Bilan économique 2016 - Guadeloupe

L’activité de la Guadeloupe a été bien orientée en 2016. L’emploi reste assez peu dynamique, le chômage à un niveau structurellement très élevé, mais le nombre de chômeurs de longue durée baisse. La consommation des ménages, le financement de l’économie et la création de sociétés sont bien orientés. Les flux de marchandises et de voyageurs sont en progression, de même que les nuitées touristiques. Seules zones d’ombre : l’agriculture qui a connu une année mitigée et la construction avec des ventes de ciment au plus bas.

Insee Conjoncture Guadeloupe
No 3
Paru le : 23/05/2017
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Cadrage macro-économique - Le regain de croissance se poursuit en 2015Bilan économique 2016

Clémentine Garandeau, Insee

En 2015, la croissance guadeloupéenne se redresse encore pour atteindre + 1,9 % et s’inscrit dans la même tendance que la France entière (+ 1,3 %). Elle succède à un premier regain en 2014 à + 1,0 %, après être restée en deçà de + 0,5 % en 2012 et 2013. Le produit intérieur brut (PIB) en volume dépasse à présent le niveau de 2008, soit le niveau précédant le choc dû à la crise et aux importantes grèves de 2009, année durant laquelle la croissance a plongé de 4,3 %.

Insee Conjoncture Guadeloupe
No 3
Paru le : 23/05/2017

En 20151, le produit intérieur brut (PIB) de la Guadeloupe évolue de + 1,9 % en volume. La population est en légère diminution depuis 2012, avec une population moyenne de 396 800 en 2015 (soit – 0,6 % en un an). Le PIB par habitant s’établit ainsi à 21 000 euros en 2015, soit une évolution de + 2,5 % en euros constants par rapport à l’année précédente. Sur la France entière, le PIB par habitant s’élève à 32 800 euros, en Martinique à 23 300 euros et en Guyane à 15 600 euros.

La consommation des ménages se maintient

La consommation des ménages pèse pour 44 % dans le total des ressources2. Depuis une dizaine d’années, du fait de la situation démographique stabilisée, et même en légère diminution, elle n’a plus le rôle d’accélérateur de la demande qu’elle avait auparavant. En 2015, en lien avec une inflation faible et un contexte plus favorable en 2014, la consommation des ménages reste en légère hausse à + 0,7 % en volume pour la deuxième année consécutive et contribue pour 0,4 point à la croissance. Avec une population en légère diminution (– 0,6 %), la dépense moyenne de consommation par tête est ainsi en hausse de 1,3 % en volume.

En 2015, 13 423 voitures particulières neuves sont immatriculées, soit une progression sensible de 6,2 % en un an (+ 1,5 % l’année passée). Les importations de biens de consommation courante augmentent de 2,1 % et les importations de produits agroalimentaires de 2,2 %. À l’inverse, les biens d’équipements ménagers sont en sensible baisse (– 9,0 %).

Les importations de biens manufacturés, qui représentent 60 % du total des importations, s’amplifient de 2,1 % pour répondre aux demandes en consommation et en investissement.

Les entreprises investissent, l’agriculture pénalisée par une sécheresse prolongée

L’investissement total progresse de 2,5 % en volume, pour un poids de 13 % dans le total des ressources. Cette hausse succède à une chute de 7,0 % en 2014.

L’investissement privé est en hausse. Les crédits d’investissement des entreprises, qui regroupent 37,6 % de l’encours sain des entreprises affichent une bonne performance (+ 8,5 % après + 5,9 %). Le secteur de la construction reste en difficulté malgré un léger regain en 2015 : le nombre de créations d’entreprises croît de 4,0 % après cinq années consécutives de baisse (dont – 17 % en 2014). Le nombre d’entreprises créées dans ce secteur reste ainsi bien en deçà du niveau de créations des années 2000. En 2015, les autorisations de construire baissent de 33 %, ce qui laisse à penser que la reprise dans le secteur est fragile.

Globalement, les exportations se main-tiennent à la hausse en 2015 : + 1,7 % en volume. Elles représentent 9 % du total des ressources et ne cessent d’augmenter depuis 2010, sauf en 2014 où elles ont flanché de 4,7 % en volume, soit une évolution moyenne annuelle de + 4,0 % en volume depuis 2010. La hausse des exportations en 2015 est due aux exportations de services (hors dépenses des touristes à + 5,1 %) provoquée prin-cipalement par le secteur du transport aérien avec une fréquentation accrue sur les lignes de la compagnie locale Air Caraïbes.

En revanche, le tonnage de bananes exportées diminue significativement en 2015 (– 14,6 %), du fait d’une sécheresse prolongée durant la période de mai à fin août, ce qui a conduit à déclarer la Guadeloupe dans un état de calamité agricole. La campagne cannière a moins souffert de cette sécheresse et les exportations de sucre et rhum progressent de 1,5 % (+ 6,1 % en 2014).

