Indicateurs de richesse nationale

Chiffres détaillés
Paru le : 05/12/2017

Ce tableau de bord présente 10 indicateurs phares de développement durable - compatibles avec un cadre théorique international - et complète le PIB dans trois domaines : social, économique et environnemental. Ces indicateurs concernent non seulement le bien-être présent et futur de la nation, mais également le bien-être « ailleurs », c’est-à-dire celui des autres régions du monde, impactées par notre mode de vie.
Le choix de ces indicateurs s’est fait dans un souci de simplicité, de lisibilité et de pérennité. Ce sont pour la plupart des indicateurs des stratégies française, européenne ou mondiale de développement durable. Ce tableau de bord fait suite à l'adoption de la loi 2015-411 du 13 avril 2015 qui invite à la prise en compte de nouveaux indicateurs de richesse dans l’évaluation et la définition des politiques publiques. Il résulte d’une large concertation réunissant experts et citoyens, organisée par le Conseil économique social et environnemental et France Stratégie, en collaboration avec le Cnis et le service statistique public.

Artificialisation des sols

Chiffres détaillés
Paru le : 05/12/2017

Enjeux

L'artificialisation du territoire a des conséquences sur l'environnement. Elle engendre une perte de ressources en sol pour l'usage agricole et pour les espaces naturels. En imperméabilisant certains sols, elle peut notamment accélérer le ruissellement des eaux pluviales, accroitre la vulnérabilité aux inondations et dégrader la qualité chimique et écologique des eaux. La destruction et la fragmentaion des espaces naturels constituent également une menace pour la biodiversité.

Par ailleurs, l'étalement urbain affecte la qualité de vie. Les personnes doivent passer plus de temps dans les transports en commun ou davantage emprunter leurs véhicules motorisés, consommant plus d'énergie et amplifient leurs émissions de gaz à effet de serre et de polluants dans l'air. En cas de perte d'emploi, les salariés ont également d'autant plus de difficultés à renouer avec le marché du travail qu'ils sont éloignés des zones d'activités.

Dans l'idéal, il faudrait disposer d'un indicateur qui puisse synthétiser les caractéristiques locales de l'artificialisation. Les dommages occasionnés par l'artificialisation sont en effet très différents, selon qu'il s'agisse de densification, d'étalement urbain ou de mitage (constructions dispersées), et selon le contexte environnemental (zone inonable, réservoir de biodiversité...).

Évolution de l'artificialisation des sols en France

En % de la surface du territoire national
Évolution de l'artificialisation des sols en France
Sols artificialisés Terres agricoles Zones boisées, naturelles, humides ou en eau
1992 6,9 54,8 38,3
2002 8,0 53,4 38,6
2012 9,1 51,3 39,6
2015 9,4 51,0 39,6
2016* 9,5 50,8 39,6
  • * L’année 2016 n’étant pas disponible, elle a été estimée par extrapolation des résultats de l’année 2015.
  • Source : SDES d'après ministère chargé de l'agriculture (SSP), enquêtes Teruti puis Teruti - Lucas

Évolution de l'artificialisation des sols en France

Artificialisation des sols en 2015 dans les pays de l'Union européenne

En % de la surface du territoire national
Artificialisation des sols en 2015 dans les pays de l'Union européenne
2015
Malte 23,7
Pays-Bas 12,1
Belgique 11,4
Luxembourg 9,8
Allemagne 7,4
Danemark 6,9
Italie 6,9
Royaume-Uni 6,5
Chypre 5,4
France 5,4
Portugal 5,3
République tchèque 4,6
Autriche 4,3
Union européenne (28 pays) 4,2
Hongrie 4,1
Irlande 3,8
Croatie 3,7
Pologne 3,5
Espagne 3,4
Grèce 3,4
Slovénie 3,3
Slovaquie 3
Lituanie 2,8
Roumanie 2,2
Estonie 2
Bulgarie 1,8
Finlande 1,6
Lettonie 1,6
Suède 1,6
  • Attention : la définition européenne de l'artificialisation diffère de la définition française
  • Les données françaises sont relatives à la France métropolitaine
  • Source : Enquêtes européennes Lucas

Artificialisation des sols en 2015 dans les pays de l'Union européenne

Téléchargement des données

Les tableaux disponibles sont les suivants :

  • Évolution de l'artificialisation des sols en France
  • Évolution de l'artificialisation des sols dans les pays de l'Union européenne
Artificialisation des sols
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Sources

Périmètres et champs

Les calculs portent uniquement sur la France métropolitaine.

Les années 1992, 2002, 2012 ont fait l’objet d’un calcul simple à partir des données brutes.

L’année 2016 n’étant pas disponible, elle a été estimée par extrapolation des résultats de l’année 2015.

De quoi parle-t-on ?

Selon Eurostat, les sols artificialisés recouvrent les sols bâtis et les sols revêtus et stabilisés (routes, voies ferrées, parkings, chemins...).

En France, le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation retient une définition plus large, qui recouvre également d’autres « sols artificialisés », comme les mines, les carrières, les décharges, les chantiers, les terrains vagues, et les espaces verts artificiels (espaces verts urbains, équipements sportifs et de loisirs). L’artificialisation correspond à un changement d’utilisation, laquelle n’est pas nécessairement irréversible. Ainsi, pour chaque hectare artificialisé, un demi-hectare¹ est rendu à l’agriculture ou se « naturalise ».

