Bilan économique 2015 - Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

En 2015, en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC) comme en France métropolitaine, l'économie montre des signes de reprise. Le PIB national progresse de 1,3 % et la plupart des indicateurs économiques régionaux sont dans le vert.

Insee Conjoncture Nouvelle-Aquitaine
Paru le : 31/05/2016

Agriculture - Une année 2015 difficile pour les productions animales

Jean-Jacques Samzun, Draaf Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

Après l'arrêt du régime des quotas, la production de lait de vache recule en 2015 en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes alors qu'elle augmente au niveau national. Les livraisons de lait de chèvre et de brebis restent stables. Les cours du lait sont au plus bas pour le lait de vache, stables pour le lait de brebis et en légère progression pour le lait de chèvre.

La filière viande bovine souffre. Que ce soit pour les gros bovins ou les veaux, les cours se sont dépréciés. Seul le prix du broutard résiste malgré la fièvre catarrhale ovine. Pour les agneaux de boucherie, tant la production que le cours se sont maintenus. Le prix moyen annuel des porcs charcutiers accuse un recul de 10 %. Pour les volailles, les cours sont pénalisés par la hausse des importations.

La baisse du prix d’achat des intrants se poursuit, liée à celle du pétrole.

Insee Conjoncture Nouvelle-Aquitaine
No 3
Paru le : 31/05/2016

Recul des livraisons de lait de vache

Après plus de 30 années d’existence, le régime des quotas laitiers a pris fin en avril 2015. En début d’année, la production laitière européenne et française est restée limitée. Avec l’arrêt des quotas, la production est repartie à la hausse notamment dans les pays du nord de l’Europe. Sur l’année 2015, les livraisons françaises de lait de vache à l’industrie progressent de 1,1 % par rapport à 2014. Cette tendance ne se retrouve pas en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC). Au contraire, au cours des premiers mois, la production régionale accuse un net recul. Au final, les livraisons annuelles baissent de 2,2 % en comparaison de celles de 2014.

Si les coûts de production sont globalement stables en 2015, les cours du lait sont quant à eux, au plus bas. Le prix moyen annuel payé au producteur perd près de 15 % en ALPC, entre 2014 et 2015 (figure 1).

Figure 1 – Livraisons à l'industrie et prix du lait de vache en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

Livraisons à l'industrie et prix du lait de vache en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes
Mois Livraisons 2014 (Milliers de litres) Prix 2014 (€/1 000 l) Livraisons 2015 (Milliers de litres) Prix 2015 (€/1 000 l)
Janv. 117 514 403,13 112 997 330,49
Fév. 108 701 388,95 103 831 323,23
Mars 122 516 366,29 117 670 313,03
Avril 120 692 349,70 116 189 310,01
Mai 121 247 347,00 117 869 304,51
Juin 108 541 367,69 108 503 309,02
Juil. 106 585 376,75 103 963 310,29
Août 102 559 387,22 100 615 327,63
Sept. 97 095 387,85 96 726 327,96
Oct. 102 027 367,43 101 696 323,75
Nov. 101 843 362,25 100 463 317,26
Déc. 109 672 356,16 109 026 312,77
  • Source : Agreste, Enquête mensuelle laitière SSP-FranceAgriMer

Figure 1 – Livraisons à l'industrie et prix du lait de vache en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

Les livraisons de lait de chèvre à l’industrie restent au niveau de celles de 2014 et les fabrications de produits laitiers sont dynamiques, notamment en fin d’année. Le prix moyen annuel 2015 augmente de 1,9 % par rapport à 2014.

Comme pour le lait de chèvre, les livraisons de lait de brebis évoluent peu entre 2014 et 2015. En cumul sur l’année, les fabrications de fromages progressent de 4,5 % par rapport à 2014. Le prix moyen annuel payé au producteur reste stable.

