Bilan économique 2014 de Lorraine

La conjoncture économique reste morose en 2014 en Lorraine, dans un contexte peu porteur. L'emploi salarié diminue encore. Cette détérioration se ressent dans la quasi-totalité des secteurs d'activité. Le taux de chômage, en hausse en Lorraine comme en France, s'établit à 10,7% dans la région au dernier trimestre.

Insee Conjoncture Lorraine
Paru le : 29/05/2015
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Évolution différenciée des marges d’exploitation des entreprises lorraines, et recul des investissements dans l’industrie

Olivier Debien, Directeur des affaires régionales, Banque de France Metz

En 2014, les marges d’exploitation se maintiennent pour la majorité relative des entreprises industrielles lorraines. Elles progressent dans les services marchands, mais reculent dans la construction. Après une année 2013 mieux orientée, les dépenses d’investissement s’affaissent dans l’industrie, et continuent de se contracter dans la construction.

Insee Conjoncture Lorraine
Paru le : 29/05/2015

Une rentabilité maitrisée en 2014 dans l’industrie

Dans un contexte de stabilité de l’activité, les entités réussissent à maîtriser de nouveau leurs marges. En effet, moins d’un quart d’entre elles affichent une dégradation de leur taux de rentabilité.

Les appréciations neutres ou positives dominent dans l’essentiel des branches d’activité.

Le secteur des industries agricoles et alimentaires affiche des positions plus tranchées, puisqu’il présente la plus forte proportion d’entreprises déplorant un repli de leur rentabilité, comme de celles enregistrant une augmentation.

Les délais de paiement des clients restent stables pour près de 88 % des industriels interrogés.

En 2015, les marges confirmeraient leur stabilité dans l’industrie lorraine (59 % des opinions). Seules 13 % des entités interrogées anticipent une contraction.

La fabrication d’autres produits industriels (qui comprend des secteurs tels que la métallurgie, la plasturgie, la chimie, le travail du bois, le textile, la pharmacie, les produits minéraux) affiche la proportion la plus élevée de prévisions positives.

1 – Rentabilité d'exploitation

  • Source : Banque de France - Les Entreprises en Lorraine - Bilan 2014 et Perspectives 2015

Une hausse de la rentabilité est globalement constatée dans les services marchands

Une assez large majorité de chefs d’entreprise des services marchands relève une augmentation des rentabilités d’exploitation. Les opinions sont plus particulièrement positives chez les professionnels de l’ingénierie et des études techniques. À l'inverse, les opinions sont négatives dans l’information et la communication.

Parallèlement, une part dominante des entreprises fait état de prix de prestations stables ou en progrès, ainsi que de délais de paiement de ses clients stables ou en hausse.

Un maintien de la rentabilité est escompté pour 2015 dans les services marchands. Plus de 60 % des chefs d’entreprise interrogés tablent en effet sur une stabilité des performances d’exploitation, et seulement 16 % d’entre eux pensent qu’elles diminueront.

Dans l’ensemble du secteur de la construction, la rentabilité apparaît en recul

Dans un contexte d’activité en retrait, les opinions des dirigeants portant sur la rentabilité sont très majoritairement négatives. La situation apparait la plus difficile dans les travaux publics. Seul le secteur du gros œuvre du bâtiment voit son solde d’opinion presque s’équilibrer entre la stabilité et la baisse.

En 2015, les rentabilités seraient dans l’ensemble maintenues. Néanmoins, les anticipations de régression excèdent nettement les prévisions d’augmentation. En particulier, les opinions négatives restent de mise pour plus de la moitié des professionnels des travaux publics.

Dépenses d’investissement : recul généralisé

Après un redressement en 2013, les flux d’investissement se réduisent dans l’industrie. Les budgets consacrés aux investissements s’avèrent en effet en contraction, de l’ordre de 13 %. Cette évolution est liée à des dépenses d’équipement défavorablement orientées dans toutes les branches, hormis les industries agricoles et alimentaires.

Les dépenses en recherche et développement continuent de décliner.

En 2015, les flux d’investissement devraient enregistrer un nouveau recul, bien que plus modéré, concernant les dépenses en biens d’équipement. Ces dernières devraient même progresser chez les fabricants d’équipements électriques et électroniques et d’autres machines, ainsi que dans le secteur des autres produits industriels.

Dans la construction, les investissements continuent de manquer de dynamisme.

Pour 2015, leur recul devrait nettement s’accentuer, dans un contexte de prévisions d’activité extrêmement réservé.

2 – Investissements dans l'industrie

%
Investissements dans l'industrie
Variation
2008 9,3
2009 -35,0
2010 -2,2
2011 2,3
2012 -3,1
2013 3,1
2014 -13,4
2015 -5,2
  • Source : Banque de France - Les entreprises en Lorraine - Bilan 2014 et perspectives 2015

2 – Investissements dans l'industrieVariation des investissements

3 – Investissements dans le bâtiment et les travaux publics

%
Investissements dans le bâtiment et les travaux publics
2013 2014 2015
Bâtiment -40,1 -15,2 -23,9
Travaux Publics -36,0 9,4 -38,8
  • Source : Banque de France - Les entreprises en Lorraine - Bilan 2014 et perspectives 2015

3 – Investissements dans le bâtiment et les travaux publics Variation des investissements

Définitions

Cette analyse de la rentabilité et de l’investissement repose sur une enquête menée au début de l’année 2015 auprès d’un échantillon représentatif composé de 871 entreprises ou établissements lorrains appartenant à l’industrie, aux services marchands et à la construction, totalisant plus de 96 000 salariés.

Pour en savoir plus

Pour connaître l'évolution et les perspectives d'activité des différents secteurs de l'industrie et des services et les résultats complets de l’enquête annuelle "Les entreprises en Lorraine - Bilan 2014 et perspectives 2015"

http://www.banque-france.fr/economie-et-statistiques/conjoncture-et-croissance/publications-regionales/publications/lorraine.html