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Insee Conjoncture Occitanie · Juin 2022 · n° 32
Insee Conjoncture OccitanieBilan économique 2021 - Occitanie L’économie régionale redresse sa trajectoire

Après la chute d’activité historique du printemps 2020, l’impact économique de la pandémie de Covid-19 s’atténue progressivement. En 2021, le PIB progresse de 6,8 % en France par rapport à 2020. L’activité économique se redresse de façon plus marquée en Occitanie. Cela se traduit par une nette reprise de l’emploi salarié qui augmente de 3,4 % sur un an. Ce rebond permet aux secteurs des services et de la construction de dépasser nettement leur niveau d’emploi de fin 2019. En revanche, l’emploi industriel reste en retrait par rapport à l’avant-crise, en particulier dans la filière aéronautique. Malgré la reprise, l’économie régionale reste ainsi marquée fin 2021 par les conséquences de la crise. En particulier, le département de la Haute-Garonne, très dynamique avant-crise, retrouve juste son niveau d’activité de 2019. À l’inverse, l’Hérault et les Pyrénées-Orientales le dépassent nettement.

Insee Conjoncture Occitanie
No 32
Paru le :Paru le21/06/2022

Ce bilan économique fait partie des 17 bilans économiques régionaux 2021 publiés par l'Insee.
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Synthèse régionale - Contexte national Bilan économique 2021

François Hild, Aliette Cheptitski (Insee)

Insee Conjoncture Occitanie

No 32

Paru le :21/06/2022

Synthèse régionale - L’économie régionale redresse sa trajectoire

En 2021, le produit intérieur brut (PIB) rebondit en France, avec une hausse inédite de 6,8 %, après la forte baisse de 2020 (- 7,9 %) liée au choc de la pandémie de Covid-19. L’emploi salarié repart aussi à la hausse et dépasse nettement son niveau d’avant-crise à la fin 2021. En Occitanie, le nombre de salariés augmente de 3,4 % sur un an pour dépasser son niveau de fin 2019 (+ 2,2 %), soit davantage qu’en France (+ 2,8 % sur un an et + 1,5 % par rapport à fin 2019). Le rebond d’activité est historique en Occitanie comme en France. Ainsi, le volume de travail rémunéré des entreprises privées, hors agriculture, augmente de 9,3 % en 2021 par rapport à 2020 (+ 8,1 % au niveau national). Néanmoins, la reprise est progressive au cours de 2021, et le volume de travail reste inférieur de 1,1 % à celui de 2019 (- 2,0 % en France).

L’activité retrouve son niveau d’avant-crise à partir de juin

L’activité économique est impactée par l’effet des restrictions sanitaires durant les cinq premiers mois de 2021. Au premier trimestre 2021, le nombre d’heures de travail rémunérées, indicateur qui traduit le niveau d’activité, reste 4 % en deçà de celui de la même période de 2019. Au mois d’avril, avec le troisième confinement, la baisse du volume de travail rémunéré est plus marquée (- 7 %) (figure 1), mais ce volume est supérieur de 40 % à celui d’avril 2020, où le confinement était très strict.

Figure 1Évolution sectorielle mensuelle des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année 2019 - Occitanie

en %
Évolution sectorielle mensuelle des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année 2019 - Occitanie (en %)
Industrie Construction Hébergement et restauration Autres services principalement marchands Services principalement non marchands Ensemble - Occitanie Ensemble - France hors Mayotte
janv. 2020 1,3 3,7 6,4 2,8 0,5 2,5 1,9
févr. 2020 1,3 2,2 6,2 3,1 1,0 2,5 1,7
mars 2020 -9,5 -31,2 -36,4 -11,9 -7,9 -14,2 -13,3
avr. 2020 -25,9 -57,7 -82,3 -30,6 -19,4 -33,8 -33,2
mai 2020 -19,8 -21,5 -73,7 -20,1 -12,3 -22,4 -22,4
juin 2020 -10,3 -6,2 -36,6 -8,7 -3,9 -9,9 -10,3
juil. 2020 -8,6 -4,8 -19,4 -6,0 -2,2 -6,8 -6,8
août 2020 -5,6 -0,1 -14,2 -4,2 -1,5 -4,6 -4,5
sept. 2020 -6,5 -3,9 -14,1 -4,0 -0,9 -4,6 -4,4
oct. 2020 -7,0 -4,3 -20,3 -3,9 -0,1 -4,8 -4,8
nov. 2020 -7,0 -2,9 -61,0 -10,1 -0,3 -10,2 -9,8
déc. 2020 -6,3 -5,2 -60,5 -4,7 1,7 -7,1 -6,7
janv. 2021 -6,5 5,0 -48,7 -2,4 2,1 -4,2 -5,2
févr. 2021 -5,3 1,0 -56,0 -1,9 3,7 -4,2 -5,4
mars 2021 -4,9 2,8 -56,8 -1,7 3,7 -4,0 -5,1
avr. 2021 -6,8 0,4 -61,8 -5,2 1,8 -7,3 -7,8
mai 2021 -6,5 0,3 -41,2 -3,2 2,2 -5,0 -5,7
juin 2021 -2,7 3,8 -9,5 1,5 4,3 0,7 -0,4
juil. 2021 -4,5 -0,8 0,9 1,1 3,3 0,3 -0,8
août 2021 -3,1 -2,8 -0,2 1,4 3,8 0,6 -0,2
sept. 2021 -2,7 1,4 0,2 2,4 3,6 1,5 0,7
oct. 2021 -3,5 1,3 3,9 2,8 3,2 1,8 0,7
nov. 2021 -1,2 2,2 5,4 4,5 5,5 3,5 2,4
déc. 2021 -1,9 -2,0 2,6 4,0 5,2 2,6 2,1
  • Note : ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Source : DSN - traitement provisoire, Insee.

