L'économie et la société à l'ère du numériqueÉdition 2019

Cet ouvrage inédit rassemble les données de la statistique publique rendant compte des transformations de l’économie et de la société par le numérique.

Insee Références
Paru le : Paru le 04/11/2019
L'économie et la société à l'ère du numérique - Novembre 2019
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Économie des TCSI dans l’Union européenne

Insee Références

Paru le : 04/11/2019

En 2016, à l’échelle de l’Union européenne (UE), la valeur ajoutée des technologies, contenus et supports de l’information (TCSI) s’est élevée à 778,9 milliards d’euros, dont 688,7 milliards pour les services des technologies de l’information et de la communication (TIC) (télécommunications, services informatiques, services audiovisuels, etc.) et 109,8 milliards pour la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques.

En termes de valeur ajoutée, le poids des TCSI dans l’UE a légèrement diminué depuis le début des années 2000. En 2016, les TCSI représentent 5,8 % de la valeur ajoutée totale, contre 6,1 % en 2000 (figure 1). La plupart des pays ont suivi des évolutions proches, si bien que la hiérarchie a peu évolué. En 2016, le Royaume-Uni (6,7 %) et l’Allemagne (6,1 %) devancent la France qui se situe au niveau de la moyenne européenne (5,8 %). En revanche, l’Italie (4,3 %) et l’Espagne (4,6 %) sont en retrait par rapport à la moyenne des pays de l’UE.

Figure 1Poids de la valeur ajoutée des TCSI dans la valeur ajoutée totale entre 2000 et 2016

en %
Poids de la valeur ajoutée des TCSI dans la valeur ajoutée totale entre 2000 et 2016 (en %)
2000 2007 2014 2015 2016
Finlande 12,0 11,7 7,9 7,9 8,0
Suède 8,6 7,9 8,2 8,4 7,6
Hongrie 6,9 7,2 7,0 6,8 6,8
Rép. tchèque 5,1 6,7 6,5 6,6 6,8
Royaume-Uni 7,2 6,6 6,8 6,7 6,7
Bulgarie 3,5 4,1 6,0 5,8 6,7
Estonie 5,8 5,3 6,2 6,2 6,4
Roumanie 6,3 6,1 6,2 6,3 6,3
Allemagne 6,2 6,4 6,0 6,1 6,1
UE 6,1 5,9 5,7 5,8 5,8
France 6,4 6,0 5,5 5,6 5,8
Danemark 5,5 5,5 5,4 5,5 5,5
Pays-Bas 5,8 6,2 5,4 5,5 5,5
Lettonie 5,8 3,8 4,8 5,2 5,5
Croatie 5,5 5,4 4,9 5,1 5,2
Slovaquie 4,4 5,1 5,1 4,9 5,1
Chypre 4,0 3,5 4,8 4,9 4,9
Slovénie 5,2 5,0 5,0 4,9 4,9
Espagne 4,9 4,7 4,7 4,6 4,6
Pologne 4,0 4,6 4,4 4,5 4,6
Autriche 4,9 4,4 4,5 4,4 4,5
Belgique 4,9 4,7 4,4 4,5 4,5
Italie 4,7 4,9 4,2 4,2 4,3
Lituanie 5,6 4,2 3,6 4,0 4,2
Portugal 4,2 4,3 3,7 3,7 3,8
Grèce 4,3 4,2 3,6 3,5 3,6
  • Note : pour des raisons des comparabilité internationale, les activités de commerce de gros d'équipements de l'information et de la communication (46.5) sont exclues des TCSI. Les données de l'Irlande, du Luxembourg et de Malte ne sont pas disponibles.
  • Source : Eurostat.

La diminution du poids de la valeur ajoutée en valeur est imputable à la diminution des prix relatifs des activités qui composent les TCSI. En effet, la croissance de la valeur ajoutée en volume est plus dynamique que le reste de l’économie (figure 2). Ce constat concerne la plupart des pays européens. Plus précisément, la croissance en volume a été très dynamique avant la crise de 2008-2009, elle s’élevait à 5,6 % par an entre 2000 et 2007, alors que la valeur ajoutée de l’ensemble des activités progressait de 2,3 % par an sur la même période. Après la crise, la croissance des TCSI est moins dynamique (+ 3,9 % par an), mais reste très supérieure à l’évolution de la valeur ajoutée totale (+ 0,6 % par an).

