrise et techniciennes administratives des autres services administratifs 1,14
  • Champ : postes du secteur privé, France métropolitaine, hors apprentis et stagiaires, hors agriculture, hors salariés des particuliers.
  • Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales (DADS) et déclarations sociales nominatives (DSN), 2017.

Figure 3a - Les vingt professions les plus fréquentes chez les femmes

  • Champ : postes du secteur privé, France métropolitaine, hors apprentis et stagiaires, hors agriculture, hors salariés des particuliers.
  • Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales (DADS) et déclarations sociales nominatives (DSN), 2017.

Un accès aux emplois les mieux rémunérés moins fréquent pour les femmes

Les inégalités d’accès à un niveau de salaire entre les femmes et les hommes augmentent le long de l’échelle salariale (figure 4a). En 2017, la probabilité d’accès des femmes est supérieure à celle des hommes pour les 6 % d’emplois les moins rémunérés, alors que c’est l’inverse pour tous les autres emplois. Pour les 30 % des emplois les moins rémunérés, les femmes ont une probabilité d’accès à chaque niveau de salaire de plus en plus faible par rapport aux hommes. Cette probabilité se stabilise ensuite entre le 3e et le 8e décile de rémunération, à un niveau inférieur en moyenne de 30 % à celle des hommes. Au-delà du 8e décile, c’est-à-dire pour les 20 % des emplois les mieux rémunérés, elle décroît de nouveau rapidement. Accéder aux 3 % des emplois les mieux rémunérés est ainsi environ deux fois plus probable pour les hommes que pour les femmes, et l’accès aux 0,1 % des emplois les mieux rémunérés est deux fois et demie plus probable.

Les différences de salaire moyen en EQTP entre les femmes et les hommes proviennent en premier lieu d’inégalités dans l’accès aux emplois les mieux rémunérés. Celles-ci se sont progressivement réduites au cours des vingt dernières années. La probabilité pour une femme d’accéder à un emploi parmi les 10 % les mieux rémunérés est de 36 % inférieure à celle des hommes en 2017, contre 48 % en 1997. Pour les 1 % d’emplois les mieux rémunérés, les femmes ont une probabilité d’accès inférieure de 58 % en 2017, contre 76 % vingt ans plus tôt.

Un accès aux emplois les mieux rémunérés moindre pour les mères

Les inégalités de volume de travail entre les femmes et les hommes en emploi sont très marquées pour les parents ayant un enfant en bas âge (moins de 3 ans) ou pour ceux ayant trois enfants ou plus. Les inégalités de salaire en EQTP, quant à elles, s’accroissent fortement avec le nombre d’enfants, notamment à partir du deuxième enfant : le salaire des femmes est inférieur de 21 % à celui des hommes pour les parents de deux enfants, et de 31 % pour les parents de trois enfants ou plus, contre 12 % pour ceux ayant un seul enfant et 7 % pour les personnes sans enfant. À expérience professionnelle équivalente, ces constats restent valides. Ils s’expliquent principalement par le fait que les inégalités d’accès aux emplois les mieux rémunérés sont beaucoup plus importantes entre les mères et les pères qu’entre les femmes et les hommes sans enfant (figure 4b). Parmi les salariés sans enfant, la probabilité pour une femme d’accéder à un certain niveau de salaire est, au maximum, inférieure de 30 % à celle d’un homme (25 % si l’on exclut les 2 % d’emplois les mieux rémunérés). Pour les mères, elle diminue particulièrement pour les 20 % d’emplois les mieux rémunérés. Les mères ont ainsi une probabilité d’accéder aux 1 % des emplois les mieux rémunérés inférieure de 60 % à celle des pères, alors que la probabilité d’accès des femmes sans enfant n’est inférieure à celle des hommes sans enfant que de 30 %.

