Bilan économique 2016 - Guadeloupe

L’activité de la Guadeloupe a été bien orientée en 2016. L’emploi reste assez peu dynamique, le chômage à un niveau structurellement très élevé, mais le nombre de chômeurs de longue durée baisse. La consommation des ménages, le financement de l’économie et la création de sociétés sont bien orientés. Les flux de marchandises et de voyageurs sont en progression, de même que les nuitées touristiques. Seules zones d’ombre : l’agriculture qui a connu une année mitigée et la construction avec des ventes de ciment au plus bas.

Insee Conjoncture Guadeloupe
No 3
Paru le : 23/05/2017
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Prix - Les bas tarifs énergétiques tempèrent l’inflationBilan économique 2016

Guy MYSTILLE, Insee

En Guadeloupe, la moyenne des prix à la consommation régresse légèrement par rapport à 2015. La hausse des prix des produits de première nécessité neutralise les effets bénéfiques générés par un repli encore présent des tarifs de l’énergie.

Insee Conjoncture Guadeloupe
No 3
Paru le : 23/05/2017

En moyenne, entre 2015 et 2016 les prix ont baissé de 0,2 % en Guadeloupe, comme en Martinique. Ces deux départements font donc un peu mieux que la Guyane, où la baisse moyenne des prix est de 0,1 %. Dans ces trois régions, un effet de neutralisation des hausses dans certains postes par des baisses dans d'autres explique ces résultats.

Les tarifs énergétiques baissent, mais de moins en moins

Comme en 2015, les tarifs de l’énergie, en particulier ceux des produits pétroliers, contribuent de façon encore prépondérante à la baisse du niveau général des prix. Sur une année et en moyenne, ils sont en recul de 5,3 % et de 7,9 %. Toutefois, l’amplitude des baisses est de moins en moins forte au fil de l'année et notamment à compter du début du troisième trimestre 2016.

En mars, les tarifs énergétiques affichent une baisse encore conséquente de 8,4 %, dont 12,5 % pour les produits pétroliers. Ces baisses ne sont respectivement plus que de 1,6 % et 2,7 % en octobre. Cette inversion de tendance progressive s’explique par la lente remontée des tarifs du Brent à compter du mois de février 2016. En fin d'exercice, les prix de l'énergie, tous comme ceux des produits pétroliers sont désormais en hausse. Ce retournement de tendance n’est toutefois pas exclusif au département de la Guadeloupe : il est aussi observé en Guyane et en Martinique.

L'alimentation est en hausse

En 2016, les prix de l’alimentation progressent en moyenne de 1,2 % par rapport à 2015. Au cours de l’année, les augmentations sont patentes, notamment en mai avec une progression de 1,8 % par rapport au mois de mai 2015. Parallèlement, les prix des produits frais progressaient de 4,4 % au cours du même mois.

Ces postes prépondérants dans le budget des familles guadeloupéennes ont davantage augmenté que diminué tout au long de l'exercice 2016. Les consommateurs ont ainsi été pénalisés par un second semestre mitigé. Après des prix en baisse en juillet, les mois d'août, de septembre et d'octobre affichent des hausses générées par celles des légumes et fruits frais. En octobre tout particulièrement, où les fortes pluies enregistrées sur l’île ont induit une baisse de l’offre de production et une hausse des prix.

Les prix des services ont augmenté en 2016

Les prix des services sont en légère augmentation en moyenne annuelle par rapport à l’exercice 2015. Cette faible hausse traduit assez mal les mouvements mensuels des prix affectés à ce poste. Certains secteurs ont en effet exprimé des hausses de prix notables, neutralisées par des replis d’ordre de grandeur presque similaire. La hausse de 0,5 % est liée en partie à celle du secteur aérien qui pourtant a connu des fluctuations spéctaculaires. En juillet par exemple, les prix des billets d'avion sur le trafic international ont augmenté de 35,6 %. À l’inverse, les prix des billets pour les vols internationaux et régionaux diminuaient respectivement de 24 % et de 20 % en septembre. Par rapport à 2015, les autres services affichent une hausse légèrement plus forte, de 0,7 % qui contribue à la hausse moyenne des prix sur un an.

Figure 1 – Chiffres clésIndice des prix à la consommation de Guadeloupe en 2016 (en indice et en %)