Figure 1Évolution sectorielle mensuelle des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année 2019 - Occitanie

  • Note : ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Source : DSN - traitement provisoire, Insee.

L’allègement progressif des mesures d’endiguement de la Covid-19 permet dès le mois de mai un rebond relatif des heures travaillées (- 5 % par rapport à mai 2019). L’activité retrouve son niveau d’avant-crise à partir de juin puis se consolide au cours de l’été. Cette reprise est tirée par le rebond de la consommation des ménages qui entraîne d’abord une hausse du volume de travail rémunéré dans le commerce de détail (+ 4 % en juin 2021 par rapport à juin 2019). La restauration dépasse son niveau d’activité d’avant-crise à partir de juillet (+ 5 % par rapport à juillet 2019) et le secteur des arts, spectacles et activités récréatives à partir de septembre (+ 6 % par rapport à septembre 2019).

La reprise s’accélère encore à l’automne. Ainsi, au quatrième trimestre, le volume de travail rémunéré est supérieur de 2,5 % en moyenne à celui de la même période de 2019, après + 0,8 % au troisième trimestre. Les secteurs liés à la consommation des ménages restent dynamiques. Les services aux entreprises bénéficient également d’une solide reprise de l’activité (+ 5 % au quatrième trimestre 2021 par rapport au quatrième trimestre 2019). En revanche, le nombre d’heures rémunérées dans l’industrie est encore inférieur à son niveau d’avant-crise (figure 2) avec en particulier un net recul dans la fabrication de matériels de transport et la métallurgie.

Figure 2Contributions sectorielles mensuelles à l'évolution des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année 2019 - Occitanie

variation en %, contributions en points
Contributions sectorielles mensuelles à l'évolution des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année 2019 - Occitanie (variation en %, contributions en points)
Industrie Construction Hébergement et restauration Autres services principalement marchands Services principalement non marchands
janv. 2020 0,2 0,3 0,3 1,5 0,1
févr. 2020 0,2 0,2 0,3 1,6 0,2
mars 2020 -1,6 -3,1 -2,0 -6,3 -1,1
avr. 2020 -4,3 -5,5 -4,9 -16,3 -2,8
mai 2020 -3,3 -2,1 -4,6 -10,7 -1,8
juin 2020 -1,7 -0,6 -2,5 -4,6 -0,5
juil. 2020 -1,4 -0,5 -1,5 -3,2 -0,3
août 2020 -0,9 0,0 -1,1 -2,3 -0,2
sept. 2020 -1,1 -0,4 -0,9 -2,1 -0,1
oct. 2020 -1,2 -0,4 -1,2 -2,1 0,0
nov. 2020 -1,2 -0,3 -3,2 -5,4 0,0
déc. 2020 -1,1 -0,4 -3,3 -2,6 0,3
janv. 2021 -1,1 0,5 -2,5 -1,3 0,3
févr. 2021 -0,9 0,1 -2,9 -1,0 0,5
mars 2021 -0,8 0,3 -3,1 -0,9 0,5
avr. 2021 -1,1 0,0 -3,6 -2,8 0,3
mai 2021 -1,1 0,0 -2,6 -1,7 0,3
juin 2021 -0,4 0,4 -0,6 0,8 0,6
juil. 2021 -0,7 -0,1 0,1 0,6 0,5
août 2021 -0,5 -0,2 0,0 0,8 0,5
sept. 2021 -0,5 0,1 0,0 1,3 0,5
oct. 2021 -0,6 0,1 0,2 1,5 0,5
nov. 2021 -0,2 0,2 0,3 2,4 0,8
déc. 2021 -0,3 -0,2 0,1 2,2 0,8
  • Note : ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Source : DSN - traitement provisoire, Insee.

Figure 2Contributions sectorielles mensuelles à l'évolution des heures rémunérées par rapport au même mois de l'année 2019 - Occitanie

  • Note : ensemble des heures rémunérées des salariés y compris les heures supplémentaires ainsi que les absences pour lesquelles le salarié est rémunéré.
  • Source : DSN - traitement provisoire, Insee.

L’emploi salarié est dynamique

La reprise de l’activité entraîne un net rebond de l’emploi salarié. Entre fin 2020 et fin 2021, le nombre total de salariés progresse de 3,4 % en Occitanie (+ 69 400 salariés), et la région compte, fin 2021, 2 097 200 salariés.

Ce rebond est moindre que celui de l’activité car l’emploi a été préservé au plus fort de la crise par un recours élevé au dispositif d’activité partielle. Avec 61,9 millions d’heures indemnisées dans la région en 2021, ce dispositif n’est cependant pas utilisé avec la même intensité qu’en 2020 (182,5 millions d’heures). Le recours à l’activité partielle diminue en effet nettement dès l’allègement des restrictions sanitaires.

En 2021, le rebond de l’emploi concerne tous les grands secteurs. Il est particulièrement fort dans les services et la construction, qui dépassent nettement leur niveau d’emploi de fin 2019. La reprise est plus faible dans l’industrie, et ne permet pas de compenser les effectifs perdus en 2020.