Figure 4a - Probabilité d'accès des femmes à chaque niveau de salaire, en pourcentage de celle des hommes

Figure 4a - Probabilité d'accès des femmes à chaque niveau de salaire, en pourcentage de celle des hommes - Lecture : en 2017, la probabilité d'accès des femmes aux emplois rémunérés au salaire médian (50e centile) est égale à 72 % de celle des hommes. L'accès aux 3 % d'emplois les mieux rémunérés (97e centile et plus) est plus de deux fois plus probable pour les hommes que pour les femmes.
Centile 2017 2007 1997
1 104,36 103,38 99,86
2 109,22 106,67 101,04
3 111,81 108,27 103,54
4 110,10 107,62 106,78
5 105,11 105,31 109,27
6 99,89 102,11 109,51
7 96,55 98,81 107,40
8 95,10 96,30 104,24
9 94,24 94,80 101,39
10 92,76 93,41 99,25
11 90,46 90,97 97,41
12 88,04 87,41 95,37
13 86,35 83,77 93,08
14 85,55 80,88 90,89
15 85,18 78,75 89,11
16 84,81 77,06 87,70
17 84,38 75,83 86,39
18 83,98 75,25 84,98
19 83,49 75,19 83,51
20 82,69 75,34 82,34
21 81,42 75,35 81,76
22 79,75 75,10 81,43
23 77,88 74,65 80,53
24 76,14 74,25 78,67
25 74,82 74,07 76,29
26 73,96 74,00 74,06
27 73,50 73,65 72,24
28 73,36 72,91 70,96
29 73,33 72,18 70,28
30 73,15 71,91 70,17
31 72,82 72,00 70,37
32 72,53 72,01 70,63
33 72,32 71,67 70,91
34 72,00 71,15 71,30
35 71,52 70,70 71,88
36 71,09 70,46 72,73
37 70,81 70,40 73,98
38 70,49 70,35 75,53
39 69,98 70,18 76,80
40 69,50 69,77 76,99
41 69,34 69,25 75,79
42 69,49 68,96 73,87
43 69,69 68,93 72,42
44 69,78 68,94 72,42
45 69,82 68,86 74,19
46 69,97 68,71 77,10
47 70,24 68,54 79,41
48 70,67 68,43 79,40
49 71,22 68,52 77,07
50 71,66 68,82 74,11
51 71,74 69,24 72,20
52 71,53 69,56 71,95
53 71,32 69,61 72,96
54 71,25 69,54 74,25
55 71,24 69,68 74,99
56 71,09 70,15 75,16
57 70,94 70,80 75,33
58 71,12 71,44 75,98
59 71,70 71,98 77,06
60 72,38 72,38 78,13
61 72,87 72,63 78,68
62 73,28 72,73 78,52
63 73,83 72,81 77,83
64 74,52 73,12 76,81
65 75,19 73,82 75,71
66 75,69 74,85 74,84
67 76,01 75,92 74,35
68 76,23 76,74 73,96
69 76,41 77,14 73,20
70 76,64 77,16 72,04
71 76,94 76,87 70,95
72 77,18 76,40 70,45
73 77,16 75,77 70,71
74 76,84 74,97 71,48
75 76,33 74,04 72,20
76 75,81 73,02 72,31
77 75,38 72,03 71,68
78 74,99 71,20 70,66
79 74,56 70,62 69,64
80 74,08 70,21 68,67
81 73,57 69,86 67,53
82 73,00 69,58 66,06
83 72,29 69,26 64,31
84 71,32 68,63 62,41
85 70,11 67,52 60,53
86 68,82 66,00 58,82
87 67,58 64,32 57,35
88 66,36 62,62 55,98
89 65,11 60,75 54,41
90 63,84 58,42 52,44
91 62,49 55,51 50,02
92 60,82 52,27 47,18
93 58,79 49,13 43,96
94 56,57 46,34 40,49
95 54,37 43,84 36,90
96 52,07 41,18 33,30
97 49,28 37,91 29,81
98 45,86 34,17 26,68
99 42,42 30,69 24,11
99,9 40,01 28,33 22,37
  • Note : pour chaque niveau de rémunération (salaire en EQTP), la probabilité d'accès aux emplois de ce niveau est calculée sur l'échantillon des salariés qui n'occupent pas un emploi mieux rémunéré.
  • Lecture : en 2017, la probabilité d'accès des femmes aux emplois rémunérés au salaire médian (50e centile) est égale à 72 % de celle des hommes. L'accès aux 3 % d'emplois les mieux rémunérés (97e centile et plus) est plus de deux fois plus probable pour les hommes que pour les femmes.
  • Champ : postes du secteur privé, France métropolitaine, hors apprentis et stagiaires, hors agriculture, hors salariés des particuliers.
  • Source : Insee, panel tous salariés.