Indice base 100 année 2015
Chiffres clés
Regroupements Pondérations 2015 Indices 2015 moyens Indices moyens 2016 Variation 2015/2016 Contributions à la hausse des prix en 2016
Alimentation 1 620 100,0 101,2 1,2 0,1
Produits Frais 179 100,0 102,2 2,1 0,0
Alimentation hors produits frais 1 441 100,0 100,8 0,8 0,1
Tabac 89 100,0 101,1 1,1 0,0
Produits manufacturés 3 341 100,0 100,0 0,0 -0,1
Habillement et chaussures 480 100,0 99,5 -0,5 0,0
Produits de santé 572 100,0 97,7 -2,3 -0,1
Autres produits manufacturés 2 289 100,0 100,5 0,5 0,1
Energie 694 100,0 94,7 -5,3 -0,4
Produits pétroliers 498 100,0 92,1 -7,9 -0,4
Services 4 256 100,0 100,5 0,5 0,0
Loyers et services rattachés (1) 774 100,0 100,4 0,4 0,0
Services de santé 715 100,0 100,4 0,4 0,0
Services de transports 223 100,0 94,6 -5,4 -0,1
Services de communications 409 100,0 99,8 -0,2 0,0
Autres services (2) 2 135 100,0 100,7 0,7 0,1
Ensemble 10 000 100,0 99,8 -0,2 -0,2
  • (1) Les services rattachés représentent les produits et les services pour la réparation et l'entretien du logement, l'adduction d'eau, l'enlèvement des ordures et les services d'assainissement.
  • (2) Les autres services regroupent : les soins personnels, la protection sociale, les assurances, les services financiers…
  • Source : Insee - Dirag, indice des prix à la consommation.

Figure 2 – Les tarifs encore contraints de l'énergie favorisent la bonne tenue générale des prixContributions des postes à l'évolution générale des prix en nombre de points

Les tarifs encore contraints de l'énergie favorisent la bonne tenue générale des prix
2015 2016
Produits pétroliers -0,68 -0,39
Énergie -0,59 -0,37
Alimentation 0,31 0,14
Alimentation hors produits frais 0,15 0,11
Autres services (2) 0,22 0,14
Services 0,40 0,05
  • (2) Les autres services regroupent : les soins personnels, la protection sociale, les assurances, les services financiers…
  • Source : Insee - Dirag, indice des prix à la consommation.

Figure 2 – Les tarifs encore contraints de l'énergie favorisent la bonne tenue générale des prixContributions des postes à l'évolution générale des prix en nombre de points

Figure 3 – En moyenne, une relative stabilité des prixÉvolution des prix entre 2002 et 2016 dans les DFA et en France hexagonale

en %
En moyenne, une relative stabilité des prix
Guadeloupe Martinique Guyane France hexagonale
2002 81 80,8 82,1 82,8
2003 82,7 82,4 83,7 84,6
2004 83,8 84,1 84,7 86,4
2005 86,5 86,1 86 87,9
2006 88,3 88,2 87,9 89,34
2007 89,5 90,4 90,8 90,66
2008 91,5 92,9 94,1 93,21
2009 91,7 92,6 94,6 93,29
2010 94,2 94,1 94,9 94,71
2011 96,6 96,5 96,8 96,71
2012 98,5 97,9 98,2 98,61
2013 99,4 99,1 99,6 99,45
2014 99,7 99,9 100,1 99,96
2015 100 100 100 100
2016 99,9 99,8 99,9 100,19
  • Source : Insee - Dirag, indice des prix à la consommation.

Figure 3 – En moyenne, une relative stabilité des prixÉvolution des prix entre 2002 et 2016 dans les DFA et en France hexagonale

Encadré

Évolution en glissement et évolution en moyenne annuelle

Une évolution en glissement compare la valeur d'une grandeur à deux dates, séparées en général d'un an ou d'un trimestre. En revanche, une évolution en moyenne annuelle compare la moyenne d'une année à la moyenne de l'année précédente. Ces deux évolutions peuvent être très différentes. Par exemple, si l'année N-1 est fortement croissante et l'année N faiblement décroissante, alors l'évolution en moyenne annuelle peut être positive alors que l'évolution en glissement est négative.

Pour comprendre

L'indice des prix à la consommation (IPC) est désormais publié en base 2015

Jusqu’en décembre 2015, l'IPC était publié en base 100 par rapport à 1998. À partir de février 2016, l'année de référence est 2015 : la moyenne des indices des prix pour l’année 2015 vaudra 100. L’IPC a régulièrement changé de base : l'indice base 2015 est ainsi la huitième génération d'indice. Un changement de base comprend des opérations simples, de nature purement calculatoire. Le niveau de l’indice, qui est modifié avec le changement de l’année de référence, importe peu : c’est l’évolution de l’indice que l’on souhaite mesurer et cette évolution n’est pas affectée par l’année de référence dans le cas d’un indice chaîné comme l’IPC. Le changement de base 2015 a également permis d’intégrer un nombre important d’améliorations, rendues nécessaires étant donné le temps écoulé depuis le précédent changement de base. La série agrégée « transport-communications » par exemple, a été dissociée entre les « services de transport » d'une part et les « services de communication » d'autre part, compte tenu du poids grandissant de ces derniers. Des informations complémentaires concernant ce changement sont disponibles sur la page web de cet indicateur.

Les pondérations de l'IPC sont entièrement mises à jour

C'est en particulier le cas pour les indices des prix des DOM, qui intègrent désormais la dernière enquête budget des familles de 2011. Ce changement de pondérations ne change pas les tendances, mais peut les amplifier.

Le calcul de l’indice a été amélioré

Les changements de base sont aussi l’occasion de mettre en œuvre des évolutions méthodologiques importantes. Ainsi, pour les produits frais, la méthodologie d’agrégation de l’indice a été modifiée : les produits frais seront traités comme les autres variétés et leurs prix de base seront mis à jour chaque année.