Bilan économique 2014 de Lorraine

La conjoncture économique reste morose en 2014 en Lorraine, dans un contexte peu porteur. L'emploi salarié diminue encore. Cette détérioration se ressent dans la quasi-totalité des secteurs d'activité. Le taux de chômage, en hausse en Lorraine comme en France, s'établit à 10,7% dans la région au dernier trimestre.

Insee Conjoncture Lorraine
Paru le : 29/05/2015
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Vers une modernisation de l’offre de soins sanitaires : médecine et chirurgie dans une dynamique ambulatoire

Yann Kubiak, ARS Lorraine

Depuis 10 ans, le nombre de lits en hospitalisation complète de court séjour est en recul continu dans les établissements sanitaires lorrains. Une substitution s’opère progressivement au bénéfice de l’ambulatoire. Il reste malgré tout un effort important à accomplir en Lorraine au regard du plus grand nombre de lits par habitant dans l’objectif de maîtrise des dépenses d’ici 2017. Dans le Bassin houiller, la modernisation de l’offre de soins conduit à une meilleure coordination des établissements entre eux. La création des groupements hospitaliers de territoire, couvrant la région, sera un véritable instrument de recomposition de l’offre de soins sanitaires centrée autour du patient.

Insee Conjoncture Lorraine
Paru le : 29/05/2015

Au 1er janvier 2014, l’ensemble des établissements sanitaires de Lorraine compte 8 167 lits installés en hospitalisation complète, répartis pour près des deux tiers dans des services de médecine (5 156 lits) et pour un peu plus d’un tiers en chirurgie (3 011 lits).

Baisse continue des capacités en hospitalisation complète

Les capacités d’accueil en hospitalisation complète sont en constante diminution depuis plus d’une décennie. En médecine, le nombre de lits a diminué de 6,5 % en dix ans. Sur la même période, la baisse a été beaucoup plus marquée en chirurgie, où près d’un lit sur quatre (- 22,3 %) a été supprimé. Cette réduction s’inscrit dans une stratégie nationale d’adaptation aux évolutions des prises en charge chirurgicales et médicales.

Pourtant, malgré cette baisse tendancielle, le taux d’équipement sanitaire en Lorraine reste un des plus élevés des régions de France métropolitaine. En 2014, la Lorraine compte 347,4 lits de médecine et chirurgie pour 100 000 habitants, soit plus de 40 points au-dessus de la moyenne nationale (305,8 lits). Elle figure ainsi dans le peloton de tête des régions françaises, derrière le Limousin et la Bourgogne.

Cette surcapacité globale masque toutefois des disparités départementales marquées, notamment en chirurgie. Le taux d’équipement en lits de chirurgie est supérieur au taux national uniquement en Meurthe-et-Moselle, avec 181 lits pour 100 000 habitants, contre 117 au niveau national, le CHU jouant le rôle d’établissement régional de recours. Dans la Meuse, le taux d’équipement, le plus faible de la région, se situe près de 40 points en deçà du niveau national. En médecine, les taux d’équipement départementaux lorrains sont tous supérieurs à 200 lits pour 100 000 habitants contre 187 au niveau national.

1 – Densité (nombre de lits médecine-chirurgie en hospitalisation complète pour 100 000 habitants)

Densité (nombre de lits médecine-chirurgie en hospitalisation complète pour 100 000 habitants)
Densité
Limousin 400,8
Bourgogne 358,0
Lorraine 347,4
Auvergne 347,3
Champagne-Ardenne 339,8
Provence Alpes Côte-d'Azur 337,9
Alsace 335,1
Basse-Normandie 333,7
Nord-Pas-de-Calais 324,7
Aquitaine 321,1
Bretagne 309,4
France métropolitaine 305,8
Languedoc-Roussillon 302,5
Franche-Comté 301,0
Rhône-Alpes 297,7
Martinique 297,0
Centre 288,0
Midi-Pyrénées 284,4
Île-de-France 282,4
Picardie 279,8
Poitou-Charentes 278,8
Haute-Normandie 275,4
Pays de la Loire 271,8
Corse 264,5
Guadeloupe 263,5
Réunion 206,7
Guyane 193,9
  • Source : DREES, Statistique annuelle des établissements

1 – Densité (nombre de lits médecine-chirurgie en hospitalisation complète pour 100 000 habitants)

Chirurgie et médecine ambulatoires : un virage à négocier

Les réductions de capacité devraient permettre aux établissements lorrains de réaliser une économie de 32 millions d’euros d’ici à 2017, et ainsi concourir à la maitrise des dépenses de l’Assurance-maladie. En contrepartie, les établissements ont pour objectif de développer les alternatives à l’hospitalisation complète, et ce afin de maintenir constante la qualité de prise en charge des patients lorrains.