Figure 2Évolution en volume de la valeur ajoutée des TCSI de 2000 à 2016 dans quelques pays européens

indice base 100 en 2010
Évolution en volume de la valeur ajoutée des TCSI de 2000 à 2016 dans quelques pays européens (indice base 100 en 2010)
Allemagne Autriche Espagne France Italie Royaume-Uni UE
2000 62,8 82,9 65,3 63,6 71,9 76,1 64,2
2001 68,6 91,9 70,7 68,3 81,2 80,2 69,5
2002 71,8 95,4 73,9 73,5 86,8 80,3 73,0
2003 67,6 96,2 77,2 76,2 86,8 84,5 74,3
2004 73,9 98,5 80,1 82,1 89,0 86,8 79,2
2005 74,3 105,7 85,4 83,3 91,1 91,0 82,2
2006 82,4 111,6 89,1 91,5 93,4 93,2 88,2
2007 96,0 106,6 94,4 95,7 98,0 98,2 95,8
2008 101,5 107,1 96,9 99,0 98,8 99,2 99,4
2009 96,1 101,6 96,8 94,8 98,2 95,6 96,2
2010 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
2011 112,8 109,7 100,3 106,1 99,7 101,8 104,5
2012 116,9 109,3 101,8 111,0 97,0 105,0 106,4
2013 120,0 113,0 105,1 111,6 94,7 107,0 108,7
2014 126,3 113,8 111,9 116,2 95,2 108,6 112,9
2015 131,4 114,2 118,3 120,1 96,5 114,4 123,2
2016 136,8 119,1 124,1 124,5 100,0 120,8 135,6
  • Note : pour des raisons des comparabilité internationale, les activités de commerce de gros d'équipements de l'information et de la communication (46.5) sont exclues des TCSI.
  • Source : Eurostat.

Figure 2Évolution en volume de la valeur ajoutée des TCSI de 2000 à 2016 dans quelques pays européens

  • Note : pour des raisons des comparabilité internationale, les activités de commerce de gros d'équipements de l'information et de la communication (46.5) sont exclues des TCSI.
  • Source : Eurostat.

Le dynamisme des TCSI peut aussi s’apprécier par les investissements des entreprises en logiciels et bases de données. Ces investissements ne concernent pas seulement les entreprises engagées dans une activité relative aux TCSI, mais l’ensemble des entreprises qui, dans leur processus de production, investissent dans des logiciels ou des bases de données qu’elles acquièrent ou développent. La plupart des pays européens ont connu des évolutions relativement proches : la croissance des investissements en logiciels et bases de données, si elle reste plus dynamique que la croissance de l’économie, a nettement ralenti après la crise. Seules l’Autriche et l’Italie ont connu un investissement plus dynamique, mais cette accélération est à relativiser pour l’Italie (figure 3). En effet, l’investissement progressait faiblement, en volume, avant la crise (+ 0,2 % par an entre 2000 et 2007). Depuis la crise, l’investissement en logiciels et bases de données accélère (+ 1,6 % par an de 2008 à 2016) en Italie, mais reste nettement au-dessous de celui de nombreux pays tels que l’Allemagne (+ 3,1 %) ou la France (+ 3,1 %). Ces deux pays ont connu des évolutions très proches jusqu’en 2014, mais depuis, l’investissement en logiciels et bases de données stagne en Allemagne, alors qu’il accélère en France.

Figure 3Évolution de l'investissement en logiciels et bases de données de 2000 à 2017 dans quelques pays européens

indice base 100 en 2010
Évolution de l'investissement en logiciels et bases de données de 2000 à 2017 dans quelques pays européens (indice base 100 en 2010)
Allemagne Autriche Espagne France Italie Royaume-Uni
2000 67,2 66,9 57,6 69,2 114,2 88,0
2001 70,8 75,9 65,0 75,1 121,3 85,1
2002 72,7 83,6 70,1 72,3 124,5 82,8
2003 73,9 82,7 75,5 74,7 117,4 85,8
2004 77,3 88,1 79,9 79,7 108,6 88,4
2005 82,3 84,1 80,3 83,7 109,8 92,1
2006 89,1 90,6 86,7 89,0 111,9 98,3
2007 94,6 91,0 95,2 93,8 115,8 100,6
2008 100,9 95,6 100,2 102,4 113,9 103,9
2009 98,5 96,9 92,4 95,3 109,4 98,1
2010 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0
2011 115,0 120,7 103,3 103,2 98,4 104,7
2012 104,6 112,3 109,9 109,0 105,6 110,9
2013 112,5 128,1 109,5 110,8 110,8 117,2
2014 116,3 128,9 114,9 114,9 121,5 121,7
2015 128,1 136,3 123,4 121,6 124,1 108,4
2016 128,8 146,3 131,6 130,8 129,3 108,2
2017 130,8 154,0 nd 142,1 129,1 115,2
  • nd : non disponible.
  • Note : les données de l'Espagne ne sont pas disponibles pour l'année 2017.
  • Source : Eurostat.

