2027 : la statistique publique au service des débats

À l’approche des échéances électorales de 2027, les débats qui traversent notre société porteront sur de nombreuses questions économiques, sociales, environnementales, démographiques ou territoriales. Pour les comprendre, les mettre en perspective et en mesurer les évolutions, disposer de repères partagés est essentiel.
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Chiffres détaillés
Paru le :Paru le15/10/2026
- Octobre 2026
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La recherche en France Quelques questions

Chiffres détaillés

Paru le :15/10/2026

1. Quel est le budget consacré à la recherche par l’État et les collectivités territoriales ?

La mission interministérielle Recherche et enseignement supérieur (Mires) regroupe en un seul ensemble budgétaire l'essentiel des moyens consacrés par l'État à l'économie de la connaissance, sa production, sa diffusion ou sa transmission. Répartis en sept programmes, les crédits budgétaires pour la recherche de la Mires s’élèvent à 15,9 milliards d’euros (Md€) en 2026, en autorisations d’engagements réparties entre ses différents opérateurs. Ils augmentent de 0,6 % par rapport à 2025.

La ventilation des crédits budgétaires par objectif socio-économique permet une décomposition du budget suivant les priorités scientifiques et technologiques des opérateurs. Dans le classement par importance décroissante de l’objectif principal, l’objectif « Sciences du vivant » mobilise 24 % des crédits budgétaires ventilables par objectif. Viennent ensuite les objectifs « Sciences naturelles y compris mathématiques, physique et chimie » (16 %) et « Espace » (13 %). La recherche au profit de l’objectif « Sciences humaines et sociales » représente 12 % des crédits ventilables, celle de l’objectif « Production et technologies industrielles » 7 %, celle de l’objectif « Énergie » 6 % tout comme celle de l’objectif « Sciences et technologies de l’information et de la communication » 6 %. Enfin la recherche au profit de l’objectif « Environnement » s’établit à 5 % des crédits ventilables.

En moyenne, sur la période 2022-2025, les collectivités territoriales ont dépensé 691 M€ en faveur de la recherche et du transfert de technologie (R&T), dont 35 % en aides en direction des entreprises innovantes et en transfert de technologie et 19 % en opérations immobilières en faveur de la recherche.

Le reste du budget R&T est principalement consacré aux investissements dans des équipements de laboratoires publics (15 %), aux aides aux chercheurs (13 %), aux projets de recherche des organismes publics et aux chaires (13 %). En moyenne, sur la période 2022–2025, les conseils régionaux sont les principaux contributeurs au financement de la R&T (75 %) parmi les collectivités territoriales. Les communes et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) financent la R&T à hauteur de 19 % et les conseils départementaux à hauteur de 6 %.

 

2. Quel est l’effort de recherche des entreprises et des administrations ?

En 2024, l’effort de recherche de la Nation, mesuré en rapportant la dépense intérieure de recherche et développement expérimental (DIRD) au produit intérieur brut (PIB), est de 2,18 %, comme en 2023. L’effort de recherche des administrations en 2023 est de 0,75 % et celui des entreprises de 1,43 %.

La dépense intérieure de recherche et développement expérimental (DIRD) correspond aux travaux de recherche et développement expérimental (R&D) exécutés sur le territoire national (métropole et Outre-mer). En 2024, elle est de 64,1 milliards d’euros (Md€), soit une hausse de 2,4 Md€ par rapport à 2023. Corrigée de l’évolution des prix, elle augmente de 1,8 % en volume.

En 2024, la dépense intérieure de R&D des entreprises (DIRDE) est de 42,0 Md€, en hausse de 1,4 % en volume, et celle du secteur des administra­tions (DIRDA) est de 22,1 Md€, en hausse de 2,7 % en volume. La DIRDE est financée par autofinancement des entreprises, par d’autres entreprises implantées en France ou à l’étranger, par des ressources publiques ou par des organismes internationaux ou nationaux étrangers. La DIRDA est financée majoritairement par des dotations budgétaires, mais aussi par des ressources sur contrats (publics, privés, programmes européens et internationaux) et des ressources propres.

Le financement public direct des dépenses de R&D n’inclut pas les mesures fiscales d’incitation à la recherche telles que le crédit d’impôt recherche (CIR), qui représentait un montant de créances de 8,1 Md€ en 2024 (y compris les crédits d'impôt en faveur de l'innovation et de la recherche collaborative).