L’intérim se redresse et gagne 7 200 emplois sur l’année pour dépasser fin 2021 son niveau d’avant-crise (+ 2,4 %). La hausse est plus faible qu’au niveau national où l’intérim progresse de 6,3 % par rapport à fin 2019. En effet dans la région, le recul du nombre d’intérimaires reste, très fort dans la fabrication de matériels de transport, incluant la construction aéronautique et spatiale (- 52 % par rapport à 2019).

Globalement, l’emploi progresse de 2,2 % par rapport à fin 2019 en Occitanie, soit 44 800 créations nettes d’emplois, hausse plus forte qu’au niveau national (+ 1,5 %).

Le chômage recule nettement

En 2021, le rebond de l’emploi entraîne une nette diminution du taux de chômage. Il atteint 8,8 % au quatrième trimestre en Occitanie et est inférieur de 0,8 point à celui de 2019. La région conserve néanmoins le deuxième taux le plus élevé des régions de France métropolitaine derrière les Hauts-de-France.

Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi et n'ayant exercé aucune activité (catégorie A) diminue également en 2021. Au quatrième trimestre, il est inférieur de 4,8 % à celui du même trimestre de 2019. À l'inverse, davantage de demandeurs d'emploi déclarent avoir exercé une activité réduite (catégories B ou C selon l'intensité de l'activité) témoignant ainsi d'une bascule de la demande d'emploi de la catégorie A vers les catégories B et C. Au quatrième trimestre 2021, la région Occitanie compte 569 180 personnes inscrites en , nombre proche de son niveau d’avant-crise (- 0,2 %).

Le recul de la demande d'emploi est particulièrement marqué chez les jeunes. Ils ont en effet bénéficié de mesures spécifiques dans le cadre du plan « 1 jeune, 1 solution ». Ce plan a dynamisé l’apprentissage grâce à une aide exceptionnelle au recrutement des apprentis, pour tous les contrats conclus entre le 1er juillet 2020 et le 31 décembre 2022, jusqu’au niveau master : en 2021, 65 000 contrats d’apprentissage ont été signés en Occitanie contre 30 000 en 2019. Ce développement de l’apprentissage est principalement porté par les diplômés du supérieur. Néanmoins, le nombre de demandeurs d’emploi de niveau Bac+3 ou plus reste nettement supérieur à l’avant-crise fin 2021 en lien notamment avec les difficultés de la filière aéronautique.

La filière aéronautique encore affectée par la crise

En 2021, le trafic aérien mondial reste très inférieur à son niveau d’avant crise. La demande (mesurée en kilomètres-passagers payants) est inférieure de 58 % à celle de 2019 selon l’association internationale du transport aérien (IATA). Dans ce contexte, Airbus livre 611 avions sur l’année 2021, niveau encore en net retrait par rapport à celui d’avant crise (863 avions livrés en 2019) mais en hausse de 8 % par rapport à 2020. Airbus conserve ainsi largement sa place de premier avionneur mondial face à Boeing, l’avionneur américain livrant 340 appareils en 2021 contre 157 en 2020. L’année 2021 confirme donc la résilience d’Airbus et marque également le début de la remontée des cadences : Airbus prévoit de livrer 720 avions en 2022.

L’emploi de la filière aérospatiale est néanmoins encore affecté par la crise. En 2021, le nombre de salariés (hors intérim) dans les établissements de la filière en Occitanie baisse de 2,1 % après une baisse de 4,9 % en 2020. L’emploi baisse encore dans l’industrie aérospatiale (- 4,8 %) mais se redresse dans le tertiaire (+ 3,6 %).

Dans le spatial, les effets de la crise sanitaire sont moins prononcés que dans l’aéronautique. Les effectifs (hors intérim) des établissements de la filière qui dédient une part de leur activité au spatial progressent de 3 % en 2021.

Un début d’embellie pour l’activité touristique

En 2021, la limitation des déplacements continue d’impacter l’activité liée au tourisme en Occitanie comme en France. Mais le tourisme bénéficie d’un début d’embellie dès l’allègement des restrictions sanitaires en mai grâce à la clientèle résidant en France. Ainsi, le chiffre d’affaires des hébergements touristiques collectifs est en hausse de 27 % en 2021 par rapport à 2020. Néanmoins, il reste inférieur à son niveau de 2019 (- 20 %).

Avec 24,6 millions de nuitées entre mai et septembre 2021, la fréquentation des campings, qui se concentre sur la période estivale et principalement dans les départements méditerranéens, est presque équivalente à 2019. Les nuitées dépassent même le niveau de 2019 entre juillet et septembre avec une progression de 3 %. Nombreux sont les campeurs résidant en France à avoir fait le choix de vacances en Occitanie. En revanche, la clientèle en provenance de l’étranger, retenue par les restrictions sanitaires, fait toujours défaut.

La défection de cette clientèle pénalise fortement la fréquentation des hôtels de la région. Ils enregistrent 11,5 millions de nuitées en 2021 soit une hausse de 30 % par rapport à 2020 mais un niveau nettement inférieur à 2019 (en baisse de 30 %). La chute de fréquentation est forte sur les quatre premiers mois de l’année. Avec l’allègement des restrictions sanitaires, la fréquentation hôtelière en Occitanie se rapproche de son niveau de 2019 au cœur de l’été. Mais à l’automne, la fréquentation hôtelière reste impactée par la situation sanitaire en raison de la réduction des déplacements professionnels qui pèse sur le tourisme d’affaires.

Dans les autres hébergements collectifs de tourisme (résidences hôtelières, villages vacances...), moins sensibles que les hôtels aux fluctuations de la clientèle en provenance de l’étranger, la fréquentation se rapproche de celle d’avant-crise à partir de l’été. Les nuitées dans ces établissements diminuent de 3 % sur le second semestre par rapport à la même période de 2019.