¹ Moyenne constatée sur la période 2010-2015.

Pourquoi cet indicateur ?

L’artificialisation du territoire a des conséquences sur l’environnement. Elle engendre une perte de ressources en sol pour l’usage agricole et pour les espaces naturels. En imperméabilisant certains sols, elle peut notamment accélérer le ruissellement des eaux pluviales, accroitre la vulnérabilité aux inondations et dégrader la qualité chimique et écologique des eaux. La destruction et la fragmentation des espaces naturels constituent également une menace pour la biodiversité.

Par ailleurs, l’étalement urbain affecte la qualité de vie. Les personnes doivent passer plus de temps dans les transports en commun ou davantage emprunter leurs véhicules motorisés, consomment plus d’énergie et amplifient leurs émissions de gaz à effets de serre et de polluants dans l’air. En cas de perte d’emploi, les salariés ont également d’autant plus de difficultés à renouer avec le marché du travail qu’ils sont éloignés des zones d’activités.

Dans l’idéal, il faudrait disposer d’un indicateur qui puisse synthétiser les caractéristiques locales de l’artificialisation. Les dommages occasionnés par l’artificialisation sont en effet très différents, selon qu’il s’agisse de densification, d’étalement urbain ou de mitage (constructions dispersées), et selon le contexte environnemental (zone inondable, réservoir de biodiversité, …).

Sources et méthodologie

Pour mesurer l’évolution de l’artificialisation en France, les résultats sont tirés de l’enquête dite TERUTI-LUCAS, conçue par les Services Statistiques du ministère en charge de l’Agriculture, et labellisée par le CNIS (Conseil National d’Information Statistique). L’enquête Teruti-Lucas permet de suivre l’évolution des différentes catégories d’occupation et d’usage du sol à partir d’un ensemble de points constituant un échantillon représentatif du territoire national. L’échantillon a été fortement renouvelé en 1991, puis en 2004/2005, ce qui induit des ruptures de série. L’échantillon comprend actuellement, en métropole, 309 000 points groupés en 31 100 grappes ou segments. L’échantillon comprend les départements d’outre-mer (sauf Guyane et Mayotte). Cette enquête est, sauf exceptions, réalisée chaque année. Une révision de la méthodologie étant en cours, l’enquête n’a pas eu lieu en 2016. Les résultats agrégés (nomenclature en 3 postes) sont estimés pour 2016 par projection des tendances observées depuis 2006.

L’artificialisation des sols dans l’Union européenne² est mesurée avec l'enquête européenne harmonisée LUCAS (Land Use and Cover Area frame Survey). Les données sont collectées désormais en 2015 dans les 28 pays de l'UE (23 pays en 2009 et 27 en 2012) par des enquêteurs de terrain sur 273 000 points différents. À chacun de ces points, les enquêteurs analysent la couverture et l'utilisation des sols et en prennent des photos. Ces photos sont accessibles à partir de l'atlas statistique disponible sur le site d'Eurostat. L'enquête est réalisée tous les 3 ans, les données étant disponibles 18 mois après la collecte.

² qui se limite à la prise en compte des sols bâtis et des sols revêtus et stabilisés (routes, voies ferrées, parkings, chemins...), ce qui est plus restrictif que la définition française qui inclut aussi les autres « sols artificialisés », comme les mines, les carrières, les décharges, les chantiers, les terrains vagues, et les espaces verts artificiels.

Sources

Tableau d'organisation des 10 indicateurs de richesse et comparaison internationale des stratégies de développement durable

Tableau d'organisation des 10 indicateurs de richesse et comparaison internationale des stratégies de développement durable
Domaine Thèmes Bien-être présent Bien-être futur Bien-être "ailleurs" 1 SNDD 2 SNTEDD 3 ONU ODD 4
Économique Travail 1. Taux d'emploi des 15-64 ans oui 5 non objectif 8
Investissement 2. Dépense de recherche DIRD/PIB oui oui 9.5.1
Stabilité financière 3. Dette publique et privée oui non 10.5.1
Social Santé 4. Espérance de vie en bonne santé oui non 6 objectif 3
Satisfaction dans la vie 5. Satisfaction globale dans la vie non non non
Inégalité 6. Dispersion des revenus oui oui objectif 10
Pauvreté 7. Taux de pauvreté en conditions de vie oui non 1.2.1
Éducation 8. Sorties précoces du système scolaire oui non 8.6.1
Environnemental Climat 9. Empreinte carbone oui oui objectif 13
Biodiversité 10. Artificialisation des sols oui oui objectif 15/11
  • 1. Bien-être "ailleurs" : pour mesurer les conséquences de notre mode de vie sur le bien-être "dans les autres parties du monde" (réchauffement climatique, montée des eaux,…).
  • 2. Stratégie nationale de développement durable 2010-2014.
  • 3. Stratégie nationale de transistion écologique vers le développement durable 2015-2020.
  • 4. Objectif de développement durable de l'ONU 2015-2030 (X.Y.Z signifie indicateur Z de l'objectif X cible Y).
  • 5. Limité au taux d'emploi des seniors.
  • 6. Espérance de vie.