Insee Conjoncture Centre-Val de LoireBilan économique 2019 - Centre-Val de Loire

Une année 2019 de reprise, avant la crise sanitaire mondiale et ses effets

Après une année 2017 très dynamique (+ 2,3 %) et une décélération en 2018 (+ 1,8 %), le PIB français ralentit de nouveau en 2019 (+ 1,5 %). L’économie régionale, quant à elle, reprend des couleurs, suite à une année 2018 contrastée. L’emploi se redresse après une longue période de stagnation : + 5 000 salariés en un an. Le tertiaire marchand (hors intérim) et la construction gagnent des effectifs, l’industrie recrée de l’emploi après seize années de repli. Le nombre de déclarations préalables à l’embauche hors intérim reste stable. Le taux de chômage s’améliore nettement sur l’année 2019, comme au niveau national, pour atteindre 7,7 %.

Les échanges commerciaux entre la région et le reste du monde demeurent dynamiques en 2019. Le nombre d’entreprises créées atteint son plus haut niveau historique (21 000 entreprises) et les défaillances continuent de diminuer pour la quatrième année consécutive. Ceci témoigne d’une solide vitalité de la démographie des entreprises en Centre-Val de Loire. L’activité de crédit destinée aux entreprises et aux ménages progresse, soutenue par les crédits à l’habitat. Les fortes chaleurs estivales et l’automne pluvieux n’ont pas eu d’effet négatif sur les secteurs liés au tourisme. Les grands sites touristiques et la célébration des 500 ans de la Renaissance ont contribué à la venue plus nombreuse des touristes dans les hôtels et les campings de la région (8,3 millions de nuitées). L’agriculture a partiellement profité du climat ensoleillé, certaines activités ayant toutefois souffert du manque d’eau.

La qualité de l’air en Centre-Val de Loire s’améliore. La mobilité individuelle devient, dans une certaine mesure, plus propre : la part des véhicules électriques immatriculés progresse et les ventes de véhicules particuliers au diesel, considérés comme davantage polluants, poursuivent leur repli.

Insee Conjoncture Centre-Val de Loire
No 29
Paru le : Paru le 18/06/2020
Vincent Bernard, Muriel Auzanneau (Insee), Thomas Ouin-Lagarde (division Synthèse conjoncturelle, Insee)
Insee Conjoncture Centre-Val de Loire  No 29 - Juin 2020

Ce bilan économique fait partie des 17 bilans économiques régionaux 2019 publiés par l'Insee.
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Cette année, la situation exceptionnelle de la pandémie dans les premiers mois de 2020 introduit une rupture avec la dynamique de 2019 et remet en question les éventuelles prévisions réalisées précédemment. Ainsi, ces bilans rendent également compte de la crise, uniquement sur la période de confinement.

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Synthèse régionale – Contexte nationalBilan économique 2019

Vincent Bernard, Muriel Auzanneau (Insee), Thomas Ouin-Lagarde (division Synthèse conjoncturelle, Insee)

Insee Conjoncture Centre-Val de Loire

No 29

Paru le : 18/06/2020

Synthèse régionale - Une année 2019 de reprise, avant la crise sanitaire mondiale et ses effets

Au niveau national, la croissance de l’emploi observée depuis l’année 2013, connaît une nouvelle accélération avec 288 000 emplois créés. En Centre-Val de Loire, après une année de repli, l’emploi salarié repart à la hausse en 2019. Le taux de chômage régional (7,7 %) retrouve en fin d’année les niveaux observés avant la crise de 2009. Mais cette reprise sur le marché de l’emploi, visible tout au long de l’année, sera probablement éphémère. L’année 2020 risque en effet d’être marquée en Centre-Val de Loire, comme partout dans le monde, par de grosses difficultés économiques, conséquences de la crise sanitaire due à l’épidémie de Covid-19.

Les échanges commerciaux restent dynamiques

Le nombre d’entreprises créées atteint son plus haut niveau historique (21 000 entreprises) et les défaillances continuent de diminuer pour la quatrième année consécutive. Ceci témoigne d’une solide vitalité de la démographie des entreprises en Centre-Val de Loire. L’activité de crédit destinée aux entreprises progresse, comme celle destinée aux ménages, soutenue par les crédits à l’habitat.

