Bilan économique 2016 - Martinique

Les voyants de l'économie martiniquaise restent au vert en 2016. Le chômage baisse et l’emploi salarié progresse. La situation financière des ménages est satisfaisante ; l’encours sain de crédit augmente de 3,4 % en raison des taux d’intérêt en baisse. Les consommateurs ont par ailleurs profité d’une inflation quasi nulle (– 0,2 %) et d’une baisse du prix des carburants. Cependant, la baisse du prix du pétrole a entrainé une chute de 13 % des exportations martiniquaises.

Insee Conjoncture Martinique
No 3
Paru le : 23/05/2017
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Tourisme - La destination Martinique continue de séduireBilan économique 2016

Bruno Marques, Comité Martiniquais du Tourisme

Pour la cinquième année consécutive, le tourisme affiche en 2016 une croissance positive en Martinique (+ 9,3 %). Alors que la fréquentation des touristes de plaisance diminue (– 12,1 %), celles des croisiéristes et des touristes de séjour affichent des résultats particulièrement encourageants (respectivement + 16,1 % et + 6,6 %). Les stratégies mises en place pour promouvoir la destination Martinique ont permis de reconquérir les visiteurs touristiques. Les recettes touristiques progressent de 7,5 % comparativement à 2015.

Insee Conjoncture Martinique
No 03
Paru le : 23/05/2017

Des touristes de séjour plus nombreux

Entre 2015 et 2016, la fréquentation touristique totale de la Martinique a augmenté de 9,3 %, pour atteindre 878 860 visiteurs touristiques. La hausse de 2016 est toujours portée par la clientèle de croisière et de séjour (respectivement 16,1 % et 6,6 %). Les efforts déployés pour promouvoir l'escale Martinique continuent à porter leurs fruits. Les autres excursionnistes, bien que moins nombreux, progressent fortement (+ 28 %).

Pour cette même période, les touristes (encadré) qui représentent 63 % de la fréquentation totale, progressent de 5,1 %. Cette augmentation s'explique par la progression des touristes de séjour (+ 6,6 %). La diminution du tourisme de plaisance (– 12,1 %) a amoindri la performance annuelle. 2016 retrouve la moyenne des dix dernières années après une exceptionnelle année 2015 imputable en particulier à l’Ariane’s cup.

La fréquentation touristique de séjour : une des meilleures années depuis une vingtaine d'années

En 2010, la fréquentation touristique de séjour franchit le « seuil » de 500 milliers de visiteurs, qu’elle n’avait plus atteint depuis 2006, l'année record étant l'année 1999 (564 303 touristes de séjours). En 1985, la Martinique recevait 159 milliers de visiteurs. Ainsi, au cours des 32 années passées, la fréquentation touristique a progressé de 3,89 % par an en moyenne.

Les recettes touristiques augmentent nettement

En 2016, la dépense directe globale des visiteurs touristiques, qui représente la recette touristique directe de la Martinique, est évaluée à 330 millions d’euros. Elle progresse de 7,5 % par rapport à 2015. La recette touristique provient essentiellement des touristes de séjour qui dépensent 308,1 millions d’euros lors de leur séjour. Si les dépenses des croisiéristes affichent une progression entre ces deux années, celles des plaisanciers baissent.

Le tourisme en Martinique : une lecture par la théorie du cycle de vie de R. Butler

L’évolution de la fréquentation ne fut pas constante, mais marquée par une lente décroissance des taux de progression. Ainsi, le taux de croissance moyen annuel fut de 11 % entre 1985 et 1995, puis chuta à 0,6 % lors la décennie 1995-2005, pour de nouveau diminuer à 0,1 % l’an en moyenne entre 2005 et 2015.

À l’aune des quinquennats, la trajectoire de la fréquentation touristique en Martinique s’apparente fortement au schéma des travaux sur le cycle de vie d’une destination touristique de R. Butler:

  • une période de « démarrage » avec de forts taux de croissance entre 1985 et 1995 (+ 12 % et + 10 %),
  • suivie d’une étape de « consolidation » où la croissance annuelle moyenne, tout en demeurant positive, diminue fortement (+ 2,9 % l’an en moyenne entre 1995 et 2000),
  • qui débouche sur la phase de « stagnation » alternant de faibles évolutions positive et négative, profilant sur une décennie un taux de croissance proche de 0.

1. Butler R.W., (1980), ”The concept of a Tourist Area Cycle of Evolution : implications for management of resources”, Canadian Geographer, 19,(1),pp. 5-12.

Figure 1 – Chiffres clés de la clientèle touristiqueLa clientèle touristique de Martinique (en nombre)

Chiffres clés de la clientèle touristique
2015 2016 Évolution 2016/2015 (en %)
Fréquentation totale 789 456 878 860 9,3
Séjour 487 365 519 303 6,6
Croisière* 241 623 280 566 16,1
  • * non compris croisiéristes inter-îles.
  • Source : CMT.

