Inflation ravivée, croissance fragilisée Note de conjoncture - mars 2026
Éclairage – Un an après la hausse des droits de douane, le déficit commercial américain s’est réduit, au détriment de l’Europe
Au printemps 2025, la nouvelle administration américaine a relevé sensiblement les droits de douane sur les biens importés aux États-Unis : alors que le taux effectif moyen était de 2 % début 2025, celui-ci a grimpé à partir d’avril pour atteindre 11 % en octobre 2025 et s’établit à 8 % en mars 2026. Un an après le relèvement des tarifs douaniers, le déficit de la balance des biens et services des États-Unis s’est amoindri, retrouvant fin 2025 son niveau pré-Covid, permis par un fort reflux des importations depuis le printemps, tandis que les exportations résistent. Cette amélioration par rapport à la situation de la fin des années 2010 est due avant tout au redressement du commerce en biens, alors que la balance des services s’est plutôt dégradée par rapport aux années 2010.
Le redressement de la balance commerciale des États-Unis en biens s’est faite pour deux tiers au détriment de l’Europe, notamment de l’Allemagne et de l’Italie, tandis qu’elle est plus limitée vis-à-vis de la France. En Allemagne, les exportations automobiles et de biens d’équipement vers les États-Unis ont décliné. En Italie, le solde des produits pharmaceutiques vis-à-vis des États-Unis s’est fortement dégradé du fait d’une envolée des importations, qui sont toutefois largement réexportées vers le reste de l’Europe. Enfin, en France, le redressement des exportations aéronautiques et pharmaceutiques a compensé le fort recul des produits cosmétiques et des boissons.
Par ailleurs, les termes de l’échange des États-Unis, rapportant le prix des exportations à celui des importations hors taxes, se sont sensiblement améliorés en 2025 : si l’amélioration découle en premier lieu de l’envolée des cours de l’or (dont les États-Unis sont producteurs), elle est également sensible sur certains biens spécifiques concernés par la hausse des droits de douane (boissons, automobiles). Pour autant, les termes de l’échange de la zone euro ne se sont pas dégradés en 2025 (même hors énergie), signe que ces baisses sectorielles de prix hors taxes ont eu un impact macroéconomique limité...
Note de conjoncture
Paru le :24/03/2026