Une production agricole freinée par de mauvaises conditions climatiques

Les conditions météorologiques de l’année 2021 sont particulièrement contrastées avec plusieurs épisodes climatiques inédits, en particulier le gel qui frappe durement toute la région Occitanie au cours de la deuxième semaine d’avril. En raison de ces gelées exceptionnelles, la production viticole baisse de 23 % par rapport à 2020 et les productions de fruits sont aussi touchées. Ainsi l’Etat a déployé une série de mesures exceptionnelles sous la forme d’un « plan Gel » inédit. La campagne des grandes cultures céréalières est également perturbée : les rendements des semis d’automne ont été limités par de mauvaises conditions climatiques alors qu’au contraire ceux de printemps bénéficient de la pluviométrie de juillet et obtiennent de très bons rendements.

En 2021, les cours de l’ensemble des produits agricoles augmentent nettement sous l’effet de la reprise de la demande et du recul de certaines productions. Dans le même temps, les prix des intrants sont en forte hausse, en particulier ceux des engrais et de l’énergie.

La croissance des crédits bancaires reste soutenue

Face à la crise, l’encours des crédits aux entreprises a progressé fortement en 2020 porté par la mise en place des prêts garantis par l’État (PGE). En 2021, il progresse moins fortement mais reste dynamique (+ 5 % sur un an après + 15 % en 2020). L’encours des crédits de trésorerie baisse de façon artificielle en raison du reclassement d’une partie des PGE dans l’assiette des crédits à moyen et long terme selon l’échéancier de remboursement choisi par les entreprises. En neutralisant ce transfert des PGE, l’encours des crédits à court terme aurait progressé de 13 % et celui des crédits à moyen et long terme de 3 %.

En Occitanie comme au niveau national, les encours de crédits accordés aux PME reculent légèrement après la forte progression de 2020. En revanche, ils progressent encore nettement pour les microentreprises et les grandes entreprises.

Le financement bancaire progresse nettement pour les ménages, en particulier pour les crédits immobiliers. En 2021, 16 milliards d’euros sont débloqués en nouveaux prêts à l’habitat en Occitanie, soit + 7 % contre + 4 % au niveau national. Cette hausse est particulièrement marquée pour les crédits destinés à l’acquisition ou l’amélioration de logements anciens.

La construction de logements se redresse

Avec 40 600 logements commencés en 2021 en Occitanie, la construction de logements augmente de 5 % sur un an. Cette croissance fait suite à trois années de recul du nombre de constructions. Elle est cependant insuffisante pour rattraper la forte chute enregistrée en 2020 (- 9 %) et ne permet pas de revenir au niveau de 2019. Les difficultés dans le secteur de la construction de logements sont plus marquées en Occitanie qu’au niveau national où les mises en chantier de logements dépassent en 2021 celles de 2019.

En Occitanie, la hausse des mises en chantier est imputable aux maisons individuelles. Cette hausse devrait se poursuivre en 2022 puisque les autorisations délivrées pour construire des logements augmentent de 16 % dans la région en 2021 et dépassent leur niveau de 2019.

En revanche, les surfaces autorisées de locaux non résidentiels diminuent encore en 2021 et sont inférieures de 13 % à leur niveau de 2019. La baisse est forte en 2021 pour les surfaces de bureaux, conséquence possible du développement du télétravail.

Toujours plus de créations d’entreprises

En 2021, les créations d’entreprises établissent un nouveau record avec 97 700 nouvelles entreprises en Occitanie. Celles-ci progressent de 18 % en un an, un peu plus fortement qu’en France où la hausse est de 17 %. Ce dynamisme provient à la fois des immatriculations de micro-entrepreneurs mais aussi des créations de sociétés qui repartent nettement à la hausse après une quasi-stagnation en 2020.

Les services aux entreprises sont le premier contributeur à la hausse des créations en 2021. Dans ce secteur, les créations de sociétés (+ 35 %) et les immatriculations de micro-entrepreneurs (+ 23 %) s’accroissent nettement. Les créations sont également dynamiques en 2021 dans les services aux particuliers (+ 26 % après une baisse de 7 % en 2020).

Portées en 2020 par l’essor de la livraison à domicile, les créations d’entreprises progressent encore en 2021 dans le secteur du transport.

Une reprise contrastée selon les départements

En 2021, tous les départements bénéficient d’un rebond de l’activité par rapport à l’année précédente. Néanmoins, la reprise est inégale selon les territoires. Ainsi, au quatrième trimestre, le volume de travail rémunéré est supérieur à son niveau d’avant-crise en 2019 dans tous les départements de la région à l’exception de la Haute-Garonne qui atteint juste son niveau de 2019. Ce département est confronté aux difficultés de la filière aéronautique et au recul du tourisme d’affaires. Il est l’un des quelques départements où le nombre de demandeurs d’emploi est supérieur à l’avant-crise au quatrième trimestre 2021.

À l’inverse, le rebond d’activité est fort dans les départements du littoral. L’Hérault et les Pyrénées-Orientales sont ainsi les deux départements les plus dynamiques de France métropolitaine au quatrième trimestre 2021 avec un volume de travail rémunéré en hausse respectivement de + 6 % et + 5 % par rapport à l’avant-crise. Néanmoins, ils se classent toujours avec le Gard et l’Aude parmi les six départements de France métropolitaine où le taux de chômage est le plus élevé fin 2021, malgré une baisse importante par rapport à fin 2019.

