Emploi, chômage, revenus du travailÉdition 2021

L’Insee et la Dares présentent dans cet ouvrage un ensemble d’analyses et d’indicateurs portant sur le marché du travail.

Insee Références
Paru le : Paru le 29/06/2021
Emploi, chômage, revenus du travail - Juin 2021
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Évolution de l’emploi

Insee Références

Paru le : 29/06/2021

Fin 2020, selon les Estimations d’emploi, 28,2 millions de personnes sont en emploi en France (figure 1) : 25,2 millions exercent une activité salariée et 3,1 millions sont non salariées. Les femmes n’occupent qu’un emploi non salarié sur trois mais la moitié des emplois salariés, leur part variant selon les secteurs d’activité : elles sont nettement moins présentes dans la construction (12 %), l’agriculture (29 %) et l’industrie (29 %) que dans le tertiaire marchand (48 %) ou non marchand (69 %).

Figure 1Évolution de l'emploi par statut et par secteur d'activité de 2015 à 2020

Évolution de l'emploi par statut et par secteur d'activité de 2015 à 2020 - Lecture : l'emploi salarié a baissé de 296 000 entre fin 2019 et fin 2020. Fin 2020, 25 152 000 personnes occupaient un emploi salarié et 50 % étaient des femmes.
2015 2016 2017 2018 2019 2020 2020
Glissement annuel (en milliers) Effectifs (en milliers) Part des femmes (en %)
Emploi salarié 102 194 333 147 285 -296 25 152 50
Privé 99 164 359 168 261 -332 19 299 nd
Public 3 29 -26 -21 24 36 5 852 nd
Agriculture 4 0 6 8 7 1 271 29
Industrie -35 -28 5 12 10 -58 3 103 29
Construction -37 -9 20 34 47 31 1 453 12
Tertiaire marchand 153 197 312 125 200 -329 12 212 48
Commerce 22 17 33 18 41 -32 3 179 49
Transport -1 13 16 19 16 -11 1 414 27
Hébergement-restauration 8 17 33 21 49 -128 965 47
Information-communication 10 13 23 30 20 -4 807 33
Services financiers 9 4 5 3 4 -9 871 60
Services immobiliers 3 5 4 1 0 -4 246 59
Services aux entreprises 105 132 200 42 71 -72 3 479 47
dont intérim 60 71 124 -28 -4 -42 745 nd
Services aux ménages -2 -4 -4 -9 1 -68 1 251 69
Tertiaire non marchand 17 33 -10 -31 21 59 8 113 69
Emploi non salarié 10 9 19 66 121 30 3 092 35
Emploi total 112 203 352 213 406 -266 28 244 48
  • nd : non disponible.
  • Note : les estimations d'emploi pour 2019 et 2020 sont provisoires. Les intérimaires sont comptabilisés dans les services aux entreprises quel que soit le secteur où ils exécutent leur mission.
  • Lecture : l'emploi salarié a baissé de 296 000 entre fin 2019 et fin 2020. Fin 2020, 25 152 000 personnes occupaient un emploi salarié et 50 % étaient des femmes.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi ; Insee, prévision sur l'emploi non salarié en 2020.

Entre fin 2019 et fin 2020, l’emploi a baissé de 266 000 sous l’effet de la crise sanitaire, après avoir augmenté de 406 000 en 2019. Ce recul provient essentiellement de l’emploi salarié (– 296 000 après + 285 000 en 2019), surtout dans le privé (– 332 000 après + 261 000), alors que l’emploi public a continué de progresser (+ 36 000 après + 24 000). Les pertes d’emplois dans le privé sont de bien moindre ampleur que les pertes d’activité, le dispositif d’activité partielle, largement ouvert à compter de mars 2020, permettant une importante rétention de main–d’œuvre dans les entreprises.

La baisse de l’emploi salarié concerne surtout les secteurs les plus touchés par les restrictions d’activité, surtout dans le tertiaire marchand. L’hébergement‑restauration (– 128 000 emplois), les services aux ménages (– 68 000, ce secteur comprend notamment les activités culturelles) et le commerce (– 32 000) concentrent ainsi plus des deux tiers des pertes d’emploi salarié. Au sein des services aux entreprises (- 72 000 emplois), l’emploi intérimaire s’est le plus rapidement ajusté à la crise avec des pertes historiques au premier trimestre 2020. Il s’est en grande partie redressé sur le reste de l’année mais son niveau fin 2020 demeure inférieur à celui enregistré un an auparavant (– 42 000 emplois). Le taux de recours à l’intérim des seuls secteurs marchands non agricoles s’est ainsi effondré à la fin du premier trimestre 2020, passant de 4,4 % fin 2019 à 2,7 % puis s’est redressé à 4,3 % fin 2020, presque au même niveau qu’un an auparavant (figure 2).

