France, portrait socialÉdition 2019

Une édition avec des éclairages consacrés à l’évolution de la société française depuis 40 ans : démographie, évolution du temps de travail, mobilité sociale, inégalités de niveau de vie et redistribution, opinions et préoccupations des Français.

Insee Références
Paru le : Paru le 19/11/2019
France, portrait social - novembre 2019
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Sommaire

Revenu salarial

Insee Références

Paru le : 19/11/2019

Le revenu salarial, somme de tous les salaires nets perçus par un individu au cours d’une année donnée, intègre deux dimensions : le salaire annuel en équivalent temps plein, prix d’une unité de travail salarié, et le volume de travail salarié réalisé au cours de l’année, mesuré en équivalent temps plein (EQTP). En 2016, le revenu salarial annuel moyen pour l’ensemble des salariés du secteur privé et de la fonction publique s’élève à 20 730 euros (figure 1). Cette moyenne recouvre des situations hétérogènes : les femmes perçoivent en moyenne un revenu salarial inférieur de 23 % à celui des hommes, les salariés à temps partiel ont un revenu salarial inférieur de 58 % à celui des temps complets.

Le revenu salarial augmente avec l’âge jusqu’à 54 ans : celui des moins de 25 ans est en moyenne inférieur de 71 % à celui des 50‑54 ans. D’une part, les salaires moyens en EQTP des plus jeunes sont 44 % plus bas que ceux des 50‑54 ans : cet écart illustre leur moindre expérience professionnelle. D’autre part, l’insertion sur le marché du travail débute souvent en cours d’année, avec parfois des allers‑retours entre emploi et chômage, ce qui se traduit, pour les plus jeunes, par un volume de travail plus faible de 49 % en moyenne que celui des 50‑54 ans.

Le revenu salarial augmente avec le niveau de diplôme. Ainsi, les salariés diplômés de l’enseignement supérieur long ont un revenu salarial 2,4 fois supérieur à celui des non‑diplômés. Cela correspond avant tout à des différences en matière de salaire en EQTP et, dans une moindre mesure, à des disparités de volume de travail.

Les cadres ont un revenu salarial annuel moyen de 41 200 euros, soit 2,7 fois celui des ouvriers et 3,0 fois celui des employés, du fait à la fois de salaires en EQTP plus élevés et d’un volume de travail plus important. Le revenu salarial est plus élevé en moyenne dans la fonction publique que dans le secteur privé (+ 8 %), le volume de travail y étant plus important sur l’année. En revanche, le salaire en EQTP est en moyenne légèrement plus faible dans la fonction publique que dans le secteur privé.

Figure 1Revenu salarial annuel moyen en 2016

Revenu salarial annuel moyen en 2016
Revenu salarial moyen Salaire annuel moyen en équivalent temps plein Volume de travail moyenen équivalent temps plein
(en euros courants)
Ensemble 20 730 27 010 0,77
Sexe
Femmes 17 950 24 290 0,74
Hommes 23 420 29 450 0,80
Âge
Moins de 25 ans 7 480 16 880 0,44
25 à 39 ans 19 160 23 910 0,80
40 à 49 ans 24 870 29 110 0,85
50 à 54 ans 26 120 30 190 0,87
55 ans ou plus 24 660 32 120 0,77
Diplôme
Sans diplôme 14 590 19 970 0,73
CAP, BEP ou moins 17 510 22 270 0,79
Bac 19 780 24 070 0,82
Bac + 2 24 760 28 470 0,87
Bac + 3 ou plus 35 000 39 760 0,88
Catégorie socioprofessionnelle
Cadres1 41 200 46 600 0,88
Professions intermédiaires 22 760 27 180 0,84
Employés 13 710 19 890 0,69
Ouvriers 15 110 20 370 0,74
Condition d'emploi
Temps complet 25 970 28 440 0,91
Temps partiel 10 830 21 980 0,49
Secteur
Secteur privé 20 380 27 050 0,75
Fonction publique 21 980 26 870 0,82
  • 1. Y compris chefs d'entreprise salariés.
  • Note : le revenu salarial est calculé sur l'ensemble des salariés, tandis que la décomposition en salaire en équivalent temps plein et en volume de travail n'est réalisée que sur les individus pour lesquels on peut calculer un volume de travail en équivalent temps plein. La catégorie socioprofessionnelle, la condition d'emploi et le secteur sont relatifs au poste principal du salarié.
  • Champ : France hors Mayotte, ensemble des salariés hors salariés agricoles et apprentis stagiaires, hors salaires versés par des particuliers employeurs.
  • Source : Insee, panel Tous salariés.