Hausse des dépenses publiques due aux achats et charges externes

Les dépenses publiques sont orientées à la hausse : elles évoluent de + 2,1 % en volume (+ 1,3 % en 2014), du fait des achats et charges externes. Les salaires stagnent presque (+ 0,7 % en valeur). Ces dépenses représentent 35 % du total des ressources.

L’investissement public, quant à lui, diminue à – 5,8 % après une hausse d’ampleur comparable en 2014.

Le tourisme se ragaillardit

Les dépenses des touristes pèsent pour 4 % du PIB en Guadeloupe, hors effets d’entraînement. En 2015, 2 089 760 passagers, transit inclus, sont partis ou arrivés de l’aéroport Pôle Caraïbe en Guadeloupe, soit + 3,0 % en un an. C’est la troisième année consécutive que le cap des deux millions de passagers est franchi. Le nombre de nuitées à l’hôtel, soit 35 % des nuitées touristiques, bondit de 10,7 %, après une baisse de 11,1 % en 2014.

Du côté des entreprises de l’hébergement et de la restauration, l’emploi est à la hausse. Cela fait suite aux créations d’entreprises dans ces secteurs d’activité au cours de l’année passée.

Après une mauvaise année 2014 pénalisée par le chikungunya, le tourisme connaît ainsi un regain en 2015, qui devrait se poursuivre en 2016 avec l’arrivée de la compagnie Norwegian Airlines qui relie la Guadeloupe aux États-Unis à des prix cassés.

1. Les données macroéconomiques 2016 ne seront disponibles qu’au cours du 3e trimestre 2017 et feront l’objet d’une publication en fin d’année.

2. Production locale + importations.

Figure 1 – La croissance croît en 2015Taux de croissance du PIB en volume (en %)

La croissance croît en 2015
Guadeloupe France entière
2008 0,9 0,2
2009 -4,3 -2,9
2010 1,0 2,0
2011 1,2 2,1
2012 0,3 0,2
2013 0,1 0,6
2014 1,0 0,6
2015 1,9 1,3
  • Source : Insee, CEROM, Comptes rapides.

Figure 1 – La croissance croît en 2015Taux de croissance du PIB en volume (en %)

Figure 2 – L’inflation reste faible et même légèrement négative en 2016Évolution de l’indice des prix, moyenne annuelle (en %)

L’inflation reste faible et même légèrement négative en 2016
Guadeloupe France
2008 2,2 2,8
2009 -0,1 0,1
2010 2,6 1,5
2011 2,6 2,1
2012 1,8 2,0
2013 0,9 0,9
2014 0,4 0,5
2015 0,3 0,0
2016 -0,1 0,2
  • Source : Insee, CEROM, Comptes rapides.

Figure 2 – L’inflation reste faible et même légèrement négative en 2016Évolution de l’indice des prix, moyenne annuelle (en %)

Figure 3 – Les dépenses publiques accélèrentÉvolution des dépenses en volume : taux de croissance en %

Les dépenses publiques accélèrent
Guadeloupe France entière
2008 2,8 1,1
2009 2,6 2,4
2010 2,4 1,3
2011 2,4 1,0
2012 2,0 1,6
2013 - 0,3 1,5
2014 1,3 1,2
2015 2,1 1,4
  • Source : Insee, Cerom, Comptes rapides

Figure 3 – Les dépenses publiques accélèrentÉvolution des dépenses en volume : taux de croissance en %

Figure 4 – Rebond de l’investissementÉvolution de l’investissement en volume (en %)

Rebond de l’investissement
Guadeloupe France entière
2008 2,1 0,9
2009 - 14,8 - 9,1
2010 9,1 2,1
2011 2,3 2,1
2012 - 2,1 0,2
2013 2,6 - 0,8
2014 - 7,0 - 0,3
2015 2,5 1,0
  • Source : Insee, Cerom, Comptes rapides

Figure 4 – Rebond de l’investissementÉvolution de l’investissement en volume (en %)

Figure 5 – Les échanges extérieurs croissent en volume, du fait de l’investissement et du tourismeÉvolution des échanges extérieurs en volume : taux de croissance en %

Les échanges extérieurs croissent en volume, du fait de l’investissement et du tourisme
Imports Exports
2008 1,1 -12,5
2009 -11,8 -7,6
2010 6,0 7,8
2011 2,6 7,4
2012 -2,0 4,7
2013 4,5 7,9
2014 -4,3 -4,7
2015 2,9 1,7
  • Source : Insee, Cerom, Comptes rapides

Figure 5 – Les échanges extérieurs croissent en volume, du fait de l’investissement et du tourismeÉvolution des échanges extérieurs en volume : taux de croissance en %