Contexte national - En 2021, l’économie mondiale a rebondi après sa chute en 2020, l’amélioration de la situation sanitaire s’étant accompagnée d’un allègement des restrictions

En 2021, l’épidémie de Covid-19 est restée l’un des principaux déterminants de l’activité économique. L’apparition de variants a rythmé la propagation de nouvelles vagues, et, en conséquence, la poursuite des mesures de restrictions sanitaires. Celles-ci se sont cependant allégées, à mesure que les États apprenaient à limiter la propagation du virus – notamment par une campagne de vaccination à grande échelle – et que les ménages et les entreprises entraient dans le paradigme du « vivre avec ». Après la fermeture partielle des économies en 2020, qui avait fait plonger le PIB mondial à - 3,1 % par rapport à son niveau de 2019, leur réouverture progressive en 2021 a engendré un rebond en partie mécanique, à . Ce rattrapage a néanmoins été hétérogène selon les pays (figure 3). Ainsi, le rebond de l’activité en zone euro, certes vif (+ 5,2 %), l’a toutefois été moins qu’aux États-Unis (+ 5,7 %) ou que pour les économies émergentes (+ 6,8 %), malgré un recul de l’activité en zone euro plus important en 2020. L’économie du Royaume-Uni a davantage rebondi (+ 7,4 %, après une chute en 2020 parmi les plus fortes des pays européens) malgré l’incertitude liée au Brexit, finalement mis en œuvre au 1er janvier. Enfin, l’activité en Chine a renoué avec une croissance vigoureuse (+ 8,6 %, après un ralentissement certes marqué de l’activité en 2020), même un peu supérieure à sa moyenne des années 2010 par effet de contrecoup. Ces évolutions hétérogènes selon les pays en 2021 sont notamment liées au rythme de diffusion du virus et aux stratégies sanitaires nationales (« zéro-covid », confinements, vaccination…), mais aussi aux spécialisations sectorielles (les branches des matériels et des services de transport, de l’hébergement-restauration ou encore des loisirs, sport et culture – et le tourisme en général – restant à des niveaux d’activité dégradés).

Figure 3Écart du PIB par rapport à son niveau du quatrième trimestre 2019

en %
Écart du PIB par rapport à son niveau du quatrième trimestre 2019 (en %) - Lecture : au quatrième trimestre 2021, le PIB en France s’est situé 0,5 % au-dessus de son niveau du quatrième trimestre 2019.
France Allemagne Italie Espagne Royaume-Uni États-Unis Chine
2016T1 -5,9 -5,5 -2,9 -8,3 -6,3 -8,5 -20,7
2016T2 -6,2 -5,2 -2,7 -7,9 -5,7 -8,2 -19,4
2016T3 -5,9 -4,8 -2,2 -7,1 -5,3 -7,7 -18,1
2016T4 -5,4 -4,5 -1,9 -6,7 -4,6 -7,2 -16,7
2017T1 -4,6 -3,4 -1,4 -6,0 -4,0 -6,8 -15,1
2017T2 -3,9 -2,6 -1,0 -4,9 -3,7 -6,3 -13,7
2017T3 -3,1 -1,8 -0,6 -4,4 -3,3 -5,6 -12,6
2017T4 -2,5 -1,0 -0,1 -3,8 -2,9 -4,7 -11,0
2018T1 -2,4 -1,4 -0,1 -3,4 -2,7 -4,0 -9,1
2018T2 -2,0 -0,8 -0,1 -2,9 -2,1 -3,2 -7,8
2018T3 -1,6 -1,3 0,0 -2,4 -1,5 -2,7 -7,0
2018T4 -1,0 -0,9 0,3 -1,7 -1,2 -2,5 -5,4
2019T1 -0,4 0,2 0,5 -1,1 -0,5 -1,9 -3,0
2019T2 0,4 -0,3 0,8 -0,8 -0,4 -1,1 -2,2
2019T3 0,3 0,1 0,8 -0,4 0,0 -0,5 -1,7
2019T4 0 0 0 0 0 0 0
2020T1 -5,7 -1,8 -5,9 -5,4 -2,5 -1,3 -9,4
2020T2 -18,6 -11,6 -17,8 -22,1 -21,5 -10,1 0,5
2020T3 -2,8 -3,6 -4,6 -9,0 -7,6 -3,3 2,9
2020T4 -4,2 -2,9 -6,1 -8,8 -6,3 -2,3 6,0
2021T1 -4,0 -4,5 -5,9 -9,3 -7,4 -0,8 7,6
2021T2 -3,0 -2,4 -3,3 -8,2 -2,2 0,9 8,6
2021T3 0,1 -0,8 -0,8 -5,8 -1,3 1,4 8,1
2021T4 0,5 -1,1 -0,1 -3,8 -0,1 3,1 10,3
  • Lecture : au quatrième trimestre 2021, le PIB en France s’est situé 0,5 % au-dessus de son niveau du quatrième trimestre 2019.
  • Source : Insee, Destatis, Istat, INE, ONS, BEA, NBSC.

Figure 3Écart du PIB par rapport à son niveau du quatrième trimestre 2019

  • Lecture : au quatrième trimestre 2021, le PIB en France s’est situé 0,5 % au-dessus de son niveau du quatrième trimestre 2019.
  • Source : Insee, Destatis, Istat, INE, ONS, BEA, NBSC.

