Bilan économique 2015 - Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

En 2015, en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC) comme en France métropolitaine, l'économie montre des signes de reprise. Le PIB national progresse de 1,3 % et la plupart des indicateurs économiques régionaux sont dans le vert.

Insee Conjoncture Nouvelle-Aquitaine
Paru le : 31/05/2016

Agriculture - Une année correcte pour les productions végétales

Jean-Jacques Samzun, Draaf Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

En Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, les semis ont bénéficié de bonnes conditions climatiques. Les surfaces des cultures d’automne progressent et les rendements sont, en 2015, supérieurs à la moyenne des cinq dernières années, alors que les surfaces des cultures de printemps reculent et que les rendements sont inférieurs. La récolte de vins est bonne en volume et en qualité. Pour les vins de Bordeaux, la forte hausse des exportations vers les pays tiers, notamment la Chine, contrebalance un marché européen en berne. Pour le cognac, les vignes ont eu un bon rendement et les expéditions atteignent un niveau record en 2015. La production de fruits et légumes est globalement correcte, mais les résultats sont contrastés selon les filières, avec notamment des cours sous pression pour le melon et la noix.

Insee Conjoncture Nouvelle-Aquitaine
No 3
Paru le : 31/05/2016

Bons rendements pour les cultures d’automne

Les conditions climatiques clémentes de la fin 2014 ont facilité les semis des cultures d’automne. En 2015, les surfaces des céréales à paille, blé tendre, blé dur, orge d’hiver et triticale progressent toutes par rapport à la campagne précédente. De même, les surfaces ensemencées en colza augmentent de 6 % entre 2014 et 2015 (figure 1).

Figure 1 – Surfaces cultivées en céréales et oléoprotéagineux en ALPC en 2014 et 2015

en hectares
Surfaces cultivées en céréales et oléoprotéagineux en ALPC en 2014 et 2015
2014 2015
Blé tendre 505 890 540 990
Maïs 543 235 518 700
Tournesol 224 820 220 020
Orge 132 445 141 200
Colza 109 890 117 815
Triticale 57 670 76 300
Blé dur 28 345 35 975
Pois 17 530 20 070
  • Source : Agreste, Statistiques agricoles annuelles 2014 et 2015

Figure 1 – Surfaces cultivées en céréales et oléoprotéagineux en ALPC en 2014 et 2015

Les conditions climatiques ont été assez favorables au développement des cultures implantées à l’automne jusqu'à la récolte. Les rendements des cultures sont bons, supérieurs aux rendements moyens des cinq dernières années. Celui du blé est estimé provisoirement à 67 q/ha en moyenne sur la région soit 3 quintaux de plus qu’en 2014. Les collectes de blé tendre et d’orge d’hiver se classent parmi les meilleures des cinq dernières années, mais avec des cours au plus bas (figure 2).

Figure 2 – Cotations base juillet - Blé tendre (rendu Rouen)

Euros/quintal
Cotations base juillet - Blé tendre (rendu Rouen)
2015 2014 Moyenne 2013-2014-2015
Janv. 19,15 19,20 21,03
Fév. 17,95 18,89 20,26
Mars 17,88 20,11 20,53
Avril 17,18 20,13 20,36
Mai 15,95 18,95 19,33
Juin 16,75 18,07 18,48
Juil. 18,18 17,64 18,26
Août 16,35 17,10 17,29
Sept. 15,40 16,50 16,80
Oct. 16,36 16,38 17,39
Nov. 17,04 17,29 18,08
Déc. 16,37 18,60 18,42
  • Source : FranceAgriMer

Figure 2 – Cotations base juillet - Blé tendre (rendu Rouen)

Les semis des cultures de printemps ont aussi pu être faits dans de bonnes conditions. Pourtant, leurs surfaces reculent. Le développement de ces cultures a été perturbé par la sécheresse qui s’est installée jusqu’à la fin juillet. Ce déficit pluviométrique a été plus marqué dans le centre et l’est de la région où la production d'herbe a été particulièrement pénalisée. Le retour des pluies en août a permis de limiter l’impact de la sécheresse sur les cultures de printemps. Finalement, les rendements des cultures de printemps décrochent un peu par rapport aux moyennes quinquennales. Le rendement du maïs grain est estimé provisoirement à 87 q/ha. Par rapport à la récolte exceptionnelle de 2014, il est en recul de 12 quintaux.

