Economie et Statistique n°363-364-365 - Les entreprises sur les marchés mondiaux

Marché du travail - Attractivité - Endettement et rentabilité - Ouverture à l'Est et au Sud

Economie et Statistique
Paru le : 01/11/2003
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Internationalisation des entreprises industrielles et emploi : une analyse sur la période 1986-1992

Pierre Biscourp et Francis Kramarz (un commentaire de Matthieu Crozet - Internationalisation des entreprises et demande de travail : au-delà de l'évidence empirique)

Le fait d'importer ou d'exporter n'est pas sans conséquence sur l'évolution du niveau et de la structure de l'emploi d'une entreprise. Ce lien entre « internationalisation » et emploi est analysé pour des entreprises de l'industrie manufacturière sur la période 1986-1992. Les entreprises constamment internationalisées entre ces deux dates perdent plus d'emplois, ou en créent moins, que celles qui ne le sont pas. Ce sont encore les évolutions internes aux entreprises constamment internationalisées qui contribuent le plus à la baisse de l'emploi ouvrier au sein de l'emploi industriel total, et à celle de l'emploi non qualifié dans l'emploi ouvrier. Cependant, les entreprises constamment présentes sur les marchés internationaux sont aussi les plus grandes. Essentielle, l'influence de la taille tend à se confondre avec la propension à s'engager sur les marchés internationaux. L'analyse du lien entre emploi et internationalisation des entreprises à taille et secteur d'activité donnés montre que l'importation est bien associée de façon spécifique, sur la période, à la destruction d'emploi, au contraire de l'exportation. C'est en particulier l'importation de « biens finaux », manifestation des phénomènes de délocalisation à l'étranger de tout ou partie de la production locale, qui accompagne de façon la plus marquée la baisse de l'emploi de l'entreprise, et, au sein de celui-ci, de l'emploi de production, notamment non qualifié. En revanche, l'analyse empirique du lien entre exportation et structure de l'emploi n'autorise pas une interprétation tranchée, dans la mesure où elle ne peut faire abstraction de l'investissement direct horizontal sur lequel il n'existe encore que peu de données. La prise en compte de l'innovation des entreprises, enfin, change peu ces conclusions.

Economie et Statistique
No 363-364-365
Paru le : 01/11/2003