Bilan économique 2016 - Guadeloupe

L’activité de la Guadeloupe a été bien orientée en 2016. L’emploi reste assez peu dynamique, le chômage à un niveau structurellement très élevé, mais le nombre de chômeurs de longue durée baisse. La consommation des ménages, le financement de l’économie et la création de sociétés sont bien orientés. Les flux de marchandises et de voyageurs sont en progression, de même que les nuitées touristiques. Seules zones d’ombre : l’agriculture qui a connu une année mitigée et la construction avec des ventes de ciment au plus bas.

Insee Conjoncture Guadeloupe
No 3
Paru le : 23/05/2017
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Construction - Une année 2016 en demi-teinteBilan économique 2016

Philippe MOUTY, Déal Guadeloupe

En 2016, 3 500 projets de constructions de logements ont été autorisés, soit une augmentation de 30 % par rapport à 2015. Malgré tout, les ventes de ciment sont au plus bas et les performances du BTP marquent le pas.

Insee Conjoncture Guadeloupe
No 03
Paru le : 23/05/2017

Le marché de l’immobilier est très favorablement orienté en 2016

Après une année 2015 historiquement faible en Guadeloupe, le nombre de permis de construire délivrés pour les logements augmente de 30 % en 2016 (figure 1). En parallèle, 2 800 logements ont été mis en chantier, soit une augmentation de 4 %. Cette forte divergence entre les dynamiques de ces deux indicateurs ne s’observe pas sur la France hexagonale. En effet, pour cette dernière, le taux de croissance est de 14 % pour les autorisations et de 12 % pour les mises en chantier (figure 2).

En dépit de ce rebond des autorisations de construire, le marché de l’immobilier marque le pas. En effet, si les mises en chantier progressent en 2016, la consommation de ciment continue de baisser (moins de 190 000 tonnes) pour atteindre son niveau le plus bas sur les dix dernières années (figure 3). Les fortes baisses des autorisations et des mises en chantiers en 2015 (respectivement – 32 % et – 10 % par rapport à 2014) sont certainement à l’origine de ce recul de l’activité.

En 2016, les logements individuels, qui représentent plus des deux tiers des 3 500 autorisations de construire, augmentent de 24 % par rapport à 2015 (figure 4). Le tiers restant de part de marché constitué de logements collectifs (y compris résidences pour personnes âgées, étudiants…) augmente de 40 % entre 2015 et 2016. Au total et sur les cinq dernières années, 18 000 projets de construction ont été autorisés, soit en moyenne 3 600 par an. Sur cette période, les projets ont reculé, en moyenne de 2 % par an en Guadeloupe.

La Riviera du Levant est très recherchée

Contrairement à 2015, le nombre de permis de construire augmente dans l’ensemble des Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI), à l’exception de la Communauté de Communes de Marie-Galante (figure 5).

Pour la première fois depuis dix ans, la Riviera du Levant est au premier rang des EPCI. Avec une hausse de 64 % en 2016, elle est la plus dynamique et représente près de 30 % des autorisations de l’année 2016. Cap Excellence, moteur de l’économie guadeloupéenne, augmente plus faiblement (8 %) que les autres EPCI en dehors de Marie-Galante mais représente 24 % des projets de constructions du territoire de la Guadeloupe. Ces deux EPCI regroupent 43 % de la population guadeloupéenne.

Les mises en chantier en légère augmentation

La progression des mises en chantier durant l’année 2016 est très contrastée : celles concernant les logements individuels baissent de 9 % et concentrent 46 % des mises en chantier total ; celles des logements collectifs y compris les résidences, sont en hausse de 18 % alors qu’elles représentent 32 % des mises en chantier.

La Communauté d’Agglomération du Nord Grande-Terre (CANGT) et la Communauté de Communes de Marie-Galante (CCMG) sont les EPCI ayant les plus fortes hausses de mises en chantier (respectivement + 16 % et + 17 %). A contrario, Cap Excellence et Le Grand Sud Caraïbes sont en baisse (respectivement – 5 % et – 10 %).