En France, l’activité a davantage rebondi en 2021 que dans la moyenne de la zone euro

Après une chute de 7,9 % en 2020, l’activité économique française s’est nettement redressée en 2021, à . La croissance y a donc été à la fois plus forte qu’en Allemagne (+ 2,9 %), où le choc de 2020 a été presque deux fois moindre, et qu’en Italie (+ 6,6 %) et en Espagne (+ 5,1 %), pourtant davantage affectées en 2020. En moyenne en 2021, le PIB français se situait 1,7 % en deçà de son niveau de 2019, un rattrapage assez vif par rapport à ses principaux voisins européens.

En miroir de la chute d’activité enregistrée en France en 2020, tous les principaux postes de la demande (hors stocks) participent à son rebond en 2021 (figure 4). La plus forte contribution est celle de la consommation des ménages, de 2,7 points : les opportunités de consommer des ménages, bridées par les mesures de restrictions, se sont rétablies avec la réouverture progressive des magasins, des restaurants et cafés ou encore des activités culturelles et sportives. La contribution de l’investissement total a été du même ordre, portée par les entreprises (1,5 point) – en lien avec la reprise de l’activité, notamment après les fermetures de chantiers en 2020 et du fait d’un investissement en services très dynamique – et par les ménages (0,9 point) – avec un marché immobilier dynamique. La consommation des administrations publiques a contribué au rebond de l’activité à hauteur de 1,7 point, portée par les campagnes de tests et de vaccination. La contribution des échanges extérieurs a été faiblement positive, de 0,1 point : les exportations, plus affectées en 2020 que les importations, ont aussi plus fortement rebondi. Les importations comme les exportations sont cependant restées à un niveau nettement inférieur à celui d’avant la crise sanitaire. En particulier, les exports et imports de tourisme se sont situés en 2021 à environ 40 % sous leur niveau de 2019.

Figure 4Variations annuelles du PIB et contribution des principaux postes de la demande

variations en % et contribution en points
Variations annuelles du PIB et contribution des principaux postes de la demande (variations en % et contribution en points) - Lecture : en 2021, le PIB, en volume aux prix de l’année précédente chaînés, a augmenté de 6,8 % ; la contribution de la consommation privée des ménages a été de 2,7 points.
Consommation des ménages Consommation des administrations publiques Investissement des ménages Investissement des entreprises Investissement des administrations publiques Echanges extérieurs Stocks PIB
2017 0,9 0,4 0,3 0,7 0,0 -0,1 0,2 2,4
2018 0,5 0,2 0,1 0,5 0,1 0,4 0,0 1,8
2019 0,9 0,3 0,1 0,4 0,3 -0,3 0,0 1,9
2020 -3,5 -1,1 -0,6 -0,9 -0,2 -1,1 -0,2 -7,9
2021 2,7 1,7 0,9 1,5 0,1 0,1 -0,3 6,8
  • Note : les volumes sont corrigés des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables (CVS-CJO).
  • Lecture : en 2021, le PIB, en volume aux prix de l’année précédente chaînés, a augmenté de 6,8 % ; la contribution de la consommation privée des ménages a été de 2,7 points.
  • Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2014 ; calculs Insee.

Figure 4Variations annuelles du PIB et contribution des principaux postes de la demande

  • Note : les volumes sont corrigés des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables (CVS-CJO).
  • Lecture : en 2021, le PIB, en volume aux prix de l’année précédente chaînés, a augmenté de 6,8 % ; la contribution de la consommation privée des ménages a été de 2,7 points.
  • Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2014 ; calculs Insee.

Cet effet de miroir entre les évolutions de l’activité en 2020 et en 2021 a aussi été sectoriel, recouvrant toutefois des rattrapages hétérogènes selon les branches

En 2021, la valeur ajoutée totale a dans l’ensemble davantage rebondi que la consommation des ménages, après une baisse également plus marquée en 2020 (figure 5). Les disparités selon les branches apparues en 2020 ont néanmoins persisté en 2021. Dans l’industrie, la fabrication de matériels de transport a faiblement rebondi en 2021, pénalisée à la fois par les difficultés d’approvisionnement (s’agissant de l’industrie automobile), et par l’état dégradé du tourisme mondial (s’agissant de l’aéronautique). Les services les plus affectés par les mesures de restriction – hébergement-restauration, transports, services aux ménages (sport, culture, loisirs) – ont poursuivi leur trajectoire de reprise, malgré un début d’année 2021 marqué à nouveau par l’épidémie. L’hétérogénéité ne s’est cependant pas résorbée, entre ces branches dont l’activité ou la consommation est restée en moyenne sous son niveau de 2019 et celles qui, ayant moins souffert de la crise sanitaire, s’en sont rapprochées ou l’ont dépassé (information-communication, services financiers…). Ce constat est aussi vrai à un niveau plus agrégé : en 2021, la valeur ajoutée est restée à un niveau par rapport à 2019 relativement plus dégradé dans l’industrie que dans les services, et inversement pour la consommation des ménages.