Figure 4a - Probabilité d'accès des femmes à chaque niveau de salaire, en pourcentage de celle des hommes

  • Note : pour chaque niveau de rémunération (salaire en EQTP), la probabilité d'accès aux emplois de ce niveau est calculée sur l'échantillon des salariés qui n'occupent pas un emploi mieux rémunéré.
  • Lecture : en 2017, la probabilité d'accès des femmes aux emplois rémunérés au salaire médian (50e centile) est égale à 72 % de celle des hommes. L'accès aux 3 % d'emplois les mieux rémunérés (97e centile et plus) est plus de deux fois plus probable pour les hommes que pour les femmes.
  • Champ : postes du secteur privé, France métropolitaine, hors apprentis et stagiaires, hors agriculture, hors salariés des particuliers.
  • Source : Insee, panel tous salariés.

Encadré - Moins d’écarts de salaire dans le public mais un accès aux hautes rémunérations aussi inégalitaire

Les inégalités de salaire en EQTP entre les femmes et les hommes sont moins élevées dans la fonction publique que dans le secteur privé : 12,4 % contre 16,8 % en 2017. Les inégalités de revenu salarial sont encore plus atténuées, puisque les différences de volume de travail entre femmes et hommes sont moins fortes que dans le privé. Le revenu salarial des femmes est ainsi inférieur de 16,4 % à celui des hommes pour les personnes travaillant principalement dans la fonction publique, contre 27,2 % pour les salariés travaillant principalement dans le privé.

Si les inégalités de salaire en EQTP sont moins élevées dans la fonction publique que dans le secteur privé, elles s’y réduisent en revanche moins vite (figure a). Entre 1995 et 2017, elles ont baissé de 1,3 point seulement, soit moins d’un dixième de l’écart initial dans la fonction publique, contre un recul de 4,7 points dans le privé (plus d’un cinquième de l’écart de 1995). En outre, en 2017, l’accès aux 20 % d’emplois les mieux rémunérés est tout aussi inégalitaire dans la fonction publique que dans le secteur privé (figure b). La probabilité d’accès des femmes aux 10 % des emplois les mieux rémunérés dans la fonction publique est en effet inférieure de 41 % à celle des hommes, contre 35 % dans le secteur privé.

Figure a - Écarts de rémunération nette moyenne femmes-hommes dans la fonction publique et dans le secteur privé

