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Insee Conjoncture Provence-Alpes-Côte d'Azur · Juin 2022 · n° 39
Insee Conjoncture Provence-Alpes-Côte d'AzurBilan économique 2021 - Provence-Alpes-Côte d'Azur L’économie régionale rebondit, mais des difficultés sectorielles persistent

En 2021, l’activité mondiale est toujours perturbée par la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19. En Europe, la reprise économique amorcée fin 2020 se poursuit en 2021, malgré les incertitudes et les variants successifs. En France, le PIB rebondit fortement à la fin du printemps et l’activité dépasse son niveau d’avant-crise en seconde moitié d’année.

L’économie de Provence-Alpes-Côte d’Azur, très exposée, reste en retrait en début d’année, mais bénéficie d’une reprise plus vigoureuse au second semestre, qui lui permet de dépasser les niveaux d’activité de 2019. L’emploi a résisté au plus fort de la crise, bénéficiant massivement de l’activité partielle au moins jusqu’au printemps. Il a ensuite progressé, davantage que l’activité économique et mieux que dans la plupart des autres régions. Le taux de chômage est au plus bas. Les créations d’entreprises reprennent leur progression et les défaillances restent peu nombreuses, les entreprises étant toujours soutenues par les mesures d’urgence comme les prêts garantis par l’État.

Malgré le rebond global, des difficultés demeurent. La fréquentation touristique souffre toujours de l’absence de la clientèle étrangère et le transport de passagers reste en retrait par rapport à l’avant-crise. Dans la construction neuve, l’activité ne comble que partiellement son retard. L’agriculture pâtit de conditions climatiques défavorables et d’une hausse des coûts de production. Les conséquences sociales de la crise sanitaire sont moins perceptibles, avec la baisse du recours au revenu de solidarité active qui retrouve un niveau proche de celui de l’avant-crise.

Insee Conjoncture Provence-Alpes-Côte d'Azur
No 39
Paru le :Paru le21/06/2022

Ce bilan économique fait partie des 17 bilans économiques régionaux 2021 publiés par l'Insee.
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Emploi salarié - L’emploi salarié rebondit et dépasse son niveau d’avant-crise Bilan économique 2021

Kendal Masson, Etienne Perron-Bailly (Insee), Sandrine Boccanfuso (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales)

En 2021, l’emploi salarié rebondit et dépasse son niveau d’avant-crise en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+2,5 % fin 2021 par rapport à 2019, et +3,5 % sur un an). La hausse est plus marquée qu’au niveau national (+1,5 % par rapport à l’avant-crise). Le tertiaire marchand repart de façon dynamique, porté en particulier par l’intérim, le commerce et l’hébergement-restauration. Dans l’industrie et la construction, l’emploi est également au-dessus de son niveau de fin 2019.

Tous les départements de la région bénéficient de ce rebond. La situation reste plus fragile dans les Hautes-Alpes et les Alpes-Maritimes, davantage tournées vers le tourisme et plus fortement exposées au cœur de la crise.

Après le creux de 2020, les embauches repartent à la hausse sans retrouver leur niveau d’avant-crise.

Insee Conjoncture Provence-Alpes-Côte d'Azur

No 39

Paru le :21/06/2022

Avertissement

Dans cette publication, le concept d'emploi se réfère aux critères du Bureau international du travail (BIT). Sont comprises dans l'emploi à la fois les personnes ayant travaillé au moins une heure rémunérée pendant une période donnée, mais également les personnes en emploi n’ayant pas travaillé pour certaines raisons (en particulier celles en chômage partiel et en arrêt maladie).

L’introduction de la déclaration sociale nominative (DSN) peut entraîner des révisions accrues sur les données durant la phase de montée en charge du dispositif.

