Bilan économique 2016 - Guadeloupe

L’activité de la Guadeloupe a été bien orientée en 2016. L’emploi reste assez peu dynamique, le chômage à un niveau structurellement très élevé, mais le nombre de chômeurs de longue durée baisse. La consommation des ménages, le financement de l’économie et la création de sociétés sont bien orientés. Les flux de marchandises et de voyageurs sont en progression, de même que les nuitées touristiques. Seules zones d’ombre : l’agriculture qui a connu une année mitigée et la construction avec des ventes de ciment au plus bas.

Insee Conjoncture Guadeloupe
No 3
Paru le : 23/05/2017
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Commerce extérieur - Stabilité du solde des échanges commerciauxBilan économique 2016

Jean-Baptiste Berry, Clémentine Garandeau, Insee

Le solde du commerce extérieur de la Guadeloupe est stable en 2016, comme en 2015 : le montant des importations est en retrait de 2 % et celui des exportations augmente de 7 %. Cette stabilité en valeur du commerce extérieur est concomitante d’une très faible inflation locale, régionale et nationale, dans un contexte de contraction de l’activité économique dans la zone Amérique Latine et Caraïbe. La croissance des échanges mondiaux en 2016 est la plus faible depuis 2009, du fait de l’atonie des importations américaines et émergentes.

Insee Conjoncture Guadeloupe
No 3
Paru le : 23/05/2017

Les importations en 2016 : reflet de l’évolution des prix du pétrole et du déstockage

En 2016, la poursuite du recul des prix des produits pétroliers en moyenne annuelle a diminué mécaniquement la facture des importations comme des exportations de ces produits : en retrait de 30 %, les importations de produits pétroliers raffinés s’élèvent à 300 millions d’euros, essentiellement en provenance des raffineries de la zone européenne et de la Martinique. Les déstockages de produits pétroliers pèseraient sur le dynamisme des échanges en 2016.

Avec une demande des ménages en progression modérée du fait notamment de la faiblesse du dynamisme démographique, les importations de denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac sont stable à – 0,4 %. La demande intérieure des entreprises en biens d’investissement serait également stable en 2016 : les importations de biens d’équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique restent presque inchangées à hauteur de 420 millions d’euros. Les importations adressées à l’industrie automobile sont en hausse de 6 % : 240 millions d’euros en 2016.

L’hexagone avec 60 % du montant des importations, reste le principal partenaire de la Guadeloupe en 2016. Derrière la métropole, les pays de l'Union européenne et les États-Unis restent en deuxième et troisième position, et représentent respectivement 13 % et 5 % des importations. Les importations de marchandises en provenance de la Chine sont stables à 4 %. L’évolution orientée à la baisse des prix des produits pétroliers explique le retrait des importations en provenance de Martinique.

Les exportations en hausse de 7 %

En 2016, les exportations de marchandises sont en hausse de 7 %. Cette évolution s’explique en partie par les variations des volumes de réexpédition de produits pétroliers. Après une année 2015 en retrait, les ventes de produits de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche sont en progression de 9 %.

Les exportations vers l’hexagone, partenaire privilégié de la Guadeloupe, représentent la moitié des échanges. Les exportations vers la Martinique occupent toujours la deuxième place, avec 17 % du montant des échanges.

Figure 1 – Chiffres clésÉvolution des importations et exportations de la Guadeloupe de 2011 à 2016

en million d'euros
Chiffres clés
2011 2012 2013 2014 2015 2016
Importations 2 632 2 616 2 731 2 590 2 590 2 528
Exportations 248 204 263 205 209 223
Solde des échanges de biens -2 385 -2 413 -2 468 -2 386 -2 382 -2 305
  • Source : Douanes, calculs Insee.

Figure 2 – Repli des importations de produits pétroliersMontants et évolutions des importations et des exportations par activité

en % et en million d'euros
Repli des importations de produits pétroliers
Importations Exportations
Valeur Évolution en 2016 Valeur Évolution en 2016
AZ - Agriculture, sylviculture et pêche 59,1 2,7 36,2 8,5
DE - Hydrocarbures naturels, autres produits des industries extractives, éléctricité, déchets 25,8 0 12,8 1,3
C1 - Denrées alimentaires, boissons et produits à base de tabac 435,5 -0,4 55,1 -1,2
C2 - Produits pétroliers raffinés et coke 302,0 -29,7 11,1 -41,8
C3 - Equipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique 419,6 1,3 22 35,6
C4 - Matériels de transport 312,5 17,8 41,4 83,7
dont industrie automobile 238,8 6,1 6,6 45
C5 - Autres produits industriels 953,3 1,4 43,7 -9,3
dont pharmacie 159,1 -1,6 1,1 3,9
Autres 20,5 -1,9 1,2 44,8
Total 2528,3 -2,4 223,4 7,1
  • Source : Douanes, calculs Insee.