D’abord en retrait par rapport aux moyennes 2013-2015, les cours du maïs et du tournesol reprennent quelques couleurs en fin d’année (figure 3).

Figure 3 – Cotations base juillet - Maïs grain (rendu Bordeaux)

Euros/quintal
Cotations base juillet - Maïs grain (rendu Bordeaux)
2015 2014 Moyenne 2013-2014-2015
Janv. 14,68 16,50 18,09
Fév. 14,44 16,56 17,60
Mars 14,90 17,33 18,01
Avril 14,89 17,72 17,93
Mai 14,12 16,56 17,23
Juin 14,88 16,10 17,41
Juil. 16,81 15,84 16,56
Août 16,00 14,65 15,67
Sept. 15,08 13,23 14,99
Oct. 15,57 13,42 15,32
Nov. 15,75 14,05 15,58
Déc. 15,40 14,95 15,82
  • Source : FranceAgriMer

Figure 3 – Cotations base juillet - Maïs grain (rendu Bordeaux)

Vins, bonne récolte en volume et en qualité

Depuis dix ans, la surface du vignoble (hors vignes à eaux de vie) diminue pour se mettre en adéquation avec la demande. Après trois années de rendements moyens voire faibles, la récolte est bonne avec 6,3 millions d’hl. Les volumes commercialisés restent à un niveau moyen bas (4,8 millions d’hl en Gironde). L’impact de la faible récolte 2013 continue à se faire sentir. Pour les vins de Bordeaux, la bonne tenue des prix compense la baisse des volumes (figure 4). Sur le marché intérieur, on note une baisse en volume (5 %) mais une stabilité en valeur. À l’export, les excellents résultats obtenus sur les pays tiers, notamment la Chine, contrebalancent le recul constaté sur le marché européen. La valeur des exportations s’élève ainsi à 1,8 milliard d’euros en 2015.

Figure 4 – Cotations et volumes mensuels du bordeaux rouge vrac

Cotations et volumes mensuels du bordeaux rouge vrac
Volumes Cours
août-09 63982 867
sept-09 74906 925
oct-09 47369 924
nov-09 47004 899
déc-09 63455 867
janv-10 90823 848
févr-10 161437 892
mars-10 197366 872
avr-10 162806 851
mai-10 129854 883
juin-10 104896 889
juil-10 99186 888
août-10 44442 885
sept-10 77631 926
oct-10 63222 845
nov-10 77697 776
déc-10 106809 844
janv-11 123872 886
févr-11 194646 895
mars-11 215824 929
avr-11 153047 941
mai-11 125842 926
juin-11 101150 909
juil-11 84324 980
août-11 45285 969
sept-11 66542 871
oct-11 64807 903
nov-11 66592 915
déc-11 144549 896
janv-12 186027 929
févr-12 225845 959
mars-12 189392 972
avr-12 113954 950
mai-12 91257 1000
juin-12 116269 1009
juil-12 67886 960
août-12 51510 1007
sept-12 45283 975
oct-12 67503 981
nov-12 57568 1024
déc-12 83594 1000
janv-13 193678 1008
févr-13 247962 1021
mars-13 165964 1044
avr-13 115114 1069
mai-13 84145 1075
juin-13 89881 1097
juil-13 66000 1088
août-13 62500 1141
sept-13 44000 1190
oct-13 38778 1212
nov-13 37819 1251
déc-13 82299 1271
janv-14 186314 1270
févr-14 232713 1311
mars-14 142973 1341
avr-14 97005 1362
mai-14 73990 1361
juin-14 52296 1361
juil-14 52322 1333
août-14 23000 1320
sept-14 27644 1309
oct-14 22847 1284
nov-14 23363 1271
déc-14 80933 1188
janv-15 151509 1175
févr-15 176404 1186
mars-15 144951 1215
avr-15 106998 1208
mai-15 71803 1217
juin-15 88222 1225
juil-15 103772 1265
août-15 38315 1255
sept-15 42724 1220
oct-15 40364 1211
nov-15 37335 1229
déc-15 85833 1210
janv-16 235281 1208
févr-16 158352 1247
  • Note : une campagne s'étale du mois d'août au mois de juillet.
  • Source : CIVB

