Bilan économique 2016 - Occitanie

Après s'être redressée en 2015, l'économie française continue sa croissance sur le même rythme en 2016. L'emploi salarié marchand progresse solidement en France métropolitaine. L'Occitanie est la deuxième région de métropole où la hausse de l'emploi privé est la plus forte en 2016, derrière les Pays de la Loire. La hausse de l'emploi régional est portée essentiellement par le secteur tertiaire, mais l'industrie y contribue également. Le taux de chômage diminue, même s'il touche encore 11,6 % des actifs en Occitanie fin 2016.

Insee Conjoncture Occitanie
No 8
Paru le : 23/05/2017
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Construction et marché de l’immobilier - Une reprise concentrée sur Toulouse et MontpellierBilan économique 2016

Bertrand Oddo, Dreal Occitanie

Avec 44 000 logements commencés en 2016, la reprise de la construction se confirme dans la région. La hausse concerne en premier lieu le logement collectif mais porte aussi, dans une moindre mesure, sur le segment du logement individuel. Les départements de la Haute-Garonne et de l'Hérault sont les principaux bénéficiaires de la croissance de logements neufs. Le parc de logements sociaux, déficitaire dans la région, rattrape progressivement son retard.

Insee Conjoncture Occitanie
No 8
Paru le : 23/05/2017

En 2016, les différents indicateurs de la construction sont au vert en Occitanie. La reprise dans la région s'observe principalement sur les segments de marché réservés aux locataires : investissement locatif et parc public de logements sociaux. Pour autant les propriétaires occupants ne désertent pas le marché, comme en témoignent l'augmentation des ventes d'appartements hors investissement locatif et la hausse des mises en chantier de maisons individuelles.

La hausse des mises en chantier s'accentue

Pour la seconde année consécutive, le nombre de logements commencés est en hausse en Occitanie. En 2016, 44 000 logements sont mis en chantier, soit 15 % de plus qu'en 2015 et 20 % de plus qu’en 2014, date à laquelle la construction était au plus bas dans la région (figure 1 et figure 2). Mais cette forte croissance reste relative au regard du rythme de mises en chantier observé antérieurement : 50 000 logements commencés en 2011, plus de 60 000 en 2006 et 2007.

Figure 1 – Évolution de la construction de logements

en indice base 100 en 2005
Évolution de la construction de logements
Logements autorisés - Occitanie Logements commencés - Occitanie Logements autorisés - France métropolitaine Logements commencés - France métropolitaine
2005 100 100 100 100
2006 105,5 110,29 109,29 105,8
2007 106,08 110,29 103,75 104,93
2008 85,38 86,46 85,65 85,5
2009 63,39 73,47 68,34 74,41
2010 78,87 88,45 85,63 88,85
2011 89 90,79 94,29 92,35
2012 73,08 77,98 86,97 82,29
2013 68,16 72,38 76,49 78,76
2014 63,53 66,43 68,21 72,43
2015 65,7 69,13 71,87 72,41
2016 78,15 79,6 82,54 81,33
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle.
  • Champ : logements individuels, collectifs et en résidence.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations au 30 mars 2017.

Figure 1 – Évolution de la construction de logements

Figure 2 – Logements commencés par département

en %
Logements commencés par département
Logements en 2016 (nombre) Évolution 2016/2015 Évolution annuelle moyenne 2015/2010 (1)
Ariège 500 -9,5 -8,5
Aude 1 800 -2,7 -11,5
Aveyron 1 200 10,2 -7,6
Gard 3 800 8,1 -6,5
Haute-Garonne 16 600 31,5 -2,9
Gers 800 8,2 -9,6
Hérault 11 900 8,4 -0,3
Lot 700 -9,5 -7,9
Lozère 300 -16,1 -6,8
Hautes-Pyrénées 800 5,2 -14,9
Pyrénées-Orientales 3 100 18,7 -9,2
Tarn 1 600 16,1 -7,0
Tarn-et-Garonne 1 000 -2,7 -8,7
Occitanie 44 100 15,3 -4,8
France métropolitaine 364 600 12,3 -4,0
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de logements, pour le département ou la région, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle. Les évolutions sont calculées sur données non arrondies.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations au 30 mars 2017.