 

3. Quelle est la place de la recherche française à l’international ?

En 2023, l’effort de recherche français (2,18 %) se situe légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’Union Européenne (2,14 %) mais en dessous de celle des pays de l’OCDE (2,70 %). L’effort de recherche est mesuré en rapportant la DIRD au produit intérieur brut (PIB). L’objectif de la loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030 (LPR) pour l’effort de recherche en France a été fixé à 3 %, conformément au programme-cadre européen pour la recherche et l’innovation « Horizon Europe ». Au sein de l’Union européenne, la Suède est le pays qui consacre la plus grande part de son PIB à la R&D (3,64 %). Parmi les pays européens, la Belgique (3,27 %), l’Autriche (3,26 %), l’Allemagne (3,13 %) et la Finlande (3,09 %) se situent également au-dessus de l’objectif de 3 % du PIB consacré à la R&D.

Avec une DIRD de 86 749 millions de dollars en parité de pouvoir d’achat, la France occupe la sixième position parmi les pays réalisant les dépenses de R&D les plus importantes de l’OCDE, derrière les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la Corée du Sud et le Royaume-Uni. Elle devance toujours l’Italie, le Canada et l’Espagne.

Le nombre de chercheurs rapporté au nombre d’emplois constitue un autre indicateur de l’effort de recherche mis en œuvre par un pays. Avec 12,2 chercheurs pour mille emplois en 2023, la France se place toujours nettement derrière la Corée du Sud (17,3 ‰). Elle devance en revanche les États-Unis (10,5 ‰, donnée 2022), l’Allemagne (10,9 ‰) et les Pays-Bas (11,6 ‰). La Suède, la Finlande et la Belgique, pays moins peuplés de l’Union européenne, se distinguent avec respectivement 17,2, 16,8 et 13,8 chercheurs pour mille emplois.

La position de la France est observée à travers les publications scientifiques des quinze dernières années. La contribution de la France aux publications scientifiques mondiales est en fort recul, passant de 3,6 % en 2010 à 1,9 % en 2024. La France se situe au 13ème rang mondial des pays publiant le plus, derrière l’Italie, la Corée du Sud, l’Espagne, le Canada et le Brésil. Avec plus de 28 % de la production scientifique mondiale la Chine dépasse largement les États-Unis qui ne sont plus qu’à 14 %. La part des co‑publications internationales atteint 63 %, proche de celles de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Avec près de 12 % de publications impliquant des entreprises, la France se situe au-dessus de la moyenne mondiale (8 %).

L’indice d’impact, moyenne des scores de citations normalisées des articles du pays, et l’indice d’excellence dans le Top 10 % des publications françaises sont inférieurs à la moyenne mondiale, plus de 10 % en-dessous de l’Allemagne mais environ 5 % au-dessus de l’Espagne.

La France a un profil scientifique généraliste au niveau des grands domaines scientifiques contrairement à la plupart des autres grands pays scientifiques (sauf l’Allemagne). La France est légèrement spécialisée en Sciences physiques et ingénierie et en Sciences du vivant mais se situe 10 % en deçà de la moyenne mondiale en Sciences humaines et sociales (SHS). Ce profil très généraliste ressemble beaucoup à celui de l’Allemagne qui est cependant légèrement plus présente en SHS et un peu moins en Sciences physiques et ingénierie. Les autres grands pays scientifiques ont des profils plus tranchés. Les États-Unis sont nettement spécialisés en Sciences du vivant et en SHS (indices supérieurs à 1,2). La Chine et l’Inde sont très engagés en sciences physiques et ingénierie. L’Espagne et le Royaume-Uni sont fortement présents en SHS. L’Italie et le Japon sont eux plus spécialisés en Sciences du vivant.

Les publications françaises parues entre 2020 et 2024 ont un indice d’impact moyen 7 % au dessus de la moyenne mondiale en Sciences du vivant et inférieur à la moyenne mondiale en Sciences physiques et ingénierie (0,9) ainsi qu’en SHS (0,7)

La France est au 7ème rang mondial avec 3,2 % des demandes de brevets à l’Office Européen des Brevets (OEB) sur la période 2018‑2023, derrière le Japon, la Chine, les États-Unis, la Corée du Sud, l’Allemagne et à égalité avec Taiwan. Sa part de co-inventions internationales est de 18 %. Ses principaux partenaires sont les États-Unis, l’Allemagne, la Suisse et la Belgique.

