Indicateurs de richesse nationale

Chiffres détaillés
Paru le : Paru le 16/12/2020
- Décembre 2020

Ce tableau de bord présente 10 indicateurs phares de développement durable - compatibles avec un cadre théorique international - et complète le PIB dans trois domaines : social, économique et environnemental. Ces indicateurs concernent non seulement le bien-être présent et futur de la nation, mais également le bien-être « ailleurs », c’est-à-dire celui des autres régions du monde, impactées par notre mode de vie.
Le choix de ces indicateurs s’est fait dans un souci de simplicité, de lisibilité et de pérennité. Ils font partie des indicateurs retenus pour suivre la mise en œuvre et l’atteinte des objectifs de développement durable de l’Agenda 2030 de l’ONU, que ce soit au niveau français (Indicateur pour le suivi national des objectifs de développement durable), européen (Indicateurs de la stratégie européenne) ou mondial (Indicateurs mondiaux).
Ce tableau de bord fait suite à l'adoption de la loi 2015-411 du 13 avril 2015 qui invite à la prise en compte de nouveaux indicateurs de richesse dans l’évaluation et la définition des politiques publiques. Il résulte d’une large concertation réunissant experts et citoyens, organisée par le Conseil économique social et environnemental et France Stratégie, en collaboration avec le Cnis et le service statistique public.

Artificialisation des sols

Chiffres détaillés

Paru le : 16/12/2020

Enjeux

L'artificialisation du territoire a des conséquences sur l'environnement. Elle engendre une perte de ressources en sol pour l'usage agricole et pour les espaces naturels. En imperméabilisant certains sols, elle peut notamment accélérer le ruissellement des eaux pluviales, accroitre la vulnérabilité aux inondations et dégrader la qualité chimique et écologique des eaux. La destruction et la fragmentaion des espaces naturels constituent également une menace pour la biodiversité.

Par ailleurs, l'étalement urbain affecte la qualité de vie. Les personnes doivent passer plus de temps dans les transports en commun ou davantage emprunter leurs véhicules motorisés, consommant plus d'énergie et amplifient leurs émissions de gaz à effet de serre et de polluants dans l'air. En cas de perte d'emploi, les salariés ont également d'autant plus de difficultés à renouer avec le marché du travail qu'ils sont éloignés des zones d'activités.

Dans l'idéal, il faudrait disposer d'un indicateur qui puisse synthétiser les caractéristiques locales de l'artificialisation. Les dommages occasionnés par l'artificialisation sont en effet très différents, selon qu'il s'agisse de densification, d'étalement urbain ou de mitage (constructions dispersées), et selon le contexte environnemental (zone inonable, réservoir de biodiversité...).

Évolution de l'artificialisation des sols en France

En % de la surface du territoire national
Évolution de l'artificialisation des sols en France (En % de la surface du territoire national)
Sols artificialisés Terres agricoles Zones boisées, naturelles, humides ou en eau
1982 5,2 56,8 38,0
1992 6,3 55,3 38,5
2002 7,4 53,6 39,0
2012 8,4 52,4 39,2
2018 9,0 51,5 39,5
  • Traitements : SDES
  • Champ : France métropolitaine
  • Source : Agreste, enquêtes Teruti 1981-1990, Teruti 1992-2003 et Teruti-Lucas 2006-2015 raccordées sur la moyenne 2017-2018-2019 de la nouvelle enquête Teruti.

Évolution de l'artificialisation des sols en France

  • Traitements : SDES
  • Champ : France métropolitaine
  • Source : Agreste, enquêtes Teruti 1981-1990, Teruti 1992-2003 et Teruti-Lucas 2006-2015 raccordées sur la moyenne 2017-2018-2019 de la nouvelle enquête Teruti.

Artificialisation des sols en 2015 dans les pays de l'Union européenne

En % de la surface du territoire national
Artificialisation des sols en 2015 dans les pays de l'Union européenne (En % de la surface du territoire national)
2015
Malte 23,7
Pays-Bas 12,1
Belgique 11,4
Luxembourg 9,8
Allemagne 7,4
Danemark 6,9
Italie 6,9
Royaume-Uni 6,5
Chypre 5,4
France 5,4
Portugal 5,3
Tchéquie 4,6
Autriche 4,3
UE-28 4,2
Hongrie 4,1
Irlande 3,8
Croatie 3,7
Pologne 3,5
Espagne 3,4
Grèce 3,4
Slovénie 3,3
Slovaquie 3,0
Lituanie 2,8
Roumanie 2,2
Estonie 2,0
Bulgarie 1,8
Suède 1,6
Lettonie 1,6
Finlande 1,6
  • Traitements : SDES
  • Notes: Les sols artificialisés, selon Eurostat, recouvrent les sols bâtis et les sols revêtus et stabilisés (routes, voies ferrées, parkings, chemins...). La définition est plus restrictive que la définition française qui recouvre également d’autres « sols artificialisés », comme les mines, les carrières, les décharges, les chantiers, les terrains vagues, et les espaces vertsartificiels (espaces verts urbains, équipements sportifs et de loisirs).
  • Les données françaises sont relatives à la France métropolitaine
  • Champ : UE28
  • Source : Eurostat, enquête européenne Lucas