Entre 1995 et 2009, le revenu salarial moyen de l’ensemble des salariés a augmenté de 0,7 % par an (figure 2). Après quatre années de baisse entre 2009 et 2013, de 0,4 % par an en moyenne, il croît à nouveau : + 0,7 % en moyenne entre 2013 et 2016. Depuis 2013, le revenu salarial moyen augmente plus vite pour les femmes (+1,1 % par an en moyenne) que pour les hommes (+ 0,5 %), l’écart de niveau entre les femmes et les hommes diminuant ainsi légèrement.

Figure 2Évolution du revenu salarial annuel moyen pour l'ensemble des salariés et par sexe entre 1995 et 2016

en euros constant 2016
Évolution du revenu salarial annuel moyen pour l'ensemble des salariés et par sexe entre 1995 et 2016 (en euros constant 2016)
Ensemble des salariés Femmes Hommes
Revenu salarial annuel moyen Revenu salarial annuel moyen, y compris cotisations patronales de complémentaire santé obligatoire (CPSO) Revenu salarial annuel moyen Revenu salarial annuel moyen, y compris cotisations patronales de complémentaire santé obligatoire (CPSO) Revenu salarial annuel moyen Revenu salarial annuel moyen, y compris cotisations patronales de complémentaire santé obligatoire (CPSO)
1995 18 608 15 440 21 260
1996 18 637 15 418 21 357
1997 18 689 15 491 21 409
1998 18 990 15 726 21 788
1999 19 036 15 762 21 862
2000 19 236 15 900 22 146
2001 19 433 16 083 22 390
2002 19 624 16 306 22 577
2003 19 673 16 381 22 613
2004 19 722 16 456 22 649
2005 19 771 16 531 22 685
2006 19 819 16 605 22 721
2007 20 132 16 900 23 081
2008 20 171 16 898 23 179
2009 20 392 17 255 23 316
2010 20 245 17 224 23 102
2011 20 181 17 144 23 054
2012 20 140 20 378 17 170 17 334 22 972 23 281
2013 20 281 17 369 23 086
2014 20 455 17 601 23 216
2015 20 577 17 771 23 299
2016 20 734 17 953 23 424
  • Note : évolutions lissées entre 2002-2006. Depuis le 1er janvier 2013, les cotisations patronales de complémentaire santé obligatoire (CPSO) ne sont plus exonérées d’impôt sur le revenu et entrent de ce fait dans le calcul du revenu salarial. Une estimation du montant de ces cotisations a été effectuée pour l'année 2012, afin de permettre la comparaison entre le revenu salarial en 2012 et le revenu salarial en 2013.
  • Champ : France métropolitaine jusqu'en 2001, France hors Mayotte à partir de 2002, ensemble des salariés hors salariés agricoles et apprentis stagiaires, hors salaires versés par des particuliers employeurs.
  • Source : Insee, panel Tous salariés.

Figure 2Évolution du revenu salarial annuel moyen pour l'ensemble des salariés et par sexe entre 1995 et 2016

  • Note : évolutions lissées entre 2002-2006. Depuis le 1er janvier 2013, les cotisations patronales de complémentaire santé obligatoire (CPSO) ne sont plus exonérées d’impôt sur le revenu et entrent de ce fait dans le calcul du revenu salarial. Une estimation du montant de ces cotisations a été effectuée pour l'année 2012, afin de permettre la comparaison entre le revenu salarial en 2012 et le revenu salarial en 2013.
  • Champ : France métropolitaine jusqu'en 2001, France hors Mayotte à partir de 2002, ensemble des salariés hors salariés agricoles et apprentis stagiaires, hors salaires versés par des particuliers employeurs.
  • Source : Insee, panel Tous salariés.

Les revenus salariaux sont plus dispersés que les salaires en EQTP, car ils prennent en compte les écarts de volume de travail. Les 10 % de salariés les moins bien rémunérés en 2016 perçoivent moins de 2 600 euros, les 10 % les mieux rémunérés plus de 37 470 euros, soit 14 fois plus (rapport interdécile ou D9/D1) (figure 3). Les écarts relatifs sont plus importants dans la moitié basse de la distribution que dans la moitié haute : le rapport entre la médiane et le 1er décile (médiane/D1) est 3,5 fois plus élevé que le rapport entre le 9e décile et la médiane (D9/médiane). La dispersion du revenu salarial est plus forte chez les femmes que chez les hommes dans la moitié inférieure de la distribution. Elle est également plus forte chez les non‑diplômés que chez les diplômés. Cela reflète la plus grande hétérogénéité des volumes de travail des femmes et des non‑diplômés.