Les mises en chantier de locaux non résidentiels en forte augmentation

Avec 118 milliers de m² de surface de plancher affectées à des mises en chantiers de locaux, c’est près de trois fois plus d’ouvertures de chantiers qu’en 2015, principalement dans les services publics (figure 7). À elles seules, les surfaces de locaux commencés dans les domaines de la santé et de l’action sociale représentent 97 % des locaux mis en chantier. Le secteur de l’hôtellerie connaît une forte baisse (– 60 %) ainsi que l’artisanat dans une moindre mesure (– 13 %).

Figure 1 – Chiffres clés

Chiffres clés
2014 2015 2016 Évolution 2016/2015 (%)
Nombre estimé d'autorisations de construire 4 000 2 700 3 500 30
dont logements individuels 2 500 1 900 2 400 26
dont logements collectif/résidence 1 500 800 1 100 38
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle.
  • Champ : logements individuels, collectifs et en résidence.
  • Source : SoeS, Sit@del estimation logements autorisés fin mars 2017.

Figure 2 – Hausse de la construction en 2016Évolution de la construction de logements (en indice, base 100 en 2005)

Hausse de la construction en 2016
Logements autorisés Guadeloupe Logements commencés Guadeloupe Logements autorisés Hexagone Logements commencés Hexagone
2005 100 100 100 100
2006 95 98 109 106
2007 98 101 104 105
2008 81 92 86 86
2009 69 71 69 75
2010 93 69 86 89
2011 80 84 94 93
2012 86 85 87 83
2013 75 80 77 79
2014 82 76 69 73
2015 56 68 72 73
2016 72 71 82 82
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle.
  • Champ : logements individuels, collectifs et en résidence.
  • Source : SoeS, Sit@del estimation logements autorisés fin mars 2017.

Figure 2 – Hausse de la construction en 2016Évolution de la construction de logements (en indice, base 100 en 2005)

Figure 3 – La consommation de ciment à son niveau le plus basConsommation de ciment en Guadeloupe (en tonne)

La consommation de ciment à son niveau le plus bas
1er trim. 2013 58480
2e trim. 2013 54292
3e trim. 2013 54998
4e trim. 2013 53004
1er trim. 2014 51068
2e trim. 2014 50680
3e trim. 2014 48014
4e trim. 2014 44977
1er trim. 2015 48542
2e trim. 2015 50252
3e trim. 2015 48217
4e trim. 2015 50132
1er trim. 2016 46904
2e trim. 2016 44973
3e trim. 2016 45407
4e trim. 2016 45297
  • Source : Lafarge, Ciments Antilles, Iedom, Guadeloupe hors Iles du Nord.

Figure 3 – La consommation de ciment à son niveau le plus basConsommation de ciment en Guadeloupe (en tonne)

Figure 4 – Une part importante de logements individuelsRépartition des logements autorisés selon le type de construction (en %)

Une part importante de logements individuels
Logements individuels Logements collectifs y compris en résidence
2005 54 46
2006 56 44
2007 59 41
2008 66 34
2009 74 26
2010 65 35
2011 61 39
2012 56 44
2013 57 43
2014 63 37
2015 70 30
2016 68 32
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle.
  • Champ : logements individuels, collectifs et en résidence.
  • Source : Sitadel, estimation logements autorisés fin mars 2017.

Figure 4 – Une part importante de logements individuelsRépartition des logements autorisés selon le type de construction (en %)

Figure 5 – Forte augmentation des permis de construire pour la Riviera du LevantRépartition des logements autorisés en Guadeloupe par EPCI (en indice, base 100 en 2005)

Forte augmentation des permis de construire pour la Riviera du Levant
CA Cap Excellence CANBT CANGT CA Grand Sud Caraïbes CCMG CA La Riviéra du Levant
2005 100 100 100 100 100 100
2006 133 91 82 71 129 97
2007 104 140 62 113 82 79
2008 93 69 61 118 122 65
2009 92 82 71 52 116 47
2010 121 108 79 106 135 60
2011 118 100 85 43 136 54
2012 185 112 56 35 92 58
2013 125 104 42 53 60 61
2014 140 69 68 58 74 81
2015 94 53 43 40 72 52
2016 102 63 57 54 57 85
  • Champ : logements individuels, collectifs et en résidence.
  • Source : SoeS, Sit@del estimation logements autorisés fin mars 2017.
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle.