Les échanges commerciaux entre la région et le reste du monde sont dynamiques sur l’année. Les exportations poursuivent leur progression en 2019, et bien que les importations augmentent davantage, la balance commerciale demeure excédentaire (+ 427 M€). Ces résultats contribuent à l’amélioration sur le marché de l’emploi.

Ainsi, la reprise de l’emploi salarié observée en France profite cette année à la région Centre-Val de Loire. Les effectifs se redressent après une longue période de stagnation : + 5 000 salariés en un an, soit + 0,6 %. Le nombre de déclarations préalables à l’embauche hors intérim reste stable. L’intérim freine sa chute : - 0,7 % en 2019, contre - 8,4 % en 2018. Mis à part un léger sursaut au troisième trimestre, la baisse des emplois d’intérimaires est continue tout au long de l’année.

L’emploi salarié augmente dans tous les secteurs, excepté le tertiaire non marchand

Après une année de repli, l’emploi salarié repart à la hausse en 2019 pour atteindre un effectif de 911 000 soit une hausse de 0,6 %. Le nombre de créations d’entreprise atteint son plus haut niveau (21 000) et les défaillances continuent de diminuer pour la quatrième année consécutive. Ces évolutions globalement positives se traduisent différemment dans les différents secteurs d’activité.

En perte continue d’emploi depuis le début des années 2000 (- 59 000 entre 2001 et 2018), l’industrie régionale inverse la tendance en 2019. Ses effectifs augmentent au premier semestre et se stabilisent sur la deuxième partie de l’année pour atteindre 147 400 (16 % de l’emploi salarié régional), soit une hausse de 0,3 %. Toutes les activités industrielles sont concernées par cette amélioration, et particulièrement les industries agro-alimentaires. Les créations d’entreprises en hausse de 41 % témoignent d’une solide vitalité de la démographie des entreprises dans ce secteur. Le nombre de défaillances, plus élevé qu’en 2018 (+ 8 %), évolution inverse à la moyenne régionale, ne semble pas affaiblir la relance de l’emploi dans l’industrie.

Le tertiaire marchand (hors intérim), avec 44 % des emplois salariés de la région, rassemble des activités telles que les services aux entreprises et aux ménages, le transport, l’hébergement-restauration, les services financiers. L’emploi y est en hausse de 0,9 % grâce aux bons résultats des services financiers, de l’hébergement-restauration et du commerce. Le transport, pourvoyeur de 6 % de l’emploi régional, stabilise ses effectifs. Néanmoins, après une année 2018 en demi-teinte, les résultats restent encore mitigés en 2019. Les immatriculations de véhicules particuliers et le trafic aérien de passagers sont en hausse alors que les immatriculations de véhicules professionnels et le fret aérien diminuent, traduisant un assez net déclin du transport de marchandises.

Les effectifs dans la construction, 6 % de l’emploi salarié régional, en franche augmentation (+ 1 000 salariés, soit + 2,0 %) contribuent significativement à la croissance de l’emploi régional. La construction neuve de logements et de locaux non résidentiels reprend, l’activité dans les travaux publics reste dynamique. Toutefois, la promotion immobilière privée, tant pour les mises en vente que pour les réservations à la vente, connaît un repli plus marqué qu’au niveau national.

En légère baisse en 2018, le tertiaire non marchand (33 % des effectifs) se stabilise. Il est le seul secteur à ne pas bénéficier de l’embellie sur l’emploi.

Les fortes chaleurs estivales et l’automne pluvieux n’ont pas eu d’effet négatif sur les secteurs liés au tourisme. Les grands sites touristiques et la célébration des 500 ans de la Renaissance ont contribué à la venue nombreuse des touristes dans les hôtels et les campings de la région. Avec 6,1 millions de nuitées (+ 1,4 % de nuitées par rapport à 2018), les hôtels enregistrent le nouveau record de fréquentation depuis le début de la décennie.

La production d’électricité par la filière solaire a bénéficié du climat ensoleillé (+ 17 %), comme le maraîchage et la vigne, en termes de prix pour le premier, de qualité pour le second. Mais le manque d’eau a néanmoins fait souffrir la production fruitière, limité la disponibilité de fourrage pour les éleveurs et accentué la chute de la production de colza, conjuguée aux surfaces en berne. En parallèle les prix sont porteurs pour le lait de vache ainsi que la viande bovine et de porc.