Figure a - Écarts de rémunération nette moyenne femmes-hommes dans la fonction publique et dans le secteur privé - Lecture : en 1995, le salaire en EQTP des femmes est inférieur à celui des hommes de 21,5 % pour les salariés travaillant principalement dans le secteur privé et de 13,8 % pour ceux travaillant principalement dans la fonction publique.
Écarts de rémunération (en %)
Salaire en EQTP Revenu salarial
Secteur privé Fonction publique Secteur privé Fonction publique
1995 21,45 13,76 33,72 18,68
1996 21,68 14,50 34,14 19,81
1997 21,10 14,05 34,04 19,31
1998 20,78 13,42 34,00 19,37
1999 20,45 13,07 34,26 19,02
2000 21,17 13,30 34,46 19,12
2001 21,11 13,56 34,06 18,83
2002 20,47 13,30 34,00 19,17
2003 20,30 13,83 32,84 18,93
2004 20,00 13,49 31,64 18,71
2005 19,52 13,35 31,48 18,39
2006 19,12 14,01 32,21 19,76
2007 19,28 13,69 31,94 19,38
2008 19,62 14,21 32,08 19,52
2009 19,14 14,50 30,68 20,66
2010 18,64 14,19 29,99 19,65
2011 18,39 14,38 30,05 19,91
2012 18,24 13,98 29,72 18,96
2013 18,01 13,91 29,06 18,69
2014 17,63 13,40 28,54 17,86
2015 17,58 13,38 28,01 17,42
2016 17,15 12,86 27,40 16,88
2017 16,76 12,45 27,23 16,36
  • Note : le revenu salarial est calculé sur l'ensemble des postes occupés par un individu pendant l'année, quel que soit le secteur (privé ou public), à la différence de la figure 2. Les salariés sont classés dans le secteur qui correspond à leur poste principal, c'est-à-dire à celui de l'entreprise dans laquelle leur nombre de jours rémunérés est le plus important (ou, en cas d'égalité, leur rémunération nette).
  • Lecture : en 1995, le salaire en EQTP des femmes est inférieur à celui des hommes de 21,5 % pour les salariés travaillant principalement dans le secteur privé et de 13,8 % pour ceux travaillant principalement dans la fonction publique.
  • Champ : France métropolitaine, hors apprentis et stagiaires, hors agriculture, hors salariés des particuliers.
  • Source : Insee, panel tous salariés.

Figure a - Écarts de rémunération nette moyenne femmes-hommes dans la fonction publique et dans le secteur privé

  • Note : le revenu salarial est calculé sur l'ensemble des postes occupés par un individu pendant l'année, quel que soit le secteur (privé ou public), à la différence de la figure 2. Les salariés sont classés dans le secteur qui correspond à leur poste principal, c'est-à-dire à celui de l'entreprise dans laquelle leur nombre de jours rémunérés est le plus important (ou, en cas d'égalité, leur rémunération nette).
  • Lecture : en 1995, le salaire en EQTP des femmes est inférieur à celui des hommes de 21,5 % pour les salariés travaillant principalement dans le secteur privé et de 13,8 % pour ceux travaillant principalement dans la fonction publique.
  • Champ : France métropolitaine, hors apprentis et stagiaires, hors agriculture, hors salariés des particuliers.
  • Source : Insee, panel tous salariés.

Figure b - Probabilité d'accès des femmes à chaque niveau de salaire, en pourcentage de celle des hommes en 2017

