Bilan économique 2016 - Martinique

Les voyants de l'économie martiniquaise restent au vert en 2016. Le chômage baisse et l’emploi salarié progresse. La situation financière des ménages est satisfaisante ; l’encours sain de crédit augmente de 3,4 % en raison des taux d’intérêt en baisse. Les consommateurs ont par ailleurs profité d’une inflation quasi nulle (– 0,2 %) et d’une baisse du prix des carburants. Cependant, la baisse du prix du pétrole a entrainé une chute de 13 % des exportations martiniquaises.

Insee Conjoncture Martinique
No 3
Paru le : 23/05/2017
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Transport maritime - L’activité portuaire est en demi-teinteBilan économique 2016

Jean-Michel Vion, Grand Port Maritime de Martinique

Après deux années exceptionnelles tant pour le secteur marchandises que pour le secteur passagers, l’activité portuaire subit un fléchissement notable sur les tonnages de marchandises (en vrac ou en conteneur), mais maintient sa croissance pour les activités de passagers grâce à la croisière.

Insee Conjoncture Martinique
No 3
Paru le : 23/05/2017

Le tonnage de marchandises en baisse

Avec un total annuel de 3,13 Mt, le tonnage de marchandises baisse de 8 %, tant en tonnage de vracs (– 9 %) qu’en tonnage de marchandises diverses (– 6 %). Ce chiffre place 2016 autour de la moyenne des dix dernières années.

Après une année historique à plus de 1,64 Mt, les vracs pétroliers sont en baisse de près de 10 %. C’est le reflet d’une activité moyenne pour la raffinerie de Californie (SARA) : moins d’import de pétrole brut (huit tankers au lieu de neuf), mais surtout moins d’export de produits raffinés vers les autres Départements Français d’Amérique (– 130 000 t).

Cependant, le chiffre global reste dans la moyenne des cinq dernières années et, notamment, grâce à l’import de fuel pour la centrale EDF de Bellefontaine (+ 7 %).

Les vracs solides quant à eux sont en baisse de 7 %, entièrement dû au clinker (ciment brut) qui chute de 11 %, en partie en lien avec la fin des grands travaux du Transport Collectif en Site Propre (TCSP).

La baisse globale pour l’ensemble des vracs liquides et solides est de 9 %.

Le tonnage des marchandises diverses est en baisse de 6 %, entraîné par la baisse du tonnage du trafic de conteneurs en transbordement qui avait disparu depuis le second semestre 2015 et n’est revenu qu’à partir de mai 2016, mais à un niveau plus modeste qu’antérieurement.

La tempête Matthew a, par ailleurs, contribué à la baisse de l’export de bananes pour environ 20 000 tonnes. Cependant, la performance des véhicules à l’import (+ 6 %) confirme la forte progression constatée depuis 2013, ainsi que la progression du trafic ro-ro inter-îles (+ 5 %).

Le trafic de conteneurs continue sa baisse

Le nombre total de conteneurs (en EVP) est en baisse de 3,6 %. Cette baisse significative est liée à l’absence de trafic de transbordement jusqu’à mai et à une timide reprise par la suite. Le trafic de transbordement passe sous la barre des 10 000 VP (– 7 300 EVP), chiffre le plus bas après 2008 sur les dix dernières années.

Cependant, le trafic domestique progresse légèrement (environ 1 500 EVP malgré la perte de 1 800 EVP de bananes à la suite de la tempête Matthew), ce qui a permis d’obtenir un niveau de trafic un peu supérieur à 153 000 EVP en troisième position sur les dix dernières années.

Le secteur de la croisière continue sa progression spectaculaire

Le nombre d’escales passe de 170 à 189 (+ 11 %) et le nombre de passagers (mouvements d’entrées et de sorties*) passe de 545 000 à 654 000 (+ 20 %). En simple décompte (individus), il passe de 307 000 à 377 000 passagers. Il retrouve ainsi des niveaux comparables à ceux de la période faste des années 90 (autour de 400 000 pax). Le record concerne le nombre de passagers de la croisière dite « basée » (passagers embarquant à Fort-de-France pour leur croisière) : 104 300 passagers embarquant ou débarquant (+ 53 %), grâce essentiellement aux compagnies Costa et MSC (49 % des escales basées, mais 87 % des passagers basés).

*NDR : il s’agit de mouvements de passagers, et non pas d’individus, c’est-à-dire que les passagers en escale sont comptabilisés au débarquement puis au retour sur le navire.

À l’inverse, le trafic de passagers inter-îles est en perte de vitesse avec – 14 000 passagers (– 12 %), bien qu’en forte croissance en termes d’escales (+ 24 %)

La venue d’une nouvelle compagnie (depuis août 2015), exploitant une ligne entre Fort-de-France et Sainte-Lucie et ne représentant que 8 % du trafic, n’a pas permis de compenser le fort recul enregistré par l’Express des îles (environ – 20 000 pax, soit – 18 %), impacté également par la concurrence aérienne entre la Martinique et la Guadeloupe.

Le nombre d'escales de navires de commerce progresse

Le nombre d’escales de navires de commerce est en forte progression, passant de 1 506 à 1 614 (+ 7,2 %), non seulement sur la croisière (11 %) et l’inter-îles (27 %), mais également sur le secteur marchandises (10 %) grâce notamment au ro-ro inter-îles des escales (doublement depuis juillet). Les escales « autres » représentent de petits navires échangeant des marchandises en petites quantités (fruits, poissons) et dénommés « pacotilleurs ». Pour des raisons réglementaires, ils sont en régression.

