Bilan économique 2014 de Martinique

En 2014, l'économie martiniquaise reste atone, en ligne avec l'évolution de l'activité nationale. L'absence de visibilités des entreprises a pour conséquence la poursuite des pertes d'emplois, notamment dans la construction. Le marché du travail, pénalisé par le secteur de la construction, pèse sur l'activité à travers une moindre distribution de revenus. Les ménages restent prudents malgré des gains de pouvoir d'achat portés par une désinflation continue.

Insee Conjoncture Martinique
Paru le : 15/06/2015

Automobile - Progression du marché de l’automobile

Nicolas Silvestre, Ali Benhaddouche, Insee

En Martinique, les ventes de voitures neuves progressent de 1,9 % en 2014. Ce léger rebond, qui infléchit légèrement la tendance à la baisse initiée par la crise économique de 2008, a profité aux véhicules les moins polluants et les moins onéreux. En effet, en raison du durcissement des normes européennes de réduction des émissions polluantes et des menaces d'alourdissement de la fiscalité du gazole, la part des immatriculations de voitures neuves diesel recule de 8 points entre 2010 et 2014, passant de 59 % à 51 %. Dans le même temps, le marché des petites cylindrées (moins de 7 CV), qui représentent la majorité des ventes de voitures particulières (80 %) se maintient en 2014.

Insee Conjoncture Martinique
No 1
Paru le : 15/06/2015

Léger rebond des ventes de voitures neuves

En 2014, 11 300 voitures particulières neuves sont immatriculées en Martinique (+ 1,9 % par rapport à 2013). Cette timide reprise fait suite aux baisses successives de 2012 (– 11 %) et 2013 (– 3,8 %), conséquence de l'arrêt du soutien au marché par la prime à la casse en décembre 2010.

Dans un contexte marqué par la morosité d’une crise qui dure depuis 2008, l’encours des crédits à la consommation est en repli en 2014 (– 0,5 %). Les Martiniquais sont plus nombreux à déclarer utiliser la voiture qu’en moyenne de province. En 2011, 81 % des Martiniquais déclarent dans le cadre du recensement de la population effectuer leurs déplacements domicile-travail en voiture, 9 % prendre les transports en commun et 10 % utiliser un autre moyen de locomotion (marche à pied ou vélo par exemple). Cette forte dépendance à l’automobile impacte sensiblement le budget des ménages. Le transport représente 22 % des dépenses de consommation des ménages. La majeure partie (69 %) de ce budget est dévolue à l'achat et aux dépenses d'utilisation de véhicules. On dénombre 50 voitures particulières par habitant en 2012, contre 53 cinq ans auparavant.

Le gasoil n’a plus la cote

Longtemps plébiscité par les Français et favorisé par la législation et la fiscalité, le diesel fait l’objet de critiques de plus en plus fortes. En raison du durcissement des normes européennes de réduction des émissions polluantes et des menaces d'aggravation de la fiscalité du gazole, la part des immatriculations de voitures neuves diesel recule de 8 points entre 2010 et 2014, passant de 59 % à 51 %.

Un rééquilibrage progressif s’opère au profit des modèles à motorisations essence, et des modèles hybrides qui progressent. Malgré leurs avantages (émissions de CO2 faibles, bonus/malus et taxe sur les véhicules de société (TVS) plus favorables et récupération de la TVA sur le gazole pour les sociétés), les véhicules diesel perdent progressivement du terrain face aux véhicules essence de moins en moins gourmands en carburant et plus adaptés à un usage citadin et à des trajets courts.

Seules les petites cylindrées se maintiennent

Le barème du bonus-malus s’est fortement durci au premier janvier 2014. Désormais, seuls les plus petits blocs thermiques pourront encore profiter de la prime, dont le montant a été réduit (150 €). Résultat : le marché des petites cylindrées (moins de 7 CV), qui représentent la majorité des ventes de voitures particulières (80 % contre 71 % en 2008) progresse légèrement en 2014 (+ 1,3 %) et limite le recul lié à la crise économique (– 7 % depuis 2008). Les cylindrées moyennes (de 7 à moins de 9 CV) sont en progression de 16 % en 2014, mais le marché est en net repli par rapport à 2008 (– 19 %). En revanche, pour les cylindrées plus élevées, le constat est plus sévère. Le marché des cylindrées de 9 CV et plus s’effondre depuis 2008 (– 66 %).