Figure 4 – Cotations et volumes mensuels du bordeaux rouge vrac

Les conditions sèches de l’été 2015 ont permis de maintenir le vignoble charentais dans un bon état sanitaire. Les maladies ont été bien maîtrisées. Les vendanges, débutées fin septembre, se sont déroulées dans de bonnes conditions. Les résultats de récolte sont satisfaisants, en quantité comme en qualité. Le rendement des vignes à cognac atteint 123 hl/ha.

Grâce au marché moteur américain et à une légère croissance de celui de l’Asie, les expéditions de cognac dépassent, pour la première fois, 2,5 milliards d’euros (figure 5).

Figure 5 – Campagne de commercialisation du cognac (1er août au 31 juillet)

Campagne de commercialisation du cognac (1er août au 31 juillet)
Sorties de cognac sur la campagne 2014-2015 (hl d'alcool pur) Écarts par rapport à 2013-2014 (%)
Total des sorties 500 515 6,1
dont :
marchés étrangers 449 166 5,8
marchés français 11 855 7,7
autres utilisations 39 494 8,2
  • Source : BNIC

Fruits et légumes : une année correcte mais contrastée selon les filières

Les conditions climatiques de l'hiver et du printemps ont eu un impact positif sur les productions végétales (implantation et démarrage des cultures, problèmes parasitaires réduits). L’été chaud et sec a eu peu de répercussions sur les rendements mais a favorisé la précocité, la qualité, les conditions de récolte et la consommation des fruits et légumes d’été. Néanmoins, les fruits d’été et les cultures récoltées à l’automne ont souffert du manque d’eau et de la canicule.

Le melon et, à un niveau moindre, la fraise ont eu des cours sous pression tout au long de la campagne (figure 6). Les cours se maintiennent à des niveaux au moins équivalents à la moyenne quinquennale pour les autres cultures légumières (tomate, maïs doux, carotte). Les surfaces restent stables, sauf pour la carotte et le maïs doux, en retrait sur la campagne.

Figure 6 – Cours du melon charentais jaune (cat I - CAL 800-950 g)

Euros HT/kg
Cours du melon charentais jaune (cat I - CAL 800-950 g)
Semaines 2014 2015 Moyenne 2013-2014-2015
24 1,38
25 1,17
26 1,06 0,91
27 1,21 1,22
28 1,35 1,25
29 1,36 0,76 1,25
30 1,03 0,69 0,91
31 0,94 0,88 0,95
32 0,91 0,87 0,95
33 0,96 0,90 0,95
34 1,05 0,92 0,91
35 1,00 0,98 0,86
36 1,06 1,13 0,93
37 0,94 1,14 0,95
38 0,94 1,02 0,88
39 1,04 1,15 0,97
  • Source : FranceAgriMer - RNM

Figure 6 – Cours du melon charentais jaune (cat I - CAL 800-950 g)

Les surfaces sont en diminution pour la prune à pruneau et la poire, stables pour la pomme et le kiwi. Elles augmentent pour les fruits à coque. La récolte de prunes, effectuée avec quelques jours d'avance, peut être qualifiée de bonne, avec des cours qui se sont raffermis. La production de la filière pomme est en hausse significative (+ 35 %) par rapport à une année 2014 très défavorable, ainsi qu'un bon maintien des cours. L'embargo russe n’étant toujours pas levé, des alternatives grand export vers l'Asie ont permis de relâcher un peu la pression. La récolte de kiwis s'est effectuée dans des conditions optimales et la récolte de 38 000 tonnes est chargée en petit calibre, plus difficilement commercialisable. Le début de campagne est marqué par une forte concurrence influençant les prix. La filière fruits à coque est en pleine expansion. Les prix sont corrects pour la noisette mais décevants pour la noix et le marron.

Pour en savoir plus

Documentation

Définitions (pdf, 72 Ko)