Figure 5Variations annuelles et contribution des branches ou produitsValeur ajoutée

variations en % et contribution en points
Variations annuelles et contribution des branches ou produits (variations en % et contribution en points) - Lecture : en 2021, la valeur ajoutée totale a augmenté de 6,8 %. La contribution des autres services marchands (services marchands hors commerce, transport, hébergement-restauration, services aux entreprises et aux ménages) a été de 1,3 point ; celle de l’ensemble des branches des services marchands a été de 4,0 points.
Agriculture Autres branches industrielles Industrie agroalimentaire Matériels de transport Construction Autres services marchands Commerce Transport Hébergement-restauration Services aux entreprises Services aux ménages Services non marchands VA totale 2020 VA totale 2021
Industrie 2020 0,0 -0,9 -0,1 -0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -8,2 6,8
2021 0,0 0,8 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -8,2 6,8
Construction 2020 0,0 0,0 0,0 0,0 -0,9 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -8,2 6,8
2021 0,0 0,0 0,0 0,0 0,6 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -8,2 6,8
Services marchands 2020 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -0,5 -0,7 -1,0 -1,1 -0,9 -0,7 0,0 -8,2 6,8
2021 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1,3 0,5 0,5 0,2 1,2 0,3 0,0 -8,2 6,8
Services non marchands 2020 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 -1,0 -8,2 6,8
2021 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 1,3 -8,2 6,8
  • Note : les volumes sont corrigés des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables (CVS-CJO). La valeur ajoutée totale est calculée hors impôts et subventions sur produits (contrairement au PIB).
  • Lecture : en 2021, la valeur ajoutée totale a augmenté de 6,8 %. La contribution des autres services marchands (services marchands hors commerce, transport, hébergement-restauration, services aux entreprises et aux ménages) a été de 1,3 point ; celle de l’ensemble des branches des services marchands a été de 4,0 points.
  • Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2014 ; calculs Insee.

Figure 5Variations annuelles et contribution des branches ou produitsValeur ajoutée

  • Note : les volumes sont corrigés des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables (CVS-CJO). La valeur ajoutée totale est calculée hors impôts et subventions sur produits (contrairement au PIB).
  • Lecture : en 2021, la valeur ajoutée totale a augmenté de 6,8 %. La contribution des autres services marchands (services marchands hors commerce, transport, hébergement-restauration, services aux entreprises et aux ménages) a été de 1,3 point ; celle de l’ensemble des branches des services marchands a été de 4,0 points.
  • Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2014 ; calculs Insee.

En 2021, l’emploi et la population active ont été dynamiques

Après une diminution en 2020 (- 216 900 emplois en fin d’année, par rapport à la fin d’année 2019), d’ampleur largement moindre que celle de l’activité, l’emploi salarié a vivement rebondi en 2021 (+ 855 100 entre fin 2020 et fin 2021), repassant fin 2021 nettement au-dessus du . Il est néanmoins resté en deçà de son niveau d’avant-crise dans l’industrie, tandis qu’il était particulièrement allant dans la construction, l’hébergement-restauration et les services aux entreprises. Le dispositif d’activité partielle, dont les conditions ont progressivement évolué au cours de l’année, ne concernaient en décembre 2021 qu’environ 400 000 salariés ().

Après des mouvements très heurtés en 2020 selon un effet en «  », le taux de chômage a été quasi stable pendant les trois premiers trimestres de 2021, à environ 8 % de la population active, avant de refluer sensiblement à 7,4 % au quatrième trimestre. Le dynamisme de l’emploi au cours de l’année a en effet été d’abord contrebalancé par celui de la population active, qui a rejoint progressivement sa trajectoire tendancielle d’avant la crise sanitaire puis l’a dépassé au troisième trimestre, avant de se replier légèrement par contrecoup au quatrième, conduisant à la baisse marquée du taux de chômage en fin d’année. Ces mouvements ont été particulièrement marqués pour les jeunes, dont le taux d’emploi a atteint un point haut depuis 1991, notamment sous l’effet des contrats en alternance.

En 2021, tiré par des revenus d’activité dynamiques, et quoique pénalisé par une inflation en hausse, le pouvoir d’achat par unité de consommation a progressé de 1,9 %

Après un ralentissement en 2020 (+ 1,1 %), le revenu disponible brut des ménages a progressé (+ 4,0 %), plus vivement encore qu’en 2018 et 2019. Le même effet de miroir évoqué précédemment entre 2020 et 2021 a joué sur les contributions des différentes composantes du pouvoir d’achat, à l’exception notable de l’inflation (figure 6). Les revenus d’activité ont contribué le plus, à hauteur de 5,0 points, en lien avec la reprise de l’activité, le dynamisme de l’emploi et le moindre recours à l’activité partielle. En 2020, la contribution négative des revenus d’activité avait été en partie compensée par celle, positive, des et des impôts. En 2021, c’est le phénomène inverse qui se produit. L’ampleur nettement plus faible de la contribution négative des prestations sociales, de - 0,6 point, reflète toutefois la poursuite partielle des dispositifs de soutien (activité partielle et fonds de solidarité). Enfin, poussée notamment par les prix de l’énergie, l’inflation a commencé à augmenter nettement au second semestre 2021, jusqu’à atteindre 2,8 % sur un an en fin d’année. Malgré cette hausse des prix, la croissance du pouvoir d’achat a été nette en moyenne annuelle (+ 2,3 %, soit 1,9 % par unité de consommation).

Du côté des entreprises, la valeur ajoutée (CVS-CJO) des sociétés non financières a augmenté de 9,6 % en 2021, en nette reprise après sa chute en 2020. Le taux de marge a quant à lui atteint 34,2 %, repassant même au-dessus du pic de 2019 (lié principalement à un effet d’enregistrement du CICE). Cette moyenne annuelle résulte cependant d’un premier semestre 2021 élevé, dans le sillage du rebond de la fin 2020, tandis que le second semestre 2021 a été un peu plus modéré.