Le chômage atteint le niveau le plus bas de la décennie

En fin d’année 2019, le taux de chômage (7,7 %) retrouve des niveaux proches de fin 2008-début 2009, en baisse sur un an de 0,6 point. Les demandeurs d’emploi (catégories A, B et C) sont également moins nombreux fin 2019 par rapport à la période précédente (- 3,4 %). Leur nombre est resté stable au premier trimestre, mais la baisse intervenue aux deux trimestres suivants a été renforcée par un recul plus marqué en fin d’année. Au quatrième trimestre 2019, 211 300 personnes sont inscrites dans l’une des trois catégories A, B ou C à Pôle emploi.

La qualité de l’air continue de s’améliorer

En 2019, le Centre-Val de Loire connaît une meilleure qualité atmosphérique qu’au début des années 2010, avec la baisse des émissions pour de nombreux polluants. Le recul des immatriculations de véhicules particuliers diesel (- 7,5 %) constitue une bonne nouvelle, les fumées de gazole étant davantage polluantes en particules fines. En parallèle les véhicules électriques et hybrides rechargeables continuent de progresser à un rythme très soutenu (+ 18,7 %), atteignant 7,4 % des véhicules immatriculés. L’adhésion d’entreprises à des démarches telles que « Objectif CO2  : les transporteurs s’engagent » contribue à la baisse des émissions de gaz à effet de serre mesurée.

Une année de transition pour l’économie régionale

En raison de l’épidémie mondiale de Covid-19 survenue début 2020, 2019 pourrait être une année de transition. La période de confinement de la population a en effet contraint à l’arrêt certaines activités entre le 17 mars et le 11 mai 2020, dont l’hôtellerie-restauration, l’artisanat et le commerce non alimentaire. Le retour au niveau d’activité économique et d’emploi d’avant la crise sanitaire pourrait prendre du temps.

Bien que le recours au chômage partiel semble avoir été relativement plus faible en Centre-Val de Loire qu’ailleurs, le ralentissement économique pourrait avoisiner les mêmes proportions qu’en moyenne nationale. Le recul de l’activité dans les services principalement marchands y contribuerait plus modérément alors que l’industrie, très présente dans le tissu productif régional, y participerait davantage.

Les créations d’entreprises, indicateur du dynamisme économique, ont nettement reculé entre mars et mai 2020 par rapport à la même période l’année précédente (- 47 %). Ainsi 2 800 nouvelles entreprises auraient été immatriculées sur ces trois mois, contre 5 600 en 2019. Cette chute, plus modérée qu’au niveau national (- 50 %) avoisine celle observée en Normandie ou en Bretagne. Tous les départements de la région sont touchés : entre - 42 % dans le Cher et - 49 % dans le Loiret.

Les secteurs d’activité les plus créateurs entre mars et mai, comme les activités immobilières et le commerce (y compris réparation automobile), ont subi moins d’impact qu’au niveau national.

Une partie des démarches administratives d’immatriculation, retardées par le confinement de la population, pourrait se reporter sur les mois suivants.

Panorama d’ensemble 2019 en Centre-Val de Loire

Nombre, %, point
Panorama d’ensemble 2019 en Centre-Val de Loire (Nombre, %, point) - Lecture : L’emploi salarié total représente 911 000 salariés en Centre-Val de Loire. Les effectifs sont en baisse en 2018. Au premier trimestre 2019, l’emploi augmente de 0,2 % par rapport au T4 2018 pour stagner au T2 2019. La tendance sur l’année 2019 est à la hausse.
Thème Indicateur Situation 2019 Tendance 2018 T1 2019 T2 2019 T3 2019 T4 2019 Tendance 2019
Emploi Emploi salarié total 911 000 salariés 0,2 0,1 -0,1 0,3
Intérim 37 400 intérimaires -0,3 -0,3 0,2 -0,2
Chômage Taux de chômage 7,7 % de chômeurs - 0,1 point - 0,2 point + 0,1 point - 0,4 point
Demandeurs d’emploi (A, B et C) 209 300 demandeurs d’emploi 0,0 -0,6 -0,6 -2,2
Démographie des entreprises Créations 21 000 créations 19,7 -10,3 2,5 7,5
Défaillances 1 800 défaillances -2,7 -21,2 -3,5 18,2
Construction Autorisations 12 200 autorisations de logement 3,7 1,8 6,1 0,0
Tourisme Nuitées dans les hôtels 6 100 000 nuitées -3,4 2,4 1,5 4,1
Commerce extérieur Balance commerciale 430 millions d’euros d’excédent - 307 M€ - 56 M€ + 441 M€ - 31 M€
  • Lecture : L’emploi salarié total représente 911 000 salariés en Centre-Val de Loire. Les effectifs sont en baisse en 2018. Au premier trimestre 2019, l’emploi augmente de 0,2 % par rapport au T4 2018 pour stagner au T2 2019. La tendance sur l’année 2019 est à la hausse.
  • Sources : Insee, estimations d’emploi, taux de chômage au sens du BIT et taux de chômage localisé, répertoire des entreprises et des établissements – Sirene, Insee en partenariat avec la DGE et les comités régionaux du tourisme ; estimations trimestrielles Acoss-Urssaf, Dares, Insee ; Banque de France, Fiben (extraction au 20/03/20) ; SDES, Sit@del2, estimation au 27 février 2020 ; Direction générale des douanes et droits indirects.