Parmi ces alternatives figure le développement de la chirurgie ambulatoire, qui permet d’opérer un patient en lui évitant une hospitalisation. Cette solution, plébiscitée autant par les patients que par les établissements, peine toutefois à atteindre les objectifs fixés. Au 1er janvier 2014, le taux de chirurgie ambulatoire en Lorraine est de 43,5 %. Il reste en deçà de la moyenne nationale (49 %), et 13 points en dessous du taux de 56,5 % fixé pour 2018. Les taux de recours à la chirurgie ambulatoire dépendent fortement des pratiques d’établissement.

Toutefois, un clivage global net se dégage, les établissements privés lucratifs ayant pris plus tôt le virage de l’ambulatoire que les établissements publics. En effet, plus d’un séjour sur deux (51,3 %) est réalisé en ambulatoire dans le secteur privé lucratif, contre un peu plus d’un tiers (36,2 %) dans les établissements publics ou privés non lucratifs.

2 – Séjours réalisés en 2013 en médecine et chirurgie par département et mode de financement

Séjours réalisés en 2013 en médecine et chirurgie par département et mode de financement
MEDECINE CHIRURGIE
Hospitalisation complète Hospitalisation partielle ou ambulatoire Hospitalisation complète Hospitalisation partielle ou ambulatoire
Lits installés Séjours Places Séjours Lits installés Séjours Places Séjours
Meurthe-et-Moselle 1 741 84 852 232 26 551 1 337 75 519 188 54 097
Établissements privés à but non lucratif 248 10 462 48 3 061 85 4 072 12 1 452
Établissements privés à but lucratif 180 14 175 43 2 591 574 33 846 104 37 150
Établissements publics 1 313 60 215 141 20 899 678 37 601 72 15 495
Meuse 411 17 485 15 3 636 151 7 568 22 8 939
Établissements privés à but lucratif 10 731 65 3 332 10 4 711
Établissements publics 401 16 754 15 3 636 86 4 236 12 4 228
Moselle 2 250 99 594 255 21 069 1 087 47 728 197 49 194
Établissements privés à but non lucratif 693 23 588 85 8 711 314 12 813 36 7 250
Établissements privés à but lucratif 132 9 338 6 5 339 312 12 761 68 24 446
Établissements publics 1 425 66 668 164 7 019 461 22 154 93 17 498
Vosges 754 35 567 79 8 414 436 25 854 60 8 222
Établissements privés à but lucratif 19 1 186 20 259 221 15 042 23 2 222
Établissements publics 735 34 381 59 8 155 215 10 812 37 6 000
Total général 5 156 237 498 581 59 670 3 011 156 669 467 120 452
  • Source : DREES, Statistique annuelle des établissements

Bassin houiller : vers une approche globale de l’offre de soins

D’autres alternatives existent, notamment celle qui consiste à repenser l’offre de soins sur un territoire. Ainsi, dans le Bassin houiller, sous l’impulsion de l’Agence régionale de santé, une véritable transformation de l’offre hospitalière a été entreprise. Le nombre de lits en médecine a baissé de 12,8 %, passant de 608 à 530 lits, 38 ayant été supprimés en chirurgie. Outre les réductions capacitaires, certains établissements, à l’instar du centre hospitalier (CH) de Freyming-Merlebach, ont vu leur activité très sensiblement transformée. En effet, au sein de ce CH, la totalité des lits de médecine et chirurgie a fermé, remplacée par l’installation d’un plateau technique de rééducation profitant à l’ensemble du territoire et la création de places en hospitalisation à domicile. Enfin, certains établissements, les CH de Forbach et de Sarreguemines, se sont engagés dans une véritable collaboration, avec la signature d’une communauté hospitalière de territoire (CHT).

Groupements hospitaliers de territoire : vers une meilleure coordination de l’offre de soins

Redessiner l’offre de soins hospitalière sur un territoire, voici un des objectifs portés par les pouvoirs publics, au travers de la création des Groupements hospitaliers de territoires (GHT). Dans le plan triennal 2015-2017, les établissements lorrains (publics et privés non lucratifs) auront obligation d’intégrer un GHT. La Lorraine devrait en compter cinq, chacun couvrant un territoire d’environ 400 000 habitants. Au sein de ces groupements, les établissements devront définir en commun un projet de territoire répondant aux exigences de soins de la population. Ce projet impliquera une redistribution optimisée des activités de soins, et également la mise en commun de ressources internes.