L’emploi salarié poursuit son rebond pour dépasser son niveau pré-crise sanitaire

En 2021, l’emploi repart à la hausse, malgré les mesures de restrictions liées à la crise sanitaire encore en vigueur une partie de l’année. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’emploi salarié progresse de 2,5 % par rapport à fin 2019, pour s’établir à 1 926 500 postes, public et privé confondus (figure 1). En un an, 66 000 emplois ont été créés (+3,5 %) après les 18 300 perdus en 2020.

Depuis l’effondrement du premier semestre 2020 (−63 500 emplois), l’emploi salarié a progressé chaque trimestre. Il dépasse le niveau d’avant-crise à partir de la fin du premier semestre 2021. En France (hors Mayotte), ce rebond est moins prononcé, mais l’emploi salarié progresse tout de même de 1,5 % en deux ans (figure 2).

La reprise en 2021 est majoritairement imputable à l’emploi privé, qui s’accroît de 3,1 % depuis fin 2019 et de 4,6 % sur un an.

L’emploi public progresse de 0,7 % par rapport à son niveau d’avant-crise et de +0,2 % sur un an. Moins sensible aux effets de la crise, il avait résorbé sa baisse liée à la pandémie dès le troisième trimestre 2020.

Figure 1Emploi salarié total par secteur d'activité - Provence-Alpes-Côte d'Azur

en %
Emploi salarié total par secteur d'activité - Provence-Alpes-Côte d'Azur (en %)
Secteur d'activité Emploi au 31/12/2021 (milliers) Évolution entre fin 2019 et fin 2021 Évolution entre fin 2020 et fin 2021 Évolution annuelle moyenne entre fin 2014 et fin 2019 ¹
Provence-Alpes-Côte d'Azur Provence-Alpes-Côte d'Azur France hors Mayotte Provence-Alpes-Côte d'Azur France hors Mayotte Provence-Alpes-Côte d'Azur France hors Mayotte
Agriculture 23,9 2,0 2,8 2,5 2,3 2,4 1,7
Industrie 157,5 1,3 -1,1 2,0 0,7 0,1 -0,2
Industrie agroalimentaire 31,0 8,0 3,7 6,8 3,9 1,3 1,0
Énergie, eau, déchets, cokéfaction et raffinage 30,8 0,4 0,9 0,3 1,0 0,2 -0,1
Biens d'équipement 17,3 -0,6 -2,8 0,5 -0,1 0,1 -0,7
Matériels de transport 15,5 1,6 -5,1 1,4 -2,5 -0,7 -0,5
Autres branches industrielles 63,0 -0,9 -2,1 1,2 0,2 -0,3 -0,6
Construction 112,3 6,0 4,7 2,8 2,5 1,3 0,8
Tertiaire marchand 986,2 3,1 1,9 6,0 4,8 1,7 1,6
Commerce 263,0 3,1 2,1 4,1 3,0 1,2 0,8
Transports 109,8 0,5 0,2 1,3 1,2 1,0 0,9
Hébergement - restauration 123,2 3,7 1,6 17,7 15,1 2,5 2,7
Information - communication 45,4 2,0 3,6 4,2 4,6 2,7 2,5
Services financiers 51,6 0,8 -0,4 2,2 1,2 -0,3 0,5
Services immobiliers 22,4 -1,7 -3,6 -0,4 -1,4 0,9 1,1
Services aux entreprises hors intérim 209,8 3,9 2,8 4,9 4,0 2,1 2,5
Intérim 56,9 10,6 6,3 12,6 12,5 7,9 6,8
Services aux ménages 104,0 2,6 0,1 6,5 5,7 0,1 -0,3
Tertiaire non marchand 646,6 1,4 1,3 0,6 0,6 0,2 0,1
Total 1 926,5 2,5 1,5 3,5 2,8 1,0 0,9
  • ¹ : évolution qui aurait été observée pour l'emploi salarié total du secteur pour chaque année de la période considérée, en supposant une évolution identique chaque année.
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 2Évolution trimestrielle de l'emploi salarié

