La France et ses territoires Édition 2026

Insee Références
Paru le :Paru le24/09/2026
La France et ses territoires- Septembre 2026
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Chapitre 2 – Conditions de vie

Insee Références

Paru le :24/09/2026

En 2023, le annuel en France métropolitaine s’élève à 25 920 euros (encadré) (sources). Les niveaux de vie médians les plus élevés sont observés dans plusieurs départements d’Île-de-France – les Hauts-de-Seine (33 790 euros), Paris (33 650 euros), les Yvelines (31 520 euros) – et en Haute-Savoie (32 180 euros) (figure 1.1). Dans ce département, le niveau de vie, comparable à ceux de la région parisienne, résulte en partie des revenus suisses d’une partie de ses résidents. Dans les autres départements, les niveaux de vie annuels médians sont inférieurs à 28 000 euros ; ils sont les plus faibles à La Réunion (19 110 euros), en Seine-Saint-Denis (21 250 euros), dans l’Aude (23 060 euros) et les Pyrénées-Orientales (23 080 euros).

L’écart de niveau de vie entre les individus les plus aisés et les moins aisés, mesuré par le D9/D1, vaut 3,5 en France métropolitaine en 2023 : cela signifie que le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 10 % des individus les plus aisés est 3,5 fois plus élevé que celui en dessous duquel se situent les 10 % des individus les moins aisés. Ces écarts sont les plus prononcés à Paris, dans les Hauts-de-Seine et en Haute-Savoie avec des valeurs respectives de 6,7, 5,2 et 4,5 (figure 1.2).

En 2023, 15,9 % de la population française métropolitaine (selon la source Filosofi, cf. encadré) vit en dessous du . En Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre, cela concerne près de trois habitants sur dix (29,5 %). Le y est bien plus élevé que dans les autres départements métropolitains les plus pauvres, où il est proche de deux habitants sur dix : notamment en Haute-Corse (21,8 %), dans le Vaucluse (21,4 %), dans les départements du pourtour méditerranéen (les Pyrénées-Orientales (22,4 %), l’Aude (21,2 %), l’Hérault (21,0 %), le Gard (21,0 %) et les Bouches-du-Rhône (20,3 %)) ainsi que dans le nord des Hauts-de-France : Nord (20,7 %) et Pas-de-Calais (19,1 %) (figure 2). À La Réunion, seul département ultramarin pour lequel les données sont disponibles, plus d’un tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté (36,4 %). À l’inverse, les départements les moins pauvres se situent sur le littoral atlantique, au nord du Centre-Val de Loire ou aux frontières de l’Est ; les taux de pauvreté y varient de 10 à 15 habitants sur 100.

Au niveau européen, les taux de pauvreté sont plus élevés dans le sud de l’Espagne, le sud de l’Italie, le Nord de l’Irlande et plus généralement dans les pays situés à l’est de l’Union européenne (Lituanie, Pologne, Roumanie, Bulgarie, Grèce) (figure 7).

En 2023, 15,8 % des familles en France sont monoparentales. Dans les DROM, ces parts sont deux à trois fois plus élevées (entre 31,6 % pour La Réunion et 44,8 % en Guyane) (figure 3.1). En France métropolitaine, les familles monoparentales sont proportionnellement plus nombreuses en Île-de-France, notamment en Seine-Saint-Denis (21,6 %) et dans le Val-de-Marne (19,7 %), sur le pourtour méditerranéen (Pyrénées-Orientales (19,7 %), Bouches-du-Rhône (18,6 %) et Haute-Corse (19,0 %)).

À l’opposé, dans les départements de Bretagne, Pays de la Loire et la moitié de ceux d’Auvergne-Rhône-Alpes la part de familles monoparentales est inférieure à 13,5 %. Entre 2017 et 2023, la proportion de familles monoparentales augmente dans tous les départements, excepté en Corse-du-Sud et Haute-Saône où elle demeure stable (figure 3.2). Cette hausse est la plus forte en Guyane (+6,2 points), à La Réunion (+3,5 points) et en Guadeloupe (+2,8 points).