Figure b - Probabilité d'accès des femmes à chaque niveau de salaire, en pourcentage de celle des hommes en 2017 - Lecture : accéder à un emploi rémunéré au salaire médian dans le secteur privé est 30 % moins probable pour une femme que pour un homme, contre 15 % dans la fonction publique.
Centile Secteur privé Fonction publique
1 104,23 100,63
2 105,20 97,71
3 108,13 95,75
4 116,97 97,02
5 117,79 100,42
6 113,14 103,22
7 110,59 105,03
8 108,46 106,54
9 105,72 107,74
10 102,71 108,62
11 99,48 109,13
12 96,73 108,75
13 95,09 107,43
14 94,10 106,01
15 92,58 105,22
16 90,61 105,23
17 88,54 105,78
18 86,61 106,25
19 84,89 106,03
20 83,65 104,88
21 83,13 102,96
22 82,80 100,68
23 82,05 98,15
24 81,13 95,48
25 80,49 93,09
26 79,84 91,28
27 78,99 90,31
28 78,63 90,11
29 78,75 89,97
30 78,61 89,30
31 78,27 88,40
32 77,70 88,09
33 76,88 88,81
34 76,15 89,98
35 75,62 90,90
36 75,16 91,89
37 74,55 93,02
38 73,88 93,20
39 73,49 91,64
40 73,25 89,34
41 72,89 87,20
42 72,61 85,04
43 72,26 83,87
44 71,93 84,83
45 71,56 86,80
46 71,34 87,89
47 71,43 87,40
48 71,41 85,87
49 71,04 84,48
50 70,87 84,07
51 70,94 84,23
52 70,97 84,10
53 71,16 83,62
54 71,43 83,46
55 71,54 83,66
56 71,59 83,46
57 71,71 82,96
58 71,71 82,87
59 71,74 83,12
60 72,02 83,30
61 72,47 83,51
62 72,89 83,68
63 73,17 83,63
64 73,48 84,17
65 73,92 85,36
66 74,57 85,85
67 74,96 85,77
68 75,19 86,33
69 75,60 86,92
70 76,03 86,37
71 76,24 85,41
72 76,04 84,80
73 75,76 84,10
74 75,60 83,30
75 75,51 82,78
76 75,24 82,59
77 74,82 82,41
78 74,58 81,76
79 74,51 80,35
80 74,18 78,12
81 73,51 75,31
82 72,88 72,47
83 72,17 70,17
84 71,27 68,61
85 70,21 67,48
86 69,03 66,28
87 67,84 64,80
88 66,67 63,04
89 65,44 61,09
90 64,06 59,01
91 62,52 56,86
92 60,75 54,60
93 58,79 52,22
94 56,58 49,67
95 54,49 47,02
96 52,52 44,41
97 49,86 42,19
98 45,33 40,56
99 39,27 38,35
99,9 34,99 34,21
  • Note : les postes du secteur privé et de la fonction publique sont classés selon leur salaire, sur des échelles différentes : pour une position donnée (de 0 à 100), l'emploi correspondant dans la fonction publique peut ne pas avoir le même niveau de rémunération que l'emploi correspondant dans le secteur privé.
  • Lecture : accéder à un emploi rémunéré au salaire médian dans le secteur privé est 30 % moins probable pour une femme que pour un homme, contre 15 % dans la fonction publique.
  • Champ : France métropolitaine, hors apprentis et stagiaires, hors agriculture, hors salariés des particuliers.
  • Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales (DADS), déclarations sociales nominatives (DSN) et système d'information sur les agents des services publics (Siasp), 2017.

Figure b - Probabilité d'accès des femmes à chaque niveau de salaire, en pourcentage de celle des hommes en 2017

  • Note : les postes du secteur privé et de la fonction publique sont classés selon leur salaire, sur des échelles différentes : pour une position donnée (de 0 à 100), l'emploi correspondant dans la fonction publique peut ne pas avoir le même niveau de rémunération que l'emploi correspondant dans le secteur privé.
  • Lecture : accéder à un emploi rémunéré au salaire médian dans le secteur privé est 30 % moins probable pour une femme que pour un homme, contre 15 % dans la fonction publique.
  • Champ : France métropolitaine, hors apprentis et stagiaires, hors agriculture, hors salariés des particuliers.
  • Source : Insee, déclarations annuelles de données sociales (DADS), déclarations sociales nominatives (DSN) et système d'information sur les agents des services publics (Siasp), 2017.

Sources

Les salaires en EQTP et le revenu salarial sont calculés à partir du panel tous salariés, qui est issu des déclarations annuelles de données sociales, des déclarations sociales nominatives, des fichiers de paie des agents de l’État et du système d’information sur les agents des services publics (Siasp). Il permet de suivre annuellement un échantillon au 1/12e de la population salariée et d’avoir des informations sur les périodes d’emploi, les caractéristiques des employeurs et les salaires.

L’appariement avec l’échantillon démographique permanent donne également des informations sur le diplôme ainsi que sur les années de naissance des enfants le cas échéant. Le champ de cette étude n’intègre pas les salariés agricoles, apprentis, stagiaires et salariés dont le ou les seuls employeurs sont des particuliers.