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014
Évolution trimestrielle de l'emploi salarié (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014)
Emploi salarié total - Provence-Alpes-Côte d'Azur Emploi salarié total - France hors Mayotte Emploi salarié privé - Provence-Alpes-Côte d'Azur Emploi salarié privé - France hors Mayotte
4ᵉ trim. 2014 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2015 100,0 99,9 99,9 100,0
2ᵉ trim. 2015 100,3 100,2 100,3 100,2
3ᵉ trim. 2015 100,2 100,3 100,2 100,3
4ᵉ trim. 2015 100,7 100,4 100,8 100,5
1ᵉ trim. 2016 101,0 100,6 101,2 100,7
2ᵉ trim. 2016 101,5 100,9 101,7 101,0
3ᵉ trim. 2016 101,6 101,2 101,9 101,3
4ᵉ trim. 2016 101,8 101,3 102,0 101,5
1ᵉ trim. 2017 102,1 101,7 102,4 102,0
2ᵉ trim. 2017 102,4 102,0 102,7 102,4
3ᵉ trim. 2017 102,8 102,3 103,4 102,8
4ᵉ trim. 2017 103,1 102,6 103,9 103,3
1ᵉ trim. 2018 103,7 102,8 104,7 103,6
2ᵉ trim. 2018 103,7 102,9 104,7 103,8
3ᵉ trim. 2018 103,8 103,0 105,0 104,0
4ᵉ trim. 2018 104,0 103,2 105,2 104,2
1ᵉ trim. 2019 104,4 103,7 105,7 104,8
2ᵉ trim. 2019 104,7 103,9 106,1 105,1
3ᵉ trim. 2019 105,0 104,1 106,5 105,3
4ᵉ trim. 2019 105,2 104,4 106,7 105,6
1ᵉ trim. 2020 103,3 102,4 104,1 103,1
2ᵉ trim. 2020 101,7 101,6 102,3 102,3
3ᵉ trim. 2020 103,9 103,2 104,9 104,0
4ᵉ trim. 2020 104,2 103,1 105,2 103,7
1ᵉ trim. 2021 104,8 103,7 106,1 104,6
2ᵉ trim. 2021 106,6 105,0 108,3 106,1
3ᵉ trim. 2021 107,1 105,5 109,2 106,7
4ᵉ trim. 2021 107,9 105,9 110,1 107,3
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 2Évolution trimestrielle de l'emploi salarié

  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

L’intérim très dynamique

L’intérim progresse très nettement par rapport à la fin 2019 : +10,6 %, soit 5 500 emplois supplémentaires dans la région (figure 3). Première variable d’ajustement de l’emploi au début de la crise sanitaire, l’emploi intérimaire avait fortement diminué au deuxième trimestre 2020, avant de rebondir et de finir l’année légèrement en deçà de son niveau initial. Il a ensuite fortement progressé en 2021 : au total, 6 350 postes intérimaires supplémentaires ont été créés cette année en Provence-Alpes-Côte d’Azur (+12,6 % sur un an). En France, la situation sanitaire fin 2021 a contribué à accroître le besoin de main-d’œuvre : les absences liées à l’épidémie ont ponctuellement augmenté et ont pu entraîner un fort recours à l’intérim, soutenant le dynamisme de l’emploi dans une phase de redémarrage économique [Note de conjoncture, mars 2022].

L’utilisation de l’intérim progresse dans le tertiaire marchand (+9,1 % par rapport à l’avant-crise), en particulier dans le commerce, les transports et les services aux entreprises. L’intérim est aussi en hausse dans l’industrie (+19,5 %), notamment dans le secteur regroupant l’énergie, l’eau, les déchets et le raffinage. Dans le tertiaire non marchand, il est particulièrement dynamique (+46 %). Ce secteur, où l’appel au travail temporaire était structurellement faible, représente désormais près de 6 % des missions. L’emploi intérimaire est stable dans la construction (+0,8 %) et l’agriculture (+0,5 %).