Artificialisation des sols en 2015 dans les pays de l'Union européenne

  • Traitements : SDES
  • Notes: Les sols artificialisés, selon Eurostat, recouvrent les sols bâtis et les sols revêtus et stabilisés (routes, voies ferrées, parkings, chemins...). La définition est plus restrictive que la définition française qui recouvre également d’autres « sols artificialisés », comme les mines, les carrières, les décharges, les chantiers, les terrains vagues, et les espaces vertsartificiels (espaces verts urbains, équipements sportifs et de loisirs).
  • Les données françaises sont relatives à la France métropolitaine
  • Champ : UE28
  • Source : Eurostat, enquête européenne Lucas

Téléchargement des données

Les tableaux disponibles sont les suivants :

  • Évolution de l'artificialisation des sols en France
  • Évolution de l'artificialisation des sols dans les pays de l'Union européenne
Artificialisation des sols
(xlsx, 25 Ko)

Sources

Périmètres et champs

Les calculs portent depuis l’enquête 2018 sur la France métropolitaine et les départements d’outre mer.

Les années 1992, 2002, 2012 ont fait l’objet d’un calcul simple à partir des données brutes.

L’année 2018 est estimée sous la forme d’une moyenne triennale centrée sur 2018 des données collectées sur la période 2017-2019.

De quoi parle-t-on ?

Selon Eurostat, les sols artificialisés recouvrent les sols bâtis et les sols revêtus et stabilisés (routes, voies ferrées, parkings, chemins...).

En France, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation retient une définition plus large, qui recouvre également d’autres « sols artificialisés », comme les mines, les carrières, les décharges, les chantiers, les terrains vagues, et les espaces verts artificiels (espaces verts urbains, équipements sportifs et de loisirs). L’artificialisation correspond à un changement d’utilisation, laquelle n’est pas nécessairement irréversible. Ainsi, pour chaque hectare artificialisé, un demi-hectare¹ est rendu à l’agriculture ou se « naturalise ».

¹ Moyenne constatée sur la période 2010-2015.

Pourquoi cet indicateur ?

L’artificialisation du territoire a des conséquences sur l’environnement. Elle engendre une perte de ressources en sol pour l’usage agricole et pour les espaces naturels. En imperméabilisant certains sols, elle peut notamment accélérer le ruissellement des eaux pluviales, accroitre la vulnérabilité aux inondations et dégrader la qualité chimique et écologique des eaux. La destruction et la fragmentation des espaces naturels constituent également une menace pour la biodiversité.

Par ailleurs, l’étalement urbain affecte la qualité de vie. Les personnes doivent passer plus de temps dans les transports en commun ou davantage emprunter leurs véhicules motorisés, consomment plus d’énergie et amplifient leurs émissions de gaz à effets de serre et de polluants dans l’air. En cas de perte d’emploi, les salariés ont également d’autant plus de difficultés à renouer avec le marché du travail qu’ils sont éloignés des zones d’activités.

Dans l’idéal, il faudrait disposer d’un indicateur qui puisse synthétiser les caractéristiques locales de l’artificialisation. Les dommages occasionnés par l’artificialisation sont en effet très différents, selon qu’il s’agisse de densification, d’étalement urbain ou de mitage (constructions dispersées), et selon le contexte environnemental (zone inondable, réservoir de biodiversité, …).

