Bilan économique 2015 - Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

En 2015, en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC) comme en France métropolitaine, l'économie montre des signes de reprise. Le PIB national progresse de 1,3 % et la plupart des indicateurs économiques régionaux sont dans le vert.

Insee Conjoncture Nouvelle-Aquitaine
Paru le : 31/05/2016

Construction - Moins de chantiers mais davantage de projets

William Chateauvieux, Dreal Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

En 2015, en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, le nombre de logements commencés diminue de près de 7 % en un an. Par contre, signe encourageant pour l’avenir, après trois années consécutives de baisse, le nombre des autorisations de construire des logements progresse de 8 % par rapport à l’année précédente. La région regroupe 10 % des autorisations de construction de logement accordées en 2015 en France métropolitaine. Les projets de maisons se déclinent plutôt à l’est de la région et ceux des appartements à l’ouest dans les départements côtiers. Après cinq années de baisse, les surfaces autorisées de locaux non résidentiels augmentent de 17 % en 2015. Quatre mètres carrés sur dix sont prévus pour les locaux d’exploitation agricole ou forestière. Le marché de la promotion immobilière se redresse. Le prix moyen des maisons décroît tandis que celui des appartements se stabilise.

Insee Conjoncture Nouvelle-Aquitaine
No 03
Paru le : 31/05/2016

En Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (ALPC), 34 500 logements sont sortis de terre en 2015, soit un recul de près de 7 % en un an. C’est la quatrième année consécutive de baisse alors qu’au niveau national, le retournement de tendance est amorcé : les mises en chantiers progressent de près de 2 % par rapport à 2014 (figure 1).

Figure 1 – Évolution de la construction de logements

en indice base 100 en 2005
Évolution de la construction de logements
Logements autorisés - Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes Logements commencés - Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes Logements autorisés - France métropolitaine Logements commencés - France métropolitaine
2005 100 100 100 100
2006 99,72 99,18 109,33 105,8
2007 99,44 97,05 103,75 105
2008 78,11 80,85 85,65 85,5
2009 58,62 61,7 68,36 74,48
2010 72,46 73,32 85,63 89
2011 77,26 78,89 94,29 92,57
2012 69,07 64,98 86,97 83,38
2013 64,27 64,32 76,17 80,86
2014 51,98 60,39 67,61 73,61
2015 56,07 56,46 70,17 74,82
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle.
  • Champ : logements individuels, collectifs et en résidence.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations au 13 avril 2016

Figure 1 – Évolution de la construction de logements

La baisse des mises en chantier affecte tous les départements de la région, parfois de façon très marquée (– 30 % en Creuse, – 24 % dans les Pyrénées-Atlantiques et – 22 % en Charente-Maritime). Seuls deux départements font exception : la Gironde où le nombre de logements commencés progresse de près de 7 % en un an et la Dordogne où il est stable. À lui seul, le département de la capitale régionale concentre environ 45 % de la production régionale de logements. Plus largement, les quatre départements du littoral totalisent près de huit logements sur dix commencés en 2015 dans la région.

Une éclaircie pour les autorisations de logements

Sur le territoire de la région, 39 700 logements ont été autorisés en 2015. Les autorisations de construire des logements représentent un peu plus de 10 % des projets de la France métropolitaine (figure 2). Leur progression est plus dynamique en ALPC qu’au niveau national : + 8 % contre + 4 % par rapport à 2014.

Figure 2 – Logements autorisés par département

en %
Logements autorisés par département
Logements en 2015 (nombre) Évolution 2015/2014 Évolution annuelle moyenne 2014/2009 (1)
Charente 1 000 -17,0 -7,6
Charente-Maritime 5 000 13,2 -2,3
Corrèze 700 1,5 -12,3
Creuse 200 2,0 -14,7
Dordogne 1 600 -8,5 -11,2
Gironde 17 800 30,3 -0,7
Landes 3 300 4,7 -1,8
Lot-et-Garonne 1 000 -10,3 -10,1
Pyrénées-Atlantiques 5 400 -17,1 6,1
Deux-Sèvres 1 100 -16,9 -9,2
Vienne 1 500 -11,8 -1,1
Haute-Vienne 1 100 7,3 -6,5
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes 39 700 8,1 -2,4
France métropolitaine 372 200 3,8 -0,2
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de logements, pour le département ou la région, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle. Les évolutions sont calculées sur données non arrondies.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations au 13 avril 2016

Cette évolution est très hétérogène selon les départements. Sur un an, la hausse la plus importante est enregistrée en Gironde (+ 30 %), suivie de la Charente-Maritime et de la Haute-Vienne (respectivement + 13 % et + 7 %). À l’opposé, le recul est le plus fort dans les départements de la Charente, des Deux-Sèvres et des Pyrénées-Atlantiques (– 17 %).

