Bilan économique 2016 - Grand-Est

En 2016, l’emploi salarié des secteurs principalement marchands du Grand Est progresse pour la première fois depuis 2010 : + 0,7 % après - 0,2 %. La région reste cependant une des moins dynamiques avec la Normandie et la Bourgogne-Franche-Comté (+ 0,3 % et + 0,5 %, pour + 1,2 % en métropole). Concentrée au quatrième trimestre après trois trimestres de stagnation, cette hausse s’appuie sur le secteur tertiaire marchand dans lequel l’emploi augmente de 1,8 % et de 1,3 % hors intérim. Les secteurs de l’industrie et de la construction continuent d’éprouver des difficultés, comme au niveau national.

Insee Conjoncture Grand Est
No 8
Paru le : 23/05/2017
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Industrie - Stabilité en 2016, croissance attendue en 2017Bilan économique 2016

Jean-Jacques Joanteguy, Banque de France

Les industriels du Grand Est ont enregistré une stabilité de leur chiffre d’affaires en 2016 (+ 0,1 %). L’export, en recul de 2,5 %, n’a pourtant pas soutenu l’économie régionale comme les années antérieures. Cet environnement peu dynamique n’a pas favorisé la mise en place de politiques volontaristes, faute de visibilité satisfaisante, que ce soit du point de vue de l’emploi ou de celui des investissements.

Les prévisions apparaissent cependant plus optimistes et s’accompagnent d’une reprise des projets d’investissements. En revanche, l’emploi resterait encore sous tension.

Insee Conjoncture Grand Est
Paru le : 23/05/2017

Les entreprises industrielles du Grand Est n’ont connu l’an passé qu’une très faible progression de leur chiffre d’affaires (+ 0,1 %). Ce résultat se situe en deçà des prévisions formulées il y a un an, puisqu’on tablait alors sur une croissance de 1,7 %. Toutefois, l’année 2016, notamment dans sa première moitié, se caractérise par un effet prix défavorable qui a pesé sur les chiffres d’affaires, occultant ainsi une progression en volume que l’on peut estimer supérieure aux 0,1 % affichés.

Les exportations, en panne, pèsent sur la croissance

Ce résultat modéré s’explique en partie par une baisse des ventes à l’étranger (- 2,5 %). Le mouvement de repli des exportations concerne une proportion importante d’entreprises de l’échantillon puisque la moitié d’entre elles indique être dans ce cas.

Par secteurs, seul celui des biens d’équipement et des machines affiche une diminution des chiffres d’affaires (- 1,0 %), en dépit de la bonne performance dans les branches électroniques, électriques et informatiques. Les fabricants de matériels de transport ont connu une pause, la légère hausse chez les constructeurs automobiles ayant pu compenser le repli constaté chez les équipementiers. Les industries agroalimentaires affichent de très légers progrès (+ 0,3 %) en dépit d’une moindre performance du secteur des boissons, notamment à l’export.

Dans le secteur des autres produits industriels, qui a crû dans l’ensemble de 0,4 %, de bonnes performances dans la chimie et l’industrie pharmaceutique, mais aussi dans le bois-papier, compensent les baisses de chiffre d’affaires enregistrées. C’est notamment le cas sur les marchés étrangers dans les industries en lien avec les minéraux ainsi que la métallurgie, ces dernières étant plus fortement impactées par l’évolution des cours de leurs produits.

La faible croissance de l’activité industrielle explique l’attentisme constaté en termes d’embauches. Le léger repli affiché des effectifs (- 0,5 %) touche tous les secteurs, à l’exception de celui des industries agroalimentaires, qui a procédé à des embauches nettes. Dans le secteur des autres produits industriels, à l’exception notable de l’industrie chimique, la plupart des branches enregistrent des baisses d’effectifs. Enfin, chez les fabricants de matériels de transport et des biens d’équipement et machines, les baisses concernent une assez large majorité d’intervenants.

Les investissements sont en baisse dans tous les secteurs de l’industrie régionale

Les flux d’investissement ont globalement diminué en 2016 (- 5,7 %), évolution touchant tous les secteurs industriels. Si ce repli était anticipé dans les industries liées au matériel de transport, il s’analyse plus comme un simple décalage dans les autres branches.

Le contexte général reste en effet très favorable avec des taux d’intérêts au plus bas et des incitations fiscales attractives, et il se traduit par le maintien de dépenses d’équipement à un niveau élevé.

Malgré de nouveaux engagements substantiels dans les industries des boissons, l’agroalimentaire accuse un repli de près de 5 %.

Les biens d’équipement électriques et les fabricants de machines ainsi que les fabricants de matériel de transport ont légèrement ralenti leurs efforts d’investissement (- 2,3 % et - 3,7 %).

Ils ont fléchi plus nettement dans les autres produits industriels (- 7,0 %), sous l’effet notamment des fortes réductions constatées dans la métallurgie, qui n’ont pas pu être compensées par les programmes engagés dans la chimie ou la pharmacie.

L’activité industrielle devrait progresser en 2017, avec des plans d’investissement en hausse

Pour 2017, les industriels anticipent une croissance d’activité de près de 3 %, qui prendrait notamment appui sur une dynamisation des ventes à l’étranger (+ 3,3 %).