En 2023, 9,6 % des logements de France hors Mayotte sont . Les taux de suroccupation sont les plus élevés en Guyane (34,9 %), à Paris (30,9 %) et dans certains de ses départements limitrophes (de 16,5 % dans le Val-d’Oise à 27,3 % en Seine-Saint-Denis), ainsi que dans les Alpes-Maritimes (18,8 %) (figure 4.1a). Les autres départements où le taux de suroccupation est supérieur à la moyenne sont en Île-de-France (Essonne (14,9 %), Yvelines (12,9 %), Seine-et-Marne (12,4 %)) ou comptent la capitale régionale : le Rhône (13,1 %), les Bouches-du-Rhône (12,6 %), l’Hérault (11,5 %) et la Haute-Garonne (10,7 %). Il est également supérieur à la moyenne à La Réunion (13,0 %). De manière générale, le taux de suroccupation des logements est supérieur à 7 % dans les départements des grandes agglomérations régionales et villes moyennes où les marchés de l’immobilier sont les plus tendus. Inversement, ils sont les plus faibles dans les territoires ruraux : la Creuse (2,8 %), la Haute-Saône (2,7 %) et la Haute-Loire (2,8 %). Entre 2017 et 2023, le taux de suroccupation a baissé dans un peu moins de la moitié des départements et a augmenté le plus dans les départements de l'Essonne et du Val-de-Marne (figure 4.2a).

En 2023, 9,7 % des logements de France hors Mayotte sont des résidences secondaires ou logements occasionnels. Le sud-est de la France en concentre une grande partie, essentiellement dans les Alpes et en Corse : la part des résidences secondaires est la plus élevée dans les Hautes-Alpes (45,2 %) et en Corse-du-Sud (38,5 %). Dans une moindre mesure, les résidences secondaires sont plus fréquentes sur le littoral atlantique, autour de 20 %, par exemple en Vendée (23,1 %) ou en Charente-Maritime (22,2 %) (figure 4.1b). Entre 2017 et 2023, la part des résidences secondaires a baissé dans trente départements. Elle a en revanche augmenté dans quarante-deux départements et plus particulièrement dans les DROM hors Mayotte (de +0,9 point à La Réunion à +2,1 points en Guyane), à Paris (+0,9 point), dans les Vosges (+0,9 point) et dans le nord-est de la France (figure 4.2b).

En 2023, 7,9 % des logements en France hors Mayotte sont vacants. Le phénomène est le plus marqué dans les DROM et dans plusieurs départements où la population a tendance à diminuer (figure 2.1c, chapitre Démographie) notamment dans les départements non frontaliers des régions Hauts-de-France et Grand Est, dans l’Orne, et particulièrement dans cinq départements situés au centre de la France, aux confins des régions Centre-Val de Loire, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes (Indre, Cher, Nièvre, Creuse, Allier) (figure 4.1c).

En 2023, la France compte 15,8 % de logements sociaux. Leur part est plus élevée dans les départements du nord-est métropolitain, dans les départements limitrophes à Paris, dans la Marne (25 %), en Seine-Maritime (24 %), dans le Nord (22 %) et l’Aube (22 %) (figure 4.1d).

En 2023, chaque habitant a potentiellement accès en moyenne à 3,7 consultations chez un médecin généraliste par an en France métropolitaine. Les indicateurs d’ sont les plus élevées à La Réunion (5,4), à Paris (5,0), dans les Hautes-Alpes (5,0), notamment dans les zones d’emploi de Briançon (5,9) et de Gap (4,8). Ils sont également élevés dans les départements littoraux ou frontaliers des capitales régionales ou dans certaines villes moyennes universitaires, en Gironde (4,9), dans le Bas-Rhin (4,9) et dans les Pyrénées-Atlantiques (4,6) (figure 5.1a). Ils sont les plus faibles en Guyane (2,0) et essentiellement dans les départements du Centre-Val de Loire, comme dans le Cher (2,2), dans les départements de la grande banlieue parisienne et du sud de la Normandie, par exemple dans l’Eure (2,6).