Figure 3Évolution trimestrielle de l'emploi intérimaire

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014
Évolution trimestrielle de l'emploi intérimaire (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014)
Provence-Alpes-Côte d'Azur France hors Mayotte
4ᵉ trim. 2014 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2015 95,8 99,6
2ᵉ trim. 2015 105,4 103,7
3ᵉ trim. 2015 106,8 107,7
4ᵉ trim. 2015 108,7 110,4
1ᵉ trim. 2016 110,5 110,2
2ᵉ trim. 2016 115,6 113,4
3ᵉ trim. 2016 117,6 117,2
4ᵉ trim. 2016 124,5 122,7
1ᵉ trim. 2017 129,2 128,1
2ᵉ trim. 2017 132,3 133,5
3ᵉ trim. 2017 136,2 138,2
4ᵉ trim. 2017 141,9 144,6
1ᵉ trim. 2018 143,8 143,8
2ᵉ trim. 2018 142,4 141,9
3ᵉ trim. 2018 144,9 142,1
4ᵉ trim. 2018 144,4 139,5
1ᵉ trim. 2019 144,8 141,4
2ᵉ trim. 2019 143,9 140,9
3ᵉ trim. 2019 147,3 140,7
4ᵉ trim. 2019 146,0 138,6
1ᵉ trim. 2020 86,0 83,6
2ᵉ trim. 2020 115,0 102,6
3ᵉ trim. 2020 135,4 126,3
4ᵉ trim. 2020 143,5 130,9
1ᵉ trim. 2021 145,0 132,8
2ᵉ trim. 2021 152,8 137,0
3ᵉ trim. 2021 156,6 139,8
4ᵉ trim. 2021 161,5 147,3
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS.
  • Champ : emploi intérimaire en fin de trimestre.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 3Évolution trimestrielle de l'emploi intérimaire

  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS.
  • Champ : emploi intérimaire en fin de trimestre.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Le tertiaire marchand hors intérim rebondit après le choc des confinements

Dans le tertiaire marchand (hors intérim), qui emploie la moitié des salariés de la région (986 000), l’emploi salarié est dynamique en 2021 et dépasse le niveau d’avant-crise : +2,7 % soit 24 320 emplois supplémentaires par rapport à fin 2019, et + 5,6 % sur un an (figure 4). La croissance est plus marquée qu’au niveau national (+1,6 % par rapport à l’avant-crise). La hausse est visible dans toutes les activités, à l’exception de l’immobilier (−1,7 % par rapport au quatrième trimestre 2019). Dans le commerce (+3,1 %), le choc des confinements et les restrictions sanitaires n’ont pas affecté durablement le niveau d’emploi. L’hébergement-restauration (+3,7 %) est aussi dans ce cas, même si des disparités locales subsistent. Dans les transports, l’emploi progresse faiblement.

Figure 4Évolutions trimestrielles de l'emploi salarié total par grand secteur d'activité - Provence-Alpes-Côte d'Azur

indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014
Évolutions trimestrielles de l'emploi salarié total par grand secteur d'activité - Provence-Alpes-Côte d'Azur (indice base 100 au 4ᵉ trimestre 2014)
Construction Industrie Tertiaire marchand hors intérim Tertiaire non marchand
4ᵉ trim. 2014 100,0 100,0 100,0 100,0
1ᵉ trim. 2015 99,3 99,7 100,1 100,1
2ᵉ trim. 2015 98,5 99,8 100,4 100,3
3ᵉ trim. 2015 98,1 99,7 100,5 100,0
4ᵉ trim. 2015 98,2 99,6 100,9 100,6
1ᵉ trim. 2016 98,4 99,7 101,5 100,6
2ᵉ trim. 2016 98,5 99,4 101,8 101,1
3ᵉ trim. 2016 98,3 99,2 102,1 101,2
4ᵉ trim. 2016 98,5 98,9 101,9 101,5
1ᵉ trim. 2017 99,0 98,7 102,2 101,6
2ᵉ trim. 2017 99,2 98,8 102,7 101,8
3ᵉ trim. 2017 99,4 98,9 103,5 101,4
4ᵉ trim. 2017 100,1 99,2 104,0 101,0
1ᵉ trim. 2018 101,0 99,5 104,8 101,2
2ᵉ trim. 2018 101,5 99,8 104,8 101,0
3ᵉ trim. 2018 102,5 100,1 105,1 100,7
4ᵉ trim. 2018 103,0 100,0 105,3 100,7
1ᵉ trim. 2019 105,0 100,1 106,0 100,6
2ᵉ trim. 2019 106,0 100,3 106,3 100,8
3ᵉ trim. 2019 105,8 100,3 106,6 101,0
4ᵉ trim. 2019 106,6 100,5 107,1 101,1
1ᵉ trim. 2020 106,0 99,9 105,7 101,1
2ᵉ trim. 2020 107,3 99,4 101,8 100,2
3ᵉ trim. 2020 109,2 99,9 104,4 101,5
4ᵉ trim. 2020 110,0 99,8 104,2 102,0
1ᵉ trim. 2021 112,8 100,7 104,7 102,2
2ᵉ trim. 2021 112,5 101,1 107,9 102,4
3ᵉ trim. 2021 112,4 101,3 109,2 102,0
4ᵉ trim. 2021 113,0 101,8 110,0 102,5
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Figure 4Évolutions trimestrielles de l'emploi salarié total par grand secteur d'activité - Provence-Alpes-Côte d'Azur

  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

L’emploi salarié dans la construction reste très dynamique

La construction compte 112 300 emplois salariés en Provence-Alpes-Côte d’Azur fin 2021, soit 6 400 de plus que deux ans plus tôt (+6,0 %), et +2,8 % sur un an. La progression est encore plus marquée qu’au niveau national (+4,7 % en deux ans).

Ce secteur n’a pas connu de choc à la baisse en matière d’emploi. L’intérim, compté à part, a absorbé la quasi-totalité du choc au deuxième trimestre 2020, et s’est ensuite progressivement rétabli à son niveau d’avant-crise. À l’inverse, des difficultés de recrutement, visibles au niveau national, s’y font sentir : près de 80 % des entreprises du secteur déclarent rencontrer des difficultés de recrutement début 2022 [Note de conjoncture, mars 2022].

L’emploi salarié industriel résiste mieux qu’au niveau national

157 550 salariés sont employés dans l’industrie fin 2021 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, en hausse par rapport à l’avant-crise (+1,3 %) et sur un an (+ 2,0 %). Au niveau national, l’emploi industriel recule (−1,1 % par rapport à l’avant-crise).

Les tendances sont disparates selon les secteurs. Sur deux ans, l’emploi progresse bien dans l’agroalimentaire (+8,0 %) et résiste dans la fabrication de matériels de transports (+1,6 % contre −5,1 % au niveau national) en raison des spécificités sectorielles régionales.

L’emploi salarié non marchand progresse davantage qu’avant la crise

L’emploi tertiaire non marchand augmente depuis fin 2019 au même rythme qu’au niveau national (+1,4 % contre +1,3 %). Cette hausse est bien plus marquée que la moyenne des cinq années précédant la crise (+0,2 %). Les activités pour la santé humaine contribuent pour plus de la moitié à ce regain à l’échelle régionale (+5 500 postes en deux ans soit +4,4 %).

L’emploi salarié s’est rétabli sur tout le territoire, malgré des faiblesses locales

L’emploi est supérieur à son niveau de fin 2019 dans tous les départements (figure 5), mais les effets de la crise sanitaire sur le tertiaire marchand, en particulier dans les activités liées au tourisme dont l’hébergement-restauration, se font encore sentir.