Les industries agroalimentaires espèrent une hausse de leurs facturations de 3 %. Dynamique pour les produits laitiers (+ 4,4 %), la croissance dépasserait 2 % dans la branche des boissons, mais serait plus modeste ailleurs.

La hausse d’activité est bien partagée par l’ensemble des branches de l’industrie automobile (2,3 %), ce qui n’est pas le cas pour les biens d’équipement (+ 1,4 %). En effet, les fabricants de machines et ceux d’équipements informatiques et électroniques font plutôt preuve d’optimisme, alors que les fabricants d’équipements électriques anticipent un repli (- 2,3 %).

Le secteur des autres produits industriels prévoit une nouvelle progression de l’activité, plus marquée que précédemment puisqu’elle pourrait se situer autour de 3 %. Cette hausse repose en partie sur de bonnes performances à l’exportation (+ 3,7 %). En peine en 2016, la métallurgie s’attend à un rebond marqué en 2017 (+ 5,3 %), largement soutenu par les ventes à l’étranger.

En dépit des perspectives favorables entrevues en termes d’activité, l’attentisme resterait de mise au niveau des embauches et l’emploi pourrait encore légèrement s’éroder dans l’industrie régionale en 2017 (- 0,6 %). Ce repli toucherait principalement le personnel intérimaire. En effet, hors intérim, les effectifs « titulaires » devraient légèrement progresser, traduisant ainsi une meilleure confiance des industriels, en cohérence avec leurs perspectives en termes d’activité.

À la recherche de gains de productivité dans un marché international qui continue d’être très concurrentiel, l’industrie automobile fait état de perspectives négatives en anticipant un recul des effectifs de près de 5 %, libérant notamment les intérimaires qui avaient été recrutés en 2016.

Dans les autres branches, les évolutions sont moins prononcées. Les investissements projetés par les entreprises augmenteraient de 11,2 % en 2017. Quelques programmes d’envergure, parfois différés en 2016, sont prévus en 2017. Ce sera le cas dans l’agroalimentaire (+ 34,8 %) où, au-delà de celle des boissons qui continue d’investir régulièrement, certaines branches se distinguent par des projets d’importance.

Les fabricants d’équipements et de machines, ainsi que ceux des autres produits industriels, anticipent une hausse comparable (aux alentours de 12 %) alors que ceux du matériel de transport prévoient une nouvelle baisse des dépenses d’investissement, tendance concernant tant les constructeurs que les équipementiers.

Figure 1 – Variation des chiffres d'affaires 2016/2015 dans le Grand Est

en %
Variation des chiffres d'affaires 2016/2015 dans le Grand Est
Réalisations 2016 dont export
Industries alimentaires 0,3 -1,2
Matériels de transport 0,0 -4,1
Équipements, machines -1,0 -2,7
Autres produits industriels 0,4 -2,7
Total Industrie manufacturière 0,1 -2,5
  • Source : Banque de France.

Figure 1 – Variation des chiffres d'affaires 2016/2015 dans le Grand Est

Figure 2 – Variation prévue des chiffres d'affaires 2017/2016 dans le Grand Est

en %
Variation prévue des chiffres d'affaires 2017/2016 dans le Grand Est
Prévisions 2017 dont export
Industries alimentaires 3,0 2,2
Matériels de transport 2,3 2,2
Équipements, machines 1,4 3,9
Autres produits industriels 3,0 3,7
Total Industrie manufacturière 2,7 3,3
  • Source : Banque de France.

Figure 2 – Variation prévue des chiffres d'affaires 2017/2016 dans le Grand Est

Figure 3 – Variation des effectifs par secteur de l'industrie dans le Grand Est

en %
Variation des effectifs par secteur de l'industrie dans le Grand Est
Réalisé en 2016 Prévisions 2017
Industries alimentaires 1,8 0,2
Matériels de transport -1,6 -4,7
Équipements, machines -1,0 -0,4
Autres produits industriels -0,7 0,0
Total Industrie manufacturière -0,5 -0,6
  • Source : Banque de France.

Figure 3 – Variation des effectifs par secteur de l'industrie dans le Grand Est

Figure 4 – Variation des investissements par secteur de l'industrie dans le Grand Est

en %
Variation des investissements par secteur de l'industrie dans le Grand Est
Réalisé en 2016 Prévisions 2017
Industries alimentaires -4,9 34,8
Matériels de transport -3,7 -24,6
Équipements, machines -2,3 12,2
Autres produits industriels -7,0 12,3
Total Industrie manufacturière -5,7 11,2
  • Source : Banque de France.

Figure 4 – Variation des investissements par secteur de l'industrie dans le Grand Est

Encadré

Encadré

Ces données sont extraites d’un document publié chaque début d’année sur le site internet de la Banque de France 

Les résultats publiés pour l’industrie proviennent des réponses obtenues par l’enquête annuelle de la Banque de France auprès de 800 entreprises industrielles de la région Grand Est, représentant 60 % des effectifs recensés par l’URSSAF – ACOSS au 31/12/2015.