Bilan économique 2016 - Grand-Est

En 2016, l’emploi salarié des secteurs principalement marchands du Grand Est progresse pour la première fois depuis 2010 : + 0,7 % après - 0,2 %. La région reste cependant une des moins dynamiques avec la Normandie et la Bourgogne-Franche-Comté (+ 0,3 % et + 0,5 %, pour + 1,2 % en métropole). Concentrée au quatrième trimestre après trois trimestres de stagnation, cette hausse s’appuie sur le secteur tertiaire marchand dans lequel l’emploi augmente de 1,8 % et de 1,3 % hors intérim. Les secteurs de l’industrie et de la construction continuent d’éprouver des difficultés, comme au niveau national.

Insee Conjoncture Grand Est
No 8
Paru le : 23/05/2017
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Commerce extérieur - Le solde commercial atteint 4,7 milliards d’eurosBilan économique 2016

Marie-José Durr, Insee

Les échanges extérieurs du Grand Est reculent en 2016. Après deux années de croissance, les exportations amorcent une légère baisse. Conjuguée à une plus forte réduction des importations, le solde commercial progresse à 4,7 milliards d’euros. Les achats de produits pétroliers, pharmaceutiques et chimiques se contractent, les ventes de machines et appareils électriques diminuent et celles de matériels de transport augmentent moins que l’an dernier. Les exportations se stabilisent vers la zone euro comme vers l’Allemagne, principal partenaire de la région.

Insee Conjoncture Grand Est
No 8
Paru le : 23/05/2017

Avec près de 115 milliards d’euros d’échanges extérieurs en 2016, le Grand Est se situe, comme en 2015, au deuxième rang des régions après l’Île-de-France (222 milliards), mais devant Auvergne-Rhône-Alpes, les Hauts-de-France et l’Occitanie (respectivement 112, 102 et 101 milliards). La région contribue pour 12,2 % à l’ensemble des échanges extérieurs de la France.

Les échanges extérieurs en retrait

En cinq ans les échanges de la région Grand Est sont passés de 113,6 milliards d’euros à 114,8 milliards d’euros. Cependant, entre 2015 et 2016, ils reculent légèrement (- 1,3 %).

Avec 20 600 euros échangés par habitant, la région se place au-dessus de la moyenne nationale (14 600 euros), occupant la première position devant la Normandie et l’Île-de-France (19 100 et 18 300 euros). Le solde de ces échanges, différence entre les exportations et les importations, progresse à 4,7 milliards d’euros (4,1 milliards d’euros en 2015), c’est plus qu’en Bourgogne-Franche-Comté, mais moins qu’en Occitanie (3,4 et 8,7 milliards d’euros). Le taux de couverture, rapport entre les exportations et les importations, est aussi en hausse ; il s’établit à 108 %, mais la Bourgogne-Franche-Comté, l’Occitanie et la Nouvelle Aquitaine sont encore plus performantes avec une couverture de 122 %, 119 % et 111 %. Avec un taux de 87 %, le résultat national reste déficitaire.

Maintien du Grand Est au deuxième rang pour les exportations

En 2016, les exportations de la région s’élèvent à 59,7 milliards d’euros et les importations à 55,1 milliards d’euros, soit légèrement moins qu’en 2015 (60 et 55,9 milliards). L’Île-de-France garde sa première place parmi les régions tant pour les exportations que pour les importations (84,3 et 138,2 milliards), le Grand Est conserve le deuxième rang pour les exportations et se place au quatrième pour les importations.

Entre 2011 et 2016, les exportations du Grand Est ont augmenté de 3 milliards d’euros et les importations ont baissé d’un milliard d’euros, soit + 4,1 % et - 2,1 %. Cette tendance est similaire pour l’ensemble de la France (+ 21 milliards et - 5 milliards d’euros), soit + 5,0 % et - 1,1 %.

Des exportations de produits industriels variés

Les produits de la région les plus vendus à l’étranger sont ceux de la branche des autres produits industriels : ils représentent 46 % du total des exportations. Ce sont plutôt des produits issus de la chimie, des parfums et cosmétiques, de la pharmacie, de la métallurgie et de la métallerie (entre 9 % et 10 % chacun). Mais aussi des produits manufacturés divers et des produits en caoutchouc, plastique ou minéraux ainsi que du textile, de l’habillement, cuir et chaussures dont les ventes pour chacun approchent 5 % de l'ensemble. Trois produits sont spécifiques à la région : les instruments à usage médical, optique et dentaire, les produits issus de la pâte à papier, papier et cartons, ainsi que les métaux non ferreux représentant chacun plus ou moins un quart des ventes françaises de la branche.