En 2023, les habitants de la France métropolitaine ont potentiellement accès en moyenne à 151 infirmiers en équivalent temps plein (ETP) pour 100 000 habitants. Leur accès est plus élevé dans les DROM (de 317 ETP en Guyane à 478 ETP à La Réunion), en Corse (400 ETP) et principalement sur le pourtour méditerranéen, avec un nombre moyen supérieur à 200 ETP (figure 5.1b). Au contraire, ils sont les plus faibles dans le Centre-Ouest hors Bretagne, l’ouest francilien et trois départements à l’Est : ils sont ainsi inférieurs à 100 en moyenne dans le Centre-Val de Loire, les Pays de la Loire, les Yvelines, les Hauts-de-Seine, la Côte-d’Or, le Jura et la Haute-Savoie.

En 2025, le taux de physiques hors cadre familial en France s’élève à 3,2 victimes pour 1 000 habitants. Ces taux sont plus élevés dans les DROM (de 4,2 à La Réunion à 8,4 à Mayotte), dans les départements franciliens, notamment Paris (5,3), la Seine-Saint-Denis (4,8) et dans les départements des grandes agglomérations régionales du Sud-Est, notamment dans les Pyrénées-Orientales (4,0) et les Bouches-du-Rhône (3,9), et du Nord-Est, notamment dans le Nord (4,0), le Pas-de-Calais (4,0) et les Ardennes (3,9) (figure 6.1a). Ces violences hors cadre familial sont les moins fréquentes en Bretagne, Pays de la Loire et aux confins des régions Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes. Entre 2019 et 2025, le taux de violences physiques hors cadre familial augmente en moyenne de 0,4 point en France. Il augmente le plus fortement à Mayotte (+1,8 point), en Guadeloupe (+1,5 point) et dans les Hautes-Alpes (+1,1 point) (figure 6.2a).

En 2025, en France, 5,6 sont en moyenne commis pour 1 000 logements. Ces taux sont plus élevés en Guyane (9,8), en régions Centre-Val de Loire et en Île-de-France (hors Paris et Hauts-de-Seine), dans l'Aube et l'Yonne, ainsi que dans de nombreux départements des grandes capitales régionales ou limitrophes à ceux-ci (figure 6.1b). Les cambriolages sont les moins fréquents en Corse (0,9 pour 1 000 logements), en Lozère (1,9), dans le Cantal (2,2), dans les Hautes-Alpes (2,3) et à La Réunion (2,3).

Encadré – Les différences avec l’Enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS)

Les données du dispositif Filosofi proviennent du rapprochement des données fiscales (les déclarations de revenus des personnes physiques, le fichier « Gérer mes biens immobiliers » et le fichier d’imposition des personnes) fournies à l’Insee par la Direction générale des finances publiques (DGFiP) et des données sur les prestations sociales émanant des principaux organismes gestionnaires de ces prestations : la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) et la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA). Les données sont complétées par des imputations de certains revenus financiers.

Le dispositif de l’enquête Revenus fiscaux et sociaux (ERFS) est, quant à lui, le résultat de l’appariement de ces mêmes sources avec l’enquête Emploi en continu.

Le champ couvert dans les deux dispositifs est celui des personnes appartenant à un ménage vivant dans un logement dit « ordinaire ». Autrement dit, les personnes vivant en institution, les personnes sans-abri, les personnes vivant en habitation mobile ne sont pas prises en compte.

La couverture quasi exhaustive des ménages ordinaires dans le dispositif Filosofi permet de l’utiliser pour les mesures du , des inégalités de niveaux de vie et de la pauvreté à des niveaux géographiques fins. Au niveau national, l’ERFS reste la source de référence. En effet, elle est moins tributaire des évolutions des sources administratives, notamment fiscales, et permet de mieux observer des évolutions annuelles que Filosofi. Si les concepts utilisés sont les mêmes (agrégats, indicateurs, etc.), les résultats peuvent légèrement différer entre ces deux sources en raison :
- des écarts de champ notamment parce que sont également exclus du champ de l’ERFS les ménages dont la personne de référence est étudiante ;
- des différences de traitements statistiques : dans la source ERFS, des imputations peuvent être menées pour corriger les défauts d’appariement du fait des informations collectées via l’enquête Emploi.

Contrairement au dispositif Filosofi, l’évolution d’un indicateur entre deux millésimes est calculable avec l’ERFS : en 2023 [Rieg, Rousset, 2025], le taux de pauvreté s’établit à 15,4 % en France métropolitaine, soit 1,6 point de plus qu’en 2017 (13,8 %).

