France, portrait socialÉdition 2019

Une édition avec des éclairages consacrés à l’évolution de la société française depuis 40 ans : démographie, évolution du temps de travail, mobilité sociale, inégalités de niveau de vie et redistribution, opinions et préoccupations des Français.

Insee Références
Paru le : Paru le 19/11/2019
France, portrait social - novembre 2019
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Pauvreté

Insee Références

Paru le : 19/11/2019

En 2017, en France métropolitaine, 8,9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté monétaire, fixé à 60 % du niveau de vie médian (figure 1). Ce seuil s’établit en 2017 à 1 041 euros par mois. À titre de comparaison, au 1er avril 2017, pour une personne seule, le revenu de solidarité active (RSA) s’élève à 537 euros (545 euros au 1er septembre) et le minimum vieillesse à 803 euros, sachant que d’autres prestations (dont les aides au logement) complètent souvent le revenu disponible des allocataires de ces minima sociaux. Ainsi, en 2017, 56,2 % des ménages percevant le minimum vieillesse vivent au-dessus du seuil de pauvreté, mais seulement 36,0 % des ménages bénéficiaires du RSA.

Figure 1 - Indicateurs de pauvreté de 1996 à 2017

Figure 1 - Indicateurs de pauvreté de 1996 à 2017
1996 2000 2004 2008 2012 2016 2017
Taux de pauvreté (en %) 14,6 13,7 12,7 13,2 14,2 14,0 14,1
Seuil de pauvreté mensuel (en euros 2017) 875 925 965 1 034 1 023 1 036 1 041
Niveau de vie mensuel médian des personnes pauvres (en euros 2017) 698 750 782 832 804 832 837
Nombre de personnes pauvres (en milliers) 8 292 7 951 7 495 7 952 8 760 8 783 8 889
Intensité de la pauvreté (en %) 20,2 18,9 19,0 19,5 21,4 19,7 19,6
  • Note : pour permettre une comparaison temporelle, les indicateurs de pauvreté ont été rétropolés de 1996 à 2011. Les montants en euros (seuils de pauvreté, niveaux de vie médians des personnes pauvres) ont été chaînés à partir de leurs taux d'évolution entre deux enquêtes Revenus fiscaux et sociaux successives et comparables. Les taux de pauvreté ont été rétropolés selon une méthode similaire à partir des variations en points.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGI, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux rétropolées 1996-2004 ; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2005-2017.

En 2017, le taux de pauvreté s’élève à 14,1 % de la population, soit une hausse de 0,1 point par rapport à 2016, mais qui n’est pas statistiquement significative. Au cours des vingt dernières années, le taux de pauvreté a atteint son minimum en 2004, à 12,7 %. Il est ensuite remonté en 2005 et 2007, puis plus fortement après la crise économique de 2008. Après une baisse en 2012 et 2013, il se stabilise depuis à un niveau supérieur de près de 1 point à celui de 2008.

La moitié des personnes pauvres ont un niveau de vie inférieur à 837 euros mensuels. Entre 2016 et 2017, ce niveau de vie médian des personnes pauvres évolue à un rythme proche de celui de l’ensemble de la population (+ 0,6 %). En conséquence, en 2017, l’intensité de la pauvreté est quasi stable à 19,6 %. Sur longue période, l’intensité de la pauvreté a progressivement diminué de 1996 à 2002 et oscille depuis entre 19,0 % et 20,1 %, à l’exception d’un point haut en 2012 (21,4 %).

Parmi les actifs, 10,8 % sont en situation de pauvreté monétaire : c’est le cas de 37,6 % des chômeurs, contre 8,2 % des personnes en emploi (figure 2). En 2017, le taux de pauvreté des chômeurs diminue nettement de 0,7 point, tandis qu’il augmente quasiment dans les mêmes proportions pour les personnes en emploi. Ces évolutions interviennent dans un contexte de diminution notable du taux de chômage (– 0,7 point en moyenne annuelle en 2017) et de créations d’emploi plus nombreuses dans l’intérim et la construction, qui emploient plus fréquemment des travailleurs à bas salaires.

Figure 2 - Pauvreté des personnes selon l'activité en 2017

Figure 2 - Pauvreté des personnes selon l'activité en 2017
Personnes pauvres
(en milliers)
Taux de pauvreté
(en %)
Intensité de la pauvreté
(en %)
Actifs de 18 ans ou plus 3 097 10,8 22,1
En emploi 2 144 8,2 20,4
Chômeurs 953 37,6 24,8
Inactifs de 18 ans ou plus 2 985 14,6 18,4
Retraités 1 094 7,6 22,3
Autres inactifs dont étudiants 1 891 31,3 12,3
Enfants de moins de 18 ans 2 807 20,1 18,6
Ensemble de la population 8 889 14,1 19,6
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Source : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquête Revenus fiscaux et sociaux 2017.

En 2017, ce sont les retraités qui ont le taux de pauvreté le plus bas (7,6 %). Pour les autres inactifs, dont les étudiants, le taux de pauvreté est beaucoup plus élevé : 31,3 %. Enfin, les enfants sont aussi fortement touchés par la pauvreté : en 2017, un enfant de moins de 18 ans sur cinq vit au sein d’une famille pauvre.