Avec 22 % du total, les ventes d’équipements mécaniques, de matériels électriques, électroniques et informatiques occupent la seconde place dans les exportations régionales. Dans cette branche, les exportations de machines et équipements d’usage général représentent 38 % des ventes, celles de matériel électrique 20 % et celles des appareils de mesure, de navigation et de précision 14 %.

Le poids de la branche des matériels de transport dans les exportations est inférieure à celui du niveau national (16 % contre 23 %). L’essentiel des ventes de la branche est constitué de produits de la construction automobile et d’équipements pour l’automobile (58 % et 35 %). Ces derniers sont aussi un produit spécifique de la région et correspondent à 23 % des ventes nationales de la branche.

L’industrie agroalimentaire (IAA) réalise 12 % des exportations régionales, dont 7 % de ventes de boissons spécifiques à la région. Les produits alimentaires divers et les produits laitiers et glaces représentent chacun 2 % des ventes. Enfin, la part des exportations de produits agricoles régionaux se réduit d’un point et passe à 2 % des ventes en 2016.

Une légère baisse des exportations, comme au niveau national

En 2016, les exportations régionales reculent de 440 millions d’euros (- 0,7 %), après deux années de progression. Au plan national, l’évolution est identique. Parmi les trois secteurs régionaux les plus vendeurs, celui des équipements mécaniques, des matériels électriques, électroniques et informatiques présente la plus importante diminution : - 3 % pour + 2 % en 2015. Les exportations de machines et d’équipements d’usage général fléchissent de 1 %, comme celles des matériels électriques. En particulier, l’export des appareils de mesure et d’horlogerie chute de 10 %.

Les exportations de matériels de transport dont la hausse atteignait 10 % en 2015 se limitent à + 6 % en 2016. Deux éléments contribuent à ce résultat : la baisse des ventes d’équipements automobiles avec - 0,1 % contre + 3 % en 2015 et une croissance moindre concernant les ventes dans la construction automobile, + 7 % contre + 13 % en 2015.

Le recul des exportations de la branche des autres produits industriels est restreint à 1 %. Les ventes de produits chimiques, parfums et cosmétiques ainsi que celles de produits chimiques divers et de produits chimiques de base se contractent chacune de 3 % ; de même, une petite baisse est observée pour les exportations de produits métallurgiques et métalliques alors qu’elle est forte pour les produits de la fonderie et les éléments en métal pour la construction (- 27 % et - 18 %). Enfin, les ventes des instruments à usage médical, optique et dentaire diminuent de 3 % et celles de meubles de 7 %.

En revanche, une augmentation des ventes comprise entre 1 % et 3 % concerne les produits sidérurgiques, les métaux non ferreux et le secteur coutellerie, outillage et quincaillerie, mais également les produits pharmaceutiques et manufacturés, ainsi que les produits de la pâte à papier, et du carton. Les exportations de joaillerie, bijouterie et instruments de musique quant à elles progressent de 14 %, celles d’articles de sport, jeux, jouets de 10 % et celles de textiles, habillement, cuir et chaussures de 8 %.

Dans l’industrie agroalimentaire, les exportations de boissons chutent de 7 %, celles de produits alimentaires perdent 4 % et les produits laitiers et glaces, 6 %. Enfin les ventes de produits agricoles se réduisent de 12 %.

Recul également des importations

En 2016, les importations de la région reculent de près de 2 % (plus d’un milliard d’euros). Cette diminution correspond à une réduction de 500 millions d’euros des achats de produits pétroliers, soit - 39 % après - 27 % en 2015. Au plan national, la baisse des importations est minime (- 0,1 %).