Figure 2Emploi intérimaire par secteur utilisateur de 2000 à 2020

Emploi intérimaire par secteur utilisateur de 2000 à 2020 - Lecture : au quatrième trimestre 2020, le taux de recours à l'intérim dans les secteurs marchands non agricoles était de 4,3 %.
en milliers en %
Ensemble Industrie Construction Tertiaire Taux de recours à l'intérim
2000 T1 619,1 312,5 113,2 191,0 3,96
T2 651,9 325,2 118,8 205,6 4,11
T3 661,3 334,2 119,4 205,3 4,12
T4 658,9 331,7 116,7 208,5 4,07
2001 T1 669,3 339,5 115,9 211,8 4,11
T2 641,4 319,2 112,8 207,0 3,94
T3 626,2 305,1 114,1 204,8 3,83
T4 600,5 281,4 107,6 209,2 3,66
2002 T1 608,9 290,2 111,0 205,1 3,70
T2 609,2 295,1 108,7 202,8 3,70
T3 596,7 289,0 107,1 197,7 3,62
T4 593,9 296,5 109,1 185,8 3,61
2003 T1 583,7 288,6 110,6 181,9 3,55
T2 580,8 284,6 110,6 183,1 3,54
T3 583,2 280,9 114,1 185,9 3,56
T4 600,8 290,2 120,5 187,6 3,66
2004 T1 588,2 281,1 121,1 184,1 3,59
T2 592,3 284,3 122,5 183,2 3,61
T3 597,6 289,4 122,2 183,6 3,65
T4 614,5 295,5 129,6 187,0 3,75
2005 T1 613,4 284,1 130,4 196,7 3,73
T2 620,5 280,6 137,4 200,2 3,77
T3 633,3 285,9 141,1 203,7 3,85
T4 652,7 295,9 147,7 207,0 3,96
2006 T1 637,5 289,5 142,8 203,0 3,86
T2 669,9 306,9 149,0 211,4 4,03
T3 667,4 306,0 149,2 209,5 4,01
T4 681,0 313,4 155,9 209,2 4,08
2007 T1 723,2 333,8 160,5 226,3 4,30
T2 702,9 322,2 155,1 223,2 4,16
T3 689,4 314,5 150,0 221,6 4,06
T4 684,3 310,3 140,3 231,1 4,02
2008 T1 720,8 330,2 153,2 234,5 4,23
T2 667,0 299,7 145,3 219,0 3,92
T3 631,4 275,9 140,5 212,0 3,71
T4 543,6 219,8 127,8 192,8 3,21
2009 T1 473,1 175,9 121,8 172,6 2,81
T2 474,8 176,2 119,7 176,0 2,84
T3 498,8 193,6 119,8 182,7 2,99
T4 524,9 211,2 122,1 188,7 3,15
2010 T1 550,8 229,6 120,9 197,4 3,31
T2 573,0 245,1 125,5 199,4 3,44
T3 597,1 260,1 127,3 206,8 3,58
T4 624,8 280,3 129,1 212,7 3,75
2011 T1 631,7 283,6 134,3 211,1 3,77
T2 634,5 285,3 134,6 212,0 3,79
T3 625,6 275,5 139,2 207,8 3,73
T4 621,0 272,3 141,5 204,2 3,70
2012 T1 593,5 257,9 133,9 198,7 3,54
T2 574,7 245,5 130,6 195,8 3,43
T3 550,0 233,0 124,6 189,7 3,30
T4 533,6 223,4 118,3 189,1 3,21
2013 T1 550,9 231,8 124,0 192,3 3,31
T2 544,6 228,6 126,5 186,7 3,29
T3 561,1 234,2 131,6 192,4 3,38
T4 564,2 237,4 123,9 200,0 3,40
2014 T1 558,2 237,9 120,6 196,8 3,37
T2 569,8 246,8 116,7 203,0 3,43
T3 555,5 241,2 110,5 200,3 3,35
T4 563,2 243,1 110,4 206,9 3,40
2015 T1 560,8 244,5 105,1 208,2 3,39
T2 583,7 251,0 110,0 219,7 3,52
T3 606,1 259,8 113,1 230,1 3,65
T4 622,4 265,9 119,2 234,0 3,73
2016 T1 620,2 262,7 112,9 241,4 3,71
T2 638,7 268,1 117,7 249,6 3,82
T3 659,5 273,9 126,7 255,5 3,93
T4 692,4 285,2 133,2 270,3 4,12
2017 T1 721,0 290,7 141,6 285,1 4,26
T2 751,7 303,1 143,6 301,4 4,42
T3 777,0 313,5 149,4 310,5 4,55
T4 817,3 327,9 162,9 322,9 4,75
2018 T1 809,6 321,0 155,0 329,7 4,69
T2 799,1 313,3 155,1 326,7 4,61
T3 798,6 307,0 159,6 327,9 4,60
T4 790,2 301,0 158,7 326,5 4,53
2019 T1 796,3 301,2 164,7 326,5 4,54
T2 793,4 293,6 161,6 334,4 4,51
T3 790,7 286,4 162,1 338,5 4,48
T4 787,1 280,7 158,3 344,5 4,43
2020 T1 470,4 167,0 62,6 238,4 2,69
T2 578,1 191,1 116,4 267,3 3,34
T3 709,5 242,8 143,9 319,1 4,03
T4 745,2 254,0 154,0 333,6 4,25
  • Note : le taux de recours à l'intérim est calculé sur le champ dit « secteur marchand non agricole (SMNA) » (industrie, construction et tertiaire marchand).
  • Lecture : au quatrième trimestre 2020, le taux de recours à l'intérim dans les secteurs marchands non agricoles était de 4,3 %.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Dares, exploitation des déclarations sociales nominatives et, avant 2017, des fichiers de Pôle emploi des déclarations mensuelles des agences d'intérim.

