Bilan économique 2014 de Martinique

En 2014, l'économie martiniquaise reste atone, en ligne avec l'évolution de l'activité nationale. L'absence de visibilités des entreprises a pour conséquence la poursuite des pertes d'emplois, notamment dans la construction. Le marché du travail, pénalisé par le secteur de la construction, pèse sur l'activité à travers une moindre distribution de revenus. Les ménages restent prudents malgré des gains de pouvoir d'achat portés par une désinflation continue.

Insee Conjoncture Martinique
Paru le : 15/06/2015

Commerce exterieur - Des échanges commerciaux plutôt dynamiques

Laurent Huault, Insee

Le commerce extérieur de la Martinique prend un nouvel élan en 2014, après une année 2013 caractérisée par un retrait des échanges commerciaux. Les importations de marchandises augmentent légèrement. (+ 1,6 % hors échanges de produit pétroliers). Les exportations, stimulées par les ventes de bananes, sont en légère hausse (+ 6,9 % hors produits pétroliers et ventes exceptionnelles).

Insee Conjoncture Martinique
No 1
Paru le : 15/06/2015

De manière récurrente, les exportations et les importations martiniquaises sont impactées par les échanges de produits pétroliers. Les ventes de pétrole raffiné dans les deux autres Départements Français d’Amérique (Guadeloupe et Guyane), impactent fortement à la hausse le montant des exportations (+ 44,7 %). De plus, les changements des partenaires pour les importations de pétrole brut et raffiné bouleversent la carte des partenaires commerciaux.

Les importations sont soutenues par la demande des ménages

Les importations en Martinique sont en légère hausse en 2014 (+ 1,6 %). Hors produit pétroliers, les montants des marchandises importées suivent une évolution comparable (+ 1,6 % également). La métropole occupe toujours la première place en 2014 avec 53,4 % des marchandises importées (hausse de 3,5 % des importations en provenance de cette zone en 2014).

La demande des ménages en biens de consommation importés est à la hausse en 2014. Cette évolution se traduit par une augmentation des importations de produits non alimentaires,  et une stabilité des échanges sur les produits alimentaires. En effet, si les importations en produits laitiers sont en légère hausse (+ 2,2 % en 2014, pour une proportion de 1,8 % des importations), les boissons, les produits alimentaires et la viande sont légèrement moins importés en 2014 qu'en 2013 (– 2,1 %, pour un poids de 7,5 % des importations). De plus, les importations d'ordinateurs, d'appareils ménagers et de produits électroniques (et dans une moindre mesure des meubles et des habits) augmentent en 2014. Le montant des importations de ces produits est à la hausse de 9,8 % en 2014, et représente désormais 7,1 % des importations.

La demande des entreprises en biens d’équipement semble se situer en 2014 à des niveaux comparables à 2013. Cela s'observe à travers une faible variation des importations de machines et équipements d'usage général, d'équipements électriques, d'équipements de communication et de produits de sidérurgie et de première transformation de l'acier (+ 2,3 % en 2014, pour une proportion de 9,2 % des importations). Dans le secteur de la construction, les importations de ciment sont en léger repli en 2014 (– 5,3 %).

Des exportations dynamisées par les ventes de bananes et de pétrole raffiné

Les exportations martiniquaises augmentent de 44,7 %. Hors produits pétroliers, qui représentent 64,3 % des échanges, les échanges n’évoluent pas par rapport à 2013. Sans une transaction exceptionnelle en 2013 sur un avion à hauteur de 13,5 millions d’euros, les exportations hors produits pétroliers sont même en hausse (+ 6,9 %). Les exportations vers la métropole, qui représentent 28,5 % des exportations, augmentent de 5,4 %.

Les exportations de boissons stagnent entre 2013 et 2014, les ventes de rhum augmentant de 0,4 %. Les ventes de produits de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche sont en hausse de 19,3 %. Cette forte hausse s’explique quasi exclusivement par l’excellente santé de la production de bananes, dont le montant des exportations augmente de 19,1 %.

Figure 1 – Chiffres clés du commerce extérieur

Evolution des importations et exportations (en millions d'euros)
Chiffres clés du commerce extérieur
2010 2011 2012 2013 2014
Importations 2267 2632 2616 2 731 2 590
Exportations 216 262 222 280 221
Soldes échanges de biens -2051 -2370 -2394 -2 450 -2 370
  • Source : Douanes, calculs Insee.

Figure 2 – Les exportations de produits pétroliers s'envolent en 2014

Montants et évolutions des importations et des exportations par activité
Les exportations de produits pétroliers s'envolent en 2014
Importations Exportations
Valeur (en millions d'euros) Evolution en 2014 (en %) Valeur (en millions d'euros) Evolution en 2014 (en %)
AZ - Agriculture, sylviculture et pêche 48,0 -9,4 92,0 19,3
DE - Hydrocarbures naturels, autres produits des industries extractives, éléctricité, déchets 384,5 24,1 14,6 1,2
C1 - Denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac 406,2 -1,7 58,2 1,9
C2 - Produits pétroliers raffinés et coke 396,1 -13,6 359,0 99,8
C3 - Equipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique 395,5 6,2 11,6 26,5
C4 - Matériels de transport 264,3 2,5 8,0 -60,7
dont industrie automobile 243,7 2,4 4,1 121,9
C5 - Autres produits industriels 857,7 1,8 36,5 -15,2
dont pharmacie 146,9 2,6 4,0 35,7
Autres 21,6 -7,7 1,3 57,7
Total 2 774,0 1,6 581,1 44,7
  • Source : Douanes, calculs Insee.