Marchés difficiles pour les viandes

La production de viande bovine s’accroît en 2015 alors que la consommation est toujours orientée à la baisse. L’offre importante majorée par les abattages de vaches laitières de réforme pèse sur les cours. Selon les catégories d’animaux, les prix baissent de 1 à 4 % par rapport à 2014 et se situent nettement au-dessous de la moyenne 2013-2015 (figure 2).

Figure 2 – Cotations de la vache limousine (<10ans >350kgs, U-)

en €/kg de carcasse
Cotations de la vache limousine (<10ans >350kgs, U-)
Semaines 2015 2014 Moyenne 2013-2014-2015
1 4,71 4,83 4,71
2 4,67 4,88 4,72
3 4,59 4,82 4,67
4 4,6 4,87 4,69
5 4,55 4,81 4,67
6 4,59 4,81 4,68
7 4,62 4,82 4,7
8 4,63 4,8 4,69
9 4,68 4,77 4,71
10 4,67 4,77 4,7
11 4,65 4,82 4,73
12 4,62 4,74 4,71
13 4,67 4,86 4,76
14 4,57 4,78 4,69
15 4,7 4,81 4,76
16 4,56 4,79 4,71
17 4,66 4,8 4,76
18 4,66 4,83 4,82
19 4,62 4,76 4,73
20 4,65 4,76 4,77
21 4,64 4,73 4,77
22 4,65 4,83 4,82
23 4,59 4,82 4,8
24 4,63 4,73 4,79
25 4,57 4,74 4,76
26 4,62 4,63 4,74
27 4,67 4,55 4,73
28 4,61 4,67 4,77
29 4,61 4,68 4,78
30 4,67 4,69 4,79
31 4,64 4,65 4,77
32 4,67 4,73 4,79
33 4,63 4,67 4,78
34 4,63 4,73 4,8
35 4,64 4,77 4,81
36 4,65 4,75 4,8
37 4,66 4,73 4,79
38 4,67 4,71 4,8
39 4,65 4,76 4,79
40 4,62 4,82 4,78
41 4,59 4,58 4,69
42 4,58 4,68 4,71
43 4,64 4,72 4,73
44 4,63 4,73 4,77
45 4,55 4,65 4,7
46 4,55 4,64 4,7
47 4,57 4,68 4,7
48 4,53 4,63 4,68
49 4,5 4,63 4,65
50 4,57 4,64 4,68
51 4,47 4,68 4,63
52 4,36 4,67 4,64
  • Source : FranceAgriMer, Commission hebdomadaire de cotation de Toulouse

Figure 2 – Cotations de la vache limousine (<10ans >350kgs, U-)

S’agissant des animaux maigres, la production annuelle de broutards progresse de 5 % en 2015 malgré la rétention d’animaux, observée en octobre, consécutive aux mesures prises après détection de foyers de fièvre catarrhale ovine (maladie pouvant toucher tous les ruminants). Le marché reste dynamique, porté par l’émergence du marché turc devenu le troisième débouché derrière les marchés traditionnels italiens et espagnols. L'embargo temporaire a peu affecté les prix (figure 3).

Figure 3 – Cotations du broutard limousin (mâle U 300kg)