Sources

Le niveau de vie médian et le taux de pauvreté sont calculés à partir de données Filosofi. Avec la disparition de la taxe d’habitation sur les résidences principales, il est plus difficile de rattacher des foyers fiscaux à un logement. Ainsi, malgré de nombreux travaux méthodologiques, pour certains territoires une part élevée de la population demeure non rattachée à un logement et n’est donc pas couverte par le dispositif Filosofi. Cela concerne la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et Mayotte. Par ailleurs, il n’est pas pertinent de calculer l’évolution d’un indicateur entre deux millésimes.

Définitions

Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consommation (UC). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d’un même ménage. Les unités de consommation sont généralement calculées selon l’échelle d’équivalence dite de l’OCDE modifiée qui attribue 1 UC au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans.

Avec une distribution ordonnée de ces revenus, les déciles sont les valeurs qui partagent cette distribution en dix parties d’effectifs égaux, dénommées dixièmes. La médiane, qui correspond au cinquième décile, est la valeur qui partage cette distribution en deux parties d’effectifs égaux. Ainsi, la moitié de la population a un niveau de vie inférieur au niveau de vie médian, l’autre moitié a un niveau de vie supérieur.

Le rapport interdécile est le rapport entre le niveau de vie au-dessus duquel se situent les 10 % des individus les plus aisés et celui en dessous duquel se situent les 10 % les plus modestes.

Dans l'approche en termes relatifs, le seuil de pauvreté est déterminé par rapport à la distribution des niveaux de vie de l'ensemble de la population. Un ménage et les individus qui le composent sont considérés comme pauvres lorsque le niveau de vie du ménage est inférieur au seuil de pauvreté. Eurostat et les pays européens utilisent en général un seuil à 60 % de la médiane des niveaux de vie. La France privilégie également ce seuil, mais publie aussi des taux de pauvreté selon d'autres seuils (40 %, 50 % ou 70 %).

Le taux de pauvreté monétaire correspond à la proportion d'individus (ou de ménages) étant en situation de pauvreté monétaire.

Un logement est suroccupé s’il comporte moins de pièces que le nombre théoriquement nécessaire au ménage occupant le logement (norme). La suroccupation peut être modérée (une pièce de moins que la norme) ou accentuée (deux pièces ou plus). Le nombre de pièces théoriquement nécessaire (norme) est calculé ainsi :
• une pièce de séjour pour le ménage ;
• une pièce pour chaque couple ;
• une pièce pour chaque personne de 19 ans ou plus ne vivant pas en couple dans le ménage ;
• pour les personnes de moins de 19 ans, une pièce pour deux personnes si elles ont le même sexe ou ont moins de 7 ans, sinon, une pièce par personne.

La cuisine n'est comptée dans le nombre de pièces du logement que si elle mesure plus de 12 m².

L’indicateur d’Ouvrir dans un nouvel ongletaccessibilité potentielle localisée (APL) a été développé pour mesurer l’adéquation spatiale entre l’offre et la demande de soins de premier recours à un échelon géographique fin. Il tient compte en particulier de la répartition par âge de la population, car la demande de soins en dépend beaucoup. Indicateur local, il est disponible au niveau de chaque commune, et tient compte de l’offre et de la demande issues des communes environnantes.

Les violences hors cadre familial désignent toutes les formes de violences commises par une personne n’ayant aucun lien de famille au sens large avec la victime (conjoint, ex‑conjoint, père, mère, fille, fils, oncle, tante, etc.) que cette personne réside ou non avec la victime.

Le cambriolage de logement est un vol dans un local d’habitation (principal ou secondaire), aggravé quand il est commis par effraction, ruse ou escalade. L’usage de fausses clefs pour entrer dans les lieux est assimilé à une effraction.

Le revenu disponible est le revenu à la disposition du ménage pour consommer et épargner. Il comprend les revenus d’activité nets des cotisations sociales, les indemnités de chômage, les retraites et pensions, les revenus du patrimoine (fonciers et financiers) et les autres prestations sociales perçues, nets des impôts directs.