Les familles monoparentales sont particulièrement touchées par la pauvreté (figure 3). En 2017, 33,6 % des personnes vivant dans une famille monoparentale sont pauvres, soit une proportion 2,4 fois plus élevée que dans l’ensemble de la population. Les familles nombreuses sont également plus exposées : 23,1 % des personnes vivant dans un ménage composé d’un couple (dont la personne de référence a moins de 65 ans) avec au moins trois enfants sont pauvres en 2017, contre seulement 6,8 % pour les couples sans enfant. Les couples dont la personne de référence a 65 ans ou plus ont le taux de pauvreté le plus faible (5,9 %). Enfin, une personne seule de moins de 65 ans sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté, ne bénéficiant ni des économies d’échelle que permet la vie en couple, ni du revenu supplémentaire que peut apporter le conjoint.

Figure 3 - Taux de pauvreté selon la composition du ménage

en %
Figure 3 - Taux de pauvreté selon la composition du ménage (en %)
2016 2017
Personne de référence du ménage de moins de 65 ans
Personne seule 19,5 20,0
Famille monoparentale 34,8 33,6
Couple sans enfant 7,7 6,8
Couple avec un ou deux enfants 8,6 8,9
Couple avec trois enfants ou plus 23,9 23,1
Autre type de ménage 24,9 24,3
Personne de référence du ménage de 65 ans ou plus
Personne seule 11,0 12,2
Couple 5,3 5,9
Autre type de ménage 7,5 10,2
Ensemble 14,0 14,1
  • Note : il s'agit ici de la composition du ménage au moment de l'enquête. Par exemple, les couples sans enfant peuvent avoir des enfants, mais qui ne résident pas au sein du ménage au moment de l'enquête.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2016 et 2017.

Figure 3 - Taux de pauvreté selon la composition du ménage

  • Note : il s'agit ici de la composition du ménage au moment de l'enquête. Par exemple, les couples sans enfant peuvent avoir des enfants, mais qui ne résident pas au sein du ménage au moment de l'enquête.
  • Champ : France métropolitaine, personnes vivant dans un ménage dont le revenu déclaré est positif ou nul et dont la personne de référence n'est pas étudiante.
  • Sources : Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, enquêtes Revenus fiscaux et sociaux 2016 et 2017.

Définitions


Pauvreté monétaire : une personne est considérée comme pauvre lorsque son niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. L’Insee, comme Eurostat et les autres pays européens, mesure la pauvreté monétaire de manière relative. Le seuil est déterminé par rapport à la distribution des niveaux de vie de l’ensemble de la population. L’Insee, comme Eurostat, privilégie le seuil à 60 % de la médiane.


Taux de pauvreté : pourcentage de la population dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.


Intensité de la pauvreté : écart relatif entre le niveau de vie médian de la population pauvre et le seuil de pauvreté. Plus cet indicateur est élevé et plus la pauvreté est dite « intense », au sens où le niveau de vie des plus pauvres est très inférieur au seuil de pauvreté.


Niveau de vie : le niveau de vie est défini comme le revenu disponible du ménage rapporté au nombre d’unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour toutes les personnes d’un même ménage.


Médiane : si on ordonne une distribution de niveaux de vie (de salaires, de revenus, etc.), la médiane est la valeur qui partage cette distribution en deux parties égales. Ainsi, pour une distribution de niveaux de vie, la médiane est le niveau de vie au-dessous duquel se situent les 50 % de personnes les plus modestes. C’est de manière équivalente le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 50 % de personnes les plus aisées.


Chômeur au sens du Bureau international du travail (BIT) : un chômeur au sens du BIT est une personne âgée de 15 ans ou plus qui répond simultanément à trois conditions : être sans emploi durant une semaine donnée ; être disponible pour prendre un emploi dans les deux semaines ; avoir cherché activement un emploi au cours des quatre dernières semaines ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois. Les démarches actives considérées sont variées : étudier des annonces d’offres d’emploi, se rendre à un salon professionnel, mobiliser son réseau social ou prendre des conseils auprès de Pôle emploi, etc.


Emploi au sens du Bureau international du travail (BIT) : les personnes en emploi au sens du BIT (actifs occupés) sont celles âgées de 15 ans ou plus ayant travaillé (ne serait-ce qu’une heure) au cours d’une semaine donnée dite « de référence », qu’elles soient salariées, à leur compte, employeuses ou aides dans l’entreprise ou l’exploitation familiale. Elles incluent également les personnes pourvues d’un emploi, mais qui en sont temporairement absentes.


Inactif au sens du Bureau international du travail (BIT) : les inactifs au sens du BIT sont les personnes âgées de 15 ans ou plus qui ne sont ni en emploi ni au chômage au sens du BIT.


Personne de référence du ménage : la personne de référence du ménage est déterminée à partir de la structure familiale du ménage et des caractéristiques des individus qui le composent. Il s’agit le plus souvent de la personne de référence de la famille quand il y en a une, ou de l’homme le plus âgé, en donnant priorité à l’actif le plus âgé.
Depuis 2004, l’Insee a adopté dans la grande majorité de ses enquêtes auprès des ménages une nouvelle définition de la personne de référence d’un ménage, qui ne tient pas compte du sexe des personnes composant ce ménage. Seuls importent le fait d’apporter ou non des ressources au ménage, le fait d’être actif ou non, et l’âge.

Pour en savoir plus

« En 2017, les niveaux de vie progressent légèrement, les inégalités sont quasi stables », Insee Première n° 1772, septembre 2019.

Les revenus et le patrimoine des ménages , coll. « Insee Références », édition 2018.

Voir les fiches « Niveaux de vie » et « Salaires et revenus en Europe »

Définitions

Pour en savoir plus