Bilan économique 2014 de Martinique

En 2014, l'économie martiniquaise reste atone, en ligne avec l'évolution de l'activité nationale. L'absence de visibilités des entreprises a pour conséquence la poursuite des pertes d'emplois, notamment dans la construction. Le marché du travail, pénalisé par le secteur de la construction, pèse sur l'activité à travers une moindre distribution de revenus. Les ménages restent prudents malgré des gains de pouvoir d'achat portés par une désinflation continue.

Insee Conjoncture Martinique
Paru le : 15/06/2015

Épargne Crédit - L’activité financière est orientée à la hausse

Nicolas Brun, Iedom, Insee

La conjoncture économique montre quelques signes d’amélioration en 2014 et la distribution de crédits gagne en dynamisme. La hausse de l’encours est plus particulièrement soutenue par les crédits aux entreprises, bien que l’ensemble des agents économiques contribuent à la progression de l’année.

Insee Conjoncture Martinique
No 1
Paru le : 15/06/2015

L’encours sain de crédits progresse globalement

En 2014, l’encours sain, toutes catégories d’agents confondues, enregistre une hausse de 2,3 %, à 8,1 milliards d’euros. Ce regain est en grande partie imputable aux entreprises, dont l’encours sain de crédits progresse (+ 3,2 %), à 3,3 milliards d’euros, après le repli de 2013. En 2014, les crédits d’investissement sont en hausse sensible (+ 5,4 %), tout comme les crédits immobiliers (+ 3,6 %), alors que les crédits d’exploitation se contractent (– 6,3 %).

L’encours de crédit des ménages, à 3,2 milliards d’euros fin 2014, participe également à la croissance d’ensemble des encours sains de crédits, même si la progression est moindre que par le passé (+ 0,8 %). Cette évolution est principalement liée à celle des crédits à l’habitat, qui n’enregistrent plus les hausses marquées des dernières années (+ 1,3 % en 2014), tandis que les crédits à la consommation sont de nouveau orientés à la baisse (– 0,5 %). En effet la baisse de la population martiniquaise (– 0,5 % en moyenne par an entre 2007 et 2012) impacte la consommation des ménages. De plus, les ménages recourent moins à l’emprunt pour financer leur consommation, dans un contexte incertain, et ce malgré une relative stabilisation des prix.

Les crédits octroyés aux collectivités locales, essentiellement constitués de crédits d’investissement, poursuivent leur croissance (+ 2,1 %), à 1,2 milliard d’euros en fin d’année, avec notamment, l’incidence deux grands chantiers que sont les travaux du plateau technique du CHU et la mise en place du Transport Collectif en site Propre (TCSP).

L’encours douteux augmente légèrement

Le risque de crédit s’accentue légèrement. Ainsi, les créances douteuses brutes des établissements de crédit installés localement s’élèvent à 0,5 milliard d’euros à fin 2014 (+ 2,8 % après + 3,9 % en 2013) et le taux de créances douteuses atteint 6,9 % (+ 0,1 point sur un an).

Les actifs financiers sont en hausse

Les avoirs des agents économiques poursuivent leur progression, atteignant 6,9 milliards d’euros en fin d’année (+ 3,0 %). Les actifs financiers des ménages s’élèvent à 5,0 milliards d’euros et demeurent orientés à la hausse (+ 1,8 %), sous l’effet de la progression des dépôts à vue (+ 1,4 % sur un an), mais surtout de l’épargne à long terme (+ 3,9 %) et notamment de l’assurance-vie et des plans d’épargne logement (respectivement + 5,0 % et + 4,4 %). En revanche, les placements liquides ou à court terme des ménages se contractent (– 0,5 %).

Les entreprises font également montre d’une meilleure capacité d’épargne et leurs avoirs financiers progressent (+ 10,2 %), à 1,5 milliard d’euros, en relation avec la croissance sensible des dépôts à vue (+ 13,2 %).

En fin d’année 2014, compte tenu du niveau des encours de crédits par rapport à celui des actifs financiers, la place martiniquaise reste emprunteuse de 1,9 milliard d’euros.

Figure 1 – L'encours sain en progression - Évolution des encours sains de crédits

millions d'euros
L'encours sain en progression - Évolution des encours sains de crédits
Entreprises Ménages Collectivités
2004 2 059 2 071 584
2005 2 272 2 142 610
2006 2 776 2 318 700
2007 2 953 2 593 738
2008 3 242 2 780 1 015
2009 3 178 2 812 1 059
2010 3 279 2 952 1 019
2011 3 295 3 041 1 082
2012 3 296 3 105 1 175
2013 3 164 3 194 1 129
2014 3 265 3 220 1 152
  • Source : Iedom - Surfi.

Figure 1 – L'encours sain en progression - Évolution des encours sains de crédits

Figure 2 – Les créances douteuses en légère hausse - Évolution de l'encours douteux brut des établissements installés localement

millions d'euros
Les créances douteuses en légère hausse - Évolution de l'encours douteux brut des établissements installés localement
Créances douteuses brutes (échelle de gauche) Taux de créances douteuses (échelle de droite)
2004 412 8,2
2005 453 8,4
2006 421 7,2
2007 429 6,8
2008 420 6,2
2009 478 7,1
2010 492 6,8
2011 492 6,6
2012 512 6,6
2013 532 6,8
2014 547 6,9
  • Source : Iedom - Surfi.

Figure 2 – Les créances douteuses en légère hausse - Évolution de l'encours douteux brut des établissements installés localement

Figure 3 – Les dépôts à vue et les placements à long terme en hausse - Évolution des actifs financiers

millions d'euros
Les dépôts à vue et les placements à long terme en hausse - Évolution des actifs financiers
Dépôts à vue Placements liquides ou à court terme Epargne à long terme
2004 1404,5 1634,4 1411,1
2005 1532,5 1670,3 1526,1
2006 1687,6 1748,8 1726,4
2007 1863,9 1996,7 1809,3
2008 1805,6 2191,9 1827,6
2009 1918,9 2164,8 1936,9
2010 2007,8 2145,5 2061,1
2011 2003,5 2171,9 2092,6
2012 2029,6 2270,1 2158,8
2013 2116 2368,8 2201,5
2014 2249,8 2348,2 2288,6
  • Source : Iedom - Surfi.

Figure 3 – Les dépôts à vue et les placements à long terme en hausse - Évolution des actifs financiers

Documentation

Définitions (pdf, 48 Ko)