Figure 3Distribution du revenu salarial annuel selon le diplôme en 2016

en euros courants
Distribution du revenu salarial annuel selon le diplôme en 2016 (en euros courants)
Ensemble Femmes Hommes Sans diplôme CAP, BEP ou moins Bac Bac + 2 Bac + 3 ou plus
1er décile (D1) 2 600 2 240 3 060 2 160 3 440 5 110 8 590 10 640
1er quartile (Q1) 9 390 8 190 11 200 7 120 10 040 12 470 16 880 20 360
Médiane 18 450 16 850 20 100 14 760 17 510 18 720 22 900 28 830
3e quartile (Q3) 26 240 23 840 28 720 20 140 22 720 24 920 30 320 41 310
9e décile (D9) 37 470 32 640 42 270 25 320 29 160 32 930 39 960 60 980
Rapport interdécile (D9/D1) 14,4 14,6 13,8 11,7 8,5 6,4 4,7 5,7
D9/médiane 2,0 1,9 2,1 1,7 1,7 1,8 1,7 2,1
Médiane/D1 7,1 7,5 6,6 6,8 5,1 3,7 2,7 2,7
  • Champ : France hors Mayotte, ensemble des salariés hors salariés agricoles et apprentis stagiaires, hors salaires versés par des particuliers employeurs.
  • Source : Insee, panel Tous salariés.

Avertissement

À la suite de changements dans le mode de calcul du volume de travail, les chiffres relatifs au salaire annuel et au volume de travail moyens en équivalent temps plein ne sont pas directement comparables à ceux publiés dans l’édition 2018. Par ailleurs, une révision dans le mode de calcul du diplôme rend impossible la comparaison directe des chiffres par niveau de diplôme publiés ici avec ceux publiés dans l’édition 2018.

Définitions


Revenu salarial : somme de tous les salaires perçus par un individu au cours d’une année donnée, nets de toutes cotisations sociales et contributions sociales (CSG et CRDS).


Salaire annuel en équivalent temps plein (EQTP) : salaire converti à un temps plein pendant toute l’année, quel que soit le volume de travail effectif. Pour un salarié ayant occupé un poste de travail durant six mois à 80 % et ayant perçu au total 10 000 euros, le salaire en EQTP est de 10 000 / (0,5 × 0,8) = 25 000 euros par an.


Rapport interdécile (D9/D1) : le rapport interdécile d’un critère (niveau de vie, salaire, revenu, etc.) est le rapport entre le 1er décile (D1) et le 9e décile (D9) de ce critère. Il est un des indicateurs de mesure des inégalités de la population sur le critère considéré. Le rapport entre la médiane et le 1er décile (D5/D1) mesure la dispersion dans la moitié basse de la distribution, et le rapport entre le 9e décile et la médiane (D9/D5) rend compte des disparités dans la moitié haute.


Médiane : si on ordonne une distribution de niveaux de vie (de salaires, de revenus, etc.), la médiane est la valeur qui partage cette distribution en deux parties égales. Ainsi, pour une distribution de niveaux de vie, la médiane est le niveau de vie au‑dessous duquel se situent les 50 % de personnes les plus modestes. C’est de manière équivalente le niveau de vie au‑dessus duquel se situent les 50 % de personnes les plus aisées.


Décile : si on ordonne une distribution de niveaux de vie (de salaires, de revenus, etc.), les déciles sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties égales. Ainsi, pour une distribution de niveaux de vie : le premier décile (noté généralement D1) est le niveau de vie au‑dessous duquel se situent les 10 % de personnes les plus modestes ; le neuvième décile (noté généralement D9) est le niveau de vie au‑dessous duquel se situent les 90 % de personnes les plus modestes. Le premier décile est, de manière équivalente, le niveau de vie au‑dessus duquel se situent les 90 % de personnes les plus aisées ; le neuvième décile est le niveau de vie au‑dessus duquel se situent les 10 % de personnes les plus aisées.

Pour en savoir plus

« Les évolutions annuelles de revenu salarial le long de l’échelle salariale : quels constats selon l’âge, le sexe et le secteur ? », in Emploi, chômage, revenus du travail, coll. « Insee Références », édition 2016.

Définitions

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