Figure 2Emploi intérimaire par secteur utilisateur de 2000 à 2020

  • Note : le taux de recours à l'intérim est calculé sur le champ dit « secteur marchand non agricole (SMNA) » (industrie, construction et tertiaire marchand).
  • Lecture : au quatrième trimestre 2020, le taux de recours à l'intérim dans les secteurs marchands non agricoles était de 4,3 %.
  • Champ : France hors Mayotte.
  • Source : Dares, exploitation des déclarations sociales nominatives et, avant 2017, des fichiers de Pôle emploi des déclarations mensuelles des agences d'intérim.

Dans l’industrie, l’emploi salarié hors intérim a reculé de 58 000 en 2020 après trois années de légère hausse. Il s’agit de la plus forte baisse annuelle du secteur depuis 2010.

Dans la construction, l’emploi hors intérim est resté dynamique en 2020 (+ 31 000 après + 47 000 en 2019). Dans ce secteur l’ajustement de court terme de l’emploi à la chute de l’activité est essentiellement passé par une baisse du recours à l’intérim en début d’année. Sur l’ensemble de l’année 2020 l’emploi hors intérim a augmenté pour la quatrième année consécutive.

Au sein des services non marchands, l’emploi salarié a accéléré en 2020 (+ 59 000 après + 21 000 en 2019), principalement porté par le secteur de la santé.

Enfin, l'emploi non salarié aurait augmenté en 2020 (+ 30 000) pour la septième année consécutive, porté notamment par les micro-entrepreneurs.

Figure 3Emploi salarié par secteur d'activité de 1989 à 2020

en millions
Emploi salarié par secteur d'activité de 1989 à 2020 (en millions) - Lecture : au quatrième trimestre 2020, 12,2 millions de salariés occupaient un emploi dans le secteur tertiaire marchand.
Agriculture Industrie Construction Tertiaire marchand Tertiaire non marchand
1989 0,22 4,58 1,40 8,11 6,07
1990 0,22 4,57 1,41 8,25 6,17
1991 0,23 4,46 1,38 8,30 6,33
1992 0,24 4,29 1,32 8,29 6,47
1993 0,24 4,10 1,25 8,34 6,59
1994 0,25 4,07 1,25 8,56 6,70
1995 0,26 4,08 1,24 8,72 6,78
1996 0,27 4,02 1,19 8,88 6,82
1997 0,28 4,01 1,18 9,15 6,86
1998 0,29 4,02 1,18 9,50 6,99
1999 0,29 4,01 1,22 9,93 7,13
2000 0,28 4,10 1,28 10,39 7,23
2001 0,27 4,09 1,31 10,64 7,28
2002 0,27 4,01 1,31 10,76 7,42
2003 0,27 3,91 1,32 10,78 7,44
2004 0,27 3,82 1,35 10,88 7,49
2005 0,26 3,73 1,40 11,02 7,57
2006 0,26 3,68 1,46 11,22 7,67
2007 0,25 3,63 1,52 11,49 7,75
2008 0,24 3,56 1,53 11,37 7,78
2009 0,23 3,39 1,49 11,32 7,82
2010 0,23 3,31 1,47 11,47 7,82
2011 0,23 3,29 1,46 11,55 7,83
2012 0,24 3,27 1,44 11,48 7,87
2013 0,24 3,23 1,41 11,51 7,97
2014 0,24 3,20 1,37 11,55 8,02
2015 0,25 3,16 1,33 11,71 8,04
2016 0,25 3,13 1,32 11,90 8,07
2017 0,25 3,14 1,34 12,22 8,06
2018 0,26 3,15 1,38 12,34 8,03
2019 0,27 3,16 1,42 12,54 8,05
2020 0,27 3,10 1,45 12,22 8,12
  • Note : les intérimaires sont comptabilisés dans les services aux entreprises quel que soit le secteur où ils exécutent leur mission.
  • Lecture : au quatrième trimestre 2020, 12,2 millions de salariés occupaient un emploi dans le secteur tertiaire marchand.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Figure 3Emploi salarié par secteur d'activité de 1989 à 2020

