Bilan économique 2015 - Guadeloupe

L'activité de la Guadeloupe a été plutôt bien orientée en 2015. L'emploi reste peu dynamique, le chômage toujours aussi élevé, mais des signes positifs sont ressentis sur la consommation des ménages, l'activité, le financement, et la démographie des entreprises. Le commerce et le transport sont plutôt dynamiques, mais l'agriculture a souffert d'une longue sécheresse, et la construction a des carnets de commande très peu remplis.

Insee Conjoncture Guadeloupe
Paru le : 15/06/2016

Cadrage macro-économique - Regain de la croissance en 2014

Clémentine Garandeau, Insee

En 2014, la croissance guadeloupéenne se redresse pour atteindre + 0,9 % (+ 0,2 % sur la France entière), après être restée en deçà de 0,5 % en 2012 et 2013. Elle diffère sensiblement de celle de ses voisins de la zone Caraïbe, dont la croissance s’élève à + 4,7 %. Le produit intérieur brut (PIB) en volume retrouve à présent quasiment le niveau qui précédait le choc dû à la crise et aux importantes grèves de 2009, année durant laquelle la croissance a plongé de 4,4 %.

Insee Conjoncture Guadeloupe
No 2
Paru le : 15/06/2016

En 20141 , le produit intérieur brut (PIB) de la Guadeloupe évolue de 0,9 % en volume. La population est quasi stable depuis les années 2000, et le PIB par habitant s’établit à 20 100 euros en 2014, soit une évolution de + 1,2 % en euros constants par rapport à l’année précédente. Sur la France entière, le PIB par habitant s’élève à 32 200 euros, en Martinique à 22 200 euros et en Guyane à 15 600 euros.

(1)Les données macroéconomiques 2015 ne seront disponibles qu’au cours du 3e trimestre 2016 et feront l’objet d’une publication en fin d’année.

Une consommation des ménages quasi stable depuis quatre ans

La consommation des ménages pèse pour 45 % dans le total des ressources (production locale + importations). Depuis une dizaine d’années, du fait de la situation démographique stabilisée, elle n’a plus le rôle d’accélérateur de la demande qu’elle pouvait avoir auparavant. En 2014, en lien avec une inflation quasi nulle, la consommation des ménages est en légère hausse (+ 0,7 % en volume). Les ventes de véhicules automobiles neufs progressent de 1,5 % après deux années consécutives de baisse (– 4,0 % en 2012, 5,2 % en 2013). Plus généralement, les importations dédiées aux ménages (alimentation, vêtements et véhicules automobiles) augmentent de 2,2 %. Cette évolution positive est contrebalancée par une chute de la demande de la part des entreprises. Ainsi, les importations totales régressent de 4,3 % en volume en 2014, pour retrouver un niveau proche de 2011 en valeur. Leur montant équivaut à un quart du total des ressources.

Des entreprises prudentes, un investissement en baisse

Les importations à destination des entreprises comme les équipements mécaniques, les matériels électriques, électroniques ou informatiques diminuent fortement. Le secteur de la construction n’est pas en reste de cette inhibition de l’activité des entreprises, comme l’atteste la chute de 15 % des importations de ciment. Les autorisations de construire fléchissent pour la deuxième année consécutive. Cela entraîne un net repli des emplois salariés et impacte directement le nombre de créations d’entreprises qui reculent de 17 % dans le secteur.

Le repli du secteur de la construction transparaît également derrière le recul de l’investissement. Globalement, il recule de 7,0 % en volume en 2014, pour un poids de 13 % dans le total des ressources. Il retrouve un niveau inférieur en valeur à celui observé avant la crise, après l’avoir dépassé en 2013. Les administrations publiques, pour leur part, augmentent leurs investissements en 2014, avec une hausse de 5,1 %.

L’agriculture, si elle ne génère que 3,3 % de la production locale à l’heure actuelle, présente des signes de bonne santé. Les exportations de bananes se portent bien et le volume exporté ne cesse d’augmenter depuis 2010 : + 73 % en quatre ans avec 72 909 tonnes en 2014. Les conditions climatiques favorables et la hausse significative des replantations de canne en 2013 (+ 38 %) ont amélioré la production de canne à sucre en 2014. De ce fait, les exportations de rhum bondissent de 17,7 % en volume et la production de sucre s’envole (+ 30,6 % en volume).

