Bilan économique 2016 - Occitanie

Après s'être redressée en 2015, l'économie française continue sa croissance sur le même rythme en 2016. L'emploi salarié marchand progresse solidement en France métropolitaine. L'Occitanie est la deuxième région de métropole où la hausse de l'emploi privé est la plus forte en 2016, derrière les Pays de la Loire. La hausse de l'emploi régional est portée essentiellement par le secteur tertiaire, mais l'industrie y contribue également. Le taux de chômage diminue, même s'il touche encore 11,6 % des actifs en Occitanie fin 2016.

Insee Conjoncture Occitanie
No 8
Paru le : 23/05/2017
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Synthèse régionale - Embellie de l’économie régionale en 2016Bilan économique 2016

Camille Fontès-Rousseau, Insee Occitanie ; Clément Bortoli, Division Synthèse conjoncturelle

Après s'être redressée en 2015, l'économie française continue sa croissance sur le même rythme en 2016. L'emploi salarié marchand progresse solidement en France métropolitaine. L'Occitanie est la deuxième région de métropole où la hausse de l'emploi privé est la plus forte en 2016, derrière les Pays de la Loire. La hausse de l'emploi régional est portée essentiellement par le secteur tertiaire, mais l'industrie y contribue également. Le taux de chômage diminue, même s'il touche encore 11,6 % des actifs en Occitanie fin 2016.

Insee Conjoncture Occitanie
No 8
Paru le : 23/05/2017

En 2016 en Occitanie, 23 800 emplois supplémentaires sont créés dans le secteur marchand non agricole. Après la reprise de 2015 (+ 1,2 %), l'emploi salarié privé accélère en 2016 (+ 2,0 %). Cette hausse est plus forte qu'en moyenne en France métropolitaine (+ 1,2 %).

Cependant l'évolution est hétérogène sur le territoire régional : la Haute-Garonne concentre les deux tiers des créations nettes d'emploi (pour 33 % de l’emploi salarié marchand non agricole), l'Hérault en génère un cinquième (respectivement 19 %). À l'opposé, le département des Hautes-Pyrénées perd des emplois, de façon continue depuis six ans.

Croissance de l'emploi tertiaire, de l'intérim et de l'industrie

Les services marchands (hors intérim) sont à l'origine de 59 % des créations nettes, alors qu'ils représentent moins de la moitié de l'emploi régional. Les services aux entreprises sont le sous-secteur le plus dynamique, suivis de l'hébergement-restauration et de l'information et communication. Dans l'hébergement-restauration, la croissance de l'emploi est liée à la bonne tenue de la fréquentation touristique au niveau régional.

L'emploi accélère également dans le secteur du commerce, qui explique 20 % des créations régionales.

Le recours à l'intérim s'intensifie : avec 44 200 salariés fin 2016, l'emploi intérimaire retrouve le niveau atteint en 2007, juste avant la crise. Les principaux secteurs utilisateurs sont les activités tertiaires, l'industrie, mais aussi la construction où la reprise de l'emploi intérimaire se confirme (+ 8 % en 2016).

L'industrie crée des emplois en Occitanie, au rythme accéléré par rapport à 2015 de 0,7 % en 2016. La hausse est continue dans la région depuis 2011, alors qu'au niveau métropolitain les destructions d'emploi industriel se poursuivent (- 0,8 % en 2016). L'industrie régionale est tirée par le fort dynamisme de la fabrication de matériels de transport, qui comprend la construction aéronautique et spatiale.

Tensions sur la production aéronautique et spatiale

Le contexte de croissance record du trafic aérien en 2016 favorise l'activité des grands constructeurs mondiaux, Airbus et Boeing, mais aussi celle des producteurs plus petits implantés dans l'ancienne région Midi-Pyrénées. Face à l'augmentation des cadences de production chez les avionneurs, la tension augmente dans les entreprises de la chaîne d'approvisionnement. Leur taux d'utilisation des capacités de production atteint 89 % dans l'ancienne région Midi-Pyrénées. Malgré ces tensions et les difficultés rencontrées par certains segments du marché (hélicoptères, avions d'affaires), la filière aéronautique régionale poursuit son développement dans la région.