  • Note : les intérimaires sont comptabilisés dans les services aux entreprises quel que soit le secteur où ils exécutent leur mission.
  • Lecture : au quatrième trimestre 2020, 12,2 millions de salariés occupaient un emploi dans le secteur tertiaire marchand.
  • Champ : France hors Mayotte, personnes de 15 ans ou plus.
  • Source : Insee, Estimations d'emploi.

Définitions

Les non‑salariés sont les personnes qui travaillent mais sont rémunérées sous une autre forme qu’un salaire. En pratique, les non‑salariés sont des personnes affiliées à un régime de protection sociale des travailleurs non salariés : Sécurité sociale des indépendants (SSI) ou Mutualité sociale agricole (MSA). Sont concernés les micro‑entrepreneurs d’une part et les non‑salariés « classiques » de l’autre ; ces derniers sont pour l’essentiel des entrepreneurs individuels « classiques » ou des gérants majoritaires de sociétés à responsabilité limitée (SARL ou SELARL).

Les salariés sont les personnes qui travaillent, aux termes d’un contrat, pour une autre entité résidente en échange d’un salaire ou d’une rétribution équivalente, avec un lien de subordination.

L’activité partielle (ou chômage partiel) est un dispositif de prévention des licenciements économiques permettant à une entreprise qui subit une perte d’activité de nature économique, technique ou naturelle, de réduire temporairement les horaires de ses effectifs et d’avoir recours au système d’indemnisation du chômage partiel pour tout ou partie du coût de la rémunération de ses salariés.

La rétention de main–d’œuvre est liée au comportement d’une entreprise qui conserve un niveau d’emploi supérieur à celui nécessaire pour répondre à la demande du moment. Cette rétention peut être financée par le dispositif d’activité partielle.

Le taux de recours à l’intérim est le rapport entre le nombre d’intérimaires et l’ensemble des salariés (intérimaires ou non) en fin de trimestre.

Pour en savoir plus

« Un an après… », Note de conjoncture, Insee, mars 2021.

« Au premier trimestre 2021, l’emploi salarié progresse de 0,3 % », Informations Rapides n° 148, Insee, juin 2021.

Définitions

Les non‑salariés sont les personnes qui travaillent mais sont rémunérées sous une autre forme qu’un salaire. En pratique, les non‑salariés sont des personnes affiliées à un régime de protection sociale des travailleurs non salariés : Sécurité sociale des indépendants (SSI) ou Mutualité sociale agricole (MSA). Sont concernés les micro‑entrepreneurs d’une part et les non‑salariés « classiques » de l’autre ; ces derniers sont pour l’essentiel des entrepreneurs individuels « classiques » ou des gérants majoritaires de sociétés à responsabilité limitée (SARL ou SELARL).

Les salariés sont les personnes qui travaillent, aux termes d’un contrat, pour une autre entité résidente en échange d’un salaire ou d’une rétribution équivalente, avec un lien de subordination.

L’activité partielle (ou chômage partiel) est un dispositif de prévention des licenciements économiques permettant à une entreprise qui subit une perte d’activité de nature économique, technique ou naturelle, de réduire temporairement les horaires de ses effectifs et d’avoir recours au système d’indemnisation du chômage partiel pour tout ou partie du coût de la rémunération de ses salariés.

La rétention de main–d’œuvre est liée au comportement d’une entreprise qui conserve un niveau d’emploi supérieur à celui nécessaire pour répondre à la demande du moment. Cette rétention peut être financée par le dispositif d’activité partielle.

Le taux de recours à l’intérim est le rapport entre le nombre d’intérimaires et l’ensemble des salariés (intérimaires ou non) en fin de trimestre.