Sources et méthodologie

Pour mesurer l’évolution de l’artificialisation en France, les résultats sont tirés de l’enquête dite TERUTI-LUCAS, conçue par les Services Statistiques du ministère en charge de l’Agriculture, et labellisée par le CNIS (Conseil National d’Information Statistique). L’enquête TERUTI permet de suivre l’évolution des différentes catégories d’occupation et d’usage du sol à partir d’un ensemble de points constituant un échantillon représentatif du territoire national. C'est une enquête aréolaire par sondage dont l'unité enquêtée est une portion de territoire, généralement une placette circulaire de 3 mètres de diamètre. Depuis 1982, la méthodologie d’enquête a évolué trois fois : en 1992, 2006 et en 2017. En France métropolitaine, la base de sondage est désormais constituée d’une nouvelle grille de points dense (1 point tous les 250 mètres) compatible avec la directive Inspire. Les 8 millions de points sont qualifiés automatiquement pour 82 % d’entre eux à partir de bases de données administratives et géographiques, observés sur le terrain (15 %) ou photo-interprétés (3 %) si peu accessibles. La collecte de l'échantillon de points à observer sur le terrain, qui se déroule sur un cycle de trois années, permet de mesurer en fin de cycle un taux d'artificialisation sur cette période avec une précision élevée au niveau national et satisfaisante jusqu'à l'échelon départemental. Les données utilisées dans cette fiche portent sur la période 2017-2019 et sont diffusées sous la forme d’une moyenne triennale centrée sur 2018. Le cycle de collecte suivant (2020-2022), qui prévoit de retourner sur les points déjà observés au cours du cycle précédent, permettra de mesurer l'évolution de ce taux avec une précision élevée au niveau national et correcte jusqu'au niveau départemental. La même stratégie d'observation est déployée dans les départements d'Outre-mer.

Pour pallier aux ruptures de séries et réaliser le graphique d’évolution sur longue période, un travail de raccordement de série a été opéré de façon à réviser le niveau des trois premières séries pour se caler sur celui de la série actuelle Teruti. Ce raccordement s’est fait par rétropolation en prolongeant la tendance d’une série passée et en la calant sur le premier point de la série suivante. Cela explique une différence avec les graphiques publiés les années précédentes.

L’artificialisation des sols dans l’Union européenne (qui se limite à la prise en compte des sols bâtis et des sols revêtus et stabilisés (routes, voies ferrées, parkings, chemins…)) est mesurée avec l'enquête européenne harmonisée LUCAS (Land Use and Cover Area frame Survey). Les données sont collectées désormais en 2015 dans les 28 pays de l'UE (23 pays en 2009 et 27 en 2012) par des enquêteurs de terrain sur 330 000 points différents. À chacun de ces points, les enquêteurs analysent la couverture et l'utilisation des sols et en prennent des photos. Ces photos sont accessibles à partir de l'atlas statistique disponible sur le site d'Eurostat. L'enquête est réalisée tous les 3 ans. La dernière enquête LUCAS a commencé en mars 2018 et s’est terminée en novembre 2018. Les photographies sont disponibles depuis juin 2019 – les résultats sont toujours en attente de publication. Actuellement, le dernier millésime disponible est 2015.

Pour en savoir plus

Utilisation du territoire (Teruti-Lucas), Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation.

Graph'Agri 2019, Agreste.

Occupation des territoires, SDES.

Portail de l'artificialisation des sols, Observatoire de l’artificialisation des sols.

Statistiques sur l'utilisation/occupation des sols – Vue d'ensemble, Eurostat.

Land cover statistics, Eurostat.

Sources

Tableau d'organisation des 10 indicateurs de richesse et comparaison internationale des stratégies de développement durable

Tableau d'organisation des 10 indicateurs de richesse et comparaison internationale des stratégies de développement durable ( ) -
Domaine Thèmes Bien-être présent Bien-être futur Bien-être "ailleurs" France ODD1 ONU ODD2 SNDD3 SNTEDD4
Économique Travail 1. Taux d'emploi des 15-64 ans 8.i.2 objectif 8 oui5 non
Investissement 2. Dépense de recherche DIRD/PIB 9.i.5 9.5.1 oui oui
Stabilité financière 3. Dette publique et privée 17.i.3 10.5.1 oui non
Social Santé 4. Espérance de vie en bonne santé 3.i.1 objectif 3 oui non6
Satisfaction dans la vie 5. Satisfaction globale dans la vie 3.i.4 non non non
Inégalité 6. Dispersion des revenus 10.i.2 objectif 10 oui oui
Pauvreté 7. Taux de pauvreté en conditions de vie 1.i.2 1.2.1 oui non
Éducation 8. Sorties précoces du système scolaire 4.i.4 8.6.1 oui non
Environnemental Climat 9. Empreinte carbone 13.i.3 objectif 13 oui oui
Biodiversité 10. Artificialisation des sols 11.i.2 objectif 15/11 oui oui
  • 1. Suivi national de la Stratégie de développement durable de l'ONU 2015-2030.
  • 2. Indicateurs du Programme de développement durable de l'ONU 2015-2030 (X.Y.Z signifie indicateur Z de la cible Y de l'objectif X).
  • 3. Stratégie nationale de développement durable 2010-2014.
  • 4. Stratégie nationale de transition écologique vers le développement durable 2015-2020.
  • 5. Limité au taux d'emploi des seniors.
  • 6. Espérance de vie.