Dans les Hautes-Alpes, l’emploi salarié total est quasiment stable par rapport à fin 2019 (+0,2 %, et +7,8 % sur un an). L’emploi tertiaire marchand demeure inférieur de 2,5 % à son niveau d’avant-crise (données complémentaires), en dépit d’un rattrapage sur l’année 2021 (+16,6 %). En berne pendant la saison hivernale 2020-2021 privée de remontées mécaniques, l’emploi a rebondi au deuxième trimestre, mais sans stabilité par la suite. L’hébergement-restauration conserve un déficit de près de 700 postes par rapport à fin 2019 (−16 %), malgré le rebond spectaculaire sur un an (+91 %).

Dans les Alpes-Maritimes, la progression de l’emploi salarié est également en deçà de la moyenne régionale (+1,1 % par rapport à l’avant-crise). L’année 2021 a démarré avec un déficit d’emploi important, en particulier dans le tertiaire marchand hors intérim (10 000 emplois perdus entre fin 2019 et fin 2020). Comme en 2020, la fréquentation touristique estivale est restée bien en deçà des saisons passées [Masson et Perron-Bailly, décembre 2021]. Fin 2021, l’emploi reste légèrement inférieur à son niveau d’avant-crise dans l’hébergement-restauration (–0,2 %), à rebours de la tendance régionale.

Dans les autres départements, le bilan de l’emploi salarié sur deux ans est au-dessus de la moyenne régionale, grâce en particulier au tertiaire marchand. L’emploi progresse de 3,0 % dans les Bouches-du-Rhône, où la construction et le secteur non marchand sont également dynamiques. En Vaucluse (+3,0 %), la tendance est portée par le tertiaire, marchand et non marchand. Dans le Var (+3,1 %) et dans les Alpes-de-Haute-Provence (+3,6 %), la construction et l’intérim sont vigoureux.

Figure 5Emploi salarié total par département et par grand secteur d'activité - Provence-Alpes-Côte d'Azur

en %
Emploi salarié total par département et par grand secteur d'activité - Provence-Alpes-Côte d'Azur (en %)
Zonage Emploi au 31/12/2021 (milliers) Évolution entre fin 2019 et fin 2021 Évolution entre fin 2020 et fin 2021
Agriculture Industrie Construction Tertiaire marchand dont Intérim Tertiaire non marchand Total
Alpes-de-Haute-Provence 52,2 3,6 -1,3 3,0 3,6 10,6 14,0 0,3 5,2
Hautes-Alpes 49,9 0,2 -1,9 7,3 2,1 16,6 8,0 0,5 7,8
Alpes-Maritimes 412,1 1,1 5,5 0,8 2,3 5,5 16,3 1,0 3,5
Bouches-du-Rhône 853,6 3,0 4,8 1,4 3,4 5,5 13,8 0,5 3,3
Var 349,0 3,1 1,1 4,0 3,3 5,9 8,3 0,2 3,3
Vaucluse 209,8 3,0 1,8 3,2 0,8 5,9 7,9 0,9 3,5
Provence-Alpes-Côte d'Azur 1 926,5 2,5 2,5 2,0 2,8 6,0 12,6 0,6 3,5
  • Notes : données provisoires pour le dernier trimestre et révisées pour les trimestres précédents ; données CVS en fin de trimestre.
  • Champ : emploi salarié total.
  • Sources : Insee, estimations d'emploi ; estimations trimestrielles Urssaf, Dares, Insee.

Encadré – Les embauches en CDI atteignent et dépassent leur niveau d’avant-crise

En 2021, la campagne de vaccination et l’application de mesures restrictives (passe sanitaire, jauges de fréquentation pour les établissements accueillant du public…) ont limité les périodes de confinement et permis une reprise de l’activité dans les secteurs les plus touchés. Avec 1,9 million de contrats signés sur l’année 2021, les embauches ne retrouvent pas leur niveau d’avant-crise (−10 %). Les CDD d’un mois ou moins, qui pèsent pour près de 62 % des embauches, se replient de 17 % par rapport à 2019 (figure 6).