Figure 5 – Forte augmentation des permis de construire pour la Riviera du LevantRépartition des logements autorisés en Guadeloupe par EPCI (en indice, base 100 en 2005)

Figure 6 – Stabilité des surfaces autorisées en moyenne annuelle Constructions des surfaces de plancher autorisées (en millier et %)

Stabilité des surfaces autorisées en moyenne annuelle
Guadeloupe Hexagone
Surfaces autorisées en 2016 (en millier de m2) Évolution 2016/2015 Évolution moyenne annuelle 2015/2010 (1) Évolution 2016/2015 Évolution moyenne annuelle 2015/2010 (1)
Artisanat 1 -25,6 5,2 0,5 -3,8
Bureaux 20 20,7 -10,5 8,6 0,2
Commerce 21 43,3 -7,0 8,5 -2,5
Entrepôt 18 -3,6 7,0 17,8 4,3
Exploitation agricole ou forestière 8 -36,1 -26,9 -10,7 -3,7
Hébergement hôtelier 8 93,7 -3,1 -6,6 2,2
Industrie 8 -11,2 32,4 8,3 -3,2
Service public ou d'intérêt collectif 53 -45,6 22,4 8,1 -8,7
Ensemble locaux autorisés 136 -21,4 0,9 2,9 -2,9
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de locaux, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle.
  • Champ : logements individuels, collectifs et en résidence.
  • Source : SoeS, Sit@del estimation logements autorisés fin mars 2017.

Figure 7 – Hausse des locaux commencés en 2016Évolution de la construction de locaux non résidentiels (en indice, base 100 en 2005)

Hausse des locaux commencés en 2016
Locaux autorisés Guadeloupe Locaux commencés Guadeloupe Locaux autorisés Hexagone Locaux commencés Hexagone
2005 100 100 100 100
2006 73 117 110 109
2007 66 62 108 114
2008 74 45 83 87
2009 68 91 69 64
2010 93 52 71 59
2011 116 169 76 65
2012 64 122 85 63
2013 65 105 86 70
2014 53 73 74 64
2015 95 62 80 58
2016 79 179 82 55
  • Note : Données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle.
  • Source : SoeS, Sit@del estimation logements autorisés fin mars 2017.

Figure 7 – Hausse des locaux commencés en 2016Évolution de la construction de locaux non résidentiels (en indice, base 100 en 2005)

Pour comprendre

La base de données Sit@del2 rassemble les informations relatives aux autorisations de construire (permis accordés) et aux mises en chantier transmises par les services instructeurs (État, collectivités territoriales) au service statistique du Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie (MEDDE). Les mouvements relatifs à la vie du permis (dépôts, autorisations, annulations, modificatifs, déclarations d’ouverture de chantier, déclarations d’achèvement des travaux) sont exploités à des fins statistiques. Les séries de la construction utilisées pour le bilan économique sont élaborées à partir de cette base.

Pour tout renseignement complémentaire, cliquer sur les liens suivants :

http://statistiques.developpement-durable.gouv.fr.vpn.e2.rie.gouv.fr/fileadmin/documents/Themes/Logement-Construction/Construction/Logements

http://statistiques.developpement-durable.gouv.fr.vpn.e2.rie.gouv.fr/fileadmin/documents/Produits_editoriaux/Publications/Documents_de_travail/2016/doc-travail-21-methodologie-estimations-date-reelle-sitadel2-b.pdf

Les estimations des logements autorisés en date réelle fournissent par anticipation les niveaux d’autorisation à la date de l’événement. Les estimations de logements mis en chantier corrigent le défaut d’exhaustivité observé dans la remontée des annulations et des déclarations d’ouverture de chantier.

Les estimations s’appuient sur des méthodes statistiques et économétriques décrites dans la notice méthodologique téléchargeable sur le site du SoeS.

Avant le 1er juillet 2015, les demandes de permis de construire pour les communes de moins de 10 000 habitants étaient instruites par la DEAL. À compter du 1er juillet 2015, suite à la mise en œuvre de la loi ALUR, ces communes instruisent elles-mêmes leurs dossiers. La mise en place de cette procédure a entraîné un retard des remontées statistiques.