Bilan économique 2015 - Guadeloupe

L'activité de la Guadeloupe a été plutôt bien orientée en 2015. L'emploi reste peu dynamique, le chômage toujours aussi élevé, mais des signes positifs sont ressentis sur la consommation des ménages, l'activité, le financement, et la démographie des entreprises. Le commerce et le transport sont plutôt dynamiques, mais l'agriculture a souffert d'une longue sécheresse, et la construction a des carnets de commande très peu remplis.

Insee Conjoncture Guadeloupe
Paru le : 15/06/2016

Construction - Faiblesse des carnets de commande dans la construction

Patricia QUÉTIER, DEAL Guadeloupe

En 2015, les logements autorisés ont été historiquement faibles, davantage encore qu’en 2009, au pire de la crise économique. Cette dégradation s’est produite malgré des taux de crédit très bas.

Insee Conjoncture Guadeloupe
No 2
Paru le : 15/06/2016

Détérioration du secteur de la construction

Après la hausse des projets de construction en 2013 de 14 %, les autorisations de construire fléchissent de 33 % en 2015 alors qu’en France métropolitaine, elles augmentent de 3 %. Cette chute conduit la Guadeloupe à son niveau de logements autorisés le plus bas depuis 10 ans. La crise économique et le retard dans l’envoi de certaines données statistiques par les communes ont favorisé la baisse de l’activité de la construction en 2015. Toutefois, cette diminution ne coïncide pas avec la consommation de ciment qui est en évolution de 1,4 % sur un an.

En 2015, 2 600 autorisations de construire ont été délivrées dont 70 % pour des logements individuels. Sur les cinq dernières années, 18 200 projets de construction ont été accordés, soit en moyenne 3 600 par an. Sur cette période, les projets ont reculé, en moyenne de 10,1 % par an en Guadeloupe. Entre 2014 et 2015, les logements collectifs (y compris résidences pour personnes âgées, étudiants...) enregistrent une diminution de 43 %. Cette tendance baissière se poursuit depuis 2012.

Les projets de construction en baisse dans toutes les EPCI

En 2015, tous les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) du territoire ont subi une perte d’un tiers d’autorisations de construire. La communauté d’agglomération Cap Excellence, moteur économique de la Guadeloupe concentre 30 % des autorisations, en baisse de 31 % par rapport à 2014. La communauté de communes du Sud-Est Grande-Terre (CCSEGT) et la communauté d’agglomération du Nord Grand-Terre (CANGT) rassemblent respectivement 23 % et 15 % de projets de construction. Cependant, elles ont été les plus affectées par la baisse des autorisations de construire. Elles perdent respectivement 35 % et 36 % de ces autorisations.

Stabilité des mises en chantier de logements

Les mises en chantier de logements sur l’année 2015 représentent 2 800 logements, soit une diminution de 5 % par rapport à 2014. Les logements individuels représentent 57,5 % mais régressent au profit des logements collectifs (+ 2,4 points). Les mises en chantier dans la CANGT et la communauté de communes de Capesterre-Marie-Galante (CCMG) chutent de 51 % sur un an. Le nord de la Basse-Terre enregistre une hausse de 25 % pour les logements commencés.

Les autorisations de locaux non résidentiels en forte augmentation

Le département enregistre 175 000 m2 de surface de plancher pour les locaux non résidentiels autorisée en 2015, en hausse de 83 % par rapport à 2014, alors qu’en France métropolitaine, les surfaces de locaux autorisées diminuent de 18 %. L’évolution moyenne constatée en Guadeloupe entre 2009 et 2014 (– 4,3 %) est supérieure à celle observée pour la France métropolitaine (– 3,8 %). Les surfaces de locaux autorisées du service public ont été multipliées par sept et celles des locaux à usage industriel par cinq.

Repli des mises en chantier de locaux non résidentiels

Les mises en chantier des surfaces de locaux ont diminué de 10 700 m2 sur un an (– 23,5 %). Cette chute concerne surtout les exploitations agricoles et les locaux à usage artisanat (– 89 %), l’activité hôtelière (– 79 %) et le secteur du commerce (– 45 %). Toutefois, la surface de plancher des entrepôts a doublé (+ 107 %). Depuis 2011, la surface des locaux commencés ne cessent de régresser (– 68 %).