Définitions

L’écart de salaire moyen en EQTP entre les femmes et les hommes pour un même poste est ici appréhendé en comparant les rémunérations des femmes et des hommes occupant une même profession dans un même établissement. Une régression du logarithme du salaire est ainsi mise en œuvre, avec effets fixes définis à partir de l’interaction du libellé d’emploi, du code profession de la nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles et du Siret de l’établissement employeur. Le champ est limité de ce fait aux établissements où plusieurs salariés occupent la même profession. Cette méthode est plus précise que celle utilisée dans Bonnet, Vuillemin (2020). Prenant mieux en compte les spécificités des emplois, elle conduit à un écart salarial femmes-hommes non expliqué plus faible que mesuré dans la publication susmentionnée. La part non expliquée de l’écart ne peut cependant pas s’interpréter comme une mesure de la discrimination salariale, cette part non expliquée pouvant encore refléter des différences de caractéristiques non observées susceptibles de biaiser à la hausse comme à la baisse l’estimation de l’écart de salaire moyen à poste égal.

Les inégalités d’accès aux niveaux de salaire entre les femmes et les hommes sont illustrées en calculant, pour chaque niveau dans l’échelle des salaires en EQTP (classés en centiles, de 0 pour l’emploi le moins bien rémunéré à 100 pour le mieux rémunéré), la probabilité pour une femme d’accéder aux emplois de ce niveau, relativement à celle d’un homme.


Salaire en équivalent temps plein (EQTP) :

le salaire en équivalent temps plein (EQTP) est un salaire converti à un temps plein pendant toute l'année, quel que soit le volume de travail effectif. Par exemple, pour un agent ayant occupé un poste de travail pendant six mois à 80 % et ayant perçu un total de 10 000 euros, le salaire en EQTP est de 10 000/(0,5*0,8) = 25 000 euros par an.

Pour calculer le salaire moyen en EQTP ou sa distribution, tous les postes y compris les postes à temps partiel sont pris en compte au prorata de leur volume de travail effectif (soit 0,5*0,8=04 EQTP dans l'exemple précédent).


Revenu salarial :

le revenu salarial correspond à la somme de tous les salaires perçus par un individu au cours d'une année donnée, nets de toutes cotisations sociales, y compris contribution sociale généralisée (CSG) et contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) .

Plus précisément, on passe du salaire horaire au salaire journalier en prenant en compte la quotité de temps de travail, puis au revenu salarial annuel en multipliant ce salaire journalier par le nombre de jours rémunérés dans l'année.

Par définition, le revenu salarial n'intègre pas les revenus des activités non salariées, dont un salarié peut éventuellement bénéficier (par exemple le cas d'un médecin exerçant à la fois comme salarié à l'hôpital et dans un cabinet privé), ni les revenus de transfert, même ceux déterminés par l'activité (comme la prime pour l'emploi) ou assurantiels (comme les allocations de chômage).

Pour passer du revenu salarial d'un individu au revenu disponible d'un ménage, il faut agréger l'ensemble des revenus des différents membres du ménage (y compris les revenus d'une éventuelle activité non salariée, et les revenus du patrimoine) et prendre en compte l'ensemble des transferts sociaux (minima sociaux, prestations familiales, aides au logement) nets des prélèvements (comme l'impôt sur le revenu).

Pour en savoir plus

Bonnet O.,Vuillemin T., « Salaires dans le secteur privé - En 2017, le salaire net moyen augmente de 0,9 % en euros constants », Insee Première n° 1798, avril 2020.

Bentoudja L., Razafindranovona T., « Être parent : des cadres aux ouvrières, plus de conséquences sur l’emploi des femmes », Insee Première n° 1795, mars 2020.

Pora P., Wilner L., « Les trajectoires professionnelles des femmes les moins bien rémunérées sont les plus affectées par l’arrivée d’un enfant », Insee Analyses n° 48, octobre 2019.

Coudin É., Maillard S., Tô M., « Entreprises, enfants : quels rôles dans les inégalités salariales entre femmes et hommes ? », Insee Analyses n° 44, février 2019.

Tornero M., « Des inégalités dès le début de carrière entre les femmes et les hommes : l’impact des filières d’études », Insee Analyses Occitanie n° 51, septembre 2017.