Sans surprise, c’est en Gironde, avec 45 % des autorisations, que l’on compte le plus de projets de logements. Viennent ensuite les Pyrénées-Atlantiques (14 %), la Charente-Maritime (13 %) et les Landes (8 %). Les huit départements situés à l’est de la région totalisent un peu plus de 20 % des autorisations régionales en 2015.

Des maisons à l’est et des appartements à l’ouest

En ALPC, la part des projets de maisons (51 %) est légèrement supérieure à celle des appartements (49 %). Mais ce sont ces derniers qui contribuent au dynamisme global. En effet, ils progressent de 22 % par rapport à l’année précédente contre un recul de 3 % de l’ensemble du logement individuel. La répartition entre logements individuels et collectifs est très hétérogène selon les territoires : la part des logements collectifs est plus importante dans les départements de la façade atlantique alors que les logements individuels sont prédominants dans les départements ruraux.

Reprise pour le secteur des locaux non résidentiels

Près de 4,3 millions de m² de locaux non résidentiels ont été autorisés en 2015 sur le territoire régional. Ce volume représente environ 13 % des projets métropolitains et place l’ALPC au premier rang des régions juste devant la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il s’accroît de 17 % sur un an (figure 3 et figure 4) alors que le secteur était en forte baisse au cours des cinq années précédentes (– 4 % en moyenne par an sur la période 2009-2014).

Figure 3 – Évolution de la construction de locaux non résidentiels

en indice base 100 en 2005
Évolution de la construction de locaux non résidentiels
Locaux autorisés - Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes Locaux commencés - Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes Locaux autorisés - France métropolitaine Locaux commencés - France métropolitaine
2005 100 100 100 100
2006 110,71 106,96 109,97 108,65
2007 111,48 114,29 109,64 114,18
2008 109,39 112,37 106,33 103,64
2009 109,35 95,58 94,15 86,49
2010 103,83 85,7 95,63 78,59
2011 110,8 85,07 100,87 81,48
2012 116,52 89,22 96,34 74,58
2013 103,75 77,82 89,83 72,79
2014 87,37 71,89 77,35 64,33
2015 102,27 81,38
  • Note : données brutes provisoires en date réelle.
  • Source : SOeS, Sit@del2, résultats au 13 avril 2016

Figure 3 – Évolution de la construction de locaux non résidentiels

Figure 4 – Construction autorisée de locaux non résidentiels, selon le type

en %
Construction autorisée de locaux non résidentiels, selon le type
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes France métropolitaine
Surfaces autorisées en 2015 (en milliers de m² ) Évolution 2015/2014 Évolution moyenne annuelle 2014/2009 (1) Évolution 2015/2014 Évolution moyenne annuelle 2014/2009 (1)
Artisanat 176 20,2 -3,2 -6,3 3,1
Bureaux 380 15,6 -0,4 4,7 -0,3
Commerce 532 5,6 1,2 1,9 -3,4
Entrepôt 640 70,8 -1,9 8,2 1,4
Exploitation agricole ou forestière 1 660 24,3 -8,0 15,4 -7,2
Hébergement hôtelier 104 20,6 5,9 32,8 -2,7
Industrie 285 -14,8 -3,7 3,2 -3,6
Service public ou d'intérêt collectif 481 -8,8 -4,5 -11,7 -5,5
Ensemble 4 257 17,1 -4,4 5,2 -3,9
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de locaux, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Note : données brutes provisoires en date réelle.
  • Source : SOeS, Sit@del2, résultats au 13 avril 2016

À l’échelle départementale, la surface autorisée se replie nettement en Haute-Vienne, – 10 % par rapport à l’année 2014. Elle recule plus modérément en Corrèze (– 1 %) et progresse dans tous les autres départements. Les principaux types de locaux autorisés en 2015 en ALPC (en surface de plancher) sont les locaux d’exploitation agricole ou forestière (39 %), les entrepôts (15 %), les commerces (12 %) et les locaux de service public (11 %).