Figure 6Variations annuelles du pouvoir d’achat et contributions de ses principaux déterminants

variations en % et contribution en points
Variations annuelles du pouvoir d’achat et contributions de ses principaux déterminants (variations en % et contribution en points) - Lecture : le pouvoir d'achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages a augmenté de 2,3 % en 2021. La principale contribution à cette hausse est celle des revenus d'activité, qui s'élève à 5,0 points.
Revenus d'activité Prestations sociales EBE des ménages purs Revenus de la propriété Impôts et cotisations Prix de la consommation des ménages Pouvoir d'achat du RDB Pouvoir d'achat par unité de consommation
2018 1,9 0,8 0,3 0,7 -0,6 -1,7 1,4 0,8
2019 2,2 1,0 0,4 -0,1 -0,1 -0,8 2,6 2,0
2020 -2,7 3,2 0,1 -0,4 0,9 -0,9 0,2 -0,2
2021 5,0 -0,6 0,3 0,4 -1,2 -1,6 2,3 1,9
  • Note : les données sont corrigées des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables (CVS-CJO).
  • Lecture : le pouvoir d'achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages a augmenté de 2,3 % en 2021. La principale contribution à cette hausse est celle des revenus d'activité, qui s'élève à 5,0 points.
  • Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2014 ; calculs Insee.

Figure 6Variations annuelles du pouvoir d’achat et contributions de ses principaux déterminants

  • Note : les données sont corrigées des variations saisonnières et des effets des jours ouvrables (CVS-CJO).
  • Lecture : le pouvoir d'achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages a augmenté de 2,3 % en 2021. La principale contribution à cette hausse est celle des revenus d'activité, qui s'élève à 5,0 points.
  • Source : Insee, comptes nationaux trimestriels, base 2014 ; calculs Insee.
Publication rédigée par :François Hild, Aliette Cheptitski (Insee)

En partenariat avec :

Préfet de la région Occitanie
Préfet de la région Occitanie
Pôle emploi
Pôle emploi
Banque de France
Banque de France

Définitions

Heures rémunérées :

le volume d’heures rémunérées correspond à la durée pour laquelle le salarié est rémunéré sur une période. Cela inclut notamment les heures supplémentaires mais aussi les absences pour lesquelles le salarié perçoit une rémunération, comme les congés payés, les jours fériés ou les jours attribués au titre de la réduction du temps de travail. Ce volume d’heures rémunérées est une composante importante de l’activité économique, même s’il ne la mesure pas directement : d’une part, certaines absences sont considérées comme du travail rémunéré et d’autre part, la rémunération des salariés ne reflète pas toujours les fluctuations de leur productivité.

Ces trois catégories correspondent aux demandeurs d’emploi sans activité (catégorie A) ou exerçant une activité réduite (B et C). Elles correspondent à un champ plus large que celui retenu dans le calcul du taux de chômage, pour lequel seules les personnes à la recherche d’un emploi sans activité professionnelle sont prises en compte.

« World Economic Outlook », FMI (Avril 2022).

Estimation prenant en compte la correction des variations saisonnières et les effets des jours ouvrables.

Données révisées sur l’emploi salarié national, par rapport à celles mobilisées dans le chapitre « Emploi salarié » de ce bilan, suite à plusieurs changements méthodologiques ; en particulier les alternants sont inclus explicitement dans la dynamique de l’emploi des années 2019 à 2021.

Le chômage partiel, 27 avril 2022, Dares.

Les confinements ont rendu difficiles les démarches de recherche active d’emploi, ce qui influe sur la mesure du taux de chômage : en effet, un chômeur au sens du BIT est une personne âgée de 15 ans ou plus, sans emploi durant une semaine donnée, disponible pour travailler dans les deux semaines, et qui a effectué au cours des quatre dernières semaines une démarche active de recherche d’emploi.

Ce, pour des raisons en partie comptables : contrairement aux salaires, l’activité partielle n’est pas enregistrée dans les revenus d’activité, mais dans les prestations sociales.

Définitions

Heures rémunérées :

le volume d’heures rémunérées correspond à la durée pour laquelle le salarié est rémunéré sur une période. Cela inclut notamment les heures supplémentaires mais aussi les absences pour lesquelles le salarié perçoit une rémunération, comme les congés payés, les jours fériés ou les jours attribués au titre de la réduction du temps de travail. Ce volume d’heures rémunérées est une composante importante de l’activité économique, même s’il ne la mesure pas directement : d’une part, certaines absences sont considérées comme du travail rémunéré et d’autre part, la rémunération des salariés ne reflète pas toujours les fluctuations de leur productivité.

Ces trois catégories correspondent aux demandeurs d’emploi sans activité (catégorie A) ou exerçant une activité réduite (B et C). Elles correspondent à un champ plus large que celui retenu dans le calcul du taux de chômage, pour lequel seules les personnes à la recherche d’un emploi sans activité professionnelle sont prises en compte.

« World Economic Outlook », FMI (Avril 2022).

Estimation prenant en compte la correction des variations saisonnières et les effets des jours ouvrables.

Données révisées sur l’emploi salarié national, par rapport à celles mobilisées dans le chapitre « Emploi salarié » de ce bilan, suite à plusieurs changements méthodologiques ; en particulier les alternants sont inclus explicitement dans la dynamique de l’emploi des années 2019 à 2021.

Le chômage partiel, 27 avril 2022, Dares.

Les confinements ont rendu difficiles les démarches de recherche active d’emploi, ce qui influe sur la mesure du taux de chômage : en effet, un chômeur au sens du BIT est une personne âgée de 15 ans ou plus, sans emploi durant une semaine donnée, disponible pour travailler dans les deux semaines, et qui a effectué au cours des quatre dernières semaines une démarche active de recherche d’emploi.

Ce, pour des raisons en partie comptables : contrairement aux salaires, l’activité partielle n’est pas enregistrée dans les revenus d’activité, mais dans les prestations sociales.