Dans la branche des autres produits industriels, le repli des achats s’accentue également (- 3 %). Les importations de la branche des produits pharmaceutiques baissent comme en 2015 (- 18 %). Pour la pharmacie, la diminution atteint 16 %, pour les produits chimiques de base 12 %, et pour les produits chimiques divers 4 %. Un fléchissement est aussi enregistré concernant les achats de produits du bois, papier et carton, et les achats de produits sidérurgiques (- 3 % et - 5 %), alors que les achats de métaux non ferreux progressent de 6 %. Les importations de textiles, habillement, cuir et chaussures augmentent mais moins que l’année précédente (+ 6 % contre + 13 %). Pour les produits manufacturés divers, les importations s’accroissent de 8 %. Les achats de joaillerie, bijouterie et instruments de musique font un bond de 24 % et ceux de meubles de 10 % ; ceux d’instruments à usage médical, optique et dentaire gagnent 1 %. L’évolution est aussi positive pour les importations de caoutchouc et de plastique (+ 5 % et + 1 %), mais négative pour celles de verre et de matériaux de construction (- 2 % et - 3 %).

Les importations de l’industrie agroalimentaire reculent de 4 %, après + 3 % en 2015. Sont concernés les achats de produits laitiers et glaces, ceux de produits alimentaires divers et ceux d’huiles et graisses végétales (- 9 %, - 3 % et - 19 %), tandis que les achats de boissons augmentent mais modérément (+ 4 %). Les produits agricoles sont en hausse de 9 % après une baisse de 2 % en 2015.

Les importations d’équipements mécaniques, électriques, électroniques et informatiques diminuent de 2 % après une croissance de 1 % en 2015. Contribuent fortement à ce résultat les appareils de mesure et d’horlogerie, les machines agricoles et forestières, et les équipements électromédicaux de diagnostic et de traitement (- 9 %, - 8 % et - 6 %) ; c’est un peu moins pour les machines d’usage général et les matériels électriques avec chacun - 1 %. Les achats de machines diverses d’usage spécifique progressent de 8 %.

Dans la branche des matériels de transports, les importations s’accroissent, mais d’une moindre ampleur qu’en 2015 (+ 9 % contre + 17 %). Cette hausse se poursuit pour les équipements automobiles, et pour les produits de la construction automobile (respectivement + 18 % et + 10 %).

Stabilité des exportations vers la zone euro

En 2016, 76 % des exportations de la région vont vers l’Union européenne et 61 % vers la zone euro. Au plan national, ces taux sont moins élevés (59 % et 47 %).

Le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Moselle et la Marne sont les principaux départements qui échangent avec la zone euro. Les deux premiers y réalisent plus de la moitié de leurs exportations, les seconds plus des deux tiers. Hormis la Marne, les trois autres départements importent entre la moitié et les deux tiers de leurs produits en provenance de cette zone.

Parmi les principaux pays partenaires commerciaux de la zone euro, l’Allemagne se place en tête pour les exportations comme pour les importations (27 % et 29 %). Suivent l’Italie, la Belgique et l’Espagne, qui cumulent 48 % des échanges de la région. Le Royaume-Uni, hors zone euro, se place en 5e position devant les deux puissances mondiales, les États-Unis et la Chine, respectivement 6e et 9e. La Pologne ferme la marche, à la 10e place.

Entre 2015 et 2016, les échanges reculent autant vers la zone euro que vers l’Union européenne (- 1 %). Les ventes vers les principaux partenaires de la zone euro se stabilisent. Vers l’Espagne et la Belgique, elles baissent de 1 %, vers les Pays-Bas de 5 %. Pour l’Allemagne, le résultat est stable alors que les exportations augmentent de 5 % vers l’Italie. Vers le Royaume-Uni, elles poursuivent leur repli (- 3 %) mais progressent vers la Pologne, les États-Unis et la Suisse (+ 15 %, + 2 % et + 4 %) ; les ventes vers la Chine diminuent de 11 %.

Quant aux importations de la zone euro, elles fléchissent de 2 %. La région importe moins de produits du Royaume-Uni et des États-Unis (- 14 % et - 7 %), de la Suisse et des Pays-Bas (- 5 % chacun) et de la Chine (- 2 %), mais légèrement plus de l’Italie, de la Belgique, d’Espagne (+ 2 % chacun).