en €/kg vif
Cotations du broutard limousin (mâle U 300kg)
Semaines 2015 2014 Moyenne 2013-2014-2015
1 2,62 2,71 2,67
2 2,62 2,76 2,69
3 2,65 2,76 2,7
4 2,65 2,76 2,7
5 2,68 2,76 2,71
6 2,68 2,79 2,72
7 2,68 2,79 2,72
8 2,71 2,79 2,73
9 2,71 2,84 2,74
10 2,76 2,84 2,76
11 2,81 2,87 2,79
12 2,84 2,87 2,8
13 2,86 2,87 2,8
14 2,86 2,87 2,81
15 2,88 2,87 2,84
16 2,88 2,87 2,84
17 2,88 2,87 2,84
18 2,88 2,87 2,84
19 2,88 2,87 2,84
20 2,91 2,87 2,85
21 2,91 2,87 2,85
22 2,91 2,87 2,85
23 2,93 2,87 2,87
24 2,93 2,82 2,85
25 2,93 2,77 2,84
26 2,91 2,75 2,82
27 2,91 2,75 2,82
28 2,91 2,75 2,82
29 2,91 2,73 2,81
30 2,91 2,73 2,81
31 2,88 2,73 2,79
32 2,88 2,75 2,8
33 2,88 2,75 2,8
34 2,88 2,75 2,8
35 2,88 2,75 2,8
36 2,88 2,75 2,8
37 2,88 2,72 2,79
38 2,72 2,74
39 2,7 2,73
40 2,67 2,72
41 2,65 2,71
42 2,65 2,71
43 2,65 2,69
44 2,65 2,68
45 2,75 2,65 2,7
46 2,75 2,62 2,68
47 2,72 2,62 2,67
48 2,72 2,62 2,67
49 2,72 2,62 2,67
50 2,72 2,62 2,68
51 2,72 2,62 2,68
52 2,72 2,62 2,68
  • Source : FranceAgriMer, Commission hebdomadaire de cotation de Limoges

Figure 3 – Cotations du broutard limousin (mâle U 300kg)

La production de veaux élevés au pis résiste, celle des veaux laitiers diminue. Les cours se sont globalement dépréciés.

Le prix moyen annuel des agneaux de boucherie se maintient en 2015 mais subit des variations saisonnières plus marquées. La production ne varie pas en volume grâce à l’alourdissement des carcasses.

Les abattages de porcs charcutiers restent stables mais cette filière subit les effets de l’embargo russe et de l’augmentation de l’offre au niveau européen, en particulier en provenance d’Allemagne et d’Espagne. Les cours sont en fort recul par rapport à 2014 (– 10 %) (figure 4).

Figure 4 – Cotations du porc charcutier classe E

€ HT/Kg de carcasse
Cotations du porc charcutier classe E
Semaines 2015 2014 Moyenne 2013-2014-2015
1 1,2 1,45 1,41
2 1,19 1,48 1,41
3 1,17 1,5 1,41
4 1,17 1,5 1,4
5 1,17 1,5 1,4
6 1,18 1,45 1,4
7 1,23 1,42 1,41
8 1,27 1,42 1,43
9 1,3 1,43 1,44
10 1,31 1,44 1,46
11 1,31 1,49 1,48
12 1,31 1,54 1,5
13 1,32 1,58 1,51
14 1,31 1,63 1,52
15 1,33 1,69 1,54
16 1,34 1,7 1,54
17 1,34 1,72 1,53
18 1,32 1,66 1,5
19 1,33 1,62 1,5
20 1,31 1,58 1,48
21 1,32 1,57 1,48
22 1,33 1,57 1,49
23 1,36 1,51 1,5
24 1,38 1,55 1,53
25 1,42 1,57 1,56
26 1,43 1,58 1,57
27 1,43 1,58 1,57
28 1,45 1,57 1,58
29 1,45 1,55 1,59
30 1,49 1,56 1,6
31 1,53 1,65
32 1,55 1,67
33 1,48 1,5 1,59
34 1,47 1,5 1,61
35 1,47 1,49 1,62
36 1,47 1,47 1,61
37 1,45 1,43 1,57
38 1,44 1,38 1,54
39 1,41 1,33 1,49
40 1,41 1,29 1,46
41 1,27 1,46
42 1,26 1,44
43 1,26 1,43
44 1,25 1,41
45 1,25 1,4
46 1,25 1,4
47 1,54
48 1,17 1,22 1,31
49 1,15 1,2 1,3
50 1,15 1,2 1,29
51 1,16 1,2 1,29
52 1,15 1,2 1,27
  • Source : FranceAgriMer, Commission hebdomadaire de cotation de Toulouse

Figure 4 – Cotations du porc charcutier classe E

Les effets de la grippe aviaire détectée dans la région fin novembre ne sont pas encore sensibles en 2015. Les abattages de canards gras sont stables par rapport à 2014 et ceux de poulets progressent d’un peu plus de 1 %. Les cours des volailles sont pénalisés par l’augmentation des importations malgré une consommation en hausse et une reprise des exportations. Seul le prix des œufs de consommation augmente.