A contrario , les contrats pérennes (CDI) et les CDD de plus d’un mois dépassent leur niveau de 2019 (respectivement +5 % et +4 %). Seules les Alpes-Maritimes ne suivent pas la tendance régionale (–4,7 % pour les CDI et −3,0 % pour les CDD de plus d’un mois), en raison de la forte présence de l’hébergement-restauration dans ce département.

Les embauches en CDI dans l’industrie et le commerce progressent respectivement de 11 % et 10 % par rapport à 2019. Dans une moindre mesure, les embauches en contrat pérenne dépassent aussi leur niveau d’avant-crise dans les services (+9 %) et la construction (+5 %). Dans l’hébergement-restauration, fortement fragilisée par la crise sanitaire, les embauches en CDI baissent de 12 %. Le recours à des CDD de plus d’un mois diminue également dans ce secteur (−10 %).

Dans les Bouches-du-Rhône, les embauches en CDI s’accroissent de 7,0 % par rapport à 2019. La hausse est plus marquée dans les Alpes-de-Haute-Provence (+23,4 %) et en Vaucluse (+12,1 %).

En 2021, 49,5 % des contrats pérennes ont été signés dans des établissements de moins de 20 salariés. Les embauches en CDI progressent de 8 % par rapport à 2019 pour cette catégorie d’établissements. Elles reculent en revanche dans ceux de plus de 250 salariés (−2 %).

Figure 6Évolution annuelle des embauches en Provence-Alpes-Côte d’Azur, par type de contrat

Base 100 en 2016
Évolution annuelle des embauches en Provence-Alpes-Côte d’Azur, par type de contrat (Base 100 en 2016)
Année CDI CDD dont CDD de plus d’un mois Ensemble des contrats
2016 100,0 100,0 100,0 100,0
2017 109,6 102,2 102,4 103,3
2018 121,0 104,2 104,3 106,6
2019 123,1 106,5 104,7 108,8
2020 99,8 76,7 86,9 80,0
2021 129,0 93,2 108,5 98,3
  • Note : les déclarations préalables à l’embauche n’incluent pas les missions d’intérim.
  • Source : Acoss, Urssaf.

Figure 6Évolution annuelle des embauches en Provence-Alpes-Côte d’Azur, par type de contrat

  • Note : les déclarations préalables à l’embauche n’incluent pas les missions d’intérim.
  • Source : Acoss, Urssaf.
Publication rédigée par :Kendal Masson, Etienne Perron-Bailly (Insee), Sandrine Boccanfuso (Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales)

Avertissement

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Définitions

Les salariés sont les personnes qui travaillent, aux termes d’un contrat, pour une autre entité résidente en échange d’un salaire ou d’une rétribution équivalente, avec un lien de subordination.

Le concept central d'Estel est une synthèse ascendante des sources administratives utilisées avec prise en compte de la multi-activité. Estel mesure l'emploi selon un concept « BIT répertorié ».

L' intérim (ou travail intérimaire ou travail temporaire) consiste à mettre à disposition provisoire d’entreprises clientes, des salariés qui, en fonction d'une rémunération convenue, sont embauchés et rémunérés à cet effet par l'entreprise de travail temporaire.

La correction des variations saisonnières permet d’éliminer l’effet de fluctuations périodiques infra-annuelles dues au calendrier et aux saisons, de manière à faire ressortir les évolutions les plus significatives de la série. Celles-ci sont contenues dans la tendance et la composante irrégulière.