Figure 1 – Échanges commerciaux des régions en 2016

Échanges commerciaux des régions en 2016
Exportations (en milliards d'euros) Importations (en milliards d'euros)
Île-de-France 84 138
Grand Est 60 55
Auvergne-Rhône-Alpes 57 56
Occitanie 55 46
Hauts-de-France 46 56
Normandie 31 33
Nouvelle-Aquitaine 22 20
Provence-Alpes-Côte d'Azur 20 30
Bourgogne-Franche-Comté 19 16
Centre-Val de Loire 19 18
Pays de la Loire 18 22
Bretagne 11 11
Corse 0 0
  • Note : pour la Corse, les importations et les exportations s'élèvent respectivement à 342 et à 62 millions d'euros.
  • Lecture : en 2016, la région Grand Est a importé pour 55,1 milliards d’euros et exporté pour 59,7 milliards d’euros, ce qui positionne la région au-dessus de la droite qui représente l’équilibre entre les importations et les exportations.
  • Source : Douanes, données brutes de collecte, CAF-FAB hors matériel militaire.

Figure 1 – Échanges commerciaux des régions en 2016

Figure 2 – Évolution des échanges extérieurs du Grand Est

Évolution des échanges extérieurs du Grand Est
Exportations Importations Solde commercial apparent
2011 57 56 1,1
2012 57 55 2,0
2013 58 54 3,7
2014 58 56 2,6
2015 60 56 4,1
2016 60 55 4,7
  • Lecture : en 2016, les importations de la région s’élèvent à 55,1 milliards d’euros et les exportations à 59,7 milliards d’euros (axe de gauche). Le solde commercial apparent, différence entre les exportations et les importations, s’élève donc à 4,7 milliards d’euros (axe de droite).
  • Source : Douanes, données brutes de collecte, CAF-FAB hors matériel militaire.

Figure 2 – Évolution des échanges extérieurs du Grand Est

Figure 3 – Principales exportations de produits du Grand Est

Principales exportations de produits du Grand Est
Exportations 2016 (en millions d'euros) Évolution 2016/2015 (en %)
Produits agricoles 1 364 -12
Appareils de mesure ; horlogerie 1 819 -10
Boissons 3 904 -7
Produits chimiques de base 3 370 -3
Produits chimiques divers 2 155 -3
Machines d'usage général 4 880 -1
Matériel électrique 2 536 0
Équipements automobiles 3 398 0
Métaux non ferreux 1 512 1
Pharmacie 5 413 2
Produits sidérurgiques 2 220 3
Machines d'usage spécifique 1 490 4
Automobile 5 647 7
  • Lecture : en 2016, 1 364 millions d'euros de produits agricoles ont été vendus à l'étranger, en baisse de 12 % par rapport à 2015.
  • Source : Douanes, données brutes de collecte, CAF-FAB hors matériel militaire.

Figure 3 – Principales exportations de produits du Grand Est

Figure 4 – Principales importations de produits du Grand Est

Principales importations de produits du Grand Est
Importations 2016 (en millions d'euros) Évolution 2016/2015 (en %)
Pharmacie 4 358 -16
Produits chimiques de base 3 663 -12
Appareils de mesure ; horlogerie 1 568 -9
Produits sidérurgiques 2 056 -5
Produits chimiques divers 1 517 -4
Matériel électrique 2 654 -1
Machines d'usage général 4 921 -1
Ouvrages en métaux 1 661 0
Plastique 1 519 1
Habillement 1 842 4
Équipements automobiles 2 605 7
Automobile 5 079 10
Cuir, bagages et chaussures 1 826 11
  • Lecture : en 2016, 5 079 millions d’euros de produits automobile ont été achetés à l’étranger, en croissance de 10 % par rapport à 2015.
  • Source : Douanes, données brutes de collecte, CAF-FAB hors matériel militaire.

Figure 4 – Principales importations de produits du Grand Est

Figure 5 – Soldes commerciaux apparents avec les principaux partenaires du Grand Est en 2016

en millions d'euros
Soldes commerciaux apparents avec les principaux partenaires du Grand Est en 2016
Exportations Importations Solde commercial apparent
Royaume-Uni 4 943 1 530 3 412
Espagne 4 250 2 586 1 664
Pays-Bas 3 224 2 486 738
Belgique 3 796 3 265 531
Italie 4 889 4 451 438
Pologne 1 263 1 342 -79
Allemagne 16 013 16 192 -179
États-Unis 2 696 3 323 -627
Suisse 2 592 3 279 -687
Chine 1 049 2 995 -1 946
  • Source : Douanes, données brutes de collecte, CAF-FAB hors matériel militaire.

Figure 5 – Soldes commerciaux apparents avec les principaux partenaires du Grand Est en 2016