Ses brevets se concentrent dans des technologies relatives aux Transports et Composants mécaniques. Plus précisément, parmi les sous-domaines représentant plus de 50 000 familles internationales de brevets sur la période 2018‑2023, la France est spécialisée dans cinq d’entre eux : Transports, Composants mécaniques, Autres machines spécialisées, Techniques de mesure et Manutention. L’Allemagne a un profil proche de celui de la France. Le Royaume-Uni et les États-Unis sont tous les deux spécialisés en Produits pharmaceutiques et en Technologies médicales. Les pays asiatiques présentent des profils bien différents : la Chine est spécialisée en Communication numérique, le Japon en Optique, la Corée du Sud et Taïwan en Semi-conducteurs.

La France se distingue par la contribution très significative de sa recherche publique aux dépôts de brevets. La France est le pays ayant la part de la recherche publique totale la plus forte, avec une part de demandes de brevets déposées par les institutions de recherche publique atteignant 16 %, devant la Chine (14 %), la Corée du sud (12 %) et Taïwan (10 %). Cela est dû notamment à une part élevée de co-dépôts entre recherche publique et entreprises (3,8 %). Les institutions publiques françaises sont les plus présentes dans les Biotechnologies, Semi-conducteurs et Produits pharmaceutiques.

 

4. Quelle est l’activité de recherche des PME, ETI et GE en France ?

En 2023, les dépenses intérieures de recherche et de développement expérimental des entreprises (DIRDE) en France ont représenté 40,6 Md€. Avec 22,1 Md€, les grandes entreprises (GE) sont à l’origine de 54 % de la DIRDE. Leurs dépenses se concentrent essentiellement dans les branches industrielles. En revanche, les petites et moyennes entreprises (PME) concentrent une part importante de leurs dépenses intérieures de R&D dans les branches de services.

Les grandes entreprises (GE) représentent seulement 1 % des entreprises réalisant de la R&D en interne en France, mais concentrent 54 % de la DIRDE et 42 % des effectifs totaux dédiés à la R&D. Les entreprises de taille intermédiaire (ETI), quant à elles, représentent 12 % des entreprises exécutant des travaux internes de R&D mais 25 % de la DIRDE et 26 % des chercheurs. Les petites et moyennes entreprises (PME, y compris microentreprises) sont à l’origine de 20 % de la DIRDE totale, alors qu’elles représentent 87 % des entreprises réalisant de la R&D en interne. Elles emploient 30% des personnels de R&D présents en entreprise et 30 % sur la seule catégorie des chercheurs de R&D en équivalent temps plein (ETP). L’intensité de recherche des PME réalisant de la R&D est nettement supérieure à celle des autres catégories d’entreprise en 2023. En effet, les PME consacrent en moyenne 11,1 % de leur chiffre d’affaires à des activités internes de R&D, contre 2,0 % pour les ETI et 1,2 % pour les GE.

 

5. Combien de personnes travaillent pour la recherche en France ?

En 2024, les activités de R&D mobilisent en France 529 200 personnes en équivalent temps plein consacré à la recherche (ETP recherche), c’est‑à‑dire en tenant compte du temps consacré aux activités de R&D dans l'année. Ces effectifs sont en hausse de 3,1 % par rapport à 2023. Les chercheurs occupent 70 % des emplois de R&D en équi­valent temps plein recherche (66 % dans le secteur des administrations et 73 % dans celui des entreprises), soit 371 300 ETP (+ 4,2 % par rapport à 2022). Avec 234 100 personnes en équivalent temps plein recherche, les entreprises emploient 61 % des chercheurs en France.

En 2023, en personnes physiques, 300 300 personnes occupent la fonction de chercheur dans les entre­prises et 183 100 dans les administrations. La répartition des chercheurs par discipline de recherche est très différente entre les deux secteurs. Dans les entreprises, 55 % des chercheurs travaillent dans les sciences de l’ingénieur et 21 % dans les mathéma­tiques et l’informatique. Les autres disciplines sont beaucoup moins représentées. En revanche, dans les admi­nistrations, les effectifs de chercheurs sont beaucoup moins concentrés. Ils ne sont que 26 % à travailler dans les sciences de l’ingé­nieur, les mathématiques et l’informatique. Les disciplines de la santé et des sciences humaines et sociales sont beaucoup plus représentées : 16 % des chercheurs dans les administrations travaillent dans les sciences sociales, 14 % dans les sciences biologiques et 12 % dans les sciences médicales. Ces différences en termes de disciplines s’ac­compagnent d’un taux de féminisation plus élevé parmi les chercheurs en administra­tions (42 %) qu’en entreprises (24 %).

