Bilan économique 2016 - Martinique

Les voyants de l'économie martiniquaise restent au vert en 2016. Le chômage baisse et l’emploi salarié progresse. La situation financière des ménages est satisfaisante ; l’encours sain de crédit augmente de 3,4 % en raison des taux d’intérêt en baisse. Les consommateurs ont par ailleurs profité d’une inflation quasi nulle (– 0,2 %) et d’une baisse du prix des carburants. Cependant, la baisse du prix du pétrole a entrainé une chute de 13 % des exportations martiniquaises.

Insee Conjoncture Martinique
No 3
Paru le : 23/05/2017
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Cadrage macro-économique - Une croissance faible expliquée par une demande intérieure stableBilan économique 2016

Clémentine Garandeau, Insee

En 2015, la croissance martiniquaise s’élève à + 0,4 %. Elle succède à un pic de croissance de + 1,8 % en 2014 dû à une inhibition de l’activité de la Société Anonyme de Raffinage des Antilles (Sara) en 2013 pour un arrêt programmé de contrôle et remise à neuf durant plusieurs semaines, puis un retour à l’activité normale en 2014. Ainsi, pour une activité de la Sara comparable entre 2014 et 2015, la croissance reste positive en dépit d’une population moyenne en diminution depuis 2008 : – 0,9 % en 2015 (et – 4,6 % sur la période 2008-2015). En France, la croissance s’élève à + 1,3 %.

Insee Conjoncture Martinique
No 3
Paru le : 23/05/2017

En 2015 1 , le produit intérieur brut (PIB) de la Martinique est en légère hausse à + 0,4 % en volume. Avec une population moyenne en baisse de 0,9 % en 2015, soit 378 640 personnes, le PIB par habitant augmente de 1,3 % en euros constants et s’établit à 23 300 euros. Sur la France entière, le PIB par habitant s’élève à 32 800 euros, en Guadeloupe à 21 000 euros et en Guyane à 15 600 euros.

1. Les données macroéconomiques 2016 ne seront disponibles qu’au cours du 3e trimestre 2017 et feront l’objet d’une publication en fin d’année.

La consommation des ménages croît de 1,1 % en volume par tête

En dépit d’une population en baisse de près de 1 %, l’évolution de la consommation des ménages en volume reste positive : + 0,2 %.

La demande des ménages profite du recul du taux de chômage (– 0,5 point par rapport à l’année passée), qui s’établit à 18,9 % en 2015. Dans le secteur privé, l’emploi augmente de 1,4 %. Dans la sphère publique, la masse salariale progresse de 0,5 % en valeur.

Cependant, l’évolution du revenu disponible global des Martiniquais est impactée par la baisse et le changement de structure de la population. Celle-ci continue de diminuer (– 1,0 % après – 0,5 % en 2014), notamment dans les tranches d’âges les plus jeunes (– 2,6 % pour les 0-19 ans et – 4,0 % pour les 20-39 ans). À l’inverse, le nombre de personnes ayant 60 ans et plus (32 % de la population) augmente sensiblement, en particulier les 60-74 ans (+ 3,6 %). Le nombre de retraités sous le régime général et bénéficiaires du minimum vieillesse croît ainsi de 2,0 %.

Le tassement de la demande se traduit par le maintien du chiffre d’affaires des hypermarchés et le ralentissement des importations de biens de consommation en valeur (+ 1,0 % au lieu de + 2,5 % en 2014). En particulier, la hausse des importations de biens de consommation durables (équipement de la maison) fléchit (+ 2,3 % après + 11,0 % en 2014). Les importations de denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac augmentent de 1,2 % en valeur, après 1,7 % en 2014. Pour autant, les crédits à la consommation affichent une bonne tenue (+ 9,7 %), tout comme les immatriculations de véhicules neufs particuliers (+ 14,2 %).

L’investissement privé en hausse, celui du public diminue

L’investissement est quasiment constant en volume, + 0,6 %, après avoir augmenté de 4,5 % en 2014.

Le secteur privé permet à l’investissement de se maintenir. L’encours des crédits d’investissement accordés aux entreprises augmente significativement de 13,1 %. En revanche, les crédits immobiliers (– 3,9 %) et les crédits d’exploitation (– 21,6 %) reculent.

Tous les secteurs n’en profitent pas pour autant. Le secteur du BTP (environ 60 % de l’investissement) rencontre des difficultés. Les ventes de ciment sont en repli (– 1,6 % après + 6,5 % en 2014) et les attestations de conformité électrique délivrées par le Consuel chutent (– 12,8 % après + 11,5 % en 2014).

