Bilan économique 2015 - Bretagne

Les perspectives encourageantes observées début 2015 se sont confirmées. L'emploi redémarre en Bretagne et les indicateurs conjoncturels pour la démographie d'entreprises, la construction et le tourisme sont mieux orientés qu'en moyenne nationale. Toutefois, quelques points noirs subsistent avec des secteurs d'activité toujours en difficulté face à l'emploi, une demande d'emploi qui a continué de croître et une crise agricole qui s'est poursuivie.

Insee Conjoncture Bretagne
Paru le : 31/05/2016
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Bilan annuel des entreprises : en Bretagne, l’année 2015 aura été, dans l’ensemble, assez conforme aux prévisions avec une activité qui, globalement, s’est légèrement améliorée

Banque de France - Direction des Affaires régionales

En 2015, l’industrie a mis fin à 3 années de recul en affichant une petite progression de ses chiffres d’affaires, matérialisant ainsi un début de reprise plus perceptible en fin d’année. Dans les services marchands, la croissance s’est poursuivie avec une augmentation de l’activité plus forte que prévue. À l’inverse, la construction a vu, de nouveau, sa production reculer mais à un rythme moindre qu’en 2014 et donc peut-être annonciateur d’une dernière année de repli.

Prévues à la hausse, les dépenses d’investissements se sont sensiblement contractées, hormis dans les services marchands.

Insee Conjoncture Bretagne
No 10
Paru le : 31/05/2016

Après plusieurs années de baisse le chiffre d’affaires de l’industrie est reparti à la hausse en 2015

En 2015, l’industrie a inversé la tendance baissière qui prévalait depuis 2012 en affichant une petite progression de ses chiffres d’affaires (+ 1,1 % contre – 1,4 % en 2014, – 1,0 % en 2013 et – 0,5 % en 2012) (figure 1). Si l’ampleur de cette amélioration s’est avérée un peu en deçà de la prévision émise l’an dernier à pareille époque par les industriels, il est important de souligner que compte tenu d’un indice des prix de production industrielle qui n’a cessé de baisser toute l’année, la hausse enregistrée correspond en réalité à une augmentation plus importante en volume.

Figure 1 – En 2015, l'activité s'est redressée dans l'industrie, a légèrement progressé dans les services marchands mais a continué de se replier dans la construction

Variation des chiffres d'affaires par secteur en Bretagne (en %)
En 2015, l'activité s'est redressée dans l'industrie, a légèrement progressé dans les services marchands mais a continué de se replier dans la construction
2013 2014 2015
Industries -1,0% -1,4% 1,1%
Services marchands 0,5% 2,2% 2,5%
Construction -1,0% -3,6% -2,7%
  • Source : Banque de France

Figure 1 – En 2015, l'activité s'est redressée dans l'industrie, a légèrement progressé dans les services marchands mais a continué de se replier dans la construction

Cette hausse a été la résultante des progrès non négligeables intervenus dans le secteur des équipements électriques et au sein des fabrications de matériels de transport qui ont bénéficié, cette année, de l’amélioration, encore timide, intervenue dans l’industrie automobile.

Ce sont les plus petites entreprises qui ont enregistré la progression d’activité la plus importante alors que, à l’inverse, les chiffres d’affaires se sont légèrement repliés dans les entreprises de plus de 500 salariés.

Comme anticipé par les chefs d’entreprise, le chiffre d’affaires global à l’exportation s’est renforcé mais dans des proportions moindres par rapport aux prévisions formulées fin 2014/début 2015. À l’instar de l’évolution observée toutes ces dernières années, la hausse la plus significative a été relevée au sein des entreprises employant moins de 50 salariés.

Infirmant les prévisions optimistes formulées l’an passé (+ 11,3 % escomptés), les dépenses d’investissement ont baissé de 12 %. Une analyse par taille d’entreprise permet de mettre en perspective que les reculs les plus significatifs sont intervenus dans des entreprises dont les effectifs sont supérieurs à 200 salariés.

Dans l’ensemble, les industriels interrogés estiment que leur rentabilité d’exploitation (1) se serait amoindrie en 2015, en raison, principalement, d’une appréciation négative de l’évolution des marges dans les industries alimentaires.

(1) : La rentabilité économique se mesure en rapportant l’Excédent Brut d’Exploitation à la somme des immobilisations brutes corporelles et incorporelles et du Besoin de Fonds de Roulement. La somme au dénominateur est appelée « actif économique » ou « capital économique » : elle représente en effet les moyens engagés par l'entreprise dans les cycles d'exploitation et d'investissement, autrement dit ce dont l’entreprise a besoin pour tourner. Ce taux n'est pas affecté par la structure financière de l'entreprise. Il mesure donc la rentabilité d'exploitation (activité) de l'entreprise indépendamment de son mode de financement.

En 2015, le chiffre d’affaires des services marchands a progressé au-delà des prévisions formulées l’an dernier et un peu plus rapidement qu’en 2014

Ce renforcement de l’activité (+ 2,5 % contre + 2,2 % en 2014) s’explique d’abord par les bons résultats du secteur des activités informatiques dont le chiffre d’affaires a continué de se développer de façon beaucoup plus dynamique que ne le laissaient supposer les prévisions formulées l’an dernier à pareille époque. Comme lors de l’exercice précédent, les activités de nettoyage ont apporté une faible contribution à la progression d’ensemble. Le chiffre d’affaires du secteur ingénierie, études techniques a connu un petit recul. Enfin, après avoir stagné lors des deux exercices précédents, celui des transports a un peu diminué, sous l’effet, notamment, de la répercussion de la baisse du prix du gazole.

Après avoir diminué en 2014, un rebond du niveau global des investissements est intervenu, lequel s’avère uniquement imputable au redressement observé au sein des transports puisque, dans le même temps, tous les autres secteurs affichaient un retrait dans ce domaine.

Enfin, considérée dans son ensemble, la rentabilité d’exploitation se serait encore renforcée, 23 % seulement des entreprises sondées estimant que leurs marges se seraient resserrées sur la période.

Sur 2015 et conformément à ce qui avait été anticipé l’an passé, la production du secteur de la construction s’est encore repliée mais à un rythme moindre.

Cette diminution a surtout concerné les travaux publics et, à un degré moindre, le bâtiment. Au sein du bâtiment, une nouvelle fois, le gros œuvre a été plus impacté que le second œuvre dont l’activité a plutôt bien résisté.

La baisse des prix des devis, qui s’est poursuivie cette année, a contribué à un prolongement de la détérioration des rentabilités d’exploitation, de manière particulièrement marquée pour les travaux publics.

En phase avec ce qui avait été anticipé fin 2014, le repli des dépenses d’investissement a été bien marqué, que ce soit dans le bâtiment ou les travaux publics.