Poursuite de la baisse du prix des intrants

Sur un an, le prix d’achat des intrants (mesuré par l’indice IPAMPA au niveau national) diminue de presque 2 % en 2015. Cette évolution est en premier lieu due à la baisse du prix de l’énergie et des lubrifiants, supérieure à 10 % sur la même période (figure 5). Très corrélé à celui du pétrole, le prix des engrais et amendements régresse aussi mais moins fortement. Cette baisse compense l’augmentation constatée de l’utilisation de ces intrants. Les livraisons sont supérieures à celles de la campagne précédente, notamment pour les engrais azotés.

Figure 5 – Indice des prix d'achat des moyens de production agricole (IPAMPA)

base 100 en 2010
Indice des prix d'achat des moyens de production agricole (IPAMPA)
Semences et plants Énergie et lubrifiants Engrais et amendements Produits de protection des cultures Aliments des animaux
2007 JA 89,3 83,8 83,2 93,6 90,8
2007 M 89,4 88,4 89,5 95,1 94
2007 S 91,9 92,8 92,8 94,8 105,2
2007 D 94,1 102,3 104,5 94,7 111,9
2008 JA 96,3 102,5 112,7 95,3 113,2
2008 M 98,5 119 130,2 98 118
2008 S 100,6 113,2 157,1 98,1 114,9
2008 D 102,2 83,4 152,1 99,2 106,8
2009 JA 102,9 85,1 146,8 99,4 104,7
2009 M 104,1 79,6 126,5 101,5 101,8
2009 S 102,2 85,4 97,6 101,7 97,9
2009 D 101 90 93 100,8 95,1
2010 JA 99,9 94,8 92,5 99 95,3
2010 M 100,3 99,8 97,4 100,4 94,8
2010 S 100,1 99,8 103,7 100,2 104,3
2010 D 100 110,3 110,8 99,6 111,5
2011 JA 99,1 112,7 115,8 98,3 114,6
2011 M 99,7 115,3 121,3 99,7 119,8
2011 S 101,9 118,5 126,4 100,3 118
2011 D 102,3 123 127,9 98,9 114
2012 JA 103 120,2 127,5 98,3 113,5
2012 M 103,5 120,2 128,9 99,7 120,7
2012 S 104,4 125,2 129,4 99,9 135,5
2012 D 106,1 119,6 129,4 99,1 139,3
2013 JA 106,8 121,1 129,3 98,3 139,1
2013 M 108,5 117,1 128,4 99,8 135,7
2013 S 108,3 121,8 117,3 99,9 128,5
2013 D 108,3 120,9 112,5 99,2 125,6
2014 JA 108,4 119,2 114,2 99 125,8
2014 M 108,9 116,7 119,6 100,1 126,3
2014 S 108,4 116,4 114,9 100,1 120
2014 D 108,1 100,5 117,5 99 116,4
2015 JA 108,6 93,8 119,8 98,4 117,1
2015 M 108,9 106,1 121,9 100 118,1
2015 S 109,2 95,1 116,8 99 117,6
2015 D 109,1 86,8 115,8 99 115,8
  • Champ : France
  • Sources : Insee ; Agreste

Figure 5 – Indice des prix d'achat des moyens de production agricole (IPAMPA)

La production d’aliments composés pour les animaux recule sur un an de 0,6 %. La baisse la plus forte est enregistrée pour les aliments destinés aux vaches laitières. L’indice pour ce poste d’intrants perd plus de quatre points sur un an, avec une variation plus sensible sur les aliments simples que sur les aliments composés.

Les évolutions sont plus modérées pour les produits de protection des cultures et semences.

Pour en savoir plus

Documentation

Définitions (pdf, 72 Ko)