Figure 3 – Reprise des exportations vers l'hexagoneRépartition des exportations selon leur destination de 2011 à 2016

en million d'euros
Reprise des exportations vers l'hexagone
France hexagonale Martinique Union européenne hors France Guyane États-Unis Caraïbe ACP Caraïbe hors ACP
2011 112 69 21 34 2 1 2
2012 126 38 13 9 2 2 4
2013 114 72 10 33 11 2 1
2014 115 47 16 9 3 1 1
2015 99 47 28 9 5 2 2
2016 113 40 27 10 9 4 2
  • Source : Douanes, calculs Insee.

Figure 3 – Reprise des exportations vers l'hexagoneRépartition des exportations selon leur destination de 2011 à 2016

Figure 4 – Prépondérance des importations en provenance de l'hexagoneRépartition des importations selon leur provenance de 2011 à 2016

en million d'euros
Prépondérance des importations en provenance de l'hexagone
France métropolitaine Union européenne hors France Etats-Unis Martinique Chine Caraïbe ACP Caraïbe hors ACP Guyane
2011 1 395 277 308 66 125 89 139 7
2012 1 458 293 253 119 104 60 162 8
2013 1 476 389 307 73 95 78 138 6
2014 1 454 284 244 175 115 47 50 7
2015 1 463 308 194 140 120 108 57 7
2016 1 523 323 137 111 108 77 65 8
  • Source : Douanes, calculs Insee.

Figure 4 – Prépondérance des importations en provenance de l'hexagoneRépartition des importations selon leur provenance de 2011 à 2016

Encadrés

Les importations de biens de consommation et d’investissement

L’orientation choisie pour l’analyse du commerce extérieur est de considérer les importations comme composante de l’offre globale de l’économie de la collectivité territoriale, et leur accroissement comme ne réduisant pas mécaniquement l’activité économique. Ainsi la convention comptable qui consiste à considérer les importations comme contribution négative à la croissance n’est pas l’approche privilégiée : les importations n’ont un effet négatif que lorsqu’elles se substituent à la production domestique. L’accent est donc mis sur la composition en biens de consommation et d’investissement importés de la demande domestique.

Échanges de services et flux touristiques

Les chiffres publiés dans cet article portent sur les échanges de biens enregistrés par les douanes. Toutefois, ceci ne concerne qu’une partie des échanges : en effet, ne sont pas comptabilisés les échanges de services et les dépenses des touristes.

Pour information, les dépenses des touristes et les échanges de services représentaient en 2010 respectivement 36,9 % et 40,4 % du total des exportations. Les échanges de services représentaient cette même année 13,8 % de l’ensemble des importations.

Année médiocre pour le commerce mondial et activité économique régionale en contraction

En 2016, la poursuite de la baisse spectaculaire des importations dans plusieurs pays dits émergents et pays en développement qui connaissent des difficultés économiques pèse sur le commerce mondial. Ce dernier a néanmoins nettement accéléré au second semestre, éclaircissant une année médiocre. Sur l’ensemble de l’année, le volume du commerce mondial est moins dynamique qu’en 2015 : en moyenne annuelle, après avoir déjà fortement ralenti en 2015 (+ 2,4 %), la croissance des échanges mondiaux s’est établie à seulement + 1,5 % en 2016, soit la plus faible progression depuis 2009, du fait de l’atonie des importations américaines et émergentes. En 2016, avec une contraction de – 1 %, le rythme de l’activité économique dans la zone Amérique Latine et Caraïbe est le plus faible enregistré depuis les crises majeures des années 1983 et 2009.

L’espace Caraïbe

L’espace Caraïbe comprend toutes les îles de la Caraïbe, ainsi que les pays d’Amérique Centrale et du Sud qui possèdent une ouverture maritime sur la Caraïbe. Les échanges avec Porto-Rico sont confondus avec ceux des États-Unis faute de données les isolant. On y distingue un groupe de pays signataires de la Convention de Lomé et de l'Accord de Cotonou (pays ACP pour Afrique, Caraïbes et Pacifique) et ceux qui n’en font pas partie (« Pays non-ACP »), dans la mesure où ils ne bénéficient pas du même régime douanier dans leurs relations avec l’Union européenne et donc avec les départements français d’outre-mer.