Contexte national – L’économie française en ralentissement modéré en 2019 puis en forte chute début 2020

L’activité a ralenti en 2019 dans presque tous les pays avancés

Les incertitudes politiques et économiques provenant notamment du Brexit ou de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ont pesé non seulement sur les échanges commerciaux mais aussi, plus globalement, sur l’investissement des entreprises et la croissance mondiale. Après un pic d’activité en 2018, l’activité aux États-Unis a ralenti en 2019 (+ 2,3 % après + 2,9 %), grevée par la décélération de la consommation des ménages (+ 2,6 % après + 3,0 %) et par l’essoufflement de l’investissement des entreprises (+ 2,1 % après + 6,4 %). En zone euro, l’activité a également ralenti, pour la deuxième année consécutive (+ 1,2 % après + 1,9 %) et malgré une politique monétaire de la Banque centrale européenne toujours accommodante. En particulier, l’activité a très nettement décéléré en Allemagne (+ 0,6 % après + 1,5 %) et en Italie (+ 0,3 % après + 0,8 %) mais a un peu mieux résisté en France (+ 1,5 % après + 1,8 %) et en Espagne (+ 2,0 % après + 2,4 %). En 2019, l’activité britannique a évolué par à-coups au gré des anticipations et des comportements de stockage avant la date, plusieurs fois reportée, du Brexit. En moyenne en 2019, l’activité y a crû de 1,4 % (après + 1,3 % en 2018).

En 2019, l’activité française a connu un nouveau ralentissement, quoique modéré

Après une année 2017 très dynamique (+ 2,3 %) et une décélération en 2018 (+ 1,8 %), l’activité a de nouveau ralenti en 2019 (+ 1,5 %, figure 1). Ce ralentissement est dû notamment à une dégradation des échanges extérieurs, qui ont contribué négativement à la croissance (- 0,2 point après + 0,4 point). En effet, les exportations en volume ont décéléré (+ 1,9 % après + 4,4 %) davantage que les importations (+ 2,5 % après + 3,1 %). Le ralentissement des exportations a concerné tant les produits manufacturés, notamment les matériels de transport, que les services. En revanche, la demande intérieure a nettement accéléré, soutenant la croissance (contribuant pour + 2,2 points, après + 1,4 point en 2018). Cette accélération a été portée à la fois par les dépenses de consommation des ménages et des administrations publiques et par l’investissement total.

Figure 1L’activité ralentit en 2019, freinée par le solde du commerce extérieurCroissance du PIB et contributions

Variation annuelle du PIB en %, contributions en points
L’activité ralentit en 2019, freinée par le solde du commerce extérieur (Variation annuelle du PIB en %, contributions en points)
Consommation privée (points) Investissement privé (points) Consommation des APU (points) Investissement des APU (points) Solde du commerce extérieur (points) Variation de stocks (points) Croissance du PIB (%)
2015 0,8 0,4 0,2 -0,2 -0,4 0,3 1,1
2016 1,0 0,6 0,3 0,0 -0,4 -0,4 1,1
2017 0,8 1,0 0,3 0,0 -0,1 0,2 2,3
2018 0,5 0,6 0,2 0,1 0,4 0,0 1,8
2019 0,8 0,7 0,4 0,3 -0,2 -0,4 1,5
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 1L’activité ralentit en 2019, freinée par le solde du commerce extérieurCroissance du PIB et contributions

  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

La consommation des ménages a accéléré

Les dépenses de consommation des ménages ont accéléré en 2019 (+ 1,5 % en volume, après + 0,9 % en 2018), dans un contexte d’accélération du pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages. Ces dépenses ont été soutenues, en particulier, par les achats de biens durables, notamment en équipement du logement, et par les dépenses de loyers, d’hébergement-restauration et d’autres services marchands.