 

6. Quelle est la dépense de recherche dans le numérique en France ?

En France, en 2023, 19 % de la dépense intérieure de R&D (DIRD) est dédiée aux technologies de l’information et de la communication (TIC). Les entreprises consacrent ainsi 10,1 milliards d’euros (Md€) aux TIC, soit 25 % de l’ensemble de leurs dépenses intérieures de R&D. Avec 1,4 Md€, les administrations concourent de manière plus limitée à l’effort de R&D en TIC.

 

7. Quelle est la dépense de recherche en intelligence artificielle en France ?

En France, en 2023, la dépense intérieure de R&D des entreprises (DIRDE) en intelligence artificielle s’élève à 1,8 milliard d’euros. Elle représente 4,5 % de la DIRDE. La proportion d’entreprises de R&D actives dans ce domaine est de 23 %. Les activités informatiques et services d’information représentent 28 % des dépenses totales de R&D consacrées à l’intelligence artificielle. Les petites et moyennes entreprises contribuent proportionnellement davantage aux dépenses de R&D dans l’intelligence artificielle que les autres.

 

8. Quelle est la dépense de recherche dans les biotechnologies en France?

En France, en 2023, la dépense intérieure de R&D des entreprises en biotechnologies s’élève à 3,7 Md€. Elle représente 9 % de la DIRDE. La proportion d’entreprises de R&D qui sont actives dans ce domaine est de 14 %. La plupart des entreprises spécialisées en biotechnologies sont de taille relativement modeste : 71 % d’entre elles comptent moins de 20 salariés et seules 6 % sont des structures de 250 salariés ou plus.

 

9. Quelle est la dépense de recherche des entreprises en défense en France ?

En France, en 2023, 4,7 % des entreprises de R&D engagent des dépenses intérieures de recherche et de développement (DIRD) dans le domaine de la défense. Leur dépense de recherche dans ce domaine est de 3,0 milliards d'euros (Md€) en 2023, soit 31 % de leur DIRD. Dans ce domaine, elles mobilisent 28 300 salariés, soit 27 % de leur effectif total.

 

10. Combien de docteurs sont diplômés en France ?

En 2025, le nombre de docteurs diplômés s’établit à 14 900 dans les 291 écoles doctorales accréditées par le ministère chargé de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESRE), en augmentation de 1,0 % par rapport à 2024. Le nombre de docteurs diplômés reste inférieur au niveau de 2023, plus haut niveau observé depuis la mise en place de l’enquête (2009), en raison d’un rattrapage suite à la pandémie.

Cinq docteurs diplômés sur dix le sont dans le domaine des Sciences exactes et applications, trois sur dix dans celui des Sciences humaines et sociales et deux sur dix dans le domaine des Sciences du vivant. Par rapport à 2024, le nombre de docteurs diplômés est en baisse dans 6 domaines d’études sur 10. Il diminue nettement dans les Sciences de la terre et de l’univers, espace (-8,7 %), les Sciences et technologies de l’information et de la communication (-7,9 %) ou la Chimie (-5,2 %). A l’opposé, il est en nette hausse dans les Sciences humaines et humanités (+12,7 %). Il augmente aussi, dans une moindre mesure, en Physique (+4,4 %) ou en Biologie, médecine, santé (+3,2 %).

À la rentrée 2025, 17 000 doctorants se sont inscrits en première année de thèse, soit une stabilisation par rapport à la rentrée précédente (+0,4 %). L’évolution du nombre d’inscrits en doctorat en première année varie toutefois selon les disciplines : il augmente de 4,3 % en Sciences du vivant et de 3,2 % en Sciences humaines et sociales. A l’opposé, il baisse de 3,4 % en Sciences exactes et applications (après une hausse de 5,5 % en 2024-2025 et une hausse importante de 9,3 % en 2023-2024).

En 2025-2026, le nombre total de doctorants est de 70 000, en hausse de 0,8 %.