Figure 3Évolution de l'investissement en logiciels et bases de données de 2000 à 2017 dans quelques pays européens

  • Note : les données de l'Espagne ne sont pas disponibles pour l'année 2017.
  • Source : Eurostat.

Définitions


Valeur ajoutée : solde du compte de production. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire.


Technologies, contenus et supports de l’information (TCSI) : elles désignent les activités économiques correspondant aux codes de la nomenclature d’activités française (NAF) suivants et les produits associés : fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques (26), commerce de gros d’équipements de l’information et de la communication (46.5), édition – livres, périodiques, logiciels(58), production de films cinématographiques, de vidéo et de programmes de télévision : enregistrement sonore et édition musicale (59), programmation et diffusion – radio, télévision (60), télécommunications (61), programmation, conseil et autres activités informatiques (62), services d’information dont traitement de données, hébergement et portails internet (63). Ce champ correspond approximativement aux « technologies de l’information et de la communication » (TIC) et aux « contenus et supports » définis par l’OCDE.


Technologies de l’information et de la communication (TIC secteurs) : selon une convention internationale fixée par l’OCDE, on qualifie de secteurs des technologies de l’information et de la communication (TIC) les secteurs suivants :

  • secteurs producteurs de TIC (fabrication d’ordinateurs et de matériel informatique, de TV, radios, téléphone, etc.) ;
  • secteurs distributeurs de TIC (commerce de gros de matériel informatique, etc.) ;
  • secteurs des services de TIC (télécommunications, services informatiques, services audiovisuels, etc.).

Champ

Technologies, contenus et supports de l’information (TCSI) 

Elles désignent les activités économiques correspondant aux codes de la nomenclature d’activités française (NAF) suivants et les produits associés : fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques (26), commerce de gros d’équipements de l’information et de la communication (46.5), édition – livres, périodiques, logiciels (58), production de films cinématographiques, de vidéo et de programmes de télévision : enregistrement sonore et édition musicale (59), programmation et diffusion – radio, télévision (60), télécommunications (61), programmation, conseil et autres activités informatiques (62), services d’information dont traitement de données, hébergement et portails internet (63). Ce champ correspond approximativement aux « technologies de l’information et de la communication » (TIC) et aux « contenus et supports » définis par l’OCDE.

Faute de données disponibles dans la comptabilité nationale et les estimations d’emploi, il exclut la réparation d’ordinateurs et d’équipements de communication (95.1). À l’inverse, il inclut des technologies connexes aux TIC : la fabrication d’instruments et d’appareils de mesure, d’essai et de navigation, l’horlogerie (26.5), la fabrication d’équipements d’irradiation médicale, d’équipements médicaux et électro-thérapeutiques (26.6), ainsi que la fabrication de matériels optiques et photographiques (26.7). Pour l’analyse en valeur ajoutée dans la fiche 3.5, le secteur du commerce de gros d’équipement de l’information et de la communication (46.5) est ajouté à partir des données du compte du commerce aux données des autres branches des TCSI, la donnée par branche étant indisponible à ce niveau de détail de la NAF en comptabilité nationale. De même, pour des raisons de comparabilité internationale, les activités de commerce de gros d’équipements de l’information et de la communication (46.5) ne sont pas prises en compte dans la fiche 5.3.

Ce champ n’identifie pas l’ensemble de l’économie numérique. Conformément à leur objectif de décrire des activités, indépendamment de leur mode d’exercice, les nomenclatures statistiques disponibles agrègent les activités économiques sans tenir compte de leur degré de numérisation. En particulier, elles ne permettent pas d’isoler le commerce électronique et les plateformes sur Internet.

Définitions

Pour en savoir plus