Le marché de la promotion immobilière se redresse

Le marché régional de l’immobilier neuf des programmes d’au moins cinq logements progresse par rapport à 2014 (+ 11 %) mais moins qu’au niveau national (+ 18 %) (figure 5). Au total, 7 692 logements ont été réservés à la vente en 2015 (figure 6). Le secteur du collectif domine avec près de neuf ventes sur dix. La quasi-totalité des ventes se situe sur les quatre départements du littoral régional.

Figure 5 – Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

en indice base 100 en 2005
Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes
Logements neufs disponibles en fin d'année Logements neufs mis en vente Logements neufs vendus (réservés)
2005 100 100 100
2006 122 83,17 88,39
2007 143,2 74,51 74,96
2008 152,17 42,66 40,59
2009 97,74 33,19 52,02
2010 72,21 45,82 55,19
2011 86,12 55,09 50,9
2012 126,45 56,58 43,39
2013 144,81 55,67 52,2
2014 134,59 41,14 48,95
2015 119,17 47,71 54,44
  • Note : données brutes.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN

Figure 5 – Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes

Figure 6 – Ventes des maisons et des appartements neufs

en %
Ventes des maisons et des appartements neufs
Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes France métropolitaine
En 2015 (nombre ou prix en euro) Évolution 2015/2014 Évolution moyenne annuelle 2014/2009 (2) En 2015 (nombre ou prix en euro) Évolution 2015/2014 Évolution moyenne annuelle 2014/2009 (2)
Maisons neuves
Nombre de ventes (1) 866 23,5 -10,3 8 237 11,0 -10,3
Prix moyen par maison 217 693 -4,0 1,7 249 315 -1,5 0,8
Appartements neufs
Nombre de ventes (1) 6 826 9,8 0,2 94 301 18,6 -3,1
Prix moyen au m² 3 615 0,4 3,1 3 892 0,6 2,8
  • (1) : réservations avec dépôt d'arrhes.
  • (2) : taux d'évolution annuel qu'auraient connu le nombre de ventes ou le prix moyen si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN

Autres signes d’optimisme, les stocks de logements diminuent de 11 % sur un an dans la région et en parallèle les nouvelles mises en ventes progressent de 16 %.

En baisse de 4 % sur un an, le prix moyen d’une maison s’établit à près de 218 000 € en 2015, soit près de 32 000 € de moins que le prix moyen au niveau national.

Avec 3 615 € par m² en 2015, le prix moyen d’un appartement est quasi stable par rapport à l’année précédente alors que la tendance sur la période 2009-2014 affichait une hausse moyenne annuelle de 3,1 %.

Sources

Méthodologie : La base de données Sit@del2 rassemble les informations relatives aux autorisations de construire (permis accordés) et aux mises en chantier transmises par les services instructeurs (État, collectivités territoriales) au service statistique du ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie (MEDDE). Les mouvements relatifs à la vie du permis (dépôts, autorisations, annulations, modificatifs, déclarations d'ouverture de chantier, déclarations d'achèvement des travaux) sont exploités à des fins statistiques.

Les séries de la construction utilisées pour la conjoncture et le bilan économique sont élaborées à partir de cette base.

En matière de logement, les séries d'estimations en date réelle sont produites mensuellement pour évaluer le nombre d'autorisations et de mises en chantier. Elles visent à retracer dès le mois suivant, l'ensemble des évènements à leur date réelle. Sur la base des données collectées, les séries intègrent une estimation de l'information non encore remontée. Ces séries sont actualisées chaque mois pour prendre en compte les informations les plus récentes. Les estimations en date réelle corrigent des éventuels défauts de collecte des déclarations d'ouverture de chantier.

Pour les locaux non résidentiels, les séries de surface de plancher en date de prise en compte permettent le suivi conjoncturel de ce secteur. Elles agrègent les informations issues des permis (autorisés, commencés, etc.) selon la date d'enregistrement de la donnée dans l'application Sit@del2.

Les séries de surface de plancher en date réelle sont utilisées pour les études structurelles. L'information est restituée selon la date effective de l'autorisation ou de la date de la mise en chantier. Ces séries sont présentées nettes des annulations et ne comportent pas d'estimations : elles minorent donc la réalité, spécialement pour les mois de collecte les plus récents.

Avertissement : Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Documentation

Définitions (pdf, 72 Ko)