L'activité spatiale connaît également de bons résultats en 2016. Le carnet de commandes des constructeurs de satellites présents à Toulouse se renforce. Dans la chaîne d'approvisionnement spatiale, l'activité progresse aussi en 2016 selon les chefs d'entreprise interrogés dans l'enquête sur la filière aéronautique et spatiale dans le Grand Sud-Ouest.

Reprise de la construction de logements

La reprise de la construction se confirme dans la région avec 44 000 logements commencés en 2016. La hausse concerne en premier lieu le logement collectif : les mises en chantier d'appartements progressent de plus de 30 % depuis le point bas de 2014. Le segment du logement individuel progresse également, mais dans une moindre mesure. Parallèlement aux mises en chantier, le nombre de permis de construire accordés augmente en 2016. Cependant la relance de l'activité est concentrée principalement en Haute-Garonne et dans l'Hérault. Le parc de logements sociaux, déficitaire dans la région, rattrape progressivement son retard.

En lien avec la reprise de la construction de logements, les pertes d'emploi dans le secteur de la construction ralentissent nettement, pour la première fois depuis huit ans.

Une année difficile pour l'agriculture

En 2016, les filières animales sont lourdement marquées par les crises : crise laitière, baisse du cours des bovins liée à l'abondance de l'offre, fièvre catharrhale ovine et grippe aviaire. Stable sur le bassin Sud-Ouest, la production viticole est en retrait de 10 % sur le bassin Languedoc-Roussillon en raison de la sécheresse de fin d'été. Cependant, la qualité des vins s'annonce bonne. La récolte de céréales, en hausse par rapport à 2015 et de qualité, a du mal à se valoriser. En revanche, la conjoncture est bien orientée pour la production et la commercialisation des fruits et légumes.

Diminution du taux de chômage

Le dynamisme de l'emploi régional favorise la baisse du taux de chômage : il diminue de 0,4 point en 2016. Le chômage affecte encore 11,6 % de la population active en Occitanie, soit le deuxième rang des régions métropolitaines les plus touchées. Le taux de chômage recule ou se maintient dans tous les départements occitans.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi se stabilise dans la région. L'amélioration concerne avant tout les moins de 25 ans. La demande d'emploi des 50 ans ou plus augmente encore, mais à un rythme moindre. La déclinaison du plan 500 000 formations en Occitanie a permis de proposer 30 000 places de formations supplémentaires pour les demandeurs d'emploi.

Contexte national - L’économie française accélère à peine en 2016

La reprise se confirme dans la zone euro

En 2016, l’activité mondiale augmente à un rythme presque identique à celui des années précédentes : + 3,0 % après + 3,1 % en 2015 et + 3,4 % en 2014. L’activité reprend quelques couleurs dans les pays émergents après un fort ralentissement l’année passée : la croissance économique chinoise se stabilise, après cinq années de diminution, et l’activité se contracte moins fortement qu’en 2015 chez les grands exportateurs de matières premières que sont le Brésil et la Russie. Dans les économies avancées, l’activité ralentit (+ 1,7 % après + 2,0 % en 2015) essentiellement du fait des États-Unis (+ 1,6 % après + 2,6 %) où la demande des entreprises s’infléchit nettement, notamment dans le secteur minier. La croissance britannique reste allante, un peu moins toutefois que l’année précédente (+ 1,8 % après + 2,2 %). Dans la zone euro, la reprise se confirme : + 1,6 % après + 1,5 %. Plusieurs facteurs externes favorisent l’activité européenne. D’une part, la baisse des cours du pétrole et des autres matières premières, entamée en 2015, se prolonge en 2016, ce qui soutient le pouvoir d’achat des ménages, et donc leur consommation. D’autre part, la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) reste accommodante en maintenant les taux d’intérêt à un niveau faible et en soutenant la reprise du crédit aux entreprises, ce qui favorise leur investissement. Les disparités de croissance demeurent : elle est plus soutenue en Espagne et en Allemagne qu’en France et en Italie. Au total, le commerce mondial ralentit en 2016, à + 1,5 %, soit sa plus faible croissance depuis 2009, essentiellement du fait de l’atonie persistante des importations émergentes et du ralentissement américain.

L’économie française accélère à peine en 2016

Dans le mouvement européen, la croissance française s’élève légèrement : le PIB progresse de 1,2 % en volume, après + 1,1 % en 2015. Il s’agit de la plus forte croissance depuis 2011 (figure 1).

La demande intérieure hors stocks accélère nettement (contribution de + 2,1 points à la croissance du PIB en 2016 contre + 1,3 point en 2015), portée par les ménages : leur consommation gagne en dynamisme (+ 2,3 % après + 1,4 %), dans le sillage de leur pouvoir d’achat, et leur investissement rebondit après plusieurs années de repli (+ 2,4 % après - 2,1 %). Du côté de la demande publique, la consommation des administrations accélère légèrement (+ 1,3 % après + 1,1 %) tandis que leur investissement cesse quasiment de diminuer (- 0,1 % après - 3,0 %). Enfin, l’investissement des entreprises non financières accélère un peu plus encore (+ 3,6 % après + 3,1 %).

En revanche, le comportement de stockage des entreprises se retourne (contribuant pour - 0,2 point à la croissance annuelle, après + 0,3 point en 2015) et le commerce extérieur pèse davantage sur la croissance qu’en 2015 (- 0,8 point contre - 0,5 point) : en effet, les exportations ralentissent fortement alors que les importations gardent un rythme soutenu.

L’emploi total accélère

L’emploi total accélère : + 215 000 sur un an fin 2016, après + 121 000 un an auparavant. Il est porté par l’emploi salarié marchand non agricole (+ 193 000 après + 99 000) qui bénéficie de la légère accélération de l’activité marchande et des dispositifs de baisse du coût du travail qui enrichissent la croissance en emploi. Ainsi, le taux de chômage en France entière continue de baisser modérément, passant de 10,2 % fin 2015 à 10,0 % fin 2016.

Le pouvoir d’achat des ménages accélère nettement

En moyenne annuelle, les prix de la consommation se replient légèrement en 2016 (- 0,1 % après + 0,3 %), tandis que le revenu disponible des ménages accélère (+ 1,7 % après + 1,1 %). Ainsi, le pouvoir d’achat des ménages gagne de la vigueur (+ 1,8 % après + 0,8 %), retrouvant une croissance inédite depuis 2007 (figure 2).

Figure 1 – Le dynamisme de la demande intérieure est quasiment compensé par le commerce extérieur et le comportement de stockage des entreprises

Variations annuelles en %, contributions en points
Le dynamisme de la demande intérieure est quasiment compensé par le commerce extérieur et le comportement de stockage des entreprises
Demande intérieure hors stocks Echanges extérieurs Stocks Croissance du PIB
2010 1,8 -0,1 0,3 2,0
2011 1,0 0,0 1,1 2,1
2012 0,3 0,5 -0,6 0,2
2013 0,4 -0,1 0,2 0,6
2014 0,8 -0,5 0,7 0,9
2015 1,3 -0,5 0,3 1,1
2016 2,1 -0,8 -0,2 1,2
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

Figure 1 – Le dynamisme de la demande intérieure est quasiment compensé par le commerce extérieur et le comportement de stockage des entreprises

Figure 2 – Le regain de pouvoir d'achat a permis aux ménages de consommer davantage

Variations annuelles en % et contributions en points
Le regain de pouvoir d'achat a permis aux ménages de consommer davantage
Revenu disponible des ménages (contribution à l'évolution du pouvoir d'achat) Prix de la consommation (contribution à l'évolution du pouvoir d'achat) Consommation des ménages Pouvoir d'achat des ménages
2007 5,2 -2,1 2,4 3,0
2008 3,1 -2,8 0,5 0,3
2009 0,1 1,5 0,1 1,6
2010 2,4 -1,2 1,7 1,2
2011 2,0 -1,8 0,4 0,2
2012 0,5 -1,4 -0,3 -0,9
2013 0,3 -0,6 0,5 -0,4
2014 1,3 -0,1 0,7 1,1
2015 1,1 -0,3 1,4 0,8
2016 1,7 0,1 2,3 1,8
  • Source : Insee, comptes nationaux, base 2010.

Figure 2 – Le regain de pouvoir d'achat a permis aux ménages de consommer davantage