Inflation ravivée, croissance fragilisée Note de conjoncture - mars 2026
Éclairage – Les freins à la désépargne peinent à se desserrer
Début 2026, selon l’enquête de conjoncture que l’Insee conduit auprès des ménages (Camme), un peu plus de quatre ménages sur dix déclarent mettre de l’argent de côté, soit huit points de plus qu’avant la crise sanitaire. Cette proportion n’a pas baissé depuis un an, mais les raisons de cette épargne ont un peu varié : si pour plus de la moitié des ménages le principal motif d’épargne reste celui de précaution (une proportion stable depuis un an), le motif d’achat immobilier s’est accru au détriment des intentions d’autres achats importants.
Par ailleurs, 71 % des ménages déclarent limiter leur consommation, une proportion quasi stable depuis un an. Cette limitation reste principalement motivée par des contraintes financières (36 % de l’ensemble des ménages) et, dans une moindre mesure, par des souhaits d’épargne (19 %). Les motivations environnementales à freiner sa consommation sont toutefois en net recul (9 % des ménages, contre 13 % il y a un an). Dans la plupart des cas, quand ils limitent leur consommation, les ménages font porter leurs efforts sur une large partie du panier de consommation, plutôt que de les concentrer sur un type de dépense particulier.
Au final, les freins à la désépargne peinent à se desserrer : une éventuelle hausse de revenu ne serait dépensée que par un ménage sur cinq, tandis que deux sur trois s’en serviraient pour accroître leur épargne ou rembourser des prêts de façon anticipée. Dans un tel contexte, la baisse du taux d'épargne retenue dans cette Note de conjoncture provient uniquement de l'effet de lissage de la surprise inflationniste, due au conflit au Moyen-Orient, et ne va pas au-delà...
Note de conjoncture
Paru le :24/03/2026