L’investissement a été très dynamique

La formation brute de capital fixe de l’ensemble des agents économiques a accéléré en 2019 (+ 4,2 % après + 3,2 % en 2018), soutenue par l’investissement des ménages (+ 1,8 % après + 1,5 %) et par l’investissement public (+ 7,7 % après + 3,3 %), lui-même porté par l’investissement en construction des collectivités locales avant les élections municipales. L’investissement des entreprises est resté très dynamique (+ 3,6 % après 3,7 %), en particulier en services.

En 2019, le chômage a nettement baissé

L’emploi total a fortement accéléré en 2019, avec 358 000 créations nettes d’emplois tous secteurs confondus après 228 000 en 2018 (dont 287 500 créations nettes d’emplois dans le champ salarié public et privé, après 158 100 en 2018). Ainsi, le taux de chômage a poursuivi sa décrue, atteignant 8,1 % de la population active française au quatrième trimestre 2019 après 8,7 % au quatrième trimestre 2018 (soit 8,4 % en moyenne annuelle en 2019 après 9,0 % en 2018).

Le pouvoir d’achat des ménages a soutenu la consommation

En 2019, le revenu disponible brut des ménages a progressé de 3,1 % en valeur (après + 3,0 % en 2018). Il a été soutenu par une accélération des prestations sociales (+ 3,1 % après + 2,0 %, notamment du fait, en 2019 de la revalorisation et de l’élargissement de la prime d’activité mis en place dans le cadre des mesures d’urgence économiques et sociales) et par le ralentissement des impôts courants (+ 0,3 % après + 9,6 % en 2018), du fait notamment de la poursuite des réductions de taxe d’habitation et après une forte hausse de la CSG en 2018 du fait de la bascule de cotisations sociales vers la  CSG. Les salaires nets de cotisations sociales ont ralenti, mais sont restés vigoureux (+ 3,3 % après + 4,8 %). Le prix de la dépense de consommation finale a ralenti (+ 0,9 % après + 1,7 % en 2018), si bien que le pouvoir d’achat du revenu disponible a accéléré (+ 2,1 % après + 1,3 %, figure 2). Ramené au niveau individuel, le pouvoir d’achat par unité de consommation a augmenté de 1,5 % (après + 0,7 % en 2018).

Du côté des entreprises, la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en allègements de cotisations sociales a nettement soutenu le taux de marge des sociétés non financières (+ 1,8 point, mais + 0,1 point hors transformation du CICE).

Figure 2L’accélération des prestations sociales soutient le pouvoir d’achatÉvolution du pouvoir d'achat en % et contributions en points

L’accélération des prestations sociales soutient le pouvoir d’achat
Revenus d'activité (points) Prestations sociales en espèces (points) EBE des ménages purs (points) Revenus nets de la propriété (points) Revenus nets de la propriété et EBE des ménages purs (points) Prélèvements obligatoires (points) Prix de la consommation des ménages (points) Pouvoir d'achat des ménages (%)
2015 1,0 0,6 0,3 0,0 0,2 -0,5 -0,3 0,8
2016 1,3 0,6 0,3 -0,2 0,1 -0,4 -0,2 1,6
2017 2,3 0,6 0,3 -0,1 0,2 -0,8 -0,8 1,7
2018 1,9 0,7 0,3 0,7 1,0 -0,6 -1,7 1,3
2019 1,9 1,1 0,0 0,2 0,3 -0,2 -0,9 2,1
  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Figure 2L’accélération des prestations sociales soutient le pouvoir d’achatÉvolution du pouvoir d'achat en % et contributions en points

  • Champ : France.
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2014.

Au mois de mars et au deuxième trimestre 2020, l’activité a fortement chuté

Le contexte conjoncturel de l’année 2019 a été radicalement modifié début 2020 avec l’émergence de l’épidémie de Covid-19, frappant d’abord la Chine puis se propageant dans le reste du monde. Les mesures prises, en France et dans les autres pays concernés, pour endiguer la propagation du virus, ont des conséquences lourdes sur le fonctionnement des économies. En France, un confinement de la population a été mis en place entre le 16 mars et le 11 mai, s’ajoutant à la fermeture des établissements recevant du public et des commerces non essentiels.