La nomenclature des activités économiques en vigueur en France depuis le 1er janvier 2008 est la nomenclature d'activités française (NAF rév. 2). La NAF a la même structure que de la nomenclature d'activités de la Communauté européenne (NACE rév. 2) mais elle comporte un niveau supplémentaire, spécifique à la France, celui des sous-classes.

La NAF rév. 2 comporte cinq niveaux comprenant respectivement : 21, 88, 272, 615 et 732 postes.

La NAF rév. 2 s'est substituée à la NAF rév. 1 datant de 2003 (entrée en vigueur au 1er janvier 2003). La NAF rév. 1 comporte cinq niveaux ayant respectivement 17, 31, 62, 224, et 712 postes .

La NAF rév. 1 avait succédé à la NAF qui était en vigueur depuis le 1er janvier 1993.

Une personne en emploi au sens du Bureau International du Travail (BIT) est une personne de 15 ans ou plus ayant effectué au moins une heure de travail rémunéré au cours d’une semaine donnée ou absente de son emploi sous certaines conditions de motif (congés annuels, maladie, maternité,etc.) et de durée.

Lorsqu'une entreprise réduit son activité au-dessous de l'horaire légal ou arrête momentanément tout ou partie de son activité et qu'elle n'entend pas rompre les contrats de travail qui la lient à ses salariés, elle peut avoir recours au chômage partiel.

Pour en savoir plus

Perron-Bailly E., Masson K., « Saison estivale 2021 – La fréquentation encore limitée par le déficit de touristes étrangers », Insee Flash Provence-Alpes-Côte d’Azur n° 75, novembre 2021

« La croissance et l’inflation à l’épreuve des incertitudes géopolitiques », Note de conjoncture, mars 2022.

Définitions

Les salariés sont les personnes qui travaillent, aux termes d’un contrat, pour une autre entité résidente en échange d’un salaire ou d’une rétribution équivalente, avec un lien de subordination.

Le concept central d'Estel est une synthèse ascendante des sources administratives utilisées avec prise en compte de la multi-activité. Estel mesure l'emploi selon un concept « BIT répertorié ».

L' intérim (ou travail intérimaire ou travail temporaire) consiste à mettre à disposition provisoire d’entreprises clientes, des salariés qui, en fonction d'une rémunération convenue, sont embauchés et rémunérés à cet effet par l'entreprise de travail temporaire.

La correction des variations saisonnières permet d’éliminer l’effet de fluctuations périodiques infra-annuelles dues au calendrier et aux saisons, de manière à faire ressortir les évolutions les plus significatives de la série. Celles-ci sont contenues dans la tendance et la composante irrégulière.

La nomenclature des activités économiques en vigueur en France depuis le 1er janvier 2008 est la nomenclature d'activités française (NAF rév. 2). La NAF a la même structure que de la nomenclature d'activités de la Communauté européenne (NACE rév. 2) mais elle comporte un niveau supplémentaire, spécifique à la France, celui des sous-classes.

La NAF rév. 2 comporte cinq niveaux comprenant respectivement : 21, 88, 272, 615 et 732 postes.

La NAF rév. 2 s'est substituée à la NAF rév. 1 datant de 2003 (entrée en vigueur au 1er janvier 2003). La NAF rév. 1 comporte cinq niveaux ayant respectivement 17, 31, 62, 224, et 712 postes .

La NAF rév. 1 avait succédé à la NAF qui était en vigueur depuis le 1er janvier 1993.

Une personne en emploi au sens du Bureau International du Travail (BIT) est une personne de 15 ans ou plus ayant effectué au moins une heure de travail rémunéré au cours d’une semaine donnée ou absente de son emploi sous certaines conditions de motif (congés annuels, maladie, maternité,etc.) et de durée.

Lorsqu'une entreprise réduit son activité au-dessous de l'horaire légal ou arrête momentanément tout ou partie de son activité et qu'elle n'entend pas rompre les contrats de travail qui la lient à ses salariés, elle peut avoir recours au chômage partiel.