Le secteur public réduit ses dépenses d’investissement de 9,7 %. Cette diminution marquée est due à la contraction des investissements du secteur hospitalier qui retrouvent leur niveau de 2011, après plusieurs années de travaux (2012-2014).

En 2012, le montant d’investissements des hôpitaux a été multiplié par près de dix, en raison notamment de la reconstruction pour mise aux normes parasismiques du plateau technique de l’hôpital Pierre Zobda-Quitman (budget total de 169 millions d’euros). Les dépenses de l’État (environ 5 % du total), quant à elles, stagnent. Les dépenses des collectivités locales en investissement, qui représentent plus de 80 % de l’investissement public en 2015, progressent de 11,4 %. Ainsi la mise en place du Transport en commun en Site Propre (TCSP) a nécessité un volume total d’investissements estimé à 380 millions d’euros, dont 254,5 millions d’euros de financements par la Région et 87,5 millions d’euros de fonds européens (FEDER) sur la période 2003-2015. Sur ces 380 millions d’euros, près de 200 millions d’euros de travaux ont été réalisés sur la période 2013-2015.

Les dépenses publiques en baisse

En 2015 les dépenses publiques sont à la baisse : - 0,5 en volume.

Cela provient des consommations intermédiaires à la fois des administrations publiques, de la sécurité sociale et de l’enseignement (– 6,1 %) et de la santé

(– 10,4 %).

Le tourisme est bien orienté

Le tourisme retrouve quelques couleurs en 2015 après une stagnation des dépenses l’année passée : elles augmentent de 2,8 % en valeur, avec une inflation quasi nulle, et atteignent 306,8 millions d’euros.

Les dépenses directes (hors effets d’entraînement) contribuent ainsi pour + 0,1 point à la croissance.

Figure 1 – Le PIB en volume se maintient malgré une population en baisseTaux de croissance du PIB en volume (en %)

Le PIB en volume se maintient malgré une population en baisse
Martinique France entière
2008 0,4 0,2
2009 -4,4 -2,9
2010 2,3 2,0
2011 2,4 2,1
2012 0,5 0,2
2013 -1,2 0,6
2014 1,8 0,6
2015 0,4 1,3
  • Source : Insee, Cerom, Comptes rapides.

Figure 1 – Le PIB en volume se maintient malgré une population en baisseTaux de croissance du PIB en volume (en %)

Figure 2 – L’inflation légèrement négative en 2016Évolution de l’indice des prix, moyenne annuelle (en %)

L’inflation légèrement négative en 2016
Martinique France
2008 2,7 2,8
2009 -0,6 0,1
2010 1,5 1,5
2011 2,6 2,1
2012 1,4 2,0
2013 1,2 0,9
2014 0,7 0,5
2015 0,1 0,0
2016 -0,2 0,2
  • Source : Insee, CEROM, Comptes rapides.

Figure 2 – L’inflation légèrement négative en 2016Évolution de l’indice des prix, moyenne annuelle (en %)

Figure 3 – Les dépenses publiques en lègère baisseÉvolution des dépenses en volume (taux de croissance en %)

Les dépenses publiques en lègère baisse
Martinique France entière
2008 -0,5 1,1
2009 1,0 2,4
2010 2,0 1,3
2011 0,4 1,0
2012 -0,1 1,6
2013 0,2 1,5
2014 1,5 1,2
2015 -0,5 1,4
  • Source : Insee, Cerom, Comptes rapides.

Figure 3 – Les dépenses publiques en lègère baisseÉvolution des dépenses en volume (taux de croissance en %)

Figure 4 – L'investissement se stabiliseÉvolution de l’investissement en volume (en %)

L'investissement se stabilise
Martinique France entière
2008 -2,5 0,9
2009 -26,0 -9,1
2010 -0,1 2,1
2011 5,9 2,1
2012 -8,5 0,2
2013 -1,5 -0,8
2014 4,5 -0,3
2015 0,6 1,0
  • Source : Insee, Cerom, Comptes rapides.

Figure 4 – L'investissement se stabiliseÉvolution de l’investissement en volume (en %)

Figure 5 – Les échanges extérieurs progressent en volumeÉvolution des échanges extérieurs en volume (taux de croissance en %)

Les échanges extérieurs progressent en volume
Imports Exports
2008 5,4 4,2
2009 -11,7 3,2
2010 8,0 5,8
2011 1,4 13,6
2012 -2,2 8,7
2013 -1,0 -3,4
2014 4,2 33,8
2015 2,2 1,0
  • Source : Insee, CEROM, Comptes rapides.

Figure 5 – Les échanges extérieurs progressent en volumeÉvolution des échanges extérieurs en volume (taux de croissance en %)