Dans ce contexte, l’activité a lourdement chuté : pendant toute la période de confinement, elle se serait située à environ un tiers en deçà de son niveau en situation « normale » d’activité (figure 3). Dans les autres pays, la forte baisse du PIB au premier trimestre 2020 témoigne, comme en France, de l’ampleur du choc.

En France, la perte d’activité concerne surtout les branches marchandes (- 40 % pendant toute la durée de confinement). Dans l’industrie, hormis la branche agro-alimentaire nécessaire à la fourniture de biens essentiels, les autres branches sont particulièrement touchées, à travers la baisse de la demande nationale et étrangère, les difficultés d’approvisionnement ou encore l’indisponibilité de la main-d’œuvre et les difficultés à mettre en place les mesures sanitaires sur les sites de production. Dans les services, les pertes d’activité sont plus contrastées, élevées dans les secteurs directement concernés par les mesures de confinement (commerce, services de transport, hébergement et restauration, loisirs) et plus faibles dans les activités telles que les services financiers ou d’assurance. Enfin, la construction a pâti de l’arrêt partiel voire complet des chantiers.

La crise sanitaire s’est également traduite par un recul important de la consommation des ménages, qui elle aussi se serait située un tiers environ en deçà de son niveau en situation « normale » (- 35 % de perte de consommation à la fin mars puis - 32 % au 7 mai). Cette perte traduit notamment la chute des achats de carburants, de véhicules automobiles et d’autres biens manufacturés (habillement) mais également des services de transport, d’hébergement et restauration et de loisirs. En revanche, certains produits ont vu leur consommation augmenter pendant le confinement (produits alimentaires notamment).

Cette crise touche fortement l’ensemble des régions françaises, avec quelques disparités néanmoins, compte tenu des différences de structure sectorielle qui existent d’un territoire à un autre. En effet, la perte d’activité au niveau local dépend entre autres du poids des activités durement touchées par la crise (tourisme, construction…) et de celui des secteurs qui au contraire sont davantage épargnés (agriculture).

Figure 3L’activité a fortement baissé pendant le confinement puis se redresserait progressivementLes services ont été principalement touchés par la perte d'activité

En %
L’activité a fortement baissé pendant le confinement puis se redresserait progressivement (En %)
Agriculture, sylviculture et pêche Industrie Construction Services principalement marchands Services principalement non marchands Evolution activité totale
26 mars -0,2 -6,0 -5,0 -20,2 -3,2 -34,6
9 avril -0,2 -5,9 -4,9 -21,9 -3,4 -36,3
23 avril -0,2 -5,3 -4,4 -21,6 -3,3 -34,9
7 mai -0,2 -5,2 -4,2 -20,3 -3,3 -33,2
27 mai -0,1 -3,3 -2,1 -13,9 -1,7 -21,2
  • Source : Points de conjoncture de l’Insee ; les dates indiquées sont les dates de parution de ces différents Points.

Figure 3L’activité a fortement baissé pendant le confinement puis se redresserait progressivementLes services ont été principalement touchés par la perte d'activité

  • Source : Points de conjoncture de l’Insee ; les dates indiquées sont les dates de parution de ces différents Points.

Hors Mayotte.

Au premier trimestre 2020, le PIB a baissé de 2,2 % en Allemagne, 5,3 % en France, 5,3 % en Italie, 5,2 % en Espagne, 2,0 % au Royaume-Uni, 1,3 % aux États-Unis, ces écarts pouvant traduire à la fois les différences de calendrier dans la mise en place de mesures d’endiguement de l’épidémie et les différences méthodologiques d’estimation de l’activité dans cette période très particulière.

Voir l’éclairage régional du Point de conjoncture du 7 mai.

Hors Mayotte.

Au premier trimestre 2020, le PIB a baissé de 2,2 % en Allemagne, 5,3 % en France, 5,3 % en Italie, 5,2 % en Espagne, 2,0 % au Royaume-Uni, 1,3 % aux États-Unis, ces écarts pouvant traduire à la fois les différences de calendrier dans la mise en place de mesures d’endiguement de l’épidémie et les différences méthodologiques d’estimation de l’activité dans cette période très particulière.

Voir l’éclairage régional du Point de conjoncture du 7 mai.