Figure 3 – Les produits martiniquais de plus en plus prisés par les Etats-Unis

en millions d'euros
Les produits martiniquais de plus en plus prisés par les Etats-Unis
Guadeloupe France métropolitaine Guyane Etats-Unis Caraïbe hors ACP Caraïbe ACP Union européenne hors France Autres
2009 99,0 83,0 64,0 1,0 3,0 2,0 12,0 3,0
2010 78,0 147,2 75,6 10,6 6,8 4,4 5,9 6,1
2011 66,2 155,4 73,4 9,2 1,4 2,8 15,7 4,5
2012 118,6 163,5 103,7 14,9 2,3 4,2 9,6 7,2
2013 72,8 157,0 114,0 23,1 4,2 5,8 6,6 18,2
2014 175,2 165,5 148,5 38,7 18,7 8,1 5,0 21,3
  • Source : Douanes, calculs Insee.

Figure 3 – Les produits martiniquais de plus en plus prisés par les Etats-UnisRépartition des exportations selon leur destination de 2009 à 2014

Figure 4 – Les importations pétrolières bouleversent la carte des partenaires commerciaux

en millions d'euros
Les importations pétrolières bouleversent la carte des partenaires commerciaux
France métropolitaine Union européenne hors France Etats-Unis Caraïbe ACP Caraïbe hors ACP Guadeloupe Guyane Autres
2009 1175,0 261,0 197,0 19,0 72,0 27,0 8,0 288,0
2010 1375,6 334,4 234,1 27,6 32,3 33,7 9,2 524,1
2011 1444,6 336,1 242,0 61,0 80,8 69,0 7,7 551,0
2012 1396,0 337,0 323,0 50,0 59,0 38,0 9,0 601,0
2013 1431,5 384,6 352,6 54,9 46,6 71,8 8,4 379,7
2014 1481,9 518,3 225,0 55,2 50,8 46,6 8,3 387,7
  • Source : Douanes, calculs Insee.

Figure 4 – Les importations pétrolières bouleversent la carte des partenaires commerciauxRépartition des importations selon leur destination de 2009 à 2014

Encadrés

Espace Caraïbe

L’espace Caraïbe comprend toutes les îles de la Caraïbe, ainsi que les pays d’Amérique Centrale et du Sud qui possèdent une ouverture maritime sur la Caraïbe. Les échanges avec Porto-Rico sont confondus avec ceux des États-Unis faute de données les isolant. On y distingue un groupe de pays signataires de l’accord de libre échange de Cotonou (pays ACP de la Caraïbe) et ceux qui n’en font pas partie (« Pays non-ACP de la Caraïbe »), dans la mesure où ils ne bénéficient pas du même régime douanier dans leurs relations avec l’Union européenne et donc avec les départements français d’outre mer.

Les échanges pétroliers

Bouleversement de la carte des partenaires commerciaux en 2014

Les importations de pétrole brut et raffiné représentent 28 % des importations de la Martinique. La Société Anonyme de Raffinerie des Antilles (SARA) importe du pétrole brut pour le raffiner et exporter une partie de sa production en Guadeloupe et en Guyane. On constate en 2014 une baisse des commandes de pétrole brut de Norvège et une hausse des commandes de brut au Royaume Uni et en Tunisie.

Les besoins en pétrole raffiné martiniquais ne sont pas couverts uniquement par les productions de la SARA : du pétrole raffiné est importé en Martinique en provenance d'autres pays. Ainsi, les importations de pétrole raffiné en provenance des États-Unis chutent en 2014, alors que les importations en provenance du Qatar et d'Arabie Saoudite se sont envolées.

Ces changements à l’importation de produits pétroliers bruts et raffinés entraînent des changements profonds dans la carte des partenaires commerciaux. Ainsi, les importations des États-Unis et de Norvège, qui représentaient 12,9 % et 7,6 % du total des produits importés en 2013, chutent de respectivement 36,2 % et 48,9 %. En revanche, les importations en provenance de l’Union Européenne et des autres pays (hors Union Européenne, Caraïbe, États-Unis et Chine) sont en hausse respectivement de 34,8 % et 96,2 %, pour représenter en 2014, 18,7 % et 8,2 % des importations.

Forte hausse des exportations pétrolières entre 2013 et 2014

En 2014, la Martinique importait quasiment autant de pétrole brut que de pétrole déjà raffiné. Alors qu'en 2013, les importations de raffiné étaient supérieures presque de moitié aux importations de brut. Cette hausse des importations de brut en 2014 est le signe d'une production de pétrole raffiné en hausse et donc d’une augmentation des exportations. On constate en effet que les exportations de raffiné de Martinique ont nettement augmenté vers la Guadeloupe et la Guyane, ce qui explique la forte hausse des exportations. On constate ainsi une hausse de l’ensemble des exportations en Guadeloupe de 140,5 % (30,1 % du total des exportations de 2014) et en Guyane de 30,3 % (25,6 % du total des exportations de 2014).

Documentation

Définitions (pdf, 48 Ko)