En définitive, l’année 2016 est un millésime au bilan contrasté avec des résultats moyens en termes de tonnages de marchandises et de conteneurs, mais des records pour le nombre total d’escales, les activités de ro-ro (véhicules et inter-îles) et surtout pour l’activité de croisière qui poursuit sa forte croissance.

Figure 1 – Chiffres clés du transport maritime

Chiffres clés du transport maritime
2015 2016 Évolution 2016/2015 (en %)
Marchandise totale en tonnes 3 405 315 3 133 115 -8,0
Nombre de passagers 661 858 756 600 14,3
dont croisière basée au port 68 253 104 295 52,8
  • Source : Grand port maritime de la Martinique, mars 2017.

Figure 2 – Le trafic domestique progresse légèrementÉvolution du trafic de conteneurs en EVP

Le trafic domestique progresse légèrement
Transbordement Domestique
2007 11 139
2008 4 142
2009 14 128
2010 17 134
2011 13 134
2012 15 129
2013 19 129
2014 36 136
2015 17 142
2016 10 144
  • Source : Grand port maritime de la Martinique, mars 2017

Figure 2 – Le trafic domestique progresse légèrementÉvolution du trafic de conteneurs en EVP

Figure 3 – Le tonnage en vrac baisseÉvolution du tonnage en vracs et en conteneurs (en milliers de tonnes)

Le tonnage en vrac baisse
vracs conteneurs
2006 1785 1467
2007 1658 1488
2008 1685 1405
2009 1626 1394
2010 1705 1504
2011 1364 1451
2012 1665 1444
2013 1431 1466
2014 1817 1760
2015 1879 1526
2016 1704 1429
  • Source : Grand port maritime de la Martinique, mars 2017.

Figure 3 – Le tonnage en vrac baisseÉvolution du tonnage en vracs et en conteneurs (en milliers de tonnes)

Figure 4 – La croisière se porte bienÉvolution de la croisière en Martinique

La croisière se porte bien
Nombre d'escales (en unité) Nombre de passagers (entrées/sorties) (en millier)
2001 234 382
2002 206 382
2003 217 513
2004 222 302
2005 127 188
2006 138 179
2007 117 134
2008 109 180
2009 100 145
2010 97 161
2011 60 76
2012 105 195
2013 110 254
2014 145 411
2015 170 545
2016 190 654
  • Source : Grand port maritime de la Martinique, mars 2017

Figure 4 – La croisière se porte bienÉvolution de la croisière en Martinique

Figure 5 – La Martinique s'affirme comme une escale caraïbe de la CroisièreÉvolution de la fréquentation portuaire (en nombre et en pourcentage)

La Martinique s'affirme comme une escale caraïbe de la Croisière
2015 2016 Évolution 2015/2014 (en %)
Nombre de passagers (en pax) 661 858 756 600 14,3
Croisière transit* 477 186 549 802 15,2
Croisière basée au port 68 253 104 295 52,8
Total Croisière 545 439 654 097 19,9
Inter-îles 116 419 102 503 -12,0
Nombre d'escales 1 506 1 614 7,2
Marchandises 600 662 10,3
Croisières 170 189 11,2
Inter-îles de passagers 493 625 26,8
Autres 243 138 -43,2
  • * passagers croisière en transit (excursionnistes) comptés 2 fois (au débarquement et à l'embarquement), conformément au référentiel technique annexé à l'arrêté ministériel du 24 octobre 2012 et relatif à l'élaboration et à la transmission des statistiques portuaires.
  • Source : Grand port maritime de la Martinique, mars 2017.

Figure 6 – Une activité portuaire toujours en baisseÉvolution du transit portuaire en Martinique (en milliers de tonnes et pourcentage)

Une activité portuaire toujours en baisse
2011 2012 2013 2014 2015 2016 Évolution 2016/2015
Total liquides + solides en vrac 1 363 775 1 664 548 1 430 893 1 816 861 1 879 281 1 703 673 -9,3
Liquides en vrac 1 162 396 1 455 742 1 213 036 1 577 152 1 643 012 1 483 522 -9,7
Pétrole brut 551 543 699 252 477 319 636 962 709 022 626 680 -11,6
Produits pétroliers raffinés (1) 610 853 756 490 735 717 796 464 776 634 687 906 -11,4
Import EDF Bellefontaine 143 726 157 356 168 936 7,4
Solides en vrac 201 379 208 806 217 857 239 709 236 269 220 151 -6,8
Céréales 37 977 41 907 53 598 51 687 53 997 53 510 -0,9
Engrais 10 526 15 674 19 814 23 267 20 163 23 043 14,3
Clinker 152 876 151 225 137 671 143 116 147 987 131 397 -11,2
Autres solides en vracs 0 0 6 774 21 639 14 122 12 201 -13,6
Marchandises diverses 1 450 910 1 443 819 1 448 121 1 759 573 1 526 034 1 429 442 -6,3
Conteneurs 1 414 910 1 407 819 1 028 776 1 280 380 1 063 445 971 510 -8,6
Tares des conteneurs nd nd 292 484 339 700 312 494 301 614 -3,5
Véhicules automobiles nd nd 20 662 21 609 25 638 27 169 6,0
RO-RO (hors conteneurs) nd nd 81 630 77 678 82 519 86 939 5,4
Tares Ro-Ro et ferry nd nd 42 749 40 206 41 938 42 210 0,6
Total marchandises 2 814 685 3 108 367 2 879 014 3 576 434 3 405 315 3 133 115 -8,0
  • Source : Grand port maritime de la Martinique, mars 2017.