Important recul des aides pour les primo-accédants

En 2015, 225 prêts à taux zéro ont été accordés en Guadeloupe, soit 4 fois moins qu’en 2011. Cette chute résulte de l’exclusion des logements anciens du dispositif, du rétablissement de conditions de ressources puis de leur abaissement en 2012 et 2013.

Figure 1 – Chiffres clés du logements

Chiffres clés du logements
2014 2015 Évolution 2015/2014 (%)
Nombre estimé d'autorisations de construire 3 900 2 600 -33
dont logements individuels 2 500 1 800 -28
dont logements collectif/résidence 1 400 800 -43
  • Source : Sitadel estimation logements autorisés fin février 2016.

Figure 2 – Chute de 33 % de la construction de logements

Chute de 33 % de la construction de logements
Logements autorisés Guadeloupe Logements commencés Guadeloupe Logements autorisés France métropolitaine Logements commencés France métropolitaine
2005 100 100 100 100
2006 96 98 109 106
2007 97 100 104 105
2008 79 92 86 86
2009 67 71 68 74
2010 91 69 86 89
2011 78 81 94 93
2012 83 91 87 83
2013 74 90 76 81
2014 79 76 67 74
2015 54 72 69 75
  • Source : Sitadel estimation logements autorisés fin février 2016.

Figure 2 – Chute de 33 % de la construction de logementsÉvolution de la construction de logements (indice base 100 en 2005)

Figure 3 – 70 % d'autorisations de construire pour les logements individuels

en %
70 % d'autorisations de construire pour les logements individuels
Logements individuels Logements collectifs y compris en résidence
2009 74% 26%
2010 65% 35%
2011 62% 38%
2012 57% 43%
2013 58% 42%
2014 63% 37%
2015 70% 30%
  • Source : Sitadel estimation logements autorisés fin février 2016.

Figure 3 – 70 % d'autorisations de construire pour les logements individuelsRépartition des logements autorisés selon le type de construction

Figure 4 – Baisse des projets de construction

Baisse des projets de construction
CA Cap Excellence CANBT CANGT CASBT CCMG CCSEGT
2009 100 100 100 100 100 100
2010 132 120 116 213 117 127
2011 125 121 74 82 108 116
2012 198 126 81 67 76 123
2013 135 126 59 100 51 128
2014 150 83 98 108 65 168
2015 103 59 63 74 42 110
  • Source : Sitadel estimation logements autorisés fin février 2016.

Figure 4 – Baisse des projets de constructionRépartition des logements autorisés en Guadeloupe par EPCI

Figure 5 – Augmentation des surfaces de plancher autorisées

Constructions autorisées de locaux non résidentiels selon le type (en %)
Augmentation des surfaces de plancher autorisées
Guadeloupe France métropolitaine
Surfaces autorisées en 2015 (en milliers de m2) Évolution 2015/2014 Évolution moyenne annuelle 2014/2009 (1) Évolution 2015/2014 Évolution moyenne annuelle 2014/2009 (1)
Artisanat 1,6 17,2 9,9 17,2 3,2
Bureaux 16,6 -44,9 1,4 -1,8 -0,4
Commerce 14,6 -15,4 4,8 -16 -3,4
Entrepôt 17,3 11,3 3,4 7,5 1,5
Exploitation agricole ou forestière 12,4 12,6 -1,6 -31,1 -7,2
Hébergement hôtelier 3,8 -26,2 7,0 -13,8 -2,9
Industrie 10,2 412,9 -13,1 -16,5 -3,6
Service public ou d'intérêt collectif 98,7 637,7 -21,3 -24,8 -5,5
Ensemble locaux autorisés 175,2 82,7 -4,3 -17,8 -3,8
  • (1) : taux d'évolution annuel qu'aurait connu la construction de locaux, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période considérée.
  • Source : SoeS, Sitadel 2.

Figure 6 – Troisième année consécutive de baisse pour les surfaces commencées

Troisième année consécutive de baisse pour les surfaces commencées
Locaux autorisés Guadeloupe Locaux commencés Guadeloupe Locaux autorisés France métropolitaine Locaux commencés France métropolitaine
2005 100 100 100 100
2006 74 117 110 109
2007 66 62 110 114
2008 74 45 106 104
2009 68 92 94 86
2010 95 52 96 79
2011 117 169 101 81
2012 65 124 96 75
2013 68 100 90 73
2014 55 72 77 64
2015 97 55 81 52
  • Source : SoeS.