Figure 2 – Baisse du tourisme de plaisanceFréquentation touristique (en nombre et en %)

Baisse du tourisme de plaisance
  Fréquentation Touristique Évolution 2016/2015 (en %)
Total excursionnistes 322 502 17,5
Croisière 280 566 16,1
Autres excursionnistes 41 936 28
Total touristes 556 358 5,1
Touristes de Séjour 519 303 6,6
Plaisance 37 055 -12,1
Total général 878 860 9,3
  • Source : CMT.

Figure 3 – Les touristes de séjour sont majoritairesRépartition des types de tourisme en Martinique

Les touristes de séjour sont majoritaires
  Part des différents types de tourisme (en %)
Croisière 31,9
Autres excursionnistes 4,8
Touristes de Séjour 59,1
Plaisance 4,2
  • Source : CMT.

Figure 3 – Les touristes de séjour sont majoritairesRépartition des types de tourisme en Martinique

Figure 4 – Des recettes qui proviennent essentiellement du tourisme de séjourRecettes touristiques en 2016 (en million d'euros et en %)

Des recettes qui proviennent essentiellement du tourisme de séjour
  Montant (million d’euros) Répartition (en %)
Touristes de séjour 308,1 93,4
Plaisance 10,3 3,1
Croisiere 11,3 3,4
Total 329,7 100,0
  • Source : CMT.

Figure 5 – La croisière se porte bienÉvolution de la fréquentation touristique en martinique (en millier)

La croisière se porte bien
Séjour Croisière Fréquentation totale
2005 484 93 639
2006 503 96 655
2007 501 72 626
2008 481 87 631
2009 442 70 577
2010 478 75 621
2011 497 41 604
2012 488 92 641
2013 490 104 647
2014 490 178 719
2015 487 242 789
2016 519 281 879
  • Source : CMT.

Figure 5 – La croisière se porte bienÉvolution de la fréquentation touristique en martinique (en millier)

Figure 6 – La fréquentation touristique suit la courbe du cycle de vie de R. ButlerÉvolution de la fréquentation touristique de séjour en Martinique de 1985 à 2016 (en millier)

La fréquentation touristique suit la courbe du cycle de vie de R. Butler
nombre de touristes
1985 158,929
1986 195,728
1987 238,6
1988 280,372
1989 311,584
1990 281,517
1991 315,131
1992 320,692
1993 366,353
1994 419,007
1995 457,226
1996 476,977
1997 513,231
1998 548,766
1999 564,303
2000 526,29
2001 460,383
2002 446,689
2003 453,16
2004 470,89
2005 484,127
2006 503,475
2007 501,491
2008 481,225
2009 441,647
2010 478,06
2011 496,538
2012 487,769
2013 489,705
2014 489,562
2015 487,365
2016 519,303
  • Source : CMT.

Figure 6 – La fréquentation touristique suit la courbe du cycle de vie de R. ButlerÉvolution de la fréquentation touristique de séjour en Martinique de 1985 à 2016 (en millier)

Figure 7 – Baisse des nuitées plus conséquente en MartiniqueNombre de nuitées dans les hôtels de Martinique et de l'Hexagone

Baisse des nuitées plus conséquente en Martinique
2016 (en milliers) Évolution 2016/2015 (en %)
Martinique 1 194 -2,4
France hexagonale 200 089 -1,0
  • Souce : Insee en partenarait avec DEG ete les comités régionaux du tourisme (CRT).

Encadré

Courbe de cycle de vie

Dans son article de 1980 (The concept of a tourist area life cycle, Canadian Geographer, 19(1), pp. 5-19), R. Butler affirme que le développement des destinations touristiques passe par cinq étapes, qui s’assimilent à une courbe de cycle de vie, que reproduit le schéma ci-dessous :

    Étape A : l’exploration, où le nombre de touristes est faible et où il n’existe pas d’hébergement spécifique pour les touristes.

    Étape B : l’implication ? où l’augmentation du flux touristique fait émerger un embryon d’industrie touristique, essentiellement consacré à l’hébergement spécifiquement pour touristes.

    Étape C : le développement, où il peut être considéré que la zone structure son économie autour du tourisme.

    Étape D : la consolidation, où le nombre de visiteurs extérieurs est supérieur au nombre de résidents et où l’économie est dépendante de l’activité touristique.

    Étape 5 : qui ouvre plusieurs possibilités :

    E : la stagnation, où le flux atteint son maximum, du fait de l’extinction de l’attractivité « naturelle » et par la limitation des facteurs de capacité.

    F : le déclin, où le flux touristique diminue par la concurrence des autres destinations et de la perte d’attractivité.

    G : le rajeunissement ou le renouvellement via l’accroissement de l’espace touristique ou par l’adjonction d’attractions nouvelles.

    Avertissement

    Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

    Sources

    DGE