Le marché des autocars et autobus marque une pause

Entre 2011 et 2013, le marché des autocars et autobus a été dynamique, avec près de 170 immatriculations en Martinique. En 2014, il marque une pause (– 30 %) en raison de l’application de la norme Euro 6 qui concerne tous les poids lourds et autobus neufs, depuis le 1er janvier 2014. En effet, cette norme engendre un surcoût à l'achat, puisqu'ils seront équipés de moteurs complexes, de système de traitement des gaz d'échappement ou encore de filtres à particules.

Le marché des véhicules utilitaires est orienté à la hausse (+ 7 %) sans toutefois renouer avec ses plus hauts niveaux d’avant crise.

Figure 1 – Immatriculations de véhicules neufs

Immatriculations de véhicules neufs
Véhicules particuliers Véhicules utilitaires légers (1) Véhicules industriels à moteur (2) Ensemble immatriculations (3)
2014 (nombre) Évolution 2014/2013 (en %) 2014 (nombre) Évolution 2014/2013 (en %) 2014 (nombre) Évolution 2014/2013 (en %) 2014 (nombre) Évolution 2014/2013 (en %)
Martinique 11 296 1,9 1 904 6,8 92 -6,1 13 324 2,4
France métropolitaine 1 765 855 0,5 370 130 1,5 38 895 -13,6 2 180 776 0,3
  • Note : données brutes.
  • (1) : camionnettes et véhicules automoteurs spécialisés <= 3,5 t de PTAC.
  • (2) : camions, véhicules automoteurs spécialisés > 3,5 t de PTAC et tracteurs routiers.
  • (3) : y compris immatriculations de transports en commun.
  • Source : SOeS, SIDIV.

Figure 2 – Les immatriculations neuves s'inscrivent dans une tendance baissière amorcée en 2008

Les immatriculations neuves s'inscrivent dans une tendance baissière amorcée en 2008
immatriculations neuves de voitures particulières
2000 14424
2001 12897
2002 13491
2003 13564
2004 13613
2005 14749
2006 14132
2007 14666
2008 13679
2009 13142
2010 13171
2011 12951
2012 11524
2013 11081
2014 11296
  • Source : Fichier Central des Automobiles, Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.

Figure 2 – Les immatriculations neuves s'inscrivent dans une tendance baissière amorcée en 2008Évolution des immatriculations neuves en Martinique entre 2000 et 2014 (en milliers)

Figure 3 – Le diesel perd du terrain

Immatriculations neuves en Martinique des voitures particulières selon le type de carburant (en nombre et %)
Le diesel perd du terrain
Type de Carburant 2012 2013 2014 Part en 2014 ( en %)
Bicarburation essence-GPL so 1 so 0,0
Essence-électricité (hybride non rechargeable) 83 180 208 1,8
Essence 4 923 4 907 5 405 47,8
Gazole-électricité (hybride non rechargeable) 4 5 10 0,1
Gazole 6 513 5 978 5 672 50,2
Non défini 1 10 1 0,0
Total 11 524 11 081 11 296 100,0
  • Source : Fichier Central des Automobiles, Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.

Figure 4 – 80 % des nouvelles immatriculations ont une cylindrée inférieure à 7 CV

80 % des nouvelles immatriculations ont une cylindrée inférieure à 7 CV
Moins de 7 CV 7 à moins de 9 CV 9 à moins de 12 CV 12 CV et plus
2010 76 14 7 3
2011 75 14 8 3
2012 75 12 9 4
2013 80 13 5 2
2014 80 14 4 2
  • Source : Fichier Central des Automobiles, Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.

Figure 4 – 80 % des nouvelles immatriculations ont une cylindrée inférieure à 7 CVÉvolution des Immatriculations neuves des voitures particulières selon la cylindrée en Martinique entre 2010 et 2014

Figure 5 – Les étrangères maintiennent leur part de marché

Les étrangères maintiennent leur part de marché
Etrangères Diesel
2010 58 59
2011 58 57
2012 58 57
2013 61 54
2014 60 50
  • Source : Fichier Central des Automobiles, Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie.

Figure 5 – Les étrangères maintiennent leur part de marchéÉvolution de la part des véhicules de marque étrangère et des véhicules diesels entre 2010 et 2014 (en %)

Documentation

Définitions (pdf, 48 Ko)