Figure 6 – Troisième année consécutive de baisse pour les surfaces commencéesÉvolution de la construction de locaux non résidentiels (indice base 100 en 2005)

Figure 7 – Des autorisations d'engagement et des crédits de paiement en baisse depuis 2011Évolution de la LBU entre 2004 et 2015 (en millions d'euros)

Des autorisations d'engagement et des crédits de paiement en baisse depuis 2011Évolution de la LBU entre 2004 et 2015 (en millions d'euros)
Autorisation d'engagement Crédit de paiement
2004 62,08 27,14
2005 57,12 31,2
2006 54,55 40
2007 54,21 42,6
2008 41,775 43,8
2009 65,44 45,8
2010 71,03 57
2011 69,48 61,5
2012 61,75 50
2013 57,81 53,1
2014 58,06 48,5
2015 40,04 40,3
  • Source : DéAL/LC rapports CDH.

Figure 7 – Des autorisations d'engagement et des crédits de paiement en baisse depuis 2011Évolution de la LBU entre 2004 et 2015 (en millions d'euros)

Encadré

L’aide de l’État au logement social

La Guadeloupe détient 23 % de l’ensemble des logements sociaux situés dans les DOM. Le parc social est important : 83 logements locatifs sociaux pour 1 000 habitants contre 74 au niveau national. Un logement sur deux est construit après 2000. La ligne budgétaire unique (LBU) qui définit le financement du logement social (dont la rénovation urbaine) et la résorption de l’habitat insalubre a été estimée en moyenne entre 2013 et 2014 à 58 M€ en autorisations de programme (autorisation d’engagements AE) et à 51 M€ en crédits de paiement (CP).

En 2015, l’AE a baissé pour atteindre son niveau le plus bas (40 M€). Les CP atteignent également 40 M€, soit une baisse de 17 % sur un an. La LBU a permis de financer 1 000 logements neufs en 2015 (– 32 % par rapport à 2014) et de réhabiliter 350 logements, soit un recul de 79 % par rapport à 2014. Cette baisse est à relativiser puisqu’il s’agit de la fin d’un programme de réhabilitation. Il sera amené à se renouveler dans le cadre du confortement parasismique.

Sources

Méthodologie

La base de données Sit@del2 rassemble les informations relatives aux autorisations de construire (permis accordés) et aux mises en chantier transmises par les services instructeurs (État, collectivités territoriales) au service statistique du Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l'Énergie (MEDDE). Les mouvements relatifs à la vie du permis (dépôts, autorisations, annulations, modificatifs, déclarations d'ouverture de chantier, déclarations d'achèvement des travaux) sont exploités à des fins statistiques.

Les séries de la construction utilisées pour la conjoncture et le bilan économique sont élaborées à partir de cette base.

En matière de logement, les séries d'estimations en date réelle sont produites mensuellement pour évaluer le nombre d'autorisations et de mises en chantier. Elles visent à retracer dès le mois suivant, l'ensemble des évènements à leur date réelle. Sur la base des données collectées, les séries intègrent une estimation de l'information non encore remontée. Ces séries sont actualisées chaque mois pour prendre en compte les informations les plus récentes. Les estimations en date réelle corrigent des éventuels défauts de collecte des déclarations d'ouverture de chantier.

Pour les locaux non résidentiels, les séries de surface de plancher en date de prise en compte permettent le suivi conjoncturel de ce secteur. Elles agrègent les informations issues des permis (autorisés, commencés, etc.) selon la date d'enregistrement de la donnée dans l'application Sit@del2.

Les séries de surface de plancher en date réelle sont utilisées pour les études structurelles. L'information est restituée selon la date effective de l'autorisation ou de la date de la mise en chantier. Ces séries sont présentées nettes des annulations et ne comportent pas d'estimations : elles minorent donc la réalité, spécialement pour les mois de collecte les plus récents.

 

Avertissement

En raison des arrondis, des totaux peuvent légèrement différer de la somme des éléments qui les composent.

Documentation

Définitions (pdf, 58 Ko)