En revanche, les exportations, se contractent en 2014 après avoir augmenté durant quatre années. Elles représentent 8 % du total des ressources. Ceci s’explique entre autres par la diminution des réexportations de biens manufacturés et par la baisse des exportations de transport réalisées par les compagnies aériennes locales. En effet, les billets d’avion achetés par des non résidents auprès des compagnies locales, principalement Air Caraïbes, sont considérés comme des exportations.

Les dépenses publiques, salaires compris, ont une part de 34 % dans le total des ressources. Elles augmentent de 1,3 % en 2014 du fait de l’augmentation des salaires versés. Les achats et charges externes consommés par les administrations se réduisent après avoir augmenté significativement en 2012.

Le transport aérien reste sur un nuage

Les dépenses des touristes représentent environ 4 % du PIB en Guadeloupe et concernent des domaines d’activité variés. Les secteurs du commerce, du transport, de l’hébergement et de la restauration comptent le plus de créations d’entreprises en 2014 : + 13,8 % (pour une baisse de 0,9 % de créations de sociétés sur l’ensemble des secteurs), ce qui atteste d’un regain de confiance des professionnels touristiques. En 2014, un peu plus de deux millions de passagers sont partis ou arrivés de l’aéroport Pôle Caraïbe en Guadeloupe. C’est la deuxième année consécutive que le cap des deux millions de passagers est franchi. Toutefois, cette hausse ne profite pas à l’hôtellerie dont les nuitées, représentant environ 35 % des nuitées touristiques, baissent de 11,1 % en 2014.

Figure 1 – La croissance augmente en 2014

La croissance augmente en 2014
Guadeloupe France entière
2008 0,9 0,2
2009 -4,4 -2,9
2010 1,2 2,0
2011 0,9 2,1
2012 0,3 0,2
2013 0,1 0,7
2014 0,9 0,2
  • Source : Insee, Cerom, Comptes rapides.

Figure 1 – La croissance augmente en 2014Taux de croissance du PIB en volume (en %)

Figure 2 – L’inflation reste faible

L’inflation reste faible
Guadeloupe France entière
2008 3,3 2,8
2009 0,6 0,1
2010 0,2 1,5
2011 2,1 2,1
2012 1,5 2,0
2013 1,4 0,9
2014 0,5 0,5
2015 -0,1 0,0
  • Source : Insee, Cerom, Comptes rapides.

Figure 2 – L’inflation reste faibleÉvolution de l'indice des prix (moyenne annuelle en %)

Figure 3 – Les administrations publiques dépensent davantage

Les administrations publiques dépensent davantage
Guadeloupe France entière
2008 2,8 1,1
2009 2,6 2,4
2010 2,4 1,3
2011 -0,5 1,0
2012 2,0 1,6
2013 -0,3 1,7
2014 1,3 1,5
  • Source : Insee, Cerom, Comptes rapides

Figure 3 – Les administrations publiques dépensent davantageÉvolution des dépenses en volume (taux de croissance en %)

Figure 4 – L’investissement en berne

L’investissement en berne
Guadeloupe France entière
2008 2,1 0,9
2009 -14,8 -9,1
2010 9,1 2,1
2011 4,2 2,1
2012 -2,1 0,2
2013 2,6 -0,6
2014 -7,0 -1,2
  • Source : Insee, Cerom, Comptes rapides.

Figure 4 – L’investissement en berneÉvolution de l’investissement en volume (en %)

Figure 5 – Les échanges extérieurs se rétractent

Les échanges extérieurs se rétractent
Imports Exports
2008 1,1 -12,5
2009 -11,0 -7,3
2010 6,3 8,2
2011 1,7 4,7
2012 -2,0 5,2
2013 4,5 7,6
2014 -4,3 -5,5
  • Source : Insee, Cerom, Comptes rapides.

Figure 5 – Les échanges extérieurs se rétractentÉvolution des échanges extérieurs en volume (taux de croissance en %)

Documentation

Définitions (pdf, 58 Ko)