Différents facteurs favorisent ce rebond des mises en chantier depuis deux ans. Les taux d’intérêt historiquement faibles - associés à des prêts octroyés plus facilement - permettent à des ménages et des entreprises d’investir dans la pierre, tirant ainsi le marché vers le haut. En même temps, le dispositif « Pinel » ouvrant la possibilité à terme d'une réduction d’impôt trouve un public plus large que son prédécesseur, le dispositif « Duflot » ; il permet ainsi à des nouveaux ménages d’investir dans le logement locatif. De plus, après un très bas niveau de la construction en 2013 et 2014, et un faible redémarrage en 2015, des projets reportés voient le jour en 2016. Enfin, la hausse des mises en chantier de logements sociaux, qui atteignent presque le quart de la construction neuve, accompagne ce mouvement général de relance de l’activité.

Dynamisme plus fort dans le collectif

Le premier segment bénéficiaire de la reprise est le logement collectif, dont les mises en chantier progressent de plus de 30 % au cours des deux dernières années. Cet essor est concentré dans les départements de la Haute-Garonne et de l’Hérault, qui représentent respectivement la moitié et le tiers des nouveaux appartements dans la région. En dehors de ces deux départements, seuls le Gard et le Gers connaissent une hausse du logement collectif depuis deux ans, mais dans des volumes faibles.

Les mises en chantier de logements individuels, principalement destinés à des propriétaires occupants, augmentent de 10 %. La Haute-Garonne et l’Hérault représentent moins de la moitié des ouvertures de chantiers de maisons individuelles; le Gard et les Pyrénées-Orientales 10 % à eux deux.

Progression du parc de logements sociaux

Le parc public de logements sociaux, essentiellement en collectif, participe à cette dynamique générale. Alors que moins de 9 000 logements sociaux ont été financés en 2014, ce sont 10 500 qui le sont en 2016. Cette dynamique est nouvelle : durant les années 2000, moins de 6 000 logements sociaux étaient financés par an. Si la région reste largement déficitaire en logements sociaux par rapport au reste du territoire métropolitain, l’effort réalisé ces dernières années permet de combler petit à petit une partie de ce retard. Pour la seconde année consécutive, l’Occitanie est la région métropolitaine qui connaît le plus fort taux de croissance de son parc de logements sociaux.

Augmentation des ventes de logements neufs à des particuliers

Les ventes de logements neufs à des particuliers sont en hausse pour la deuxième année consécutive (figure 3). Si les ventes en défiscalisation, destinées à la location, augmentent de 60 % dans la région entre 2014 et 2016, les ventes d'appartements à des propriétaires occupants sont aussi en croissance de 10 %.

Figure 3 – Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Occitanie

en indice base 100 en 2005
Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Occitanie
Logements neufs disponibles en fin d'année Logements neufs mis en vente Logements neufs vendus (réservés)
2005 100 100 100
2006 187,33 124,05 112,52
2007 276,73 116,34 107,85
2008 301,33 68,39 66,03
2009 146,28 43,27 78,48
2010 142,68 76,17 78,57
2011 217,29 91,15 78,63
2012 242,48 67,02 62,05
2013 254,48 59,93 61,27
2014 244,57 59,58 61,13
2015 221,58 63,31 73,78
2016 220,97 76,72 82,67
  • Note : données brutes.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN.

Figure 3 – Évolution de la commercialisation de logements neufs dans la région Occitanie

Parallèlement à ce redémarrage, les prix des appartements neufs dans la région sont en légère hausse au cours des deux dernières années (+ 4 %). En 2016, ils atteignent en moyenne 3 600 euros le m² (figure 4 et figure 5). Les prix restent plus élevés sur Montpellier Méditerranée Métropole (3 950 euros le m²) que sur Toulouse Métropole (3 550 euros le m²).

Figure 4 – Prix régional moyen des appartements neufs en 2016France métropolitaine : 3 993 € / m²

Prix moyen des appartements (en € / m²)
Prix régional moyen des appartements neufs en 2016
zonage valeur
11 4822
24 3146
27 2940
28 3287
32 3316
44 3235
52 3656
53 3332
75 3723
76 3600
84 3875
93 4232
94 3502
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN.

Figure 4 – Prix régional moyen des appartements neufs en 2016France métropolitaine : 3 993 € / m²

Figure 5 – Ventes des maisons et des appartements neufs

en %
Ventes des maisons et des appartements neufs
Occitanie France métropolitaine
En 2016 (nombre ou prix en euro) Évolution 2016/2015 Évolution annuelle moyenne 2015/2010 (2) En 2016 (nombre ou prix en euro) Évolution 2016/2015 Évolution annuelle moyenne 2015/2010 (2)
Maisons neuves
Nombre de ventes (1) 1 421 27,6 -2,7 10 212 22,4 -8,1
Prix moyen par maison 222 531 -3,7 0,9 256 995 3,4 0,8
Appartements neufs
Nombre de ventes (1) 12 222 10,5 -1,1 114 846 20,4 -1,4
Prix moyen au m² 3 600 2,1 1,5 3 993 2,3 1,8
  • (1) : réservations avec dépôt d'arrhes.
  • (2) : taux d'évolution annuel qu'auraient connu le nombre de ventes ou le prix moyen si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • nd : données non disponibles.
  • Champ : permis de 5 logements et plus destinés à la vente aux particuliers ; France métropolitaine.
  • Source : SOeS, enquête ECLN.

Essor des autorisations de logements : de l’optimisme pour 2017 ?

En même temps que la croissance des mises en chantier, l’essor des autorisations de logements est un autre signe de la reprise de la construction de logements (figure 6). En 2016, ce sont 19 % de logements supplémentaires qui sont autorisés par rapport à 2015, et 23 % par rapport à l’année basse 2014. Le logement individuel participe largement à ce mouvement, avec une augmentation de 20 % du nombre de permis accordés. La Haute-Garonne et l’Hérault concentrent 63 % des autorisations en 2016. Seuls les départements du Lot, de l’Ariège, du Gers et de l’Aude restent à l’écart de la reprise.

Figure 6 – Logements autorisés par département

en %
Logements autorisés par département
Logements en 2016 (nombre) Évolution 2016/2015 Évolution annuelle moyenne 2015/2010 (1)
Ariège 500 -17,9 -8,3
Aude 1 900 -12,9 -7,5
Aveyron 1 400 20,9 -8,7
Gard 5 300 41,0 -7,3
Haute-Garonne 19 700 18,7 1,8
Gers 800 -15,1 -10,7
Hérault 14 400 20,0 -1,6
Lot 700 -24,9 -4,0
Lozère 300 11,8 -9,9
Hautes-Pyrénées 1 400 46,3 -13,1
Pyrénées-Orientales 3 900 16,7 -8,0
Tarn 2 300 47,9 -9,2
Tarn-et-Garonne 1 300 28,3 -11,6
Occitanie 54 000 19,0 -3,6
France métropolitaine 437 800 14,8 -3,4
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de logements, pour le département ou la région, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Note : données brutes provisoires arrondies à la centaine en date réelle. Les évolutions sont calculées sur données non arrondies.
  • Champ : France métropolitaine.
  • Source : SOeS, Sit@del2, estimations au 30 mars 2017.

Avertissement

Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Pour comprendre

La base de données Sit@del2 rassemble les informations relatives aux autorisations de construire (permis accordés) et aux mises en chantier transmises par les services instructeurs (État, collectivités territoriales) au service statistique du Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer (MEEM). Les mouvements relatifs à la vie du permis (dépôts, autorisations, annulations, modificatifs, déclarations d'ouverture de chantier, déclarations d'achèvement des travaux) sont exploités à des fins statistiques.

Les séries de la construction utilisées pour la conjoncture et le bilan économique sont élaborées à partir de cette base.

En matière de logement, les séries d'estimations en date réelle sont produites mensuellement pour évaluer le nombre d'autorisations et de mises en chantier. Elles visent à retracer dès le mois suivant, l'ensemble des évènements à leur date réelle. Sur la base des données collectées, les séries intègrent une estimation de l'information non encore remontée. Ces séries sont actualisées chaque mois pour prendre en compte les informations les plus récentes. Les estimations en date réelle corrigent des éventuels défauts de collecte des déclarations d'ouverture de chantier.

Pour les locaux non résidentiels, les séries de surface de plancher en date de prise en compte permettent le suivi conjoncturel de ce secteur. Elles agrègent les informations issues des permis (autorisés, commencés, etc.) selon la date d'enregistrement de la donnée dans l'application Sit@del2. Les séries de surface de plancher en date réelle sont utilisées pour les études structurelles. L'information est restituée selon la date effective de l'autorisation ou de la date de la mise en chantier. Ces séries sont présentées nettes des annulations et ne comportent pas d'estimations : elles minorent